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Avant de louanger ou de blâmer les visions de l'auteur de ce livre, il convient d'abord de prendre conscience que les grands paramètres de la formation des individus d'une société que sont les organismes de formation, les programmes d'enseignement et les visions véhiculées par les valeurs qui forcément les étayent, sont les reflets de la place qu'une société entend voir prendre à ses citoyens dans le monde. Cette place, elle nous a toujours été contestée. D'abord par des vainqueurs qui n'acceptèrent la place qu'y jouèrent nos institutions religieuses que dans la mesure où elles se feraient les porte-parole de notre soumission aux institutions du vainqueur. Même des lustres plus tard, soit à la fin des années cinquante, cette vision était à ce point ancrée dans les consciences que la création d'un Ministère de l'Éducation au Québec était vu par certains comme un crime de lèse-majesté.
Il est ironique de constater que le même débat anime encore des consciences qui se croient maintenant libres de toutes attaches mais qui se refusent à assumer que les visions de l'éducation au Québec doivent soit y présenter notre place dans le monde comme étant soit celle d'une minorité appelée à disparaître en tant qu'ethnie distincte, soit celle d'une minorité qui aspire à être majoritaire sur son territoire.
Ce débat, il faut au moins en être conscient de la portée avant de rejeter en bloc les orientations de ce livre. Si pour certains d'avoir à dire, faute de mémoire, que leurs ancêtres étaient peut-être des Vikings, ne les dérange pas, grand bien leur fasse.
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