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À force de commettre les mêmes erreurs, soit celles qui nous font penser que le français est dans une position d'égalité des forces vis-à-vis de l'anglais au Québec et que par conséquent il suffit de les faire apprendre aux enfants francophones toutes les deux en même, nous finirons bien par constater que notre petit pot de terre finira par se briser au contact répété du pot de fer. Certes, le bilinguisme est un objectif raisonnable à atteindre pour tous les Québécois, qu'ils soient de langue maternelle française ou anglaise, mais encore faut-il que les moyens pédagogiques utilisés pour atteindre cet objectif ne remettent pas en cause les bases nécessaires pour que la langue maternelle puisse se développer de manière optimale. Or mettre des enfants francophones encore mal préparés pour ce qui est de leur propre langue au contact de l'anglais qui est dans un rapport de domination par rapport à leur propre langue est un réflexe de colonisé ou de ceux des représentants de cette détestable bourgeoisie compradore qui veut être à l'égal de la bourgeoisie d'en face en mimant autant que faire se peut tous leurs attributs culturels. Le bilinguisme parfait est une utopie, une vision de l'esprit qui sert à amadouer les représentants de la partie la plus faible dans ces jeux dangereux pour elle. Les bilingues le sont toujours plus ou moins et quand ils le deviennent davantage, c'est toujours en abandonnant un peu plus la langue maternelle dont ils sont originaires. Pour les francophones, le bilinguisme doit donc se faire plus utilitaire et moins culturel, c'est-à-dire qu'il doit selon les besoins être générés par des sessions intensives et des bains de langue, plutôt que par un apprentissage scolaire trop hâtif. Ceux qui prétendent le contraire sont naïfs ou intéressés.
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