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Devant l'ampleur de ces meurtres gratuits commis par des personnes sans passé criminel et au dépends de personnes souvent dans la fleur de l'âge, les analyses butent sur des murs d'incompréhension. Pourtant, il faut essayer de comprendre les motivations de ces actes à défaut de pouvoir en pointer les causes avec suffisamment de clarté pour être considérées comme étant plausibles.
Le premier constat à faire est que malgré leurs apparentes gratuités, ces actes nous livrent out de même un message, celui que les tueurs écrivent de leur propre sang puisque tous savent qu'ils vont aussi à la mort en perpétrant leurs crimes. Ce constat, c'est celui d'un rejet total et sans compromis de la société dans laquelle ils vivent. Ce rejet, c'est celui qui vise des aspects souvent très particuliers de la composition de la société et des tendances culturelles que celle-ci révèle.
Dans le cas de Polytechnique, le fait de n'avoir tué que les filles est un message pour nous dire que cet individu refuse catégoriquement ce qu'il considère être l'intrusion des femmes dans un domaine considéré par lui comme devant être strictement masculin. Dans le cas de l'école Amish, ce mobile pourrait être aussi un rejet sans merci de la différence culturelle.
Il arrive aussi souvent que les tueurs projettent leurs propres sentiments d'être rejetés par leur milieu qui n'accepterait pas leurs différences à eux. Cette projection pourrait être à la source des actes commis par le tueur de Dawson.
Si dans le contexte américain, les réactions au rejet des différences, soit de celles qui sont vécues par les tueurs, soit de celles qu'ils ne peuvent accepter chez les autres, se traduisent par des meurtres en série dans des institutions, les mêmes mécanismes sont à l'ouvre dans les colères des banlieues de la France de maintenant. À la source, ce sont les mêmes causes. Les formes différentes de leurs manifestations relèvent de la culture en cause.
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