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Les ingrédients choisis pour transfigurer cette nuit glaciale de février n'étaient pas de ceux que l'on trouve chez un dépanneur. Pourtant, les artisans de cette représentation illuminée ont su percer les ténèbres opaques des alentours. Les ouvres choisies, tant musicales que littéraires étaient toutes marquées au coin du feu du mysticisme, non pas de celui qui ramène en arrière sur des pratiques sclérosées, mais de celui qui transforme et transfigure toutes choses trop humaines pour pouvoir durer.
Le coup d'envoi de cette fête de l'imaginaire a été donné par une ouvre de Maurice Ravel pour laquelle Debussy parlait d'une inspiration des dieux de la musique à son compositeur. Puis ce fut le tour de Debussy lui-même auquel nous pouvons retourner le compliment qu'il adressait à Ravel. Ce compliment s'applique d'autant mieux que c'est Isabelle Moretti qui était à la harpe, celle par qui les messages des dieux de la musique nous sont livrés. L'ouvre suivante était d'un compositeur moins connu à notre époque, Soit André Caplet, mais qui l'était beaucoup plus du temps de Ravel et Debussy. Cette ouvre cadrait très bien par son atmosphère qui traduisait bien l'ouvre d'Edgar Allan Poe que venait de nous lire Roland Lepage, soit le Masque de la Mort Rouge.
L'incendie de la nuit s'est poursuivie avec la narration du poème de Richard Dehmel, Deux êtres, qui préfigurait la fusion transcendante à laquelle l'ouvre de Shoenberg allait ensuite donner des notes.
Pour ce dernier concert donné en l'église Saint-Dominique, il peut être dit que les Violons du Roy ont marqué le coup.
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