|
La vision de ce pays qu'est toujours le Canada, qu'apprennent ceux qui participent à ces expériences et qui affleure à leur conscience à la suite de ces rapports culturels via les programmes d'immersion en vue de l'apprentissage d'une langue seconde, est beaucoup plus subtile et complexe que celle qui découle de la vision bête et superficielle des distributeurs de drapeaux unifoliés. En effet, cette réalité culturelle permet de découvrir les niveaux de langue de chaque communauté culturelle et de se faire l'oreille à leurs divers accents et à leurs tournures tantôt pliées aux nécessités du quotidien, tantôt à celles des rigueurs officielles des expressions codées. En somme, ils peuvent apprendre que derrière les drapeaux, il y a des citoyens et que ces derniers ne sont pas tous coulés dans un même moule qui les aurait reproduit en autant d'exemplaires qu'il y a de citoyens. Le ministère du Patrimoine canadien emprunte donc une voie beaucoup plus complexe qui ne mène pas à l'assimilation ipso facto avec ce programme à long terme. À la limite, cela peut même se retourner contre ces objectifs avoués ou non et permettre de voir que des communautés culturelles fort différentes peuvent communiquer via la langue sans nécessairement être liées par des institutions communes et même en faisant partie d'États souverains différents. Ce n'est pas parce que toutes les nations du monde occidental et même bien au-delà se sont un jour mise au latin qu'elles sont pour cela toutes devenues italiennes. Plutôt que se laisser assimiler, elles ont au contraire développé leur propre génie linguistique. À nous d'en faire autant.
|