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Affirmer tout de go qu'une quantité aussi simple à comptabiliser que la population soit une donnée relative peut sembler être de la provocation. Pourtant, il n'en est rien. Cette donnée est toujours relative à aux développement des techniques de reproduction par la population qui occupe un espace donné et surtout, au type d'appropriation de ces ressources. Une petite population dans un espace doté de peu de moyens techniques de production de ressources est relativement trop nombreuse alors qu'une autre beaucoup plus nombreuse mais dotée de puissants moyens techniques est relativement peu nombreuse.
Dans cette équation à deux inconnus, la quantité de matières premières n'est pas une donnée absolue non plus. Les ressources, même quand elles ne sont pas renouvelables, demeurent néanmoins remplaçables. Par ailleurs, le type de relations aux ressources est lui aussi une donnée relative puisque des habitudes de vie peuvent toujours être remplacée par d'autres habitudes.
En somme, l'alerte à la surpopulation est souvent un cri d'alarme des privilégiés qui ont peur de la menace que ferait planer sur eux le fait que des rescousses ou des manières de les produire doivent être modifiées pour satisfaire tous les besoins. Cela les pousse à dire que s'il y a trop de mal-nourris dans un pays, c'est parce qu'ils sont trop nombreux; que si des familles sont pauvres, c'est qu'elles ont trop d'enfants. Il leur est toujours plus facile de dénoncer la quantité plutôt que la qualité.
Le même raisonnement amène à critiquer les pollueurs à partir de la seule quantité de polluants qu'ils fabriquent. Pourtant, c'est le rapport de cette quantité de polluants à la population concernée qui compte; c'est la pollution par tête d'habitant qui est la vraie notion à considérer.
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