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Il manque seulement l'essentiel
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Le Carnaval de Québec possède tous les attributs d'un Carnaval sauf qu'il lui manque l'essentiel pour qu'on le nomme ainsi. Quand Voltaire disait qu'il était allé passer le Carnaval à Venise, ce n'était certainement pas sous ses apparences ordinaires, lui qui trop souvent était recherché pour des écrits dérangeants ou pour des paroles peu louangeuses aux dépens des puissants de son époque. S'il y allait, c'était pour s'y revêtir d'un déguisement le rendant parfaitement anonyme et pour y jouer son personnage sous un masque.
L'essentiel de l'esprit du Carnaval, c'est dans ce déguisement qu'il réside, lui qui permet de transgresser les bornes de l'ordinaire et du quotidien pour se retrouver dans un autre monde, bien souvent à l'opposé de ce dernier.
Peut-on vraiment croire à ce déguisement quand les seuls vêtements dont les carnavalesques participants se revêtent sont des vêtements d'hiver en pelure d'oignons. Il manque donc à ce Carnaval l'essentiel de ce qui en ferait un véritable carnaval.
Il ne resterait donc plus à ces participants pour se rapprocher de l'esprit du Carnaval qu'à se vêtir outrageusement contre le froid, les masques avec des panaches d'orignaux disputant la fête aux têtes d'ours de Sibérie. Ce serait un Carnaval de Rio, mais à l'envers, le dépouillement des tenues vestimentaire des participants du premier étant remplacé par l'opulence des tenues du second.
C'est une vision éclatée de notre Carnaval mais elle me réchauffe avec son ironie.
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Par-dessus le marché
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Pour émettre ses prévisions, Jacques Attali prend assise sur ses visions économiques de base qui l'incitent à croire que les forces du marché sauront résister aux pressions à la hausse des salaires et des rétributions, bref le capitalisme survivrait malgré ces pressions, mais à l'intérieur de certaines limites. Ces limites, il constate comme plusieurs qu'elles sont d'autant moins contraignantes que le marché privilégie les centres de production qui les maintiennent au plus bas. Le déclin de ce qu'il nomme l'Empire américain n'est en fait que la conséquence de cette tendance à la décentration des forces de production, ce qui concerne également l'Europe et le Japon.
Ce qu'il nomme déclin impérial est pourtant marqué du sceau du nationalisme puisque les forces de production déclinantes ne font que s'agglutiner dans des ensembles de forces oligopolistiques encore plus grands et plus puissants. C'est ainsi que les géants de l'automobile sont maintenant américano-europo-japonais et que demain ils seront en plus chinois ou indiens. Toutes les grandes industries de pointe évolueront aussi selon ce modèle de concentration. Il ne restera donc plus de national que les petits drapeaux nationaux dont se revêtiront frileusement les pauvres citoyens vivant à leur ombre. Le laisser faire aura ses coudées franches jusqu'à ce des pressions nouvelles sur les forces de production les amènent soit à faire des concessions majeures, soit à devoir se soumettre à des forces étatiques transnationales qui ne lésineront pas sur les moyens à employer pour les domestiquer.
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Il y a bien des manières d'être figuratif
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L'oeuvre de Fernando Botéro illustre un point de vue figuratif qui lui est propre. L'art de peindre n'étant d'aucune manière celui de la photographie, son réalisme à lui transcende toutes les bornes de ce que l'oeil de la caméra peut apercevoir dans son champ de vision.
Au contraire d'un portrait réaliste, son art montre toute l'influence des racines de la culture aborigène sur celle de la culture colombienne et est de ce fait symbolique. Comment ne pas apercevoir cette filiation des mythes de la culture indienne sur son imaginaire ? .
Je ne raterai certainement pas cette exposition unique.
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Des choses difficiles à mettre en forme
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Le coeur de cette pièce bat aux tréfonds de l'Amérique profonde et il est bien difficile à partir du foisonnement des thèmes qu'elle aborde d'en voir le fond. À commencer par les visions du monde de l'auteur qui malgré qu'il se réclame d'une éducation et d'une culture tout imbue de spiritualité à l'Américaine teintée de sectarisme nous présente des personnages apparemment aux antipodes des modèles que nous lui prêterions en raison de ses affinités. Il faut en conclure que ses personnages sont comme des repoussoirs à l'envers des visions qui l'habitent comme cela est souvent le cas chez les ultras-conservateurs à l'origine d'un certain cinéma fantasmagorique, médium artistique que LaBute connaît lui-même fort bien. La perspective pour comprendre cette pièce se déplace alors de 180 degrés. Si au départ il était facile d'y voir une charge contre le conservatisme ambiant dans les petites communautés rurales à mentalité hyper communautaire, les actions du personnage de l'artiste étant fortement prises à partie par ceux qui l'incarnent, contre l'académisme en arts à toutes les époques aussi, par la mise en situation absurde des ouvres de musée ou par l'enseignement de l'art contemporain, la perspective se renverse de ce fait des prises de position de l'auteur qui finit par nous laisser voir les fils qui relient entre elles ses visions conservatrices. Dans cette pièce, c'est le personnage de l'artiste qui est odieux, surtout lorsqu'il aspire à changer le monde. L'art moderne y est réduit à des phénomènes de provocation. Pour rendre ce climat propre à LaBute, il aurait fallu sentir battre ce cour bien à droite qui l'inspire, voir mieux cette Amérique profonde et bizarrement spiritualiste, le personnage incarné par Christian Michaud nous en ayant cependant beaucoup rapproché. C'était un texte difficile à défendre et en s'y attaquant, le Théâtre des Fonds de Tiroirs portait bien son nom avec sa prédilection pour des textes dont on ne voit plus le fond.
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Un projet romanesque bien plus qu'un roman
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Les citations qu'emprunte Stéphane Bourguignon à William Styron pour nous monter les objectifs de son projet romanesque n'y vont pas par quatre chemins. Un roman, s'il a la profondeur qu'il faut avoir pour y arriver, présente des visions du monde qui sont des totalités synthétiques, soit des manières d'aborder et de comprendre des thématiques qui, si elles sont décortiquées et analysées par des thèses érudites qui les morcellent dans les éléments qui les composent, ne sont plus à même d'avoir la force des évocations que seules les totalités possèdent. Je me range donc aussi à l'avis de William Styron sur ce sujet. Cependant, pour opérer de la sorte, il n'y a que les grands romans et les grands auteurs qui y arrivent pleinement. Cela est le cas pour Racine qui totalise les visions du Nouveau Régime face à l'Ancien à partir de ce personnage qu'est Port Royal et qui joue le rôle de pivot faisant basculer les regards vers l'invisible à venir. Cela est aussi le cas pour Cervantes qui profile la déperdition de la classe des aristocrates derrière le spectre de son chevalier à la triste figure. Il pourrait être dit de même pour Proust à une époque plus récente lui qui montre à quel point les ordres sociaux anciens gardent de leur actualité dans les mentalités de ceux qui leur survivent. Dans le cas du roman de Stéphane Bourguignon, c'est de la place des visions des fondateurs de ce pays d'Amérique dans les visions actuelles de leurs descendants dont il est question. Ce projet est ambitieux surtout s'il aspire à recréer ces totalités qui nous parlent si bien. Mais à ce sujet, seuls les lecteurs ont le mot de la fin et plusieurs peuvent confondent les meilleurs érudits.
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Une maîtrise incontestée du piano
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Malgré le fait qu'il soit reconnu de par le monde comme étant l'un des interprètes majeurs de la musique de Chopin et l'un de ceux en qui la nation polonaise se reconnaît par ce choix qu'il a fait de l'interpréter, il m'a semblé que Garrick Olhsson donnait le meilleur de lui-même quand il interprétait des compositeurs qui sont aux antipodes de la musique de celui-ci. La maîtrise tout en souplesse du clavier qui est la sienne se remarque encore davantage quand il interprète des compositeurs qui lui demandent plus de réflexion ou d'intériorité que semble lui demander l'interprétation de celle de Chopin qui est devenue pour lui une seconde nature. C'est ainsi que son interprétation des Variations et fugue sur un thème de Haendel de Brahms nous a donné un premier aperçu de cette maîtrise plus contrôlée de sa part.
Un autre aspect de son inspiration nous était réservé pour la deuxième partie du concert. C'est en effet dans l'interprétation des ouvres contemporaines qu'il atteint à mon avis le sommet de son art. Il en fut ainsi pour son interprétation du Nocturne de Lowell Liebermann où son doigté était entièrement secondé par une inspiration bien sentie.
Il est aussi une musique qui le démarque bien des autres interprètes et c'est celle de Beethoven. Nous reconnaissons là un ancien élève de la célèbre Julliard School mais surtout, quelqu'un qui a reçu les conseils des plus grands interprètes de ce compositeur, notamment Claudio Arrau.
Il va sans dire que la salle est restée médusée devant tant de talents.
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Quand on a l'illusion de réinventer le monde
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Les réflexions que ce texte et cette pièce nous suggèrent vont toutes dans le sens des grandes espérances et des grandes déceptions, celles que l'on a quand après avoir eu la quasi-certitude que le monde était à refaire et à notre portée et celles qui suivent après la constatation que rien de cela n'était arrivé. N'est-ce pas à ce genre de réflexion qu'est amené le protagoniste de cette pièce quand après avoir eu l'impression de pouvoir transmettre des valeurs nouvelles à ceux qui représentent l'avenir, les enfants, il en arrive à se replier sur des souvenirs nostalgiques parce qu'il mesure l'étendue de l'écart qui le sépare de ses rêves.
Cette situation mise en scène par cette pièce résume bien celle des réfugiés politiques coincés entre leurs rêves de voir un monde meilleur et leurs déceptions de ne pouvoir le trouver peu importe où ils se tournent pour y accéder. Leur situation est encore plus précaire que celle des réfugiés économiques qui plus souvent qu'autrement après des débuts difficiles se retrouvent en meilleure position qu'au départ. Les réfugiés économiques n'en sont pas au bout de leurs peines pour autant.
Si plusieurs d'entre eux améliorent leur sort et se montrent prêts à consentir tous les efforts pour s'intégrer question de mettre leurs enfants sur la même ligne de départ que tous les autres, plusieurs piétinent et même régressent dans certains cas. Ceux-là risquent encore davantage que les réfugiés politiques de s'enfermer dans leurs déceptions nostalgiques pour contrebalancer leur mal de vivre dans leur société d'accueil.
A mon avis, ce sont ces derniers bien plus que les réfugiés politiques qui risquent de représenter des obstacles sur la voie de l'intégration réussie des immigrants.
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Cachez cette toile que je ne saurais voir
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De la publicité électorale, il y en a à profusion et pas que sur le Net. Prenons par exemple le cas de ce qui s'est appelé le scandale des commandites. Cela n'était-il pas de la publicité électorale déguisée et financée de manière encore plus douteuse que celle dont il est mention dans cette chronique ? Prenons encore le cas des dépenses électorales du parti libéral du Québec qui fait porter ses promesses de dépenses sur des décennies à venir. Cela n'est-il pas également de la publicité électorale sous le manteau payée à même des engagements factices qui se comptent tout de même en centaines de millions de dollars celles-là ?
Par ailleurs, tous les députés et surtout les ministres du gouvernement en place font régulièrement leur publicité en fichant leurs communiqués de presses dans les médias de manière à obtenir une couverture médiatique. Cela aussi n'est-il pas de la publicité électorale sans le dire ouvertement ? Cette publicité est encore payée soit en partie à même des fonds publics pour payer des temps d'antennes dans les réseaux étatisés, soit en totalité en raison de la répercussion de ces dépenses publicitaires sur les prix des produits offerts aux consommateurs pour couvrir les frais encourus par ces médias.
Ne nous le cachons pas, nous vivons dans des sociétés qui sont en élections permanentes. S'il y a une révolution sociale bien palpable, c'est celle-là ! D'ailleurs, les aspirants à la présidence des États-Unis l'ont compris, la principale aspirante démocrate ayant elle aussi décidé de passer par le Net pour rejoindre les électeurs. Nous pouvons nous en formaliser, mais cela ne changera rien à l'affaire. Cette approche sera de plus en plus utilisée par les ténors de la classe politique.
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Le mythe de la personnalité ne frappe pas que la gauche
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Il n'y a pas que les critiques qui pointent du doigt la personnalité d'un leader tyrannique qui se trompent quand ils accusent des régimes de gauche d'avoir succombé aux sortilèges du mythe de la personnalité. Il y a aussi ceux qui font de même quand il est question des régimes dictatoriaux de droite, les régimes fascistes ou nazis pour faire court.
Jamais ces régimes ne sont les résultantes des travers de la personnalité d'un quelconque leader qui arriverait à prendre le pas sur toute la classe politique de son état. Jamais non plus, cette étiquette apposée sur celui qui dirige ne convient au petit aréopage de ceux qui le secondent dans sa tâche.
Jamais non plus d'ailleurs, les services de renseignements de quelque pays que ce soit, fut-il le plus puissant de la planète, ne sont capables d'imposer des régimes politiques dont les classes dominantes d'un état ne veulent pas. Incriminer la seule CIA dans cette affaire est puéril.
S'il y a de tels régimes, c'est parce qu'une classe sociale de bénéficiaires des avantages économiques que leur assurent ces sbires les y maintient en plus de les avoir cautionnés au départ. Une fois ces régimes bien en place, par coup d'état, manigances politiques ou tromperies diverses, il leur faut trouver un épouvantail sur lequel il sera possible de rejeter toutes les fautes et pour justifier le fait qu'il ne soit pas question de céder le moindre pouce de terrain à des accommodements raisonnables de politiques économiques.
Cet épouvantail est le parti communiste auquel sont associés les moindres contestataires des politiques rétrogrades de ces régimes de droite. Ce scénario, c'est celui qu'à connu le Chili de Pinochet et c'est celui que dénonce le scénariste Patricio Henriquez.
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Pas si désengagé qu'il le dit
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Michel Rivard fait partie de ceux des artistes et auteurs qui sont cités à la une pour tirer de leurs propos des visions qui sont plus conformes aux politiques éditoriales de leurs médias respectifs qu'à celles de leurs auteurs. Quand il nous parle d'un pays qui branle dans le manche de sa guitare, ce n'est pas de ses propres indécisions dont il nous entretient, mais des nôtres.
S'il y a un changement de cap de sa part, ce n'est pas de ce côté qu'il faut regarder. Ce serait plutôt vers celui qui le fait être plus intérieur et intimiste maintenant au regard des visions situées socialement qui étaient aussi les siennes, surtout lorsqu'il mêlait sa voix à celle du groupe Beaux Dommages.
Ce besoin de se faire entendre seul, il le pousse encore un peu plus loin avec ce dernier album, mais il semble que la nostalgie des belles voix qui s'accordent le pousse à vouloir jouer lui-même de tous les instruments comme s'il allait ainsi ressusciter tout un groupe de musiciens.
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La guerre, un sujet d'actualité aux USA
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Les films portant sur les guerres, celles de l'Indépendance ou celles où des américains perdirent la vie sur des champs de bataille bien plus éloignés de leur pays, ont toujours occupé une place importante dans leur production cinématographique. Le point de vue partisan étant souvent la règle pour ceux qui les produisent, cela est sans doute une des raisons pourquoi leur cinéma a parfois été taxé de cinéma politique par ceux qui ne partageaient pas leur point de vue historique. Par contre, avec la nouvelle cuvée de films qui vient, il me semble que la perpective de ces films tournant autour des conflits armés s'est approfondie et que l'on veuille aller au-delà des généralités que ces films présentent pour la plupart d'entre eux. Le fait que la population les États-Unis aient eu à souffrir de bien d'autres conflits depuis ces grands fléaux et sans minimiser les souffrances encore pires de ceux qui en ont été les cibles, il me semble que ceci explique cela. Le cinéma américain gagne probablement en maturité. Nous sommes encore loin de ce cinéma libre d'avant la grande chasse aux sorcières qui nous a donné des films comme Casablanca, mais nous nous en rapprochons quand même un peu. Et pour ne rien cacher, je dirai que je succombe assez facilement aux charmes, même vieillots, des péplums. Je ne bouderai donc pas ce cinéma sous le prétexte qu'il vient de là où il vient.
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Toute la magie des rituels de la culture chinoise
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Il est difficile de donner une étiquette à ce film déconcertant. Si par certains côtés, il s'apparente parfois à ces films d'action servant de prétexte à la démonstration des arts martiaux stylisés pour le cinéma, ce n'est pas longtemps qu'il retient notre attention de ce côté. À d'autres moments, il semble s'aventurer du côté des drames historiques, mais là non plus il a vite fait de montrer ses couleurs qui ne figurent sur aucun drapeau ni dans les pages des livres d'histoire. Se voudrait-il par ailleurs une tragédie ficelée dans une intrigue dont les héros ne peuvent s'échapper qu'en périssant à la manière d'une tragédie grecque réinventée que là non plus nous le pourrions pas le suivre complètement sur ce terrain tellement les rebondissements sont imprévus et échappent au destin.
En fait, ce film est tout cela à la fois et surtout, une remarquable mise en scène des grands archétypes de la culture traditionnelle chinoise faite des rituels qui scandaient la vie collective de ce peuple ainsi que celle des individus. La mise en scène de cette réalisation en fait un ballet de couleurs, les rouges des vengeances, les blancs des manières compassées de la cour et les jaunes des grandes fêtes protocolaires se mélangeant pour nous offrir une fresque colorée de ce pan de l'histoire de la Chine. Tout est fait pour nous donner une idée de la puissance de ces chefs d'orchestre qu'étaient ces grands empereurs du passé chinois.
Pour ces raisons, ce film déborde aisément toutes les catégories de film auxquelles il est possible de se référer pour le comparer. En ce sens, il est donc unique.
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Bon an, mal an
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Je crois que l'année qui vient remplira mieux ses promesses que celle qui est maintenant du passé. L'année écoulée a en effet été marquée par la course aux recettes, celles provenant des entrées en salle et celles des subventions que l'on voulait répartir de-là, allant jusqu'à faire de cet exercice le point focal du cinéma. L'année qui vient sera probablement plus saine. Il y a d'abord des films venant de cinéastes qui ont d'abord fait des courts métrages et qui viennent du cinéma avant que de faire partie du monde des vedettes. Nous pouvons nous attendre à plus de sobriété de leur part et aussi à plus de rigueur. Il y a aussi des films qui veulent explorer sobrement des aspects difficiles de notre humaine condition comme le film de Catherine Martin ou celui de Fernand Dansereau qui sont prometteurs.
Est-ce dire qu'il ne faut pas s'attendre à trop de la part de ceux qui mettent le vedettariat de l'avant ? Sans doute que oui, qu'il s'agisse des films où ces vedettes sont devant la caméra ou sont derrière.
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Parfums exotiques
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Elle fleure bon cette cuvée du cinéma qui nous vient d'ailleurs. Pour ma part, je ne sais si ce sont les effluves encore prégnants de ce film, La Malédiction des fleurs dorées, mais la vision de la bande annonce Dai Sijie, Les Filles du botaniste laisse présager un film avec ce même parfum de mystère qui semble une façon bien à la chinoise de pénétrer par la bande des interdits culturels qui empêchent de parler de l'histoire d'un peuple au premier degré.
Ce cinéma mêlant action et réflexion à la chinoise est évidemment aux antipodes de ce cinéma français introspectif et intellectuel. Pour ce qui est des films d'Alain Resnais qui fut considéré à l'époque comme un maître du genre en raison de ce beau film que fut Hiroshima mon amour, les bandes-annonces me le montrant reconverti aux recettes des comédies musicales, fussent-elles à la française, me laissent plutôt de glace.
Je jetterais cependant un oeil intéressé du côté du cinéma italien tel qu'il se présente avec ce film de Nanni Moretti ou encore sur le cinéma argentin.
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La magie des rituels
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Il est difficile de donner une étiquette à ce film déconcertant. Si par certains côtés, il s'apparente parfois à ces films d'action servant de prétexte à la démonstration des arts martiaux stylisés pour le cinéma, ce n'est pas longtemps qu'il retient notre attention de ce côté. À d'autres moments, il semble s'aventurer du côté des drames historiques, mais là non plus il a vite fait de montrer ses couleurs qui ne figurent sur aucun drapeau ni dans les pages des livres d'histoire. Se voudrait-il par ailleurs une tragédie ficelée dans une intrigue dont les héros ne peuvent s'échapper qu'en périssant à la manière d'une tragédie grecque réinventée que là non plus nous le pourrions pas le suivre complètement sur ce terrain tellement les rebondissements sont imprévus et échappent au destin.
En fait, ce film est tout cela à la fois et surtout, une remarquable mise en scène des grands archétypes de la culture traditionnelle chinoise faite des rituels qui scandaient la vie collective de ce peuple ainsi que celle des individus. La mise en scène de cette réalisation en fait un ballet de couleurs, les rouges des vengeances, les blancs des manières compassées de la cour et les jaunes des grandes fêtes protocolaires se mélangeant pour nous offrir une fresque colorée de ce pan de l'histoire de la Chine. Tout est fait pour nous donner une idée de la puissance de ces chefs d'orchestre qu'étaient ces grands empereurs du passé chinois.
Pour ces raisons, ce film déborde aisément toutes les catégories de film auxquelles il est possible de se référer pour le comparer. En ce sens, il est donc unique pour monter l'esprit guerrier de ces royaumes combattants.
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