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L'obésité est un beau révélateur des paradoxes du développement inégal. Il faut donc se garder des généralisations hâtives qui nous font perdre l'essentiel de vue quand nous parlons des problèmes de la nutrition. Le premier paradoxe est celui qui nous fait pointer du doigt la richesse comme étant le principal facteur de la surcharge pondérale, soit à l'échelle des nations soit à celle des individus.
C'est à la fois vrai et faux. En effet, s'il est vrai qu'il y a plus d'obèses dans les pays riches, ce sont par contre les pauvres des pays riches qui souffrent le plus de cette obésité. La raison en est simple puisque ce sont ces pauvres qui n'ont pas les moyens de satisfaire leur appétit avec des produits qualifiés de bons pour santé par l'industrie agro-alimentaire de connivence avec les instances publiques et qui sont toujours relativement chers, qui sont obligés de consommer des substituts moins chers et beaucoup plus caloriques. Cela sans parler des compensations psychologiques que ces apports de calories ou de gras apportent à leurs vies sans avenir. Les riches des pays riches sont au contraire beaucoup plus sveltes car ils ont accès au meilleur de l'alimentation.
À l'inverse, dans les pays émergeants, ce sont les moins pauvres de ces pays, ceux qui ont accès en quantité à de la nourriture des pauvres riches d'ailleurs, qui présentent le plus de problèmes de poids. La restauration rapide dans ces pays est pour ceux qui sont relativement prospères plutôt que relativement pauvres comme Ici. Là, ce n'est pas n'importe qui peut aller se pavaner sous la bannière jaune et rouge avec toute sa famille autour de lui.
Il y a un dernier paradoxe, celui des pays carrément pauvres où afficher un surplus de poids revient à montrer sa richesse alors qu'ici, cela revient à montrer sa pauvreté. Non décidément, l'alimentation, ce n'est pas simple.
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