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Guerre du pétrole et parades militaires
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Pour qu'un conflit, qu'il soit d'abord de nature idéologique ou territoriale ou principalement économique, puisse dégénérer en conflit armé, il faut que plusieurs de ces facteurs se conjuguent entre eux de manière à rassembler l'opinion publique derrière les mots d'ordre guerriers. C'est ainsi que si la lutte pour s'accaparer des ressources pétrolières n'était que de nature strictement économique, ni les puissances occidentales et particulièrement celles des États-Unis, ni les puissances intégristes qui leur répliquent ne pourraient faire en sorte que cette lutte dégénère en conflit. De la même manière, un simple conflit de visions du monde entre un Occident laïque et un monde arabo-musulman religieux, serait incapable de transformer cet affrontement en conflit armé. Enfin, un conflit de nature territoriale comme celui mettant aux prises Palestiniens et Israéliens, ne pourrait pas non plus exporter ces luttes sur le plan guerrier avec ce seul paramètre de définition du conflit. Pour qu'une guerre, limitée ou bien généralisée, puisse avoir lieu, il faut que plusieurs de ces facteurs se conjuguent et cela, c'est la propagande qui est chargée de cette opération sur les consciences. C'est ainsi que nous avons du côté occidental une tentative pour diaboliser tous les musulmans, surtout s'ils occupent des territoires riches en pétrole, et que du côté musulman, une tentative similaire pour faire du grand Satan américain le responsable de tous les mots de la planète. Ceux qui ne se rallient pas à ces thèses intégristes sont déclarés traîtres à leur pays, dans un camp comme dans l'autre. La paix commence donc par la résistance aux entreprises de propagandes guerrières des uns et des autres. Malheureusement, cet effort se bute à des groupes qui font tout pour briser les analyses lucides de ceux qui tentent de conter la propagande et cela, des deux côtés du Rubicond.
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Pour éclairer le présent conflit israëlo-palestinien
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Le document produit par ce journaliste d'enquête peut certainement contribuer à faciliter notre compréhension du conflit israëlo-palestinien et plus largement encore, à nous faire mieux situer le différent qui continue d'obscurcir les relations du monde occidental avec le monde arabo-musulman. Nous faisant prendre conscience de la place centrale que le terrorisme a joué dans la mise en place des États aujourd'hui ennemis que sont la Palestine et Israël, nous sommes plus à même de comprendre les grandes lignes de leurs politiques étrangères. Considérant ces préalables de leur histoire réciproque, il serait difficile que la suspicion ne soit pas le mode principal sur lequel s'opèrent ces relations.
Plus largement, ce document nous fait aussi prendre conscience des réticences réciproques qui se retrouvent de part et d'autre dans des camps qui s'affrontent en se présentant comme les supporters inconditionnels de l'une ou l'autre de ces parties du conflit israëlo-palestinien. En ce sens, le passé n'est certainement pas le garant de l'avenir dans cette région. Il est donc bon de suturer ces blessures du passé par une bonne compréhension de ce qu'il a été pour les uns et pour les autres avant de pouvoir espérer bâtir des passerelles permettant d'accéder à un avenir meilleur.
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Il nous fait perdre le nord
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.Le moins que l'on puisse dire de Dany Laferrière est qu'il ne manque pas d'intelligence à un point tel qu'il nous fait perdre notre orientation quant aux points cardinaux de la politique quand nous l'écoutons jusqu'au bout. Mais cet esprit malin qui joue avec l'équateur comme d'autres joueraient aux billes finit par nous faire croire que c'est nous qui sommes du sud alors que lui serait du Nord. J'ai hâte que Dany Laferrìère ait terminé sa réflexion sur les grands enjeux de la destinée des hommes et des peuples et qu'il accepte enfin de se prononcer sur des sujets qui le hantent comme le sont ceux des rapports entre peuples, entre dominants et dominés ou sur les traits culturels dominants qui vous permettent de vous identifier et de définir votre rapport au monde et aux autres. À ce jour, les expériences qu'il a de la vie et de la politique lui ont fait préférer le cynisme de la mise à distance de soi par rapport au monde. Ses visions du monde se font aussi distantes que l'oil des caméras qu'il affectionne d'ailleurs de plus en plus, allant même jusqu'à réécrire ses romans comme s'il s'agissait de scénarios de films. Par ailleurs, pour se venger de ce qui l'a fait un jour souffrir, il culbute les relations habituelles du nord et du sud en mettant en scène des comportements où les dominants d'hier deviennent les dominés de maintenant quant ils se mettent dans les situations que décrit le scénario de "Vers le sud". Serait-ce pour cette raison que Laferrière prend la mouche quand il est question de racisme, de celui dont il se défend d'avoir voulu le prêter aux autres de peur de sentir qu'il lui arrive aussi de côtoyer cet abîme, mais de l'autre côté du gouffre. Mettons-nous à sa place pour dire que nous le comprenons et que nous avons hâte de connaître ses conclusions.
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Une belle analyse de l'idée de progrès
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Cet essai de Ronald Wright fait une analyse de l'histoire du progrès qui a la mérite de plonger au cour des problèmes, de ne pas se limiter à la perspective trop étroite d'une seule discipline ou de ne considérer que l'une des dimensions du progrès. Il est donc résolument humaniste dans son propos et de plus, c'est du développement humain dont il se soucie en dernière instance. En reprenant les idées directrices qui ont fait la vision politique du New Deal, il prolonge cette vision par la proposition d'un autre New Deal, celui qui consisterait à faire du développement en tenant compte non seulement des besoins économiques et sociaux des citoyens, mais aussi du futur des générations à venir. C'est une vision généreuse qui pourtant refuse de faire le constat sur les forces motrices des sociétés, même si elle l'aborde globalement. Les décisions majeures concernant les investissements ne sont pas l'apanage de chacun comme le pensent souvent ceux qui critiquent la société de maintenant qu'ils nomment société de consommation même si la consommation est loin d'être uniforme pour tous. Ces décisions représentent en fait les intérêts de ceux qui sont les possesseurs des structures et des leviers qui les accompagnent pour diriger les opérations majeures de la société. Aujourd'hui, ces leviers sont de nature économique, hier ils étaient de nature religieuse et demain, ils seront de nature intellectuelle. Nous sommes dors et déjà dans une économie du savoir et bientôt, le seul vrai capital sera celui des connaissances et de la matière grise. Déjà les dérives du progrès se font au nom de la science et lorsque le capital intellectuel aura complètement submergé le capital économique de maintenant et qu'il sera aussi économique, la nouvelle économie sera la seule véritable économie, avec les mêmes risques de dérapage que maintenant. D'ailleurs ces guerres qualifiées de régionales ne sont-elles pas l'ouverture d'un nouveau front correspondant à ces nouvelles réalités.
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Un message qui passe mal
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Ce que Robert Morin voulait nous dire avec ce film, ce sont seulement les dernières minutes du film qui nous l'apprennent. C'est d'ailleurs Robert Morin qui l'a explicité en entrevue quand il nous dit que l'important est de comprendre ceux qui font montre de violence et d'exaspération, que le regard fermé de ceux qui regardent les coupables sans les comprendre et qui se laissent aveugler par les apparences sont aussi coupables que ceux qui commettent les méfaits. Voilà pourquoi ce scénario met en parallèle le drame du 11 septembre que plusieurs regardent d'un air indifférent parce que les coupables sont déjà jugés sans appel. Mais ce message ne passe pas très bien dans ce film. Nous déroutant vers une multitude de scénarios de coupables, nous perdons de vue cet objectif du réalisateur.
Nous perdons aussi cet autre message qui fait partie des visions que Robert Morin a développées pour d'autres films, à savoir la présence inhérente de la violence au cour même de la société du fait des actions de ceux qui ont des sentiments xénophobes ou qui sont moralisateurs à courte vue. Pourtant, cette dimension des visions du réalisateur aurait pu être mieux exploitée à partir du rôle ambigu de ce policier sensé représenter la justice et qui fait pourtant partie de la face sombre de la société. Ces flics ambigus et coupables souvent présents dans ses scénarios sont une façon de nous faire voir que la violence fait partie intrinsèque de la fibre sociale. Sans en faire une dimension politique et fascisante, Morin nous en montre pourtant toutes les implications sociales, celles qui découlent de l'indifférence et de l'incompréhension.
Avec une telle problématique, ce film aurait pu être un grand film, ce qu'il n'est pas. Cela n'en fait pas pour sautant un film banal, même s'il n'exploite pas toutes les possibilités qui s'offraient à lui avec ce scénario.
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Les déserts de l'existence
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Forte de la performance de ses comédiens et comédiennes, cette pièce arrive à nous faire croire aux fantômes qui hantent les souvenirs de celui qui s'est enfui loin d'eux pour tenter d'y voir clair, le temps d'une réflexion sur sa vie et sur les valeurs qui devraient la guider. Malgré la sobriété des décors et l'usage de conventions théâtrales qui peuvent dérouter certains spectateurs, la pièce tient bien la route et parvient à nous faire comprendre que toute cette mise en scène se déroule à l'intérieur même des souvenirs de celui qui se sent coupable d'avoir manqué des rendez-vous importants. Cet autobus qui le ramène d'un lointain désert vers ceux qui marquèrent des points tournants de son existence, nous comprenons qu'il ne l'a finalement probablement jamais pris, que ce projet de retour est tout aussi marqué des velléités de son existence que les autres rendez-vous ratés, celui du pouvoir et de l'argent d'abord quand il pensait pouvoir succéder à son père à la barre de l'entreprise familiale et celui de l'amour quand il aurait pu envisager de partager son existence avec celle qui l'aimait. Tel Hamlet, ce personnage incarné par Hugues Frenette n'a jamais pu se décider pour l'une ou l'autre de ce qui représentait pour lui une alternative, soit le pouvoir et l'argent d'une part et l'amour partagé sans espoir de promotion sociale d'autre part avec celle qui se serait bien passée des avantages de la fortune. Coincé dans le désert qu'il a fait autour de lui, le personnage d'Hugues Frenette n'a plus qu'un seul espoir, celui de faire le deuil définitif des fantômes qui l'assaillent.
À ce premier niveau de signification, il s'en greffe pourtant un autre, tout comme cela est le cas des pièces de Shakespeare, soit les ambivalences des consciences perméables aux transformations sociales et aux appartenances qui les mobilisent. Sous ces fantômes de ces dramaturges, il y a un Papillon caché, celui des visions du monde des références sociales identifiantes.
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Le discours franc à ce sujet accompagne la montée des libertés pour les femmes
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Il ne faudrait pas mettre la faute pour ces propos lucides concernant la maternité sur le seul dos de la montée de l'individualisme qui caractérise nos sociétés de maintenant. S'il est vrai que l'individualisme est devenu une valeur largement acceptée, ce n'est pas de celle-ci dont il faut souligner l'influence concernant les difficultés d'avoir et d'élever des enfants, surtout pour les femmes, quant on pointe l'influence de la société. En effet, ce n'est pas parce que les sociétés d'avant étaient moins individualistes qu'elles représentaient une alternative meilleure pour les femmes, car ces dernières les obligeaient à se contenter du rôle de mère et à demeurer prisonnière du foyer. En plus des difficultés reliées à la famille, elles avaient alors les contraintes découlant d'un statut social inférieur, celui de devoir demeurer à la maison pour s'y occuper des enfants avec tous les inconvénients que pouvait représenter pour elles le fait de ne pas être libres économiquement. Si les inconvénients reliés à la maternité sont maintenant plus en évidence, c'est la résultante de la montée de la liberté des femmes qui leur permet maintenant d'avoir bien d'autres rôles que celui de mère. Voilà pourquoi les garderies sont si nécessaires, sans compter les multiples aides financières pour soutenir les familles, à commencer par le logement qui se fait de plus en plus rare pour les familles le moindrement nombreuses et qui ont des moyens financiers modestes ou pour celles qui devenues monoparentales doivent ramer pour survivre. S'il y a un individualisme qu'il faut combattre dans notre société, c'est celui qui fait de la grossesse une histoire de femmes uniquement alors que c'est de la reproduction de la société dont il s'agit. Avoir ou non des enfants concerne en fait toute la société.
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D'abord un indice de richesse collective
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Les indices de développement humain de l'ONU sont d'abord et avant tout des indices de la richesse collective des sociétés, de la dimension de leur revenu intérieur brut par habitant. En ce sens, ces mesures sont biaisées en faveur des habitants des pays qui ont le privilège d'être nés dans des pays qui profitent des retombées économiques sur leur sol des activités de ceux qui accumulent des richesses au dépends relatif des citoyens qui doivent se contenter des miettes du développement, car comme le dit si bien l'adage de ces beaux pays, charité bien ordonnée commence par soi-même. Il n'y a pas donc là matière à pavoiser puisque ces résultats sont biaisés en faveur des plus forts. Ce n'est pas parce que les habitants de ces pays seraient intrinsèquement plus humains ou plus démocrates que leur pays se classe parmi les meilleurs, mais parce qu'ils ont la chance de se trouver au bon endroit au bon moment.
Cependant, il y a aussi un revers positif à ces médailles pourtant pipées car les richesses produites doivent aussi être mieux partagées pour que ces indices de développement humain donnent les meilleurs scores. C'est dans la mesure où ils savent se montrer plus sociaux-démocrates qu'ils obtiennent les meilleurs scores. Ce fut le cas du Canada d'avant l'ère Chrétien et des pays scandinaves maintenant. Mais maintenant qu'il y a ici des politiciens qui ne croient plus aux vertus de la redistribution, qui ne jurent que par les vertus du marché pour établir leurs politiques et qui voient l'état comme le bonhomme sept heures, le Canada régresse sur l'échelle de ces indices. Ces malus ne sont d'ailleurs qu'à leur début maintenant que les conservateurs de partout se donnent la main pour faire régresser encore un peu plus le développement humain, le seul qui soit vraiment durable
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Une performance inoubliable
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Si les préalables de ce concert firent en sorte de rendre encore plus difficile la prestation d'Isabelle Moretti dont la harpe n'avait pas fait le voyage avec elle entre Montréal et Québec, la harpiste de renommée internationale n'a pas fait mentir cette réputation. Le spectacle offert à l'église Sainte-Trinité dans le cadre des Radio-Concerts Classique & compagnie fut l'un sinon le plus beau de cette saison. Tel fut le cas grâce à Isabelle Moretti, mais pas seulement. Le trio Inukshuk formé du violoniste Philip Roy, de l'altiste Éric Soucy et de la violoncelliste Bridget MacRea était tout à fait à la hauteur. Ils ont donné raison à leur patronyme de groupe quand celui-ci nous dit en Inuit que " si vous êtes déjà passé par ici, vous êtes sur la bonne voie". Cette voie qu'ils nous ont montrée hier est celle qui parcourt les grandes routes internationales de la musique. À l'écoute, nous ne sommes pas surpris d'apprendre que ces trois concertistes occupent des postes au sein de prestigieux ensembles en Europe. Somme toute, il y a du génie chez ces jeunes artistes.
Quant au programme musical offert, il nous a permis, grâce à la compréhension instinctive qu'en ont ces interprètes, de plonger en plein cour d'une musique contemporaine et même actuelle, avec des pièces de Ibert, Hersant, Britten, Dohnány et Kempter. Autant pour les pièces pour harpe et autre instrument que pour celles où la harpe était absente, le bonheur fut parfait pour les auditeurs tant ces interprètes se donnent à leur musique avec passion et dextérité.
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Une langue est menacée quand le peuple qui la parle l'est aussi
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Ne donnons pas trop vite dans ce constat facile et invérifiable que seul l'anglais sera parlé dans deux ou trois générations. Cette apologie du désespoir est d'ailleurs souvent proposée par ceux qui voudraient que l'on ne mît pas d'obstacles à son développement dans des terreaux pourtant étrangers à sa culture. Ce qui est vrai par contre, c'est qu'il y a quantité de langues qui sont menacées de disparaître et que ces langues sont souvent celles des survivants des peuples autochtones en trop petit nombre pour résister aux influences d'une autre langue et aux obstacles que l'on a mit pour les empêcher de parler la leur, dans ces pensionnats de l'assimilation entre autres institutions culturellement porteuses de génocides.
Par contre, pour les citoyens des peuples dont la culture est bien vivante parce qu'ils possèdent les leviers politiques leur permettant de tracer les limites territoriales de leur appartenance linguistique et culturelle, il n'y a vraiment pas péril en la demeure, même si des termes étrangers viennent parfois la vivifier. Tel fut le cas du latin, cette autre langue dominante de l'Antiquité qui s'est transformée en une multitude d'autres langues qui n'ont plus rien à voir avec leur latin original. L'anglais subira le même sort dans les peuples d'aujourd'hui qui seront toujours là demain et ils sont nombreux. Alors, avant d'attribuer des pouvoirs qu'elle n'a pas à une langue, il faut avoir à l'esprit ce que l'histoire nous enseigne par ailleurs.
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Pas facile de vivre des paradoxes
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La mise à nu du personnage qu'est devenu Lars Von Trier ne déstabilisera personne qui sait quels peuvent être les paradoxes qu'incarne ce réalisateur. Fondateur de Dogma 95, il s'est porté à l'attaque de la première vague du cinéma contestataire parce qu'il le voyait comme étant bourgeois en raison du subjectivisme de ses protagonistes. Ce en quoi il avait raison, la même grille d'analyse pouvant d'ailleurs être appliquée à l'impressionnisme en peinture. Ce n'est pas parce qu'une école de pensée rompt avec le conservatisme dominant qu'elle dépasse pour autant les liaisons formelles et épistémologiques avec ce qu'elle réprouve. Pour dépasser cette contradiction, Lars Von Trier a voulu établir un cadre rigide de perception cinématographique qui feraient en sorte que l'on dépasse le subjectivisme bourgeois. Il a cru pouvoir atteindre ce résultat avec des préceptes comme ceux de ne filmer qu'en situation, avec la caméra à l'épaule, en décors naturels et sans les artifices de la technique cinématographique. Mais ce faisant, il s'est placé dans la même position que celle où s'était auparavant trouvé son compatriote philosophe, Soren Kierkegaard qui en voulant défendre la foi avait fait de l'individu le pivot de l'univers et de l'existence. Pour Von Trier, c'est sa foi dans le cinéma qu'il défend et sa croisade contre le cinéma commercial le fait retomber sur les mêmes prémices, à savoir que c'est l'individu singulier qui émerge comme trait dominant dans cet univers qui est le sien. De tels paradoxes ne peuvent faire autrement que d'être vécus de manière déchirante par ceux qui s'en font les protagonistes. De là à comprendre que ce que ce réalisateur soit un être atypique n'est pas très difficile
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De la patrie de Kierkegaard
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Si cette vision du monde que développe Jens Christian Grondahl dans ce roman n'était pas trop entachée par les effluves de la petite Sirène de Copenhague, nous pourrions y voir la prégnance des idées existentielles telles qu'elles s'exprimèrent dans la pensée de celui qui a marqué le paysage philosophique danois, soit ce Soren Kierkegaard. La fragilité des remparts que nous construisons qui ne résistent pas à l'angoisse que l'existence fait naître, laquelle fait dire à cet auteur "qu'il n'y a pas un seul endroit au monde où nous sommes chez nous" correspond bien à cette vision de l'existant chez Kierkegaard. Si chez le philosophe danois cette vision était destinée à faire de l'individualisme et de ses supports, comme ceux de la famille et de la religion, une réplique contre l'esprit de système, dans ce roman nous n'en retrouvons que des avatars, soit ceux de ces supports qui surnagent plus ou moins bien encore.
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De belles diapositives
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Les chansons de Catherine Durand pour ce dernier album, Diaporama, sont bien à l'image qu'en suggèrent son titre, une série de diapositives de l'âme qui nous présentent la douceur du propos pour en exprimer les tourments. Car Catherine n'est pas une auteure doucereuse qui ne ferait que produire des paroles mielleuses pour des auditeurs trop bon enfant qui verraient en elle une académicienne de plus. Si ses paroles demeurent simples et directes, elle n'est pas pour autant le chantre de la naïveté et de la sensiblerie. Elle demeure fondamentalement une belle romantique, de celles qui ne prostituent pas ce genre de visions aux quatre coins des offices des vendeurs de sentiments sur toutes les ondes qu'ils peuvent occuper. Les filles qui l'accompagnent pour ses spectacles sont d'ailleurs elles aussi de la même mouture que la sienne.
Mais Catherine n'a pas que son côté diaporama en diapositives. Elle sait parfois aussi s'exprimer directement en photos sans passer par le côté inversé de la lumière. J'ai pu apprécier ce côté d'elle à l'occasion de son interprétation d'une chanson de Djian et Stephan Eicher, Un Déjeuner tranquille, qui nous la montre de l'autre côté, quand les tourments s'expriment sans détours. Même si cette chanson n'était pas d'elle, cela nous indique qu'elle pourrait aussi s'exprimer de cette façon sans renier ce qui la fait authentiquement romantique. Ce serait intéressant de la voir explorer des visions qui iraient dans ce sens.
Mais qu'elle choisisse de nous monter l'un ou l'autre côté de sa personnalité, nous savons déjà que nous avons affaire à une artiste de talent.
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Quand on nomme son quartier par un trajet qui le parcourt
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De savoir que les jeunes et les moins jeunes du quartier Saint-Michel nomment leur quartier par le numéro d'un parcours d'autobus qui ne fait que le traverser avec ici et là des arrêts programmés d'avance, c'est à mon avis le signe évident que ces personnes ne se sentent pas vraiment intégrées au tissu social de l'ensemble de la société qu'il compose. C'est sans contredit la marque évidente que ces personnes se sentent marginales et rejetées par une société qu'ils finissent par rejeter à leur tour. Avec ce documentaire, Maryse Lavigueur va donc au coeur de ce quartier qu'elle connaît et sans détours, tout aussi directement que le fait ce tracé du parcourt 67 de l'autobus. Pour ceux qui n'en sont pas de ce quartier, il n'est qu'un trajet qu'ils espèrent parcourir le plus vite possible et c'est cette vision d'eux-mêmes que les résidents du quartier finissent par assimiler en arrivant à se voir eux-mêmes tels que les autres les voient. Le danger avec ce manque d'identifiant territorial et social est celui qu'il peut être cause d'une surterrotorialisation par des groupes minoritaires qui reprennent pour leur compte les ratées d'une socialisation déficiente avec la naissance du phénomène des gangs. En effet, le phénomène des gangs n'est pas d'abord une question de couleur, ni même de pauvreté relative à la limite, mais la résultante de l'exclusion qui laisse toute la place à ceux qui se définissent comme étant les seuls définiteurs possibles des identités. On l'aura compris, il faut établir des correspondances avec le trajet 67.
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Le crépuscule des dieux du pouvoir
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Qu'il n'y ait plus à présent un Olympe duquel des élites pourraient prétendre descendre pour gouverner ne fait pas de doute. Les grands administrateurs à la botte des intérêts de la classe économique et sociale la plus privilégiée qui avaient leur Olympe situé au coeur des grandes institutions de l'état, à L'ÉNA pour ce qui est de la France, ont fini d'impressionner les masses populaires qui se cherchent maintenant d'autres dirigeants en qui ils pourraient avoir confiance. Faute d'une conscience éclairée concernant les vrais enjeux de société, il est vrai que les masses se jettent souvent dans les bras du premier leader venu qui correspond à l'image qu'elles se font des dirigeants sans entraves. En ce sens, la montée du populisme est inexorablement vérifiable dans de plus en plus de cas de figures en politique. Ce populisme tant craint par Alain Minc n'est pas ainsi parce qu'il échapperait à l'emprise des élites traditionnelles, mais parce qu'il risque de faire basculer la politique de droite à gauche à tout moment, même si plus souvent qu'autrement, c'est plutôt vers la droite qu'il le fait. Cette terreur que nourrit Alain Minc à l'endroit du populisme est surtout celle de voir les principaux mécanismes du pouvoir échapper un jour des mains des élites traditionnelles et des intérêts qu'ils servent. N'avons-nous pas vu depuis peu des leaders populistes émerger un peu partout en Amérique du Sud. Car le populisme, s'il est souvent de droite peut aussi être de gauche. C'est ce que craignent Alain Minc et tutti quanti. Ce populisme grandissant est certainement le signe qu'une époque charnière est maintenant présente dans les mours électorales des citoyens de maintenant et qu'il faudra faire avec. Les incrédulités d'Alain Minc témoignent de l'incapacité des élites de droite de faire vivre de nouveaux mythes sur lesquels ils pourraient s'appuyer pour diriger, soit des mythes comme celui de la pertinence immanente de la concurrence et du libre échange mondial
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