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Marc Audet
Marc Audet
July 2006 - Messages
31 juillet 2006, 6:01
Des paroliers de chansons qui gagnent à être écoutés
Trop souvent, la mise en marché du disque fait en sorte que l'on table surtout sur la musique et ses arrangements pour faire passer le texte des chansons. Cette approche en spectacle est souvent funeste quand elle va jusqu'à nous priver de la possibilté d'entendre le texte, sauf par quelques bribes éparses qui ne font jamais un texte, encore moins un texte poétique. Même sur disque, le débit des patroles ou leur phrasé s'éclipsent devant les impératifs sonores qui sont aux commandes. À mon sens, Pierre Flyn n'est pas le seul à s'être laissé piégé par ces incontornables de la mode de la chanson. Par exemple, un autre auteur, Luc de La Rochelière, dont les paroles ne sont pas assez connues à cause de ces embûches, vient de publier un disque où ses paroles sont bien décortiquées. Le résultat est phénoménal. Nous le redécouvrons. La même chose est vraie pour Pirrre Flyn avec ces textes de chansons que l'on peut mieux apprécier parce qu'ils sont édités. Il gagnerait lui aussi à reformuler ses chansons pour que nous puissions mieux les apprécier pour ce qu'elles valent.
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29 juillet 2006, 10:02
Une conscience paranoïde
Elle est bien vivace la conscience qu'un danger imminent serait toujours en train de naître quelque part pour que les vieux démons de l'antisémitisme primaire renaissent de leurs cendres pour faire redescendre en enfer ceux de ce peuple qui scrutent les persécutions commises contre eux à la loupe. Certes l'histoire leur donne des raisons de craindre et Philip Roth les réanime avec le scénario de ce roman. Des antisémites, il y en a partout, mais de là à croire que ceux-ci sont capables de faire revivre aux juifs ce qu'ils ont déjà vécu, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il leur faudrait pour cela réussir à faire élire tout entier un parti d'extrême droite et non pas seulement un individu loufoque en politique comme l'était ce Charles Lindberg. Ranimer constamment le spectre de ce fléau à partir d'éléments isolés procède d'une mémoire malheureuse et d'une conscience paranoïde et en quelque part suicidaire pour ne pas dire masochiste. Que cela plaise ou non, il faut pouvoir dire qu'aucun peuple ni aucune race n'a le monopole de la souffrance. Or ramener constamment le malheur des juifs comme étant un épisode qui se répétera encore et encore risque de susciter chez d'autres peuples ou d'autres races, noires ou amérindiennes, l'idée que c'est ce monopole que l'on tente d'établir de la sorte. Si de plus jamais l'attitude des militaires israéliens n'est critiquée parce qu'elle rappelle d'une certaine manière les fautes de ceux qui s'acharnèrent sur les juifs au cours de l'histoire, le capital de sympathie dont jouit ce peuple en raison de ses souffrances risque de devenir au fil du temps ce que les analystes financiers nomment du capital mouillé.
27 juillet 2006, 6:37
Une presque insularité
Les habitants des îles ont un patrimoine culturel qui leur appartient en propre. Jean O'Neil le fait ressortir avec la définition de ce qu'est un né-natif et un étrange, deux catégories de citoyens qui se côtoient mais qui ne communiquent pas entre eux. Si ce phénomène est l'apanage de n'importe lequel de nos milieux ruraux, il s'avive encore plus quand il est question d'insulaires. Pourtant, l'insularité des habitants de l'île n'est pas parfaite, la construction d'un pont la reliant au continent étant déjà une réalité vielle de près de soixante-dix années. Elle n'était pas non plus complètement coupée du reste avant l'avènement de ce pont, un traversier faisant la navette depuis Québec jusqu'à Sainte-Pétronille l'été et un pont de glace unissant la rive Nord à la côte de Beauprés l'hiver, sans parler du traversier d'été faisant la navette de ce même côté de l'île à la hauteur de Sainte-Famille. Malgré ces liens, les habitants de l'Île continuent de se voir comme de parfaits insulaires au mépris des bons usages devant aménager des rapports harmonieux avec les étranges. Peut-on voir cette ambiguïté dans les propos de l'auteur quand il déplore l'héritage culturel qui fout le camp tout en regrettant que de meilleurs rapports n'unissent toujours pas ceux qui sont nés à l'Île et ceux qui s'y sont greffés par la suite. Un fait demeure évident toutefois, c'est que le patrimoine architectural de l'Île, le plus riche du Québec après celui de la Côte de Beauprés, risque de dépérir si les intrusions des résidents d'ailleurs qui l'envahissent ne respecte pas ce patrimoine à conserver.
27 juillet 2006, 12:15
La raison du plus fort est toujours la meilleure est le mot d'ordre
Il est bien occulté le discours nuancé qui ferait que des compromis seraient acceptables de part et d'autre quand le langage des armes prend le dessus et que la seule stratégie militaire devient l'unique raison en espérant que la sienne sera celle du plus fort. Le Proche Orient s'est engagé dans cette logique implacable il y a déjà longtemps, bien avant que n'éclate la guerre actuelle opposant Israël et le Liban, soit au moment même de la création par la force de cet état d'Israël en le découpant à même la chair des Palestiniens. Cette décision des pays occidentaux qui faisaient ainsi payer par d'autres leur culpabilité engendrée par leurs propres erreurs historiques, des déportations des juifs d'Espagne aux chambres à gaz des camps nazis en passant par les pogroms de Russie, il faudrait qu'Israël s'en souvienne quand ils poussent trop loin leur chance en réclamant encore et encore d'autres territoires pour leurs colons ou qu'ils feignent d'ignorer que des parties de leur territoire actuel ont encore été conquis par les armes. Seule cette reconnaissance des ambiguïtés de la naissance de leur état permettrait de désarmer les prétentions des intégristes musulmans qui n'acceptent aucunement quelque état que ce soit qui appartienne en propre aux juifs. Accepter un état pour les juifs pourrait être leur contribution historique pour la réparation d'une erreur dont ils ne sont pas les premiers responsables, ce qui est une décision leur demandant beaucoup de renoncement mais qui permettrait que s'installe non seulement la paix au Proche Orient, mais aussi la prospérité pour eux. Mais dans le contexte actuel, tout cela a l'air d'un rêve.
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26 juillet 2006, 9:38
Les devoirs de mémoire ne sont jamais des pensums
Comme tous les Québécois, je connais par la tradition orale les horreurs de cette bataille de Dieppe où beaucoup des nôtres ont servi de chair à canon dans un plan stratégique destiné à tromper l'ennemi sur le véritable point d'impact du grand débarquement réservé pour plus tard. Ce qui a en a choqué plusieurs à ce moment là, ce n'était pas l'objectif final qui était de stopper et de réduire au silence le pouvoir nazi, mais le fait que l'on se soit servi de beaucoup de Québécois et de Canadiens comme étant des forces coloniales dont une mère patrie lointaine pouvait se servir comme d'un menu fretin. Si aujourd'hui, on sait rendre hommage à ceux qui ont péri à ce jeu de dupes, il faut s'en réjouir pour eux et pour nous qui conservons vivante leur mémoire à défaut de mieux. Ce livre me parle d'autant mieux que je me suis déjà rendu sur la berge en face de Dieppe, là où un monument rappelle à notre mémoire ceux qui y ont péri, avec l'intention d'essayer de me figurer ce qu'avaient pu être ces moments douloureux. Ce livre pourrait me permettre de refaire ce voyage de nouveau.
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26 juillet 2006, 9:04
Une autre véritable histoire
Ce livre veut probablement rejoindre ceux pour qui le foot ne saurait souffrir la moindre interprétation qui remettrait en cause la dévotion qu'ils lui vouent. Alors le moindre effort de compréhension du rôle et de la fonction latente de ce sport serait pure déformation intellectuelle selon cet auteur qui voudrait bien lui nous apporter la compréhension définitive et finale de ce sport. Il me semble que le biais par lequel il attaque son sujet est sujet à caution. Des attroupements gigantesques auxquels ce sport donne lieu ne seraient que des phénomènes ludiques sans aucune signification, causés par le seul plaisir de voir un ballon se promener entre les jambes des joueurs. Alors que des petits gestes symboliques faits par des animaux sont acceptés comme représentant des jeux dont la signification dépasse les gestes, ceux que font des humains ne pourraient pas recevoir d'interprétation qui en éclaire les fonctions latentes selon cet auteur. Cette thèse antiintellectuelle ne tient pas la route. Il suffit de se référer à des auteurs qui ont approfondi ces questions, comme par exemple à cet ouvrage de Norbert Elias et de Eric Dunning qui a pour titre "Sport et civilisation, la violence maîtrisée", pour comprendre toute la portée de ce sport pour la naissance de ce que nous appelons aujourd'hui la démocratie. Les duels sportifs nous apparaissent alors comme se substituant à de vrais duels, soit entre classes sociales, soit entre nations, soit entre villes rivales, soit même entre individus à l'ego démesuré, et non pas seulement comme de simples gestes mécaniques.
23 juillet 2006, 10:07
Pour ceux qui croient que l'histoire de Québec s'arrête à ses fortifications
Le Trait-Carré à Charlesbourg a écrit dans le sol québécois une page d'histoire si peu commune pour qu'il vaille la peine de s'y arrêter. Ce Trait-Carré de l'arrondissement de Charlesbourg reflète en effet par sa forme même l'histoire d'un modèle de peuplement qui a connu peu d'exemples au Québec. En effet, alors que la plupart des villages ont été découpés à mêmes des langues de sol dans des seigneuries qui bordaient les principaux cours d'eau, le village charlesbourgeois a été dessiné en forme de carré avec des terres qui rayonnaient autour. Ce type de peuplement, il le doit à la présence des jésuites qui avaient d'autres sources d'inspirations venues d'au-delà des Alpes françaises que celles d'inspirations gallicanes et royales qui ont donné naissance à la plupart des villages du Québec. Aujourd'hui encore, des demeures ancestrales qui ont été préservées du temps ainsi que l'imposant Moulin des Jésuites témoignent d'un passé qui sans remonter jusqu'aux origines plongent quand même loin dans ce passé. Des activités artistiques et historiques leur donnent encore une vie qui s'ajoute à celle qu'elles tirent de leurs lointaines racines. Il vaut donc la peine de les visiter avec leurs expositions pour profiter de cette double vie que leur donnent l'art et l'histoire.
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23 juillet 2006, 9:45
Quand le quartier secoue ses puces
La fête du quartier Saint-Jean-Baptiste lui donne un aspect qu'il arbore peu souvent, étant d'habitude beaucoup plus discret. Pour l'occasion, les devantures de ses magasins et boutiques sont masquées par des chapelets d'étalages défilant devant son église paroissiale et offrants aux passants incrédules de communier à cette fête en leur proposant des produits de toutes sortes. Les musiciens et chanteurs qui logent dans les jubés de cette église de la consommation et qui se produisent en bordure de la rue Saint-Jean font bien leur possible pour attirer les fidèles pourtant. Peu importe les rumeurs qui fusent de partout dans cette foule qui n'en finit plus d'emprunter ce déambulatoire, ils finissent par se faire entendre d'un petit noyau de fidèles qui s'attroupent autour d'eux. Est-ce que cette procession peut quand même prétendre à être la célébration d'une fête de quartier ? Pour ceux qui quitteront les abords de la rue Saint-Jean devenue trop bruyante et qui iront découvrir les façades des maisons des petites rues sympathiques qui la bordent ou qui prendront le temps de visiter cette église incroyablement belle qu'est l'église Saint-Jean-Baptiste, sans doute que oui. Mais pour ceux qui se contenteront de se promener rue Saint-Jean entre les étalages de marchandises, je doute qu'il en soit de même.
21 juillet 2006, 4:54
L'art de tourner en rond
Avec cette politique qui vise à rentabiliser ses investissements en favorisant la performance commerciale des films qu'il subventionne, Telefilm Canada a trouvé un moyen astucieux de réduire son enveloppe de subventions et surtout, de réduire la part des fonds publics dans les dépenses totales du gouvernement puisque les retours sur investissements à partir des taxes qui seront prélevées sur les produits retourneront dans les coffres publics. Cette décision est à l'enseigne du conservatisme de base qui inspire toutes les autres politiques de ce gouvernement. Par ailleurs, cette décision d'encourager la performance est aussi une autre façon de promouvoir le conservatisme puisque ceux parmi les réalisateurs et les producteurs qui iront se présenter sur cette ligne de départ seront amenés à privilégier les plus petits communs dénominateurs au plan des idées et des visions car ce sont ceux qui sont les plus rassembleurs et donc les plus susceptibles de rallier les plus grandes audiences. L'affirmation de la souveraineté culturelle qu'exprime le cinéma d'auteur en exploitant des visions plus cachées et moins évidentes que celles que la culture de masse véhicule à grand renfort de publicité est abandonnée pour des raisons commerciales. Là aussi, avec cette politique en matière de cinéma, le Canada s'aligne sur son voisin du sud quand la priorité est donnée à la seule sphère du profit dans le domaine culturel et que l'affirmation nationale ne passe plus que par les armes et le commerce lucratif qui gravite autour. Cette politique du cinéma est tout au plus une politique commerciale parmi d'autres politiques commerciales.
20 juillet 2006, 9:11
Ne serait-ce pas un gros plan sur un certain type d'humour?
Si tous les textes des humoristes qui font courir les foules subissaient ce test de devoir être lus pour ce qu'ils sont, accompagnés ou non de bandes dessinées pour leur donner le punch qui leur manque quand les effets de foule sont absents, combien d'entre eux réussiraient cet examen pourtant bien peu sévère et nullement a priori critique. Bien peu il est vrai. Alors, quelle est la question qu'il faut se poser à propos de ces succès qu'ils obtiennent encore, bien que de moins en moins semble-t-il car il devient évident que ce sont les effets d'entraînement causés par l'esprit grégaire qui anime les rassemblements de tant de Québécois du seul fait de se retrouver en bandes qui induit ces rires qui se veulent communicatifs et qui y parviennent comme si les attroupés obéissaient aux mêmes réflexes que ceux qu'ils avaient lorsqu'ils allaient encore à la messe et qu'ils se signaient tous en même temps aux mêmes moments et sans trop savoir pourquoi. L'esprit grégaire à la vie dure et il resurgit aux moments où l'on s'y attend le moins, comme par exemple chez des touristes québécois qui, partis explorer le vaste monde, se tiennent en bandes serrées pour se raconter des histoires présumées drôles au lieu de s'intéresser à la culture et aux charmes des pays lointains qu'ils visitent. Il faut bien l'admettre, les Québécois ont depuis peu intégrés les milieux urbains mais beaucoup d'entre eux ne sont pas encore arrivés en ville comme le dit l'adage bien connu chez nous. Il est vrai que ce type d'humour est en perte de vitesse, ce qui montrerait que même si les Québécois ne sont pas tous arrivés en ville malgré qu'ils y soient domiciliés, ils finissent par y arriver, même si c'est en ordre dispersé et longtemps après avoir fait leur migration en territoire urbain.
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19 juillet 2006, 5:10
Moutarde de mots
Il suffit d'avoir été témoin d'une performance dramatique et musicale comme par exemple de celle ou un comédien de la trempe de Pierre Lebeau et un musicien du gabarit de Ben Charest ont uni leurs créativités pour donner sons, musique et sens à des poèmes de grands poètes pour savoir à quel point la poésie est près de la musique et de l'art de l'interprétation. La parole et la poésie est l'ultime expression de la parole est faite pour être entendue. C'est un truisme, mais que l'on ignore lorsque l'on fait de l'imprimé le seul véhicule digne de recevoir cette parole, ce qui est quand même paradoxal, car rares ont les lecteurs qui sont capables de recréer cette parole en lui rendant la vie qu'elle mérite et que le la seule lecture est incapable de lui insuffler. Victor Hugo ne faisait-il pas passer sa poésie par ce qu'il appelait son gueuloir, c'est-à-dire qu'il se récitait à lui-même ses poèmes pour en mesurer toutes les sonorités orchestrées par la cadence de ses vers et de ses rimes. Même libérée de ces mises en scènes classiques, la poésie moderne a tout à gagner d'une mise en scène puisqu'elle doit retrouver elle aussi son rythme et ses assonances pour que le sens qu'elle véhicule ne soit pas que vain discours que la prose n'aurait pas à lui envier. Apollon, le Dieu de la parole s'accompagnait de sa lyre et ceux qui suivent ses traces doivent aussi savoir s'aider des instruments que leur offre leur époque.
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19 juillet 2006, 9:12
Pétrifiant
Cette exposition au Musée canadien des civilisations ne manquera de sidérer les spectateurs qui la visiteront. Elle nous sidère non seulement par le nombre d'artefacts qui s'y trouvent, mais aussi par le dévoilement de tout un pan de l'histoire d'une civilisation qui fut au carrefour de toutes les influences de son temps. Cette civilisation nabatéenne, c'est Petra qui en fut le cour et longtemps après qu'elle soit retombée dans l'oubli, elle fait encore battre le nôtre devant le spectacle de sa magnificence, car si dans un premier temps, nous sommes interloqués, comme les premiers voyageurs qui la redécouvrirent au bout de ce tunnel rocheux, à la pensée de découvrir un édifice sans commune mesure avec la désertification du paysage ambiant, nous comprenons mieux grâce à cette exposition que Petra était le centre d'une civilisation florissante et prospère. L'exposition nous fait aussi comprendre que cette civilisation unique ne fut pas un produit autarcique au milieu de nulle part, mais au contraire qu'elle fut le résultat du mariage des civilisations environnantes, hellénistique et romaine, qu'elle transforma en sa propre culture grâce aux richesses que lui apportait sa situation centrale dans le commerce, principalement celui de la myrrhe et de l'encens, mais aussi celui des épices venues de l'Inde ou des soieries venues de Chine. C'était en fait un immense caravansérail pour tout le trafic commercial d'une époque qui empruntait encore les routes des caravaniers avec des chameaux comme vaisseaux de transports. Ce rôle, Petra le perdit quand d'autres vaisseaux, ceux que l'on prend pour affronter la mer, remplacèrent ceux du désert et alors Petra sombra dans l'oubli. Une exposition qui sert aussi à comprendre le monde actuel avec ses fureurs.
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18 juillet 2006, 8:35
L'art de faire avec
Si la sculpture Inuit captive à ce point l'intérêt de ceux qui la contemplent, ce n'est pas parce qu'elle innove ou parce qu'elle fracasse les canons de la sculpture. C'est plutôt parce qu'imperceptiblement, nous sommes étonnés de voir à quel point avec si peu de moyens, des artistes sont parvenus à exprimer les archétypes de leur culture. Partant de roches sommaires, ils arrivent en effet, en profitant des formes que les matériaux leurs suggèrent, à donner forme à ce qui parait au départ inexprimable, comme le sont les mythes ou les personnages qui leur donnent corps. Nous avons donc l'impression devant leurs ouvres, que la nature s'est mise à parler et qu'elle est devenue culture. Cet art est donc au plus près de ce qu'est la civilisation Inuit, soit une culture de l'adaptation au milieu, adaptation forcée par la nécessaire survie en milieu inhospitalier. C'est de cette survivance dont témoigne l'art Inuit dont nous sommes fascinés par le spectacle des ouvres qui composent cette exposition. Ce ne sont pas les plus belles ouvres que l'on puisse voir de cet art unique, bien que la plupart d'entre elles se distinguent par le caractère unique de leur conception et de leur réalisation, mais elles ont le mérite de nous faire survoler l'histoire de cette sculpture au travers des régions et des époques qui lui ont donné naissance. Certains de ces artistes sont donc déjà rentré dans la légende de cette culture alors que d'autres s'apprêtent à y entrer. Pour ceux qui s'intéressent à cet art particulier comme tous ceux qui s'intéressent au parcours de cette humanité trébuchante, cette exposition saura leur parler, sur un mode mineur certes, mais oh! combien intime et humain.
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18 juillet 2006, 3:30
L'art de toutes les réconvertions, le design italien
À l'enseigne d'une seule affiche, celle du design, cette exposition manifeste des moments historiques et divers de la reconvertion des visions du monde en Italie au fil de son histoire et des événements qui en ont marqué le psaysage culturel. C'est ainsi que sous ce vocable se sont associées et parfois combattues des visions de lMart et de la société qui manifestaient les soubresaults dont elle était l'objet. Coïncidant d'abord avec le désir de sa grande bourgeoisie aristocratique de s'inscrire dans le courant moderne qui emportait à vive allure toutes les sociétés environnantes et de tourner le dos à son passé féodal et terrien, ce fut l'émergence du futurisme tel que le définissait Marinetti qui vit le jour et qui exprima cette vision. Ce courant trouva aussi son mode d'expression en politique avec les visions du parti faciste de Mussolini qui servit les intérêts du grand capital italien pour le positionner sur la scène mondiale. Cependant, cette Italie aristocratique devenue grande bourgeoise ne voulait pas complètemnent tourner le dos à son passé. Voilà pourquoi une autre tendance de son design incarnait une vision plus classique et métaphysique de la représentation de son espace et de son temps. Ce paradoxe, le parti faciste l'incarna aussi en se montrant le défenseur des intérêtes des petits comercants et des artisans alors qu'il pavait en fait la voie au grand capital national en Italie. Enfin, il y eut aussi une période de contre culture qui se manifesta avec le contre design contestant le rôle de cet art au service des grands intérêts de la prouction et des grands producteurs. Cette exposition est donc bien davantage qu'un survol de lM'histoire du design puisqu'elle en est aussi un de toute l'histoire récente de l'Italie.
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18 juillet 2006, 3:09
Un concentré d'histoire et de cultures
Cette exposition sur le Japon concentre en quelques tableaux les principales étapes de l'histoire et des traditions culturelles qui ont fait le Japon d'aujourd'hui, car non seulement survole-t-elle les millénaires de son passé mais aussi le fait-elle des influences sur sa culture résultant des migrations alors que la terre nipponne n'était pas aussi coupée du continent qu'elle l'est maintenant. C'est ainsi que le métissage des techniques et des traditions culturelles venues de l'antique Corée et de celles des habitants de la presqu'île d'alors a eu lieu. Ce premier constat nous amène à réfléchir aux limites des visions qui mettent des barrières trop imperméables aux influences des autres cultures sur les leurs. Nous en retirons la leçon qu'une culture ne se développe jamais en complète autarcie. Un autre constat que nous pouvons faire à l'occasion de cette exposition est la facilité avec laquelle l'histoire nipponne culbute les étapes du développement en comparaison de leur déroulement ailleurs dans le monde. C'est ainsi qu'au Japon, l'âge de la pierre taillée a coïncidé avec celui de la pierre polie, des artefacts montrant ces deux techniques réunies sur une seule pièce alors qu'ailleurs elles sont bien différenciées en produits distincts. Ce même constat, en plus de la faculté d'adaptation de la culture nipponne aux nécessités de la production, montre aussi l'émergence d'un autre trait culturel qui la caractérise, soit la naissance de la qualité de la patience appliquée aux travaux quotidiens. Cette exposition nous fait mieux comprendre le Japon d'aujourd'hui.
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