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Un populisme dangereux!
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Si le fait de vouloir abolir formellement les partis politiques peut paraître une idée séduisante à première vue, cette vision du monde politique recèle pourtant des pièges qui dans la pratique s'avéreraient encore pire que ceux dont la présence des partis officiels nous tend. En effet, cette opération formelle, écrite avec de l'encre bleue sur le papier blanc d'une constitution n'abolirait d'aucune façon les lignes de partis qui ne manqueraient pas de se recréer ensuite car elles sont la traduction électoraliste des clivages de la société en classes ou en fractions de classes sociales distinctes. Ce pieux souhait qui fait dire à certains que la participation sous un mode électoral ou sous une forme plus sociale de participation devrait se faire contre la démocratie rejoint les visions populistes d'un Salazarisme qui fit autrefois la fortune électorale d'un parti d'extrême droite maquillé en régime gauchisant et qui trouva de nombreux adeptes dans ce Québec presque rural d'avant l'intrusion fracassante de la modernité dans ses structures autour des années soixante. Il y avait alors des idéologues québécois, souvent près du clergé, qui rêvait pour le Québec d'un petit Portugal Salazariste. Ce rêve étrange continue d'exister semble-t-il à en juger par ces visions participatives qui reviennent à la surface de temps à autre. Ce ne sont pas les partis politiques qu'il faut abolir, mais la dictature du centrisme qui fait que tout les partis politiques finissent par se recentrer au même point sans proposer de réelles alternatives aux citoyens et surtout, à les oublier complètement une fois au pouvoir.
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Quand le prix du pétrole dépend de sa cotation en bourse!
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Le vrai problème avec le pétrole est qu'avec le temps et le fait que son prix soit côté en bourse, avec toutes les spéculations que cela suppose, il est devenu comme une réserve financière sur laquelle se sont bâties des fortunes analogues à celles qui donnèrent naissance aux grandes banques de la période économique d'avant. Nous avons bien raison d'appeler le pétrole de l'or noir puisqu'il joue exactement le même rôle financier et économique que celui qu'à joué jadis l'or dans la régulation des économies. Son rôle est donc un rôle occulte, sans fondements véritables quant aux régulations réelles qu'il fait par rapport aux économies des nations. Celles-ci tentent donc de s'approprier des parts de marché sur l'or noir en espérant y tirer des avantages sur les nations concurrentes. Dans ce jeu de dupes, les magnats du pétrole sont les Shylocks de notre époque, exigeant de prélever leur profit à même la chair des nations meurtries par ce commerce au noir qui ne montre jamais son vrai visage bien caché derrière les achats et les ventes des traders boursiers qui le font pour les intérêts de leurs clients qui en achètent ou en vendent comme d'autres achètent des tableaux sur le marché du grand art au mépris des souffrances de ceux qui ont produit ces chefs-d'ouvre. Telle est cette absurdité du marché du pétrole qui entraîne dans son sillon les morts et les souffrances de peuples qui n'y sont pour rien et de soldats qui n'y ont aucun intérêt non plus. Le jour où les combustibles de remplacement feront leur entrée officielle sur les marchés et les bourses, la bourse du pétrole s'effondrera et les réserves d'or noir ne voudront pas dire davantage que les réserves d'or pour les banques, c'est-à-dire, à peu près rien.
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Culturellement autres
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Un livre comme celui de Mme Malka Zipora nous montre à quel point il ne faut pas faire l'erreur d'isoler la seule dimension religieuse de la culture pour tenter de comprendre des communautés où cette dimension est profondément imbriquée dans la culture globale. Un trait culturel qui retient notre attention est celui de la sexualisation importante par rapport à notre culture des cheveux de la femme. Ce trait culturel, il est partagé par une autre culture, par ces frères ennemis que sont souvent pour eux des musulmans. Dans leur cas, c'est par des perruques imposées aux femmes qu'ils manifestent ce trait culturel et pour les musulmans, c'est par l'imposition du voile qu'ils le font. Vu de loin, il y a là des ressemblances profondes qui sautent aux yeux tout comme lorsque nous sommes mis en présence de leur alphabet qui malgré des différences de forme nous semblent appartenir au même espace pictural. La question qui se pose ensuite si nous ne voulons pas juger selon deux poids deux mesures est la place que ces cultures traditionnelles réservent aux femmes. S'il est vrai qu'il y a soumission aux hommes et régime patriarcal dans un cas, il faut bien aussi appliquer la même lecture dans l'autre cas. S'il y a intégrisme dans un cas quand il s'agit d'appliquer des préceptes puisés dans des documents écrits à des époques où la liberté d'expression ne voulait rien dire, il faut bien aussi parler du même travers dans l'autre cas, même si leur lecture se fait dans des documents présumés totalement étanches l'un à l'autre. Est-ce dire pour autant qu'il faille rejeter tout des humains qui vivent de manière aussi anachronique? Sans doute que non, mais il faut quand même leur souhaiter qu'ils prennent en main les moyens qui les guideraient vers des chemins de liberté.
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Les sociétés secrètent les Dieux qu'elles peuvent
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La transformation de l'idée que les hommes se sont faite des puissances surnaturelles au fil de l'Histoire ne sont pas le résultat d'une quelconque décision prise rationnellement à la suite d'une réflexion ou d'un conciliabule. Si cette idée fut d'abord animiste dans les premiers âges de l'humanité, puis ensuite polythéiste pour enfin devenir monothéiste dans la plupart d'entre elles, c'est que les structures sociales au sein desquelles le petit de l'homme devenait homme se sont progressivement transformées. L'animisme fut d'abord la sécrétion d'une société sans classes vivant à l'échelle d'un petit groupe uni par des liens nécessaires pour la survie en petites unités nomades et presque complètement dominées par une Nature quasi incontrôlable compte tenu des moyens disponibles. C'est la Nature qui était alors le Dieu. Puis, quand des classes d'aristocrates et de religieux prirent les commandes des premières sociétés esclavagistes, le polythéisme naquit d'un découpage de la société entre ceux qui étaient pleinement citoyens et ceux qui étaient tenus à l'écart de cet attribut. Au découpage du tissu social original a correspondu celui de la divinité première en plusieurs unités. Les sociétés structurées en castes retiennent d'ailleurs encore cette vision polythéiste de la divinité. Puis, à mesure que la société s'est considérée comme un tout où tous ses membres étaient des citoyens, l'idée du monothéisme a fait son chemin pour s'imposer aux anciennes divinités. Celui-ci est l'ultime tentative pour faire apparaître comme un tout une société pourtant encore structurellement divisée. La rêverie de Hervé Fisher est de croire qu'une vision néospinoziste totalisante est possible sans que les structures sociales de base soient bouleversées.
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La fonction sociale du cynisme
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Le cynisme ne date pas d'hier et il n'est nullement le contemporain du matérialisme de ce que certains appellent la société de consommation ou de ce d'autres plus lucides voient comme étant l'expression même du capitalisme lancé à l'assaut des profits sur une échelle géométrique. Déjà dans l'Antiquité des philosophes ou des hommes de lettres avaient fait du cynisme le vecteur des visions qui concentraient les attitudes de ceux pour qui les dérives du présent sont causées par l'abandon de l'ordre ancien. Ces visions cyniques sont donc celles des conservateurs de tout poil qui se réfugient dans l'individualisme cynique pour exprimer leurs mélancolies d'un passé qu'ils idéalisent. Pour eux, le paradis social est toujours derrière nous, quelque part dans l'Antiquité, le Moyen-âge ou bien l'Ancien Régime, époques perçues par eux comme étant les seuls moments de l'Histoire où les valeurs fondamentales à leurs yeux étaient partagées. Ces conservateurs ne regardent jamais devant pour se demander quelles seraient les valeurs de remplacement de celles qu'ils regrettent. Ils sont donc en fait les alliés circonstanciels des conservateurs de l'ordre existant qui eux font du moralisme individualiste le fer de lance des luttes pour le maintien du statu quo de la société en place. Nous pouvons donc accepter la thèse d'Éric Dupin sur le cynisme. Pour David Suzuki par contre, le cynisme n'est pas de mise, lui qui lutte pour proposer des valeurs de remplacement pour celles qui sont défaillantes dans l'ordre actuel des choses. Au lieu de se cantonner dans les replis de l'individualisme cynique, il nous appelle à nous ouvrir au monde, à tout ce qui nous entoure et qui nous fait être ce que nous sommes en tant qu'individu. Il nous invite à regarder en avant plutôt que de rechigner en regardant derrière.
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Des propos profonds malgré le laconisme et la dureté des répliques
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Cette pièce aux accents profonds qui plongent au cour même de la condition ouvrière et prolétarienne de notre époque n'a vraiment rien d'une comédie, même si le cynisme devant les impasses qui se dressent devant ceux qui voudraient voir de la lumière au bout de ces tunnels d'aliénations finit par nous arracher des rires tant la noirceur des issues est opaque. Cette opacité, la mise en scène et le jeu des comédiens le rend à merveille, leur jeu impliquant tout le non-dit du langage corporel violent qui se surajoute au laconisme des répliques et à leurs brèves références historiques. Pourtant, les messages de ce texte sont bien présents et finissent par s'imposer aux spectateurs. C'est de la possibilité de changer le monde en faveur des exploités dont cette pièce traite et elle le fait avec des références bien précises. Sur fond de philosophie, c'est le procès de toutes les tendances révolutionnaires qui est fait et qui sont passé au crible, à commencer par la tendance intellectualiste sartrienne qui est ridiculisée, ensuite celle de l'anarchisme fascisant de droite qui prône la violence pour la violence telle qu'elle est incarnée par Eddie, puis celle du réformisme social-démocrate incarné par Tom dont le représentant finit par être assassiné, enfin celle de l'anarchisme de gauche incarné par Garry qui se bute sur le mur de l'incompréhension et des contradictions. Au final, c'est le procès des tendances qui existent au sein du travaillisme britannique qui est intenté à travers ces propos de l'auteur. Ce moment de théâtre avec cette mise en scène de Michel Monty est un moment rare et nul doute que cette centième et dernière représentation de Gagarin Way restera longtemps dans nos mémoires.
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Mon vélo coûte plus cher que le tien!
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Pour les sportifs du magasinage, il est bien rare que la pratique du sport soit la seule raison qui les motive à acheter un vélo qui peut coûter fort cher. Souvent derrière ce profil de sportif se profile celui du consommateur qui veut épater la galerie, non pas avec ses performances sportives, mais avec le prix de son vélo qu'il promènera fièrement sur le toit de son VUS ou qu'il laissera ostensiblement à la vue de ses voisins qui ne manqueront pas de s'informer du prix de son vélo pour le comparer au prix du leur. Ce phénomène n'est pas du domaine du sport ou de l'exercice physique mais appartient à celui de la consommation, le même qui fait grossir les bedaines et maigrir le ventre des portefeuilles. Ce n'est certainement pas pour se lancer sur des routes encombrées de voitures et qui ne laissent pratiquement pas de place aux cyclistes, surtout lorsqu'elles le sont par ces mêmes conducteurs de VUSA qui se font un malin plaisir de faire sentir aux vélocipèdes qu'ils sont de trop sur ces routes, que ces reconvertis au vélo se lanceront à leur assaut. Ils auront vite fait de comprendre qu'il leur faut se confiner aux pistes cyclables justement parce que la plupart des conducteurs de voiture leur ressemblent. Et quand ils auront compris cela, ils comprendront aussi que leur investissement était inutile puisque ces pistes ne comprennent que des pentes douces et que les rares fois où il leur faudra affronter de forte dénivellation, le poids de leur vélo additionner du leur semblera énorme. Alors, plein de dépit, ils enfermeront leur vélo dans leur cabanon à double tour, de peur de se le faire voler. On ne prend jamais assez de précautions, il y a des voleurs qui ne savent pas.
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La réalté laisse entendre une toute autre musique
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Il est peu enviable le destin des populations vivant dans les parages de ce delta qui leur fut source de misères bien avant que ne se pointe Katrina pour leur rappeler la fragilité de leur peuplement. Il y eut d'abord ces marais infestés au sein desquels se virent contraints de se défendre contre les maladies des populations de citoyens rejetés, des noirs et des petits blancs venus d'une lointaine Acadie d'où on les avait extirpés de force. Puis, les grandes pétrolières ayant besoin de bras pour leurs navires chargés de pétrole, on leur fit le cadeau empoisonné de digues de protection qui n'avaient pas vraiment pour fonction de retenir toutes les fureurs des océans. Enfin arriva ce moment de vérité qui se nomme Katrina et qui remit à plat tous ces noirs desseins des entrepreneurs. Ces terribles réalité qui font entendre en contrepoint une musique bien différente que celle que hurlent les haut-parleurs des festivals, il faudra bien autre chose que la musique et le jazz pour qu'elle se taise. L'absence des pouvoirs publics américains tant dans la prévention par des actions de rénovation des digues que dans l'aide apportée ensuite aux sinistrés montre bien tout le cynisme des entrepreneurs de connivence avec ces pouvoirs quand une pétrolière vient ajouter quelques miettes d'aide en subventionnant un festival qui serait destiné à penser les plaies. La vérité, c'est qu'on laisse vivoter cette ville uniquement durant le temps que les établissements portuaires sont encore capables de fonctionner et qu'on la laissera à son sort dès que les pétrolières n'en auront plus besoin. Alors, il faudra bien autre chose qu'un festival de jazz où qu'un quartier acadien pour la tenir en vie.
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Le bonheur béat ou la béatitude
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Nonobstant l'importance relative de ces penseurs pour ouvrir la pensée et la sortit des ténèbres de leur époque, il demeure qu'ils représentent aujourd'hui une forme de morale qui se confine dans les frontières étroites du bonheur béat en ce qui concerne l'imitation de Sénèque et dans celles de la béatitude individualiste pour ce qui est de saint Augustin. La transcendance qu'ils nous proposent et qui se résument dans la quête du bonheur ou celle de la paix de l'âme nous apparaît bien illusoire et surtout, foncièrement amorale au regard des périls de ce monde et de la nécessité d'en prendre conscience pour assumer une petite part de liberté légitime. Au vu et au su du monde de maintenant, cette morale devient du repliement sur soi. Cette attitude n'incommodait pas Sénèque dans la mesure où ses idées tranchaient sur la barbarie du monde d'alors. Elles eurent d'ailleurs fort peu d'incidence pratique puisqu'en tant que précepteur de Néron, il put en mesurer toute l'inanité. Il faut croire que pour lui, la grâce venait d'en haut, des puissances terrestres pour lui et des puissances célestes pour Augustin. Car cet autre émule de la grâce que fut saint Augustin fait lui aussi la part belle à la béatitude égoïste, à celle qui vous tombe dessus comme par enchantement. Pour ce dernier aussi, la césure qui marqua leurs propos des actes de ceux qu'ils inspirèrent et qui en montrèrent le paroxysme dans le nouveau monde alors fraîchement volé aux autochtones est exemplaire. Comme quoi, au vu des conséquences empiriques de ces formes de pensée béates qui espèrent leur Rédemption du seul fait qu'elles se réclament du bonheur nous apparaissent bien pernicieuses après coup.
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Loin d'être certain que les propos de Lash seront avalisés par le féminisme moderne
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Il y a beaucoup de conclusions, sans doute trop hâtives, dans les propos que Christopher Lash met dans son essai. À l'en croire, la domestication des femmes au dix-neuvième siècle aurait correspondu à un mouvement d'émancipation permettant aux modèles bourgeois et américains de triompher des entraves où l'esprit aristocratique importé d'Europe les enfermaient jusque là. Ce constat est en droite ligne de l'idéologie américaine fondatrice de cette nation faisant de la révolte américaine envers l'Angleterre une révolution. S'il demeure vrai que pour des femmes issues des milieux paysan et ouvrier le travail manuel peu considéré auquel elles étaient astreintes n'était pas une garantie de libération et qu'elles aspiraient souvent à s'en soustraire avec du travail domestique alors mieux socialement considéré, cette sortie des emplois manuels devint vite un miroir aux alouettes, les travaux domestiques étant tout aussi manuels et de plus, étant non rémunérés, ils les privaient encore plus de leur liberté. Les femmes de la bourgeoisie purent-elles aussi faire le même constat et ce n'est pas parce qu'elles purent importer des modèles de l'économie domestique dans la sphère sociale qu'elles se trouvèrent pour autant vraiment valorisées, si ce n'est pas des patriarches trop heureux de pouvoir compter sur une main-d'ouvre bénévole qui volait au secours du conservatisme social ambiant qui ne faisait pas de place à la sphère publique dans les affaires de la société. Des relents de ce paternalisme conservateur, nous en avons les avatars avec l'emphase qui est faite par des idéologues du même acabit autour de la question de l'économie sociale et du bénévolat auxquels tant de femmes de la bourgeoisie de maintenant sont incitées à collaborer. Les propos de Christine Ockrent sont beaucoup plus avisés et réalistes que ceux de Chistopher Lash.
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Un spectacle parfaitement rodé
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Il y a peu d'artistes qui savent à ce point garder intacte la petite flamme qui les anime. Devant un tel déploiement d'énergie et sur une période aussi longue, Robert Charlebois nous fait penser à ces Mick Jagger du spectacle qui n'en finissent plus de nous étonner. Quant à la prestation qu'il a donné au Grand Théâtre de Québec, il a de nouveau surpris les spectateurs avec un spectacle où la musique de son orchestre, les éclairages et la présence sur scène de l'auteur-compositeur étaient parfaitement harmonisés. Un spectacle haut en couleur donc, à l'image de celui dont le vif argent refuse de ternir au fil des ans. Pour appuyer ces dires, la composition de l'auditoire en faisait foi puisque des spectateurs de tous les âges y participaient. Pour ceux qui se seraient attendus à ce qu'il attaque son spectacle avec ses plus grands succès remportés sur la scène internationale, il a fallu qu'ils réalisent que Charlebois avait au contraire misé sur ce qui fait de lui un artiste à part au Québec et dans le monde, celui qui est un condensé des influences américaines et européennes, francophones et anglophones comme l'est un citoyen de ce monde qui a vécu et grandi un pouce et demie sur une carte en haut des États-Unis, mais qui n'en demeure pas moins fort différent. Les messages qu'il nous livre, même s'il se défend de vouloir en livrer, sont à l'image de cette complexité, des messages coups de poings qui nous parlent de notre condition fragile de québécois francophones et aussi de citoyen d'une planète bleue en danger dont il recueille les vibrations avant qu'elle que nous la laissions mourir dans une parfaite inconscience. Décidément, Robert Charlebois est demeuré jeune d'esprit et de coeur.
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