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Marc Audet
Marc Audet
June 2007 - Messages
30 juin 2007, 9:26
Loin des modes du moment
Marie Michèle Desrosiers est une artiste hors catégories, du moins dans le tiroir aux étiquettes de la scène musicale de maintenant. Comme il arrive souvent à ceux qui sont hors normes, c'est soit avec condescendance que l'on apprécie son talent, soit même avec cette pointe d'agressivité que l'on réserve à ceux qui ne suivent pas le troupeau, surtout de la part de ceux qui ne dépassent ce troupeau vers l'avant que de leurs seules cornes. C'est ainsi que certains lui colleront des étiquettes qui en font une petite bourgeoise de la chanson ou encore une artiste racoleuse d'un public qui aurait dépassé l'âge de suivre le troupeau. Pourtant, elle n'a pas peur de nous faire bien entendre les paroles des chansons qu'elle nous chante contrairement à ceux qui hurlent avec les loups et qui les recouvrent leurs paroles tant qu'ils peuvent des bruits d'une musique qui n'est pas toujours à la hauteur. Pourtant, Marie Michèle Desrosiers n'est rien de ce que prétendent ceux qui la regardent de trop loin. C'est une artiste vraie douée d'un incroyable don pour le bonheur et pour profiter de la vie. Et cela est communicatif. Si elle se présente sous les aspects de quelqu'un qui respecte les canons de la mode vestimentaire avec ses belles robes et sa magnifique chevelure, c'est tout autrement qu'elle est quand elle nous livre les secrets de son âme. C'est alors la poésie qui est son seul maître, même quand cela est pour nous décrire le monde tel qu'il est ici et maintenant comme dans cette merveilleuse chanson sur des paroles de Clémence Desrochers. Si elle ait à sa façon rejoindre les drames de l'humanité de maintenant, c'est toujours en restant égale à elle-même, sans pathos, sans cris ou fausses larmes, toujours au soleil d'une incroyable aptitude pour le bonheur. Elle n'en est pas moins douée pour l'humour un peu à la manière de Clémence Desrochers avec laquelle elle demeure en contact.
26 juin 2007, 7:41
Pour en finir avec les Concordats
Ce qui piège ceux qui réfléchissent sur la place que devrait occuper l'Islam dans les sociétés et au premier chef, les intellectuels de culture arabe, c'est qu'ils n'en finissent plus de tenter de tracer les paramètres d'un nouveau Concordat pour situer la place que cette religion doit occuper dans la Cité. Dans cette entreprise de redéfinition, idéalement pour faire en sorte que la théocratie héritée de l'Ancien Régime arabo-musulman soit remplacée par un autre type de société, plusieurs camps s'affrontent. Il y a d'une part les monarchistes de droit divin, soit ceux qui considèrent que le pouvoir, qu'il soit monarchique ou présidentiel, doit tirer son principe d'une essence divine. Ce sont ceux-là que nous nommons les intégristes, le parti blanc ou vert et qui est analogue au parti noir, celui auquel s'en prenait Anatole France lors des luttes qui opposèrent en France les monarchistes et les cléricaux nationalistes aux républicains ouverts au monde et à ses mutations. Il y a par ailleurs ceux qui espèrent pouvoir se servir des leviers disponibles dans des sociétés laïques en totalité ou en partie, pour s'emparer des consciences et pour tourner ces mécanismes à leur avantage. Ce sont ce que nous pouvons nommer les nouveaux concordataires, soit ceux qui ont pratiqué des brèches dans la société civile avec Bonaparte à leur tête. Cette mascarade aboutit à faire des responsables des sociétés laïques des spécialistes bidon du droit canonique ou coranique, c'est selon. L'avantage dans ce duel d'aveugles se trouve en définitive toujours plus du côté des représentants des bigots et des calotins. Il ne reste donc qu'une seule solution, soit celle de la séparation complète des pouvoirs spirituels et temporels en laissant la liberté de conscience et de pratique à la seule sphère du privé, quitte à ceux que cela intéresse à se diviser sur des virgules depuis longtemps effacées des vieux textes.
23 juin 2007, 7:07
La proie pour l'ombre
Il est vrai que la place des femmes en politiques se fait de plus en plus grande. Mais faut-il y voir vraiment la résultante d'une égalisation des chances d'accès au pouvoir dans les sociétés? Malgré qu'il soit tentant de répondre par l'affirmative, crois qu'il s'agit là d'un leurre destiné à faire croire que l'égalité des femmes est maintenant chose acquise, du moins pour l'essentiel. Or, il n'en est rien. Presque tous les possesseurs des grandes fortunes et des leviers qui font en sorte qu'ils sont les véritables maîtres de l'économie sont encore des hommes, si l'on fait exception des fortunes adventices tirées d'un rôle dans le domaine du divertissement, ce à quoi d'ailleurs ressemble de plus en plus la politique spectacle des temps modernes récents. Les hommes sont donc encore ceux qui possèdent les principaux leviers de commande de nos sociétés dans la mesure où la politique est à leur remorque et non l'inverse, les politiques devant faire des compromis avec eux quand ce ne sont pas des compromissions. Le féminisme qui se retranche derrière des statistiques superficielles pour ne considérer que des écarts de salaire sans tenir compte de l'ancienneté dans les fonctions est donc un féminisme démagogue, soit celui qui se contenterait de victoires faciles et de lâcher la proie pour l'ombre. Il n'en demeure pas moins que la bataille de l'égalité pour la gouverne politique des sociétés est un enjeu qui mérite les efforts que les femmes font pour y promouvoir l'égalité. Il ne faudrait pas pour autant qu'elles perdent de vue les enjeux majeurs pour elles et qui sont ceux de l'obtention de meilleures places sur l'échiquier des décideurs économiques qui sont en définitive les vrais maîtres.
3 juin 2007, 7:50
Concertiste et chef d'orchestre
Il était peu banal le concert que nous ont offert ce samedi l'orchestre symphonique de Québec et Louis Lortie. L'originalité de ce concert tenait non seulement à l'interprétation que lui a donnée Louis Lortie avec son piano, mais aussi à la manière toute particulière dont l'orchestre était dirigé, soit par le pianiste lui-même. Il en a résulté une unité, une cohérence d'interprétation difficile à obtenir quand l'orchestre est confié à un autre chef pour l'occasion. Pour avoir déjà entendu Louis Lortie parler d'interprétation de la musique sous la conduite d'un chef, il est facile de comprendre que pour lui, rien ne doit être laissé au hasard. Nous avons donc assisté à une grande performance, à une interprétation de Beethoven personnelle et percutante. Alors que souvent, les interprètes sont partagés dans leurs choix devant Beethoven en favorisant soit trop d'éléments de classicisme chez ce compositeur, soit au contraire trop d'aspects romantiques, ce que Beethoven est tout à la fois puisqu'il marque une époque de transition dans la musique, Louis Lortie a su en faire la synthèse harmonieuse. Le titre des concerts de cette série, soit printemps Beethoven ne pouvait être mieux choisi, car c'est un Beethoven rajeuni et bien vivant que nous avons entendu. C'est dire à quel point l'intelligence et la compréhension de Louis Lortie pour Beethoven sont profondes. L'orchestre symphonique de Québec a donc livré le meilleur de lui-même pour ce concert. L'hommage que le public a rendu à Louis Lortie et a son orchestre, c'est le mot qui convient en l'occurrence, a à la mesure de leur performance, vibrant.