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Les langues mortes sont les seules dont le vocabulaire est à jamais refermé sur lui-même et qui n'emprunte plus à aucune autre langue parlée la moindre parcelle de son vocabulaire. Ces langues qui sont encore vivante le lui rendent bien puisqu'elles ne leur n'empruntent plus non plus quelque mot de leurs propres langues. Les langues mortes peuvent toujours tenter de crâner en leur faisant remarquer que les radicaux des mots, la tige sur laquelle ils poussent leurs bourgeons, les influencent toujours, mais avec oh combien d'exceptions dans la prononciation des mots qu'elles engendrent obliquement! Les emprunts entre langues sont donc la norme des langues vivantes et ces emprunts témoignent par leur nombre de la vitalité des langues vivantes. Si hier, c'était le faste des cours et la suprématie des aristocraties qui leur donnaient leur plus grand lustre comme ce fut le cas du français en Angleterre de jadis et dans les cours de l'Europe monarchiste, c'est aujourd'hui la vigueur des économies qui a pris ce relais à l'époque des bourgeoisies triomphantes. Comment s'étonner alors que le mot altermondialisation qui est le rejeton négatif de la mondialisation des économies, entre ainsi de plain-pied dans le compendium de notre vocabulaire. Comment se formaliser aussi que des traductions trop littérales de l'anglais, comme cinéma-maison, aient de la difficulté à se frayer un chemin parmi les mots qui comptent. Il n'y a vraiment que les mouches du coche de la langue française comme l'est une certaine Denise, pour s'en formaliser. Les mots en eux-mêmes ne constituent jamais le génie d'une langue, ce qui est du ressort propre de ceux qui l'utilisent, et jamais le français ne sera l'anglais, tout comme l'anglais n'est jamais devenu le français malgré les intrusions tellement plus nombreuses de ce vocabulaire français dans la langue anglaise à la suite de la conquête normande de l'Angleterre.
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