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Le succès des RBO a coïncidé avec une étape bien particulière de notre culture, celle durant laquelle une libération adolescente de notre culture intervenait après le brassage difficile des valeurs qui avait été celui de la Révolution tranquille. Les normes étouffantes de la morale et des silences imposés qui s'étaient imposés à tous avant ce brassage allaient maintenant être mises en miettes dans les années subséquentes et RBO s'est présenté comme en étant le liquidateur en chef. Voilà pourquoi le groupe a fait flèche de tour bois et que son humour est allé dans toutes les directions. Malgré ces allures adolescentes, cet humour n'en était pas moins polarisé par la montée d'une nouvelle culture, celle qu'incarnaient les opposants des mesures collectives à tendance sociale-démocrate des baby boomers qui les avaient précédés. La glorification de l'individualisme qui allait suivre pouvait se lire en filigrane de leurs propos incendiaires. En eux, toute une nouvelle génération se reconnaissait.
Depuis, de nombreux humoristes se sont manifestés et la critique de leurs propos s'est faite plus acerbe, comme le demande la mentalité plus adulte des publics de maintenant. La longue agonie des Bye Bye résultant de la stagnation de son humour adolescent est là pour le prouver. Si le pari des RBO est de ressusciter le Bye Bye avec de l'humour adolescent, la barre est donc mise très haute pour eux. L'humour qui n'est jamais politiquement innocent implique que des humoristes se situent par rapport à lui. Or les tempéraments et les valeurs des membres de ce groupe divergent de plus en plus à cet égard. Il leur faudra donc enfiler leurs vieux vêtements, au risque de s'y sentir à l'étroit et de décevoir.
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