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Il est incontestable que les anglophones du Québec ont profondément évolué depuis l'époque où le fait de ne pas parler leur langue vous valait de vous faire dire: speak white. C'était l'époque de l'apartheid et ceux qui y voyaient la coexistence de deux solitudes comme si elles avaient été sur un même pied d'égalité sans pouvoir se rencontrer avaient un discours négationiste devant cette brûlante réalité. Le couvercle mis sur cette bouilloire par ces dénis de culture a fini par sauter et depuis, les choses ont évolué. Les anglophones du Québec sont maintenant vraiment un peuple distinct qui fait partie à part entière de la société québécoise. Ils n'ont plus rien à craindre d'une éventuelle souveraineté du Québec puisqu'ils font d'ores et déjà partie de cette société à part entière, ce que leur permet le haut degré de bilinguisme dont ils font la preuve quotidiennement.
Cela étant posé, il n'en demeure pas moins que le Québec hors Montréal et hors Gatineau est profondément francophone tout comme le reste du Canada est profondément anglophone d'ailleurs, ce qui est normal. Il est vrai qu'il y a quand même beaucoup de francophiles dans les grands centres urbains du Canada, dans des villes comme Toronto notamment, mais cette ouverture aux autres ne peut pas être le fait de la majorité qui n'a ni les loisirs, ni les habitus culturels qui permettent l'apprentissage d'une langue qui demeure difficile pour des locuteurs formés dans une langue de tradition germanique.
Au contraire, pour de nombreux francophones, l'apprentissage de l'anglais est aussi fort difficile si des contacts réguliers avec des locuteurs de l'autre langue ne sont pas la norme. Voilà pourquoi, les résidents des villes cosmopolites sont davantage bilingues et même polyglottes que les autres.
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