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Le cynisme ne date pas d'hier et il n'est nullement le contemporain du matérialisme de ce que certains appellent la société de consommation ou de ce d'autres plus lucides voient comme étant l'expression même du capitalisme lancé à l'assaut des profits sur une échelle géométrique. Déjà dans l'Antiquité des philosophes ou des hommes de lettres avaient fait du cynisme le vecteur des visions qui concentraient les attitudes de ceux pour qui les dérives du présent sont causées par l'abandon de l'ordre ancien. Ces visions cyniques sont donc celles des conservateurs de tout poil qui se réfugient dans l'individualisme cynique pour exprimer leurs mélancolies d'un passé qu'ils idéalisent. Pour eux, le paradis social est toujours derrière nous, quelque part dans l'Antiquité, le Moyen-âge ou bien l'Ancien Régime, époques perçues par eux comme étant les seuls moments de l'Histoire où les valeurs fondamentales à leurs yeux étaient partagées. Ces conservateurs ne regardent jamais devant pour se demander quelles seraient les valeurs de remplacement de celles qu'ils regrettent. Ils sont donc en fait les alliés circonstanciels des conservateurs de l'ordre existant qui eux font du moralisme individualiste le fer de lance des luttes pour le maintien du statu quo de la société en place. Nous pouvons donc accepter la thèse d'Éric Dupin sur le cynisme. Pour David Suzuki par contre, le cynisme n'est pas de mise, lui qui lutte pour proposer des valeurs de remplacement pour celles qui sont défaillantes dans l'ordre actuel des choses. Au lieu de se cantonner dans les replis de l'individualisme cynique, il nous appelle à nous ouvrir au monde, à tout ce qui nous entoure et qui nous fait être ce que nous sommes en tant qu'individu. Il nous invite à regarder en avant plutôt que de rechigner en regardant derrière.
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