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Cent pour cent africain
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Il n'y avait pas à s'y tromper, l'humoriste qui était devant nous sur ces planches avait une vision du monde qui reflétait la prise de conscience d'un Africain confronté au monde de maintenant, chez lui comme partout ailleurs. C'est du divorce entre la vie villageoise de ses campagnes africaines encore animistes et la vie moderne des cités du présent, de celui entre la vision personnalisante des relations humaines des milieux de vie à l'écart des grands courants du machinisme et de l'informatisation des échanges et la vision individualiste et anonyme des grands centres de production, que son humour prend racine. Ses numéros les plus drôles de son spectacle ont tiré profit de cet antagonisme, comme par exemple celui qui met en scène un Africain débarquant à Paris et se retrouvant avec armes et bagages sur le quai d'une station de métro pour tenter de se rendre à destination, chez un ami qui l'attend quelque part dans le dix-neuvième arrondissement. Mais il n'y a pas chez Saïdou Abtcha que cet humour bon enfant. Il critique aussi avec des portraits de situations percutants les déséquilibres qui gouvernent le monde de l'aide internationale quand il cautionne les pilleurs de fonds de tout acabit, autant les pilleurs du monde des pays développés que ceux qui font de même du côté des pays enveloppés comme il les appelle. Son humour est donc aussi politique dans le sens noble du terme dans la mesure où il invite les spectateurs à une prise de conscience des réalités de ce monde. En somme, cet humoriste est peu banal et représente un type d'humour qui fait grandement défaut au Québec.
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Les guerres de cent ans
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Il ext exact que nous sommes entrées dans une période de l'histoire géopolitique du monde qui nous rappelle la trop célèbre guerre de cent ans entre la France et l'Angleterre avec ses rebondissements ultérieurs de guerre de religion entre catholiques et protestants. Car il y a des ressemblances structurelles entre ce conflit et celui qui oppose maintenant les chiites et les sunnites. Du côté des chiites, tout se passe un peu comme s'ils étaient la partie catholique de ce conflit avec la prédominance d'un clergé hiérarchique qui s'intepose entre les dogmes de la religion et les fidèles alors que du côté des sunnites, nous pouvons les comparer à la partie protestante dans la mesure où les fidèles accèdent directement aux écrits du Coran comme les protestants le font de la Bible. Ces différences seraient sans trop de conséquences si elles n'étaient pas le fer de lance de visées impériales de part et d'autres et si elles ne manifestaient pas ainsi au niveau idéologique les fractures profondes dans la structure sociétale des nations, le chiisme correspondant davantage à celle des sociétés villageoises tandis que le sunnisme incorpore des notions de sociétés plus urbaines faisant ressurgir au niveau de la religion le vieux divorce entre catholicisme et protestantisme qu'avait entrevu Max Weber pour les sociétés occidentales. Il est également exact que chacune de ces deux tendances possède maintenant ses intégristes tout comme il y en a encore maintenant chez les catholiques et les protestants, d'où ce conflit de surenchère avec l'Occident. Il se résorbera quand ceux qui mènent le combat des chiites à partir de l'Iran, soit la fraction de la caste religieuse au pouvoir, sera submergée par des modèles plus modernes de sociétés générés par son propre développement. Le marché mondial sera au bout de ce parcours et la Chine en sera partie prenante. En souhaitant que cette guerre demeure simplement économique.
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Une fête nationale qui a levé
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Rarement ai-je vu autant de drapeaux flotter dans l'air un jour de fête nationale. Il y en avait non seulement beaucoup, mais plusieurs arboraient des formes nouvelles, des allures jeunes autant que celles de ceux qu'affichaient leurs porteurs. La programmation musicale de la fête était aussi influencée par l'ait du temps, les styles musicaux d'aujourd'hui côtoyaient les styles plus anciens qui défendaient leurs canons et les manifestations de l'art de la chanson ouvrant les bras à celles du cinéma. Des québécois venus d'ailleurs mêlaient aussi leurs voix à celles ayant vu le jour ici. Décidément, la fête nationale et par delà, le mouvement vers l'affirmation de notre peuple a pris un tournant, un tournant décisif vers l'avenir à un point tel qu'à en juger par les allures de dette manifestation, nul ne peut plus penser qu'un retour en arrière vers toute forme de statu quo à peine modifiée sera vraiment possible. Par ailleurs, malgré les objectifs de ceux qui croyaient qu'en appuyant davantage les fêtes de quartier au détriment du grand rassemblement, cela allait atténuer l'impact qu'avait le grand rassemblement sur l'imaginaire populaire se sont trompés. Il y a eu autant et même davantage d'assistance pour le grand rassemblement et avec des ardeurs encore inégalées. Qu'on se le tienne pour dit, même avec un soutien affaibli de la part de ce gouvernement, la fête nationale n'est pas morte.
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Le cinéma fait maintenant partie du décor
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La décision de montrer la place qu'occupe désormais le cinéma québécois dans notre culture est un choix judicieux. À l'heure où des instances gouvernementales opèrent des coupes sombres dans les budgets accordés à la production de nos films, cette démonstration prend des airs encore plus revendicateurs. Il s'agit bien de montrer qu'en amputant notre cinéma, ce n'est pas seulement à de la production cinématographique que l'on s'attaque ainsi, mais à un autre des soubassements de notre culture, celle qui nous montre à nous-mêmes et aussi à ceux des quatre coins du monde que nous formons un peuple distinct. Il est bien difficile de ne pas voir une opération sournoise destinée à freiner cet élan dans ces coupures qui tentent de se montrer autrement, pour de la gestion responsable des fonds publics. Mais cet objectif occulte consistant à nous museler ne nous échappe pas pour autant. Que représentent en effet ces fonds accordés au cinéma en comparaison de ceux qui seront attribués à la défense nationale pour mener des opérations militaires dont la majorité des citoyens ne veulent pas parce qu'elles leur apparaissent risquées et inutiles au bout du compte ? . Le cinéma a donc sa place au côté de notre chanson et de notre musique au coeur de la fête nationale du Québec. La façon qu'on a choisie pour le présenter s'est d'ailleurs appuyée sur ces deux autres piliers que sont la musique et les paroles des chansons puisque c'est par leur chanson thème que ces films nous furent présentés. D'entrée de jeu, nous avons alors pu prendre conscience quel point ce cinéma est à notre image nous les Québécois.
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Comme du gruyère
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Avec Cuche et Barbezat, vous savez par quel trou du fromage vous entrez mais vous ne savez jamais par lequel vous allez sortir. Humour suisse à cent pour cent donc, comme du vrai gruyère, pas de l'emmental que l'on vous passerait pour du vrai gruyère. Cette marque de fabrique, ils la tiennent de leur humour minimalisée plein d'imprévus, de petites portes qui s'ouvrent et qu'ils referment aussitôt pour s'aventurer par un autre trou du fromage qu'ils tendent avec des airs entendus aux petites souris qui les regardent bien cachées dans l'obscurité de la salle, sauf si vous arrivez en retard, car alors là, vlan! Toute la lumière est sur eux pour les inviter à venir s'asseoir plus près de la scène. Certains de leurs sketchs n'étaient pas piqués des vers car ils étaient corsés même si ce n'était quand même pas du fromage corse qu'ils nous offraient. Par contre, d'autres tardaient quelque peu à décoller. Heureusement que le public bon enfant les aidait alors à reprendre l'initiative en leur offrant des rires là où ils ne les attendaient pas. Dans l'ensemble, cet humour minimalisé a bien fait rigoler le public qui s'en est montré fort satisfait. Ce n'est pas de l'humour pour intellos ou pour ceux qui aiment quand l'humour se fait grinçant et qu'ils égratignent au passage les mythes de nos sociétés. Ceux là seraient mieux de s'abstenir. Mais les autres qui ont le rire plutôt facile et qui aiment bien que cela les chatouille un peu, ils y trouveront leur profit. Ce premier contact de Cuche et Barbezat en terre québécoise a du être réconfortant pour eux.
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En pleine ascension et pas pour rien
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L'humour de Dieudonné est sans pareil. Il occupe une place parmi les fous du Roi que nul autre ne lui conteste et pour cause si nous regardons tous les ennuis que celle-ci lui occasionne. Son spectacle d'hier chaudement applaudi, n'a pas fait mentir cette réputation d'humoriste unique en son genre. Si certains humoristes, comme Raymond Devos par exemple, ont su pousser l'humour absurde jusqu'à ses derniers retranchements, personne jusqu'à lui n'avait été capable de le faire tout en restant dans l'actualité et même dans celle qui se montre la plus brûlante. Avec lui, il n'y a donc plus de tabous qui résistent à ses attaques. Personne ne peut plus mettre la raison au seuil de la porte pour prétendre s'arroger des vertus ou des pouvoirs que personne ne serait autorisé à leur contester. C'est un peu comme si la Raison absolue s'en prenait à la Raison d'état sous toutes ses formes. Voilà sans doute pourquoi les ténors de la Raison d'état font raisonner leurs voix tonitruantes et qu'ils ragent de constater que celle de Dieudonné est encore plus puissante que la leur. Le spectacle d'hier a montré toute la palette de ce pouvoir contestataire de son humour car personne n'y a échappé dans quelque camp retranché qu'il se trouve. Chrétiens, musulmans, juifs ou autres ont montré l'envers de leur masque à des spectateurs qui se tapaient sur les cuisses et non pas sur la tête de leur voisin sous prétexte qu'elle ne leur revenait pas. Devant l'accueil qu'il a reçu du public d'ici et au regard des contraintes qu'il rencontre ailleurs, Dieudonné doit être certainement être convaincu que le Québec est vraiment une société distincte.
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Il n'y a pas que les couleurs qui font chanter Charlevoix, les sons aussi
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Si Charlevoix nous a d'abord été magnifié grâce à la palette des couleurs des peintres qui l'ont rendu célèbre, en particulier Clarence Gagnon et Marc-Aurèle Fortin, ce Domaine Forget de Saint-Irénée contribue pour sa part à nous le rendre tout aussi attrayant par la musique. Ces paysages montagneux qui plongent dans les eaux du Saint-Laurent prennent ainsi des allures mythiques de paysages wagnériens. Ce n'est pas un hasard si de nombreuses auberges ont poussé sur son parcours pour y accueillir des itinérants en quête de rêves. À lui seul, le Domaine Forget vaut le voyage au pays des pics et des eaux bleutées. Si nous devions émettre un petit regret, ce serait celui de son accès difficile par route depuis Québec, les difficultés d'y conduire y étant surtout présente de nuit. Pour ceux qui aiment la musique sans ressentir pour cela le besoin de se prélasser dans une auberge, cela rend moins attrayant les beaux spectacles du Domaine Forget. Qu'à cela ne tienne, ceux-là devront affronter les courbes de la route qui prennent de nuit la manière noire de peindre qu'avait inventée Marc-Aurèle Fortin pour rendre justice aux belles couleurs du jour dont ses paysages se revêtent alors. Ce seront des notes noires pour accompagner les blanches entendues un peu plus tôt sur les instruments des grands interprètes qui se produisent à la salle de concert Françoys-Bernier du Domaine Forget.
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L'âge, ce sculpteur de sentiments
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Comme nous le rappelle cet auteur à coup de détails infimes qui finissent par prendre tout l'espace à force d'être sculptés dans la matière vivante du vécu, le grand âge nous rapproche des détails que le tourbillon de la vie abolit sous son parcours aux âges plus tendres. Bien plus qu'une peur hystérique de la mort qui anesthésierait toute la profondeur du vécu, l'auteur lui donne le visage d'un maître de sculpture au visage portant la couleur vibrante du jaune. C'est alors que les gestes les plus banals prennent des allures d'actes de toute première importance, comme ceux de se faire couper les cheveux, là où nous laissons à jamais une partie de nous qui jamais plus ne nous sera rendue. Les bruits environnants prennent aussi une consistance que jamais ils n'auraient eu s'ils n'étaient pas mis en relief par ce sculpteur infatigable qui leur donne toute leur importance, de là l'incapacité d'écouter de la musique au milieu des barytons du public qui se raclent la gorge à qui mieux mieux. Toute la réalité prend donc avec l'âge une autre couleur, délaissant le bleu de l'enfance et le rouge de la maturité pour le jaune des dernières années. Cette couleur n'est pourtant pas si terrible que l'auteur semble le croire, puisque pour les Chinois justement, elle était couleur de la mort, mais seulement pour ceux qui oseraient la porter alors qu'elle était l'apanage exclusif de l'empereur, ce dieu vivant. Mais peut-être est-ce une façon pour lui de dire que la mort règne en maître sur toute vie.
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La mémoire, cette faculté qui oublie
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Il n'est pas dénué de fondements l'adage qui dit que la mémoire est une faculté qui oublie. Sans ce rôle sélectif joué par la mémoire dans les flots des vécus retenus au tréfonds des êtres, ceux-ci déferleraient dans la conscience comme des torrents d'informations et la structure de la personnalité volerait en éclat comme une pauvre digue incapable de les retenir. En d'autres termes, ce serait ce que d'aucuns nomment la folie qui serait la règle et la normale pour tous. Cet amalgame d'informations serait d'autant plus impétueux quand des souvenirs personnels se mêlent à des souvenirs collectifs tels que ceux que laissent les conflits, les guerres et les pogroms. C'est ce que nous raconte ce héros d'Élie Wiesel qui voie se pointer partout le visage de la mort qui se mêle à la vie comme la mémoire personnelle se mélange à la mémoire collective. Cette folie n'est pas celle du déséquilibre, mais du nouvel équilibre qui se crée lorsque la conscience et le Surmoi refusent de jouer leur rôle inhibiteur pour laisser la parole au vécu. Accueillons donc cette parole comme étant celle d'un Humain dans toute l'acceptation du terme, avec ses dimensions personnelles comme collectives et non comme étant celle d'un déséquilibré, car elle nous permet de comprendre que l'équilibre le meilleur n'est pas forcément celui qui se présente sous les dehors de la quiétude et de l'insignifiance.
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Trop de festivals en Métropole
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Il est dommage que des festivals en région ne reçoivent pas toute la couverture médiatique que pourtant leur programmation commanderait. Le festival de Tadousac est parmi les mal-aimés, pourtant sa programmation n'a pas beaucoup à envier à celui des Francofolies dont la tenue à des moments qui varient force les autres festivals à s'ajuster vaille que vaille. Une meilleure planification des événements serait à souhaiter à l'avenir et surtout, les Francofolies ne devraient pas écraser les orteils des autres festivals en déplaçant ses dates de présentation à des moments inopportuns pour les autres. Ce festival de Tadousac ne fait certainement pas le plein de public en provenance de la région de Québec, pourtant ce site n'est pas plus éloigné d'eux qu'il ne l'est pour les résidents de Saguenay ou de la Côte-Nord. Espérons que ces lacunes seront comblées dans les années à venir.
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Les musulmans eux-mêmes divergent d'opinion entre eux
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Il ne faut pas se surprendre des différences et mêmes des divergences d'opinion au Québec en ce qui concerne la meilleure façon de faire une place aux immigrants tout en poursuivant la vision que les membres originaires de cette société se font de leur présent et de leur avenir. Chez les peuples arabo-musulmans, les divergences sont encore plus importantes en ce qui concerne leurs visions de leur propre société. Il faut donc reconnaître le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes comme ils l'entendent, dans le domaine culturel comme dans celui de la politique et de l'économique. En transposant ce principe au Québec, cela donne quand même une société des plus tolérante compte tenu de ce trait culturel bien québécois qui nous porte à montrer du respect à ceux qui nous sont étrangers. D'instinct, nous sommes culturellement bien recevants, ce qui ne nous empêche pas de bien sentir les liens qui nous tissent serrés les uns aux autres. Cet amalgame de valeurs, plutôt contradictoires, peut facilement dérouter ceux qui viennent chez nous en espérant y trouver une terre d'accueil. Le dilemme, si tant est qu'il en soit un, peut cependant être facilement résolu par ceux qui veulent se faire adopter par nous, car il leur suffit de respecter les lois que nous nous donnons pour profiler notre société selon nos valeurs pour que le tour soit joué. Ces deux aspects de notre culture, Bernard Landry les a soulignées dans son entretien avec le journaliste du Voir quand il a fait remarquer qu'il y a un tronc commun de valeurs qui nous sont chères, mais que nous sommes prêts à des accommodements en ce qui concerne les manières spécifiques de tenir compte de certaines pratiques qui ne les remettent pas en cause.
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Pourfendre l'intégrisme jusqu'aux limites
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Les humoristes pour faire rire des contradictions qui nous assiègent soit poussent la logique des opprimés jusqu'à la caricature, soit adoptent la logique des oppresseurs pour nous en faire voir toute la laideur. C'est dans ce dernier camp que se situe Dieudonné. Pour lui, que l'oppresseur prenne la forme d'un colon juif ou celle d'un terroriste aveugle musulman lui importe peu. Il s'agit dans un cas comme dans l'autre de démystifier ces profiteurs qui se croient tout permis et qui s'insurgent de se voir ainsi démasqués. Ce combat contre l'absurde et l'injustice est un combat dangereux et Dieudonné paye le prix fort pour ses audaces. Mais qu'il se console, car personne dans le public le plus large n'est dupe des manoeuvres de coulisse qui tentent de le faire taire. La plupart d'entre nous savons que cet humoriste n'agit pas de la sorte parce qu'il serait raciste, mais parce que bien au contraire il est incapable de souffrir l'existence du racisme, surtout quand il est le fait de puissances démesurées au regard de ceux qui en sont victimes. Personne de bien intentionné n'ira faire un procès à Dieudonné parce qu'il serait antisémite. Personne ne croira non plus qu'il cautionne complètement des régimes de droite comme l'est le régime iranien, même quand leurs dirigeants veulent jouer les redresseurs de torts, où qu'il souhaite la disparition d'un État où les juifs peuvent se sentir chez eux et en sécurité. Son humour décapant nous fait voir le monde avec d'autres yeux que ceux que nous prêtent les humoristes qui carburent aux visions du monde telles que celles que propagent les idéologues de CNN. À lui seul, il est un peu l'analogue d'Al Jézira dans le domaine de l'information, une vision à laquelle on n'accorde pas droit de cité dans le monde balayé par les ondes de CNN.
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Ils me font pitié les fumeurs
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Même lorsque l'on est convaincu comme je le suis du bien-fondé des interdits qui frappent maintenant l'usage de la cigarette dans des endroits publics où se côtoient fumeurs et non-fumeurs, il est impossible de ne pas se sentir mal à l'aise quand des fumeurs tout grelottants font les cents pas au pied des édifices une cigarette à la main. Ce n'est pas contre les fumeurs que ma colère se tourne alors, mais contre ces imposteurs de cigarettiers qui tiennent ainsi en otage de pauvres victimes de leurs produits malfaisants. Je les trouve particulièrement hypocrites ces marchands de fumée quand ils osent faire porter le débat sur des questions de liberté de choix. Ont-ils vraiment le choix ceux qui se débattent avec cette dépendance dont la plupart d'entre eux aimeraient bien se défaire d'autant plus qu'elle leur coûte une petite fortune au bout de l'année. À combien d'autres plaisirs plus utiles ces sommes pourraient servir s'ils arrivaient à s'en déprendre ! Quant aux artistes qui prêtent leur nom à cette entreprise de désinformation, ils perdent du coup leur crédibilité. Nous serons tentés de voir dans leurs valeurs de fâcheux penchants à se ranger du côté des valeurs mercantiles, dans ce domaine comme dans d'autres. Alors, plutôt que de les voir comme des artistes intègres, nous serons tentés malgré nous de prêter moins d'attention à leurs démarches artistiques.
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Un ouragan dont les effets auraient pu être moins dévastateurs
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Il a le pardon facile Zachary Richard quand il parle des effets de cet ouragan qui fut aussi dévastateur parce que les digues de protection de la ville n'étaient pas en bon état. Il oublie aussi beaucoup que les secours pour les sinistrés ont tardé beaucoup à s'organiser au niveau de la présidence du pays. Il semblerait qu'il a adopté un certain fatalisme comme vision des événements pour s'aider à supporter l'écroulement accéléré encore plus par cette catastrophe de la culture à laquelle il se réfère encore pour s'identifier, cette culture cajun de la Louisiane, la seule sur terre à posséder ce parfum exotique du sud. Cette petite fleur louisianaise est maintenant bien seule au milieu des champs de coton et nous savons que nous aurions beau vouloir la faire pousser plus vite en lui tirant dessus ne servirait à rien. Alors, il ne nous reste plus qu'à écouter les chants de Zachary et à humer les parfums subtils de cette fleur qu'il nous tend et qui nous donne l'impression qu'elle ne se fanera jamais. Quand une culture meurt quelque part, c'est un désastre pour l'humanité qui vient de perdre l'une de ses composantes formées de tant de souffrances et de labeurs par ceux qui l'ont porté et lui ont permis de vivre. Si cette culture finit par mourir, ce ne sera pas seulement des musiciens d'une certaine musique qui se tairont à jamais, c'est toute la musique du monde qui fera entendre une fausse note sur l'une de ses portées.
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Ces vérités que d'aucuns estiment n'être pas bonnes à dire
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Les vérités que véhiculent ces journaux de rues sont celles que les grands médias commerciaux ou institutionnels rejettent parce qu'elles ne seraient pas bonnes à dire, pour les intérêts de ceux qui contribuent à leur financement bien évidemment. Ces journaux de rues nous renvoient donc des images de notre société que nous ne sommes pas habitués à considérer et qui dérangent parce qu'elles réfèrent aux dysfonctions des sociétés alors que toute l'information officielle les présente comme étant hyperfonctionnelles avec parfois des accrocs mais sans que cela ne nuise vraiment à leur efficacité sur tous les plans. L'envers du décor ne fait pas partie de ce spectacle que l'on offre à la masse pour la rassurer, les dysfonctions n'y apparaissant qu'en tant que faits divers englobés qu'ils sont par le discours et l'idéologie officielle. Qu'à cela ne tienne, ces médias populaires occupent quand même le terrain et sur de larges espaces de diffusion. Ce succès relatif demeure pourtant sans grande portée puisque cette exclusion les amènent à ne prêcher qu'à des convertis. Les informations qu'ils véhiculent doivent pouvoir se rendre jusque dans les centres de diffusion des nouvelles officielles. Elles y arrivent parfois grâce au courage de journalistes qui défendent à bout de bras des émissions d'information qui relaient ces problèmes vers des auditoires plus larges. Le cas des frais de scolarité que mentionne Serge Lareault est un bel exemple du manque d'approfondissement de ce dossier dans les médias officiels. Si on en parle, on se contente de donner superficiellement les diverses versions des choses sans tenter d'approfondir les tenants et les aboutissants du problème et cela, à l'intérieur d'une logique de faits divers. Décidément, les médias officiels pratiquent l'exclusion.
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