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Quand réforme est synonyme de se sauver avec la caisse
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Tous les parangons de la défense des intérêts des mieux nantis pointent du doigt ce système de santé qui avale une part grandissante des budgets de l'état. Mais ils se gardent bien dans leurs analyses de critiquer l'appétit vorace des grandes industries pharmaceutiques dont le coût galopant de leurs produits est un des principaux responsables de cet accroissement de coûts de système. Ils passent aussi sous silence que l'appétit grandissant des spécialistes de la santé commandent des augmentations qui dépassent largement les coûts imputables à l'inflation. Ils se gardent bien aussi de faire voir la faiblesse de l'état devant ces partenaires déloyaux qui sont capables à force de chantage de se faire consentir des rémunérations qui dépassent les capacités de payer des citoyens, à tel point que la province la plus pauvre du Canada, l'Île-du-Prince-Édouard est aussi celle qui paye le plus grassement ses spécialistes de la médecine. Ils sont tout aussi silencieux pour critiquer la part du fardeau fiscal tel qu'il se présente avec des réductions d'impôts relatives pour les investisseurs et les entreprises et un fardeau qui croit pour ceux de la classe moyenne. Ils se gardent bien de reconnaître également que des coupures dans le système de santé ont amené à faire des coupes là où il n'aurait pas fallu, avec des frais d'entretien des hôpitaux tronqués qui font que des maladies comme le C difficile ont la porte ouverte devant elles. Mais lorsqu'ils deviennent encore plus inquiétants, c'est lorsqu'ils se questionnent à savoir si tous les citoyens devraient payer pour un système de santé dont ils se contentent d'observer la dérive faute de fonds ou de rectificatifs démocratiques ou pire, lorsqu'ils souscrivent aux mesures l'ayant accélérée, comme lors de la mise à la retraite d'une part importante de ses effectifs afin de réduire les coûts et que pur y remédier, ils ouvrent la porte à un système à deux vitesses.
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Le rôle ingrat des précurseurs
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Claude Jutra est venu au monde trop tôt, du moins là où le destin l'a fait naître. Le public québécois n'était pas encore assez ouvert aux nouveautés cinématographiques comme à tant d'autres manifestations culturelles d'ailleurs. Il a donc été condamné à jouer le rôle d'un précurseur, celui de quelqu'un que l'on craint et que l'on tient à distance de peur de voir qu'il a probablement raison d'avoir les visions du monde qu'il a. Ce rôle, il l'a assumé pleinement avec sa dose de désespoir, allant jusqu'à avoir la prémonition de ce qui l'attendait au bout du chemin. Il est peut-être parti trop vite aussi. S'il avait vécu plus longtemps, il aurait probablement pu goûter lui aussi aux joies de la reconnaissance et de la renommée. Les portes du cinéma se seraient entrouvertes un peu plus pour lui laisser le passage. Sans doute se serait-il montré très critique pour les dérives actuelles du cinéma québécois qui devient de plus en plus une industrie et qui renie le cinéma d'auteur, mais ses critiques auraient alimenté le débat, auraient stimulé d'autres talents qui auraient voulu croire comme lui à la place du cinéma d'auteur dans l'industrie cinématographique. De toute manière, il est entré dans la légende et de ce fait, il demeure encore bien vivant. Si nous ne pouvons pas entendre les critiques qu'il aurait formulées à l'endroit des tendances actuelles de notre cinéma, nous pouvons aisément les deviner et lui prêter notre voix. Nous savons aussi que si plusieurs cinéastes de maintenant puisent leur inspiration dans ce qu'il a eu l'audace d'entreprendre et de réussir.
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Pour crever des abcès
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Les coups de gueule ont cela de bon qu'ils nous forcent à réagir, soit pour les appuyer, soit pour les combattre. Le débat s'enrichit alors de visions qui seraient restées pâlotes si le cirque des nuances nous avait entarîné dans sa ronde. Ceci étant dit, les coups de guele ne sont pas le dernier mot des discussions, mais leur début. Il faut bien ensuite polisser les arguments, les revoir à la lumière des faits nouveaux ou mal entrevus. Cet exercice ne risque pourtant pas alors de noyer le poisson, puisque les arguments doivent forcément se ranger d'un côté ou de l'autre, onter leurs conclusions qui permettent de les ranger ainsi. C'est dommage, mais la langue sale est souvent le seul antidote pour la langue de bois. Partant de ces coups de gueule, je me rangerai donc contre l'opinion de Benoit Dutrizac qui invoque la décence pour ne pas aller au fond des choses, lui qui pourtant ne se prive jamais de déroger à ce nous pouvons comprendre de la décence. J'abonderai dans le sens de Geneviève Saint-Germain qui voit dans cette journée internationale des femmes un retour déguisé et a contrario de la fête des mères, soit le fait de choisir un seul jour de l'année pour célébrer les femmes, le reste de l'année devant les voir bien à leur place. Je me méfierai de l'opinion de celui qui appelle de tous ses voeux les solutions finales, fussent-elles dans le but de faire obstacle aux pédophiles et m'y opposerai donc. J'abonderai dans le sens de Michel Faubert qui fait ressortir un phénomène sociologique de la langue qui me tient à coeur et que j'exprime souvent dans mes articles. Je me sentirai obligé, même s'il m'en côte, de prendre très au sérieux les opinions de Gil Cortemanche. Je serai obligé de reconnaître le bien-fondé des arguments de Francoeur, même si je trouve qu'il exagère un peu. D'accord aussi avec les François, Roberge, Rebello et Parenteau pour souligner la morgue de ceux qui possèdent le pouvoir ou avec le buzz épatant de Bizz.
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C'est la passion des comédiens qui le tient en vie
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Lorsque la télévision est arrivée dans nos foyers, elle était censée tuer le cinéma, car des analystes disaient que les gens ne se déplaceraient plus pour aller voir ce que le petit écran leur offrait avec un peu de retard sur ce que montrait le grand écran. Pourtant, rien de cette prédiction ne s'est réalisé. Le cinéma a montré que le cadre dans lequel il offrait ses spectacles n'avait rien du quotidien d'un foyer et que de ce fait, il offrait une évasion de plus.
Si ce duel entre la télévision et le cinéma n'a pas eu lieu, d'autres s'entendent pour dire que réunis plutôt qu'ennemis, ces deux compères font obstacle au théâtre. Habitués du style de performances que les comédiens offrent au cinéma ou à la télévision, soit des prestations qui se rapprochent de celles que les relations humaines ont entre elles dans la vie de tous les jours, les prestations théâtrales font bande à part.
Pour sortir vainqueur de cette compétition, le théâtre a pourtant un avantage que les deux adversaires présumés n'ont pas, soit le contact direct entre un auditoire et des comédiens. C'est d'ailleurs ce contact charnel qui amène les comédiens à soutenir le théâtre, lui qui doit souvent se contenter de la portion congrue des spectateurs des arts de la scène sur écran ou sur scène.
S'il y a des étiquettes qui s'appliquent encore aux arts de la scène, ce sont celles de cinéma, de télévision et de théâtre en direct qu'il faut retenir et non pas celles qui ont souvent cours dans le milieu théâtral. Pour attirer des foules, il n'est pas nécessaire que le théâtre imite ses rivaux, mais il lui faut par contre séduire par une présence dont sont incapables ses deux autres concurrents.
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Des empêcheurs de dormir en rond
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Pierre Falardeau incarne cette vision qui allie l'aspiration à la souveraineté et celui d'une plus grande justice concrète pour tous. Contrairement à ceux qui se contentent de camper sur des positions nationalistes qui empruntent leurs arguments à la tradition culturelle, Falardeau nous montre avec ses lectures et ses réflexions que sa vision s'élargit pour en comprendre les paramètres sociologiques qui sont reliés à la colonisation d'un peuple par un autre peuple.
Quant à Michel Tremblay, il vient lui aussi nous empêcher de dormir sur le statu quo par une démarche artistique et des réflexions qui montrent la fêlure de toute société, même quand elle se croit à l'abri de tout soupçon.
Quant aux événements qui ont marqué le cours de cette année 90, il est assez ironique de constater que l'enterrement de l'accord du lac Meech allait laisser des cendres qui viennent de ranimer le brasier maintenant que le concept de nation entre de nouveau dans le vocabulaire politique canadien à la suite de ce vote écrasant en faveur de sa reconnaissance par le parlement canadien.
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Le loup et l'agneau
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Elle n'est pas facile à tirer la morale de la fable en ce qui concerne notre littérature et sa publication. Je ne suis pas certain qu'il faille faire une équation entre le nombre des éditeurs et la liberté d'expression ou mieux encore, la qualité de notre littérature. Bien qu'il soit nécessaire de reconnaître qu'il y a un danger potentiel, plus ou moins réel selon les uns ou les autres (il suffit d'avoir écouté le débat à ce sujet à l'émission de Bazzo à Radio-Québec) dans le fait de la concentration de l'édition entre les mains d'éditeurs qui développent des approches commerciales pour mieux pénétrer les marchés, ce piège n'est pas relié selon moi à la grosseur de l'éditeur, mais au poids plus ou moins grand qu'il accorde aux retombées commerciales pour ses publications. Un petit éditeur proche de la faillite ne fera certainement pas plus de place à un auteur inconnu ou prometteur qu'un gros éditeur jouissant d'une grande marge de manouvre. Par contre, des petits éditeurs gardent mieux le cap sur leur mission culturelle que ne sont prêts à le faire des gros éditeurs plus près de leurs sous. En somme, nous sommes un peu devant la quadrature du cercle quand nous essayions de tout ramener ce débat au seul paramètre de la taille de l'éditeur.
Par ailleurs, il; y a aussi un autre paradoxe qui ressort des discussions sur l'avenir de notre littérature en tant qu'elle passe par les tendances actuelles dans le monde de l'édition. Certains, tout en se disant réfractaires aux grandes maisons d'édition, appellent de tous leurs voues la venue dans notre jardin de maisons d'éditions étrangères qui n'ont rien de léger que je sache. Vaut-il mieux que nous ayons nous-mêmes nos maisons majeures ou plutôt attendre que ce salut vienne de l'extérieur. Là est toute la question.
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La libération est encore nécessaire
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Elles se comptent sur les doigts d'une seule main, pour ne pas dire sur un seul doigt, les expériences réussies de création d'un Nouveau Journal dans le paysage médiatique québécois. Ce n'est pourtant pas parce que les journaux existants rempliraient tout l'espace idéologique et politique que cette place pour un nouveau venu serait difficile. Au contraire, les journaux existants sont tous ramassés autour de visions ancrées au centre politique ou un peu à la droite de celle-ci. Quand ils dérogent de cette ligne de rédaction, ce n'est qu'en accueillant subrepticement des columnists qui les dédouanent auprès du lectorat plus exigeant de ce conservatisme rampant.
Pourtant, depuis peu, je remarque que ces journaux s'ouvrent davantage aux opinions plus marginales, qu'ils font plus de place aux opinions qui remettent en cause des idées reçues ou des systèmes établis. Peut-on y voir l'influence qu'un journal comme le Voir aurait pu avoir sur eux en leur prouvant que, même en publiant des idées non-conformistes, les publicitaires devaient quand même tenir compte de leur présence dans le paysage culturel. Se pourrait-il que nous ayons enfin dépassé cette période immature où les idées non conformes devaient être tenues sous le boisseau ou brûlées sur la place publique comme dans un autodafé.
Il est vrai que la présence d'un journal virtuel vient aussi brouiller les cartes des joueurs qui ne comptent que sur le papier et qui surtout, se fichent éperdument des opinions des lecteurs, sauf quand elles sont bien conformes aux idées les mieux reçues. Le Voir détient donc un avantage certain sur ces concurrents et pas seulement de ce point de vue.
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L'engagement n'avait pas l'air d'un contrat à cette époque
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Dans les mots du Claude Dubois de cette époque, les paroles qui disaient le mal aux autres n'avaient pas les airs entendus de ceux des artistes qui se mettent maintenant cette étiquette comme d'autres portent des vêtements griffés. Ce n'était pas pour paraître qu'il les chantait, mais pour essayer d'être et de faire en sorte que d'autres que lui accèdent au mieux-être. Dans le paysage de la chanson de ces années-là, la fin des années quatre-vingt, Il faisait figure de rescapé d'une autre époque, celle qu'avaient connu ses devanciers, ces auteurs-compositeurs qui n'avaient pas encore ramené leur vocation à l'exercice d'un métier. Ce n'est donc pas de simple complicité interpersonnelle dont ce poète se plaignait dans ce mal de vivre qu'il exprimait, mais de cette complicité qui fait que des fractions entières de la société se mobilisent pour en aider d'autres. Il avait connu la rue Sanguinet et n'en avait pas honte. C'était tout à son honneur.
Un autre rescapé de la grande époque de la chanson, Daniel Lavoie, commençait aussi à percer à cette époque avec des thèmes de chansons qui témoignaient de sa maturité et de son ouverture au monde. Il s'est enfin démarqué de l'image qu'il avait reçue jusque là du public d'ici qui le confinait parmi les artistes mineurs. Artiste majeur enfin, d'autres scènes que la nôtre ont su l'accueillir pour ce qu'il était. Je ne suis pas certain que nous ayons encore pleinement pris acte des dimensions réelles de cet artiste et de l'image trop restreinte que nous en avions.
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Il sont encore sur la carte...
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C'est vrai que le groupe Sanguin n'a pas toujours eu les faveurs de la critique. Pour ma part, je partageais aussi ce recul devant leurs prestations que je trouvais un peu trop stéréotypées. Cela ne dérange rien, des humoristes ne peuvent pas rallier tous les publics autour de leurs gags. Mais depuis cette époque à laquelle se produisait le groupe Sanguin, il nous a été donné de pouvoir apprécier individuellement le travail de ces humoristes et les perceptions ont forcément beaucoup évolué à leur endroit. Pour ma part, l'esprit qu'a su démonter Danny Turcotte en tant que fou du roi me l'a fait découvrir. C'est particulièrement ses petites cartes qui m'ont presque toutes jeté par terre. Il faut non seulement avoir beaucoup d'esprit pour les pondre, mais il faut être aussi bougrement intelligent. Par ailleurs, la présence de son comparse Dominique Lévesque m'a fait prendre conscience que ces petites trouvailles n'étaient pas une génération spontanée et qu'elles étaient le résultat de beaucoup de travail, ce à quoi l'épaule aussi parfois Dominique Lévesque.
La morale de cette histoire est simple. Avec du travail, ces humoristes sont capables du meilleur. S'ils tentent un retour, il leur suffira donc de déployer autant d'efforts qu'ils en mettent à concocter leurs petites cartes et le tour sera joué. Ce n'est pas le talent qui leur manque, mais la mise au rancart de l'idée que pour être drôle, il faut être spontané et que les blagues qui demandent de l'effort ne saurait pas être drôles. C'est tout le contraire qui est vrai et cela, Danny Turcotte l'a prouvé à tous. Il lui reste seulement à s'en convaincre lui-même.
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Formes mises à part, le cinéma québécois est totalement différent
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Pour avoir réfléchi un peu aux propos échangés récemment sur la position délicate des critiques envers le cinéma québécois à l'endroit duquel ils se font soit un peu plus complaisants, lui ajoutant une demie étoile, soit plus critique lui en enlevant autant, j'en arrive à la conclusion que même quand notre cinéma prend ses recettes formelles du côté américain, jamais il ne dérape autant du côté de la bêtise en nous prenant pour une bande d'adolescents attardés. Jamais non plus il ne nous présente de ces visions réductrices où une politique américaine abrutissante à coups de mitraille et de lavage de cerveaux devient le moteur de l'intrigue. En somme, notre cinéma, même quand il pige ses recettes outre frontière, demeure beaucoup plus à l'échelle de l'humain et du vraisemblable et quand il s'en éloigne, c'est souvent avec un clin d'oil au spectateur qu'il le fait. Il n'est pas besoin d'en ajouter davantage pour dire qu'il est unique. Ne sommes-nous pas une nation comme dirait l'autre...Notre cinéma s'en ressent donc forcément.
Mais dans cette couse aux recettes et à la productivité, le risque qu'il y aurait là pour le cinéma d'auteur est une question qui revient aussi souvent. Pourtant, jamais n'y a-t-il eu autant de films d'auteurs portés au grand écran que depuis que certains films plus populaires a priori ont défoncé les attentes. La place du cinéma d'auteur n'est donc pas rognée par notre cinéma plus commercial.
Enfin, je déplore pour ma part que le documentaire n'occupe pas une plus grande place dans l'univers de la distribution. Ce genre représente à mes yeux la quintessence de l'art, celui qui consiste à rendre artistique et beau une réalité parfaitement assumée et par-là dépassée.
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Un des rares comédiens pouvant devenir acteur
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Ils sont relativement peu nombreux ces comédiens qui peuvent à ce pont piger dans leur propre vécu pour se permettre de recréer des personnages à partir de ce qu'ils sont plutôt que de se glisser dans la peau d'un personnage auquel ils essaient ensuite de ressembler. Ces comédiens, ce sont des acteurs au sens donné à cette distinction entre comédiens et acteurs par Louis Jouvet. Même si ce style les condamne à se ressembler d'une interprétation à l'autre malgré qu'ils aient à jouer plusieurs personnages, jamais ils ne laissent indifférents. C'est leur style qui s'affirme ainsi et en général, ils prennent beaucoup de place.
Gilles Renaud est de cette trempe de comédiens et il compose avec quelques autres comédiens au Québec cet aréopage que forme nos grands acteurs que sont les Gascon, Pelletier, Duceppe, Millaire. Ce n'est pas sans raisons que leurs noms sont associés souvent à la création de notre dramaturgie nationale car leur stature en fait des modèles pour la définition de ce que nous pourrions être à notre tour en prenant possession des grands paramètres de notre culture et de notre personnalité de base. Voilà sans doute pourquoi leur style est souvent celui des démiurges, de ceux qui connaissent le futur et qui nous invitent à les y suivre.
Mais ce caractère trempé n'a pas fait que des rejetons à son image et à sa ressemblance puisque ceux qu'il nomme parmi sa progéniture ont souvent des styles de jeu qui sans être à l'opposé du sien, font la part beaucoup plus grande à la fantaisie.
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Quand les sujets à caricatures sont déjà assez drôles comme tels...
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L'humour socialement engagé, celui qui décape les situations pour nous en faire voir toutes les ficelles transformant du coup des personnages inventés en pantins dérisoires qui provoquent les rires, est beaucoup plus difficile maintenant. La faute en revient au cynisme ambiant qui fait voir ces ficelles de pantins comme étant normales, les personnages ridicules ne pouvant même plus aspirer à être des personnes normales et sans attaches. Tout l'art de l'humoriste revient alors à s'amuser avec ces ficelles, à les emmêler encore un peu plus, à les tordre dans tous les sens en espérant ainsi nous faire tordre de rire. S'il y avait un horizon qui se dessinait par-dessus la tête de ces pauvres personnages, alors il serait de possible de faire rire en confrontant ces réalités virtuelles avec les situations vécues des pantins et Charlot avec sa démarche incertaine ne nous montrerait que mieux par où il faut aller pour marcher d'un pas assuré.
Pour ajouter le ricanement au rire, ne voilà-t-il pas que des politiciens se sont mis eux aussi à l'humour et à la caricature. Il y en a même qui excellent par les temps qui courent pour faire des sketchs avec le concept de nation. Ironisons un peu et demandons-nous s'il se peut qu'il se sente un peu agacé de donner des entrevues aux journalistes parce que ces politiciens lui auraient piqué ses idées...
Mais blagues à part, il me semble aussi qu'il y a encore de la place pour l'humour qui regarde en avant, qui délaisse le jeu vide des ficelles que l'on exhibe en prenant l'absurdité à témoin.
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Quand le passé nous sert de rétroviseur
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Porter le regard en arrière, surtout sur une période d'environ une vingtaine d'années, nos montre à quel point le cours des choses de la culture a relativement peu évolué depuis cette époque. C'est ainsi que Robert Lepage travaille encore en regardant dans la même direction artistique, avec cette différence qu'il jouit maintenant au Québec de la renommée qu'il commencait à avoir à l'étranger il y a vingt ans. Sa Trilogie des Dragons n'a pas pris une ride et elle demeure pour moi un de mes beaux souvenirs de théâtre lors de sa représentation à cette salle d'Expo-Cité alors que l'hiver s'approchait pour geler tous nos souvenirs. Ce qui étonne un peu par contre est cette dichotomie qu'il voyait à l'époque entre ses créations plus techniques comme Vinci et celles où il disait se servir d'éléments plus terre à terre comme le feu et l'eau. Sans doute qu'il anticipait de la sorte les critiques de ceux qui lui reprochaient de manquer de profondeur et de s'en remettre trop facilement aux aspects techniques du théâtre. La suite nous a prouvé que tel n'était pas son cas et que c'est d'une vision d'un monde embrasé de toutes part qu'il tirait son inspiration.
Quant à Marjo, elle non plus n'a pas vraiment vielli et ses prestations sont encore toutes pleines de l'énergie qu'elle y mettait il y a deux décennies. Son style n'a pas changé d'un iota.
Je pose donc la conclusion que les principaux paramètrees de notre culture, celle qui a pris son envol autour de ces années-là, sont encore les mêmes maintenant.
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Quand la xénophobie s'emballe
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Ce qu'il y a d'intéressant avec ce livre de Zlata Filopovic, c'est qu'elle nous fait prendre conscience que les guerres fratricides, comme les autres d'ailleurs, ne sont pas le fait de méchants que l'Histoire aurait irrémédiablement circonscrits à un seul territoire limité ou à une ethnie particulière et atypique, mais qu'elles sont le résultat des pressions xénophobes exacerbées qui finissent par embraser la conscience populaire au point de lui faire perdre tous ses repères normaux. C'est le constat le plus cruel que cette jeune fille a été amenée à faire et qu'elle attribue maintenant à la nature humaine alors que ces dérives sont d'abord et avant tout de la responsabilité de leaders d'opinions qui ne mesurent pas les conséquences de leurs prises de position.
Avant ce conflit, Sarajevo était un modèle de coexistence entre gens de culture et de religions différentes, une perle du patrimoine mondial tant pour ses beautés architecturales que pour son climat culturel sans pareil. Voilà où l'ont menée les paroles incendiaires de ces boutefeu sans scrupules. La logique guerrière est la même partout quand elle attise les passions xénophobes et qu'elle dresse les communautés les unes contre les autres sur des bases raciales. Que l'on soit au Rwanda ou en Bosnie, ce sont les mêmes mécanismes vicieux qui sont en cause.
Nous devrions donc prendre acte de ce témoignage de Zlata pour nous questionner à notre tour sur les déclarations de certains leaders d'opinion de la droite politique qui font du rejet des différences, ici comme ailleurs, le moteur de leurs visions politiques.
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Le talon d'Achille des conservateurs: leur politique étrangère
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Il demeure qu'il est bizarre aux yeux du commun des mortels qu'une organisation militaire de défense mise sur pied pour contrer la menace soviétique veuille se transformer en un organisme d'attaque alors que la menace soviétique est chose du passé. Sans parler du biais de départ de cet organisme en faveur des pays de l'Atlantique Nord à sa face même, ce qui lui a valu bien des critiques dans les rangs européens de l'après-guerre, notamment de la part de la France qui s'est dotée de l'engin nucléaire pour échapper à ses diktats, voilà que s'y ajoute un autre biais qui ferait en sorte que les pays membres de maintenant devraient suivre à la lettre les décisions du Pentagone, en particulier de celui sous la gouverne des alarmistes actuels de la Maison Blanche.
Pour le Canada, suivre cette politique aveugle et s'en faire le promoteur montre à quel pont la politique étrangère est le point faible des conservateurs canadiens. Le précédent gouvernement conservateur minoritaire, celui de Joe Clark, a chuté en raison des bourdes commises en politique étrangère et il n'est pas exclu que celui-ci fasse de même s'il continue sur cette lancée. Affirmer comme il vient de le faire par la voie de son représentant à cette réunion que la répétition des événements du 11 septembre est à craindre si l'OTAN ne réussit pas à imposer sa solution finale en Afghanistan est une bourde aussi grossière que celle qu'avait commise le gouvernement de Joe Clark. Qui peut raisonnablement croire que la menace que représente la présence d'une poignée de tallibans en Afghanistan est l'équivalent de la menace soviétique d'antan ?
L'OTAN n'est pas à risque en Afghanistan, mais en Europe où l'on se questionne sur sa nécessité ou en tout cas, sur la priorité pour l'Europe de se constituer son propre organisme de défense commune, ce qui remplacerait l'OTAN actuelle.
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