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Marc Audet
29 janvier 2007, 9:10

Par-dessus le marché

Pour émettre ses prévisions, Jacques Attali prend assise sur ses visions économiques de base qui l'incitent à croire que les forces du marché sauront résister aux pressions à la hausse des salaires et des rétributions, bref le capitalisme survivrait malgré ces pressions, mais à l'intérieur de certaines limites. Ces limites, il constate comme plusieurs qu'elles sont d'autant moins contraignantes que le marché privilégie les centres de production qui les maintiennent au plus bas. Le déclin de ce qu'il nomme l'Empire américain n'est en fait que la conséquence de cette tendance à la décentration des forces de production, ce qui concerne également l'Europe et le Japon. Ce qu'il nomme déclin impérial est pourtant marqué du sceau du nationalisme puisque les forces de production déclinantes ne font que s'agglutiner dans des ensembles de forces oligopolistiques encore plus grands et plus puissants. C'est ainsi que les géants de l'automobile sont maintenant américano-europo-japonais et que demain ils seront en plus chinois ou indiens. Toutes les grandes industries de pointe évolueront aussi selon ce modèle de concentration. Il ne restera donc plus de national que les petits drapeaux nationaux dont se revêtiront frileusement les pauvres citoyens vivant à leur ombre. Le laisser faire aura ses coudées franches jusqu'à ce des pressions nouvelles sur les forces de production les amènent soit à faire des concessions majeures, soit à devoir se soumettre à des forces étatiques transnationales qui ne lésineront pas sur les moyens à employer pour les domestiquer.
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