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Marc Audet
4 mars 2007, 9:18

Cantabile: côté blé et côté givré

Si le répertoire et surtout la manière dont Cantabile interprète ce répertoire est inclassable, leurs sources d'inspiration sont quant à elles bien saisissables. C'est ainsi qu'un spectacle de Cantabile nous promène à travers l'histoire de la musique à grande vitesse nous plongeant en pleine Renaissance avec des madrigaux puis nous faisant rebondir en plein vingt et unième siècle en plein cour d'une comédie musicale à Broadway. Ce spectacle pourrait facilement nous paraître hétéroclite, mais il n'en est rien. Cette cohérence dans la diversité, Cantabile la réussit en gardant à toujours à ses interprétations une unité de style pour structurer ce qui n'a ni unité de lieu ni unité de temps. À leur manière, ils répondent en musique aux chants polyphoniques de ceux qui bien plus au sud qu'eux gardent aussi des traditions ancestrales de s'exprimer par le chant. Dans leur cas, ce sont les traditions celtique et saxonne remodelées au cour du creuset de la Grande-Bretagne qui s'expriment. Mais si leur spectacle conserve son unité de style, les dualités de la Grande-Bretagne de maintenant en tant que tout à la fois profondément européenne et tournée vers le Nouveau-Monde n'en ressortent pas moins. Avec leur interprétation de deux madrigaux, leurs voix se mariaient aux élancements des flèches gothiques de l'Angleterre tandis que dans celle des comédies musicales ou de pièces populaires, celles-ci épousaient tous les accents lyriques du Nouveau-Monde. Ce n'est sûrement pas sans raisons qu'un extrait de la symphonie du Nouveau-Monde de Dvorack figurait à leur programme hier soir à laquelle l'OSQ a donné tout son sens.
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