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Marc Audet
Marc Audet
January 2006 - Messages
31 janvier 2006, 6:48
Un poète avant tout
Fred Pellerin n'est pas un conteur comme un autre, car les personnages de ses contes, ils ne les invente pas à l'aide de sa seule imagination. Ses personnages, c'est à partir des personnes qu'il connait qu'il les invente, en les rendant plus grand que nature. Ce conteur est donc d'abord un poète, quelqu'un qui sait reconnaître dans les humains des dimensions que d'autres ne voient pas. Ses talents de poète, il n'est qu'à considérer les paroles de chansonns qu'il écrit pour s'en rendre compte. C'est ce que j'ai pu constater dernièrement en écoutant les paroles d'une chanson qu'il a donné à Taïma. Elles donnent une idée de ses qualités de poète et de parolier. À sa manière, il suit les traces d'un Vigneault qui lui aussi fait des personne qu'il connait de véritables personnages, des personnes qui deviennent légendaires.
31 janvier 2006, 8:54
Authentiquement contemporain
Avec ce spectacle d'une grande beauté, le BJM plonge au coeur même des sources d'inspiration de la danse contemporaine et quand il le fait avec cet art consommé de la chorégrapie, on peut dire qu'il renouvelle lcet art de la danse nommé ballet. Certe, je m'attendais à voir un spectacle moderne inspiré des courants polymorphes de la danse, mais pas à ce spectacle prodigieux où la chorégraphie le place au rang de ceux qui s'exportent facilement sur toutes les scènes de la danse du monde. Par ailleurs, ce spectacle ne fait pas qu'affirmer un style, celui que le BJM a adopté pour se situer dans le monde de la danse, il est aussi en quelque part un manifeste. Celui-ci se détache en contrepoint de la partie comique et caricaturale du spectacle pour nous faire comprendre son message. Ce message, il nous dit que pour le BJM, la danse n'est pas d'abord une question d'équilibre et de pirouettes, lesquelles aoppartiennent d'avantage à l'art de l'acrobatie et du cirque qu'à celui de la danse contemporaine. Au contraire, l'art du BJM en est un du déséquilibre contrôlé, de l'asymétie et du polymorphisme, à l'image du monde contemporain. C'est la mise en mouvement de ces concepts de base à partir d'une chorégraphie dynamique et raffinée qui donne son caractère au BJM. De même, ce manifeste nous dit que l'art de la danse n'est pas non plus un art de complaisance qui doit attirer le regard des spectateurs sur le corps des danseurs plutôt que sur leurs gestes. En parodiant ce type de danse complaisante, ce n'est pas que la dérive à laquelle sont acculés des danseurs pour vivre qui est attaquée, mais toute une conception de la danse par trop exhibitionniste. Mais le BJM ne se contente pas d'opposer ces conceptions pour mettre en exergue la sienne. Il nous montre aussi avec son final ahurissant à quel point la poésie scénique et gestuelle peut aussi faire partie d'approches différentes de la sienne.
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30 janvier 2006, 10:36
À l'inverse du double littéraire
Nous ne sommes plus devant une intrigue rappelant celle de Romain Gary et d'Émile Ajar avec ce roman de Fabien Ménar, mais bien devant la situation inverse. Ce n'est plus le même auteur qui se dédouble pour tromper les éditeurs, mais les romans qui se multiplient sous la plume du même auteur. Néanmoins, il est permis de penser que ce sont les mêmes hypocrisies et les mêmes mensonges que cet auteur cherche ainsi à dénoncer, soit les réfractions mensogères que la réputation, entretenue plus ou moins sciemment par la critique, impriment aux oeuvres littéraires. De plus, le titre de ce roman laisse croire que ce sont les procédés d'écriture inventés pour combler les besoins de l'existence, le premier éttant bien sûr celui d'assurer sa subssistance, qui font l'objet de cette caricature. Par ailleurs, il appert que cette quête peut aller très loin quand métaphoriquement, deux éditeurs y trouvent la mort...
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29 janvier 2006, 6:42
Le Carnaval avait-il acheté toutes les pages de mon journal
Pour ceux qui ont vu le Carnaval sur place depuis moult années, celui-ci conserve bien peu d'attraits. Déjà qu'à l'origine, cette promotion touristique de la ville avait un fâcheux penchant pour la monarchie avec son bal prétentieux au Château Frontenac et l'élection de cette reine du Carnaval, sans compter celle des douze duchesses. Grognon sur les bords me direz-vous. Avouez qu'il y a matière à l'être un peu après que la région se soit dotée de députés qui auront encore moins de poids politique pour cette ville que n'en avait leur reine du Carnaval. Pire encore, l'élection d'André Arthur risque de nous faire passer pour une bande de clowns de Carnaval au grand complet. Bientôt, on nous demandera de porter un nez rouge de clown, non pas pour rappeler l'opération du même nom, mais pour nous identifier en tant que membres résidents de cette ville. Cela nous fera une belle jambe de se promener ainsi atiffée derrière notre maîresse, elle aussi munie du même appareil sur le nez. Il y aura au moins un avantage à signaler ainsi aux autres notre appartenance et ce sera quand nos députés conservateurs auront le nez qui commence à rallonger, tel celui de Pinocchio. Nous pourrons alors mieux mesurer toute l'étendue de notre bêtise. Bon, passons aux choses moins sérieuses. Venez quand même nous voir gens de l'extérieur. Nous en avons besoin, surtout ceux qui comme moi n'ont pas fait la bêtise de voter conservateur et qui croient encore que le Bloc va reconquérir le terrain perdu.
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29 janvier 2006, 10:18
Ce peintre se nommerait-il aussi Anton...
Dans la peinture de cette société de Métis-sur-Mer, qui avant de se nommer ainsi était appelée Metis Beach, Norman Chaurette fait le portrait d'une société aristocratiquement bourgeoise, anglophone dans sa quasi totalité et qui avait pignon sur rue dans ce petit espace en bordure de mer près de Rimouski. Point n'est besoin de se rappeler la prédilection de son auteur, Norman Chaurette, pour cet écrivain qu'il admire, soit Anton Tchekhov, pour apercevoir les parentés de leur inspiration. Mais alors que Tchekhov se contente de faire un portrait complaisant de la déliquescente bourgeoisie aristocratique russe de province, Norman Chaurette en fait une qui ne pardonne pas à celle de Metis Beach. La mise en scène de joël Beddows contribue d'ailleurs beaucoup à rendre ce climat qui animait la vie de cette société. Le fait par exemple qu'ils marchent à reculons sur scène indique métaphoriquement à quel point cette société rétrograde ne sortait de ses positions dominantes qu'à reculons. C'en était fini pour la grande bourgeoisie anglophone québécoise de régner en maître partout au Québec. Elle allait bientôt être confinés à l'ouest de l'île de Montréal. Par ailleurs, il y a aussi la mise en scène du rôple de l'artiste dans cette pièce qui ne passe pas inaperçu. La scénographie de Jean Hazel rend très bien l'idée directrice de Chaurette concernant les pièges qui attendent l'artiste qui se fait complaisant envers les puissants de ce monde. À terme, c'est de leur mort artistique dont il est question. Mais le peintre de Chaurette refusera d'abord de céder à ce chantage pour des avantages matériels. Il aurait pourtant du résister jusqu'à la fin puisque ses oeuvres sont maintenant promises à l'oubli alors que ceux qui ont choisi des sujets plus authentiques, tel celui qui peigna le feu de Saint-Rock, seront les seuls à espérer une postérité. Ce spectacle exigeant pour le spectateur demeure le plus beau qu'il m'ait été donné de voir au Périscope cette année.
28 janvier 2006, 4:37
Un journaliste indépendant
Je sais de Paul Toutant qu'il cultive l'indépendance de l'esprit à l'égard de quiconque, ceux-ci fussent-ils ses patrons de la réputée cadenassée télévision d'État. Pour l'avoir entendu ses propos à l'émission des Francs Tireurs de Télé-Québec, je sais qu'il n'est pas de la race de ceux qui courbent l'échine. Je lui fais donc confiance pour nous voir des pans d'Histoire de manière originale et inédite avec ses Aventures en Amérique française. Parfois, il est bon de grossir le trait quand on veut montrer des côtés que l'histoire officielle, même savante, est incapable de montrer. C'est ce à quoi sert entre autres choses la carricature.
28 janvier 2006, 12:12
Quand la responsabilité collective retraite
Ce qu'il y a d'immoral dans cette question des REER, c'est qu'elle est envisagée de plus en plus comme étant une couverture qui doit à terme se substituer complètement à la responsabilité publique et collective en matière de retaites. C'est la privatisation des assurances et des filets collectifs de protection qui avance à pas feutrés dans les traces des pas laissés vacants par le retrait des assurances collectives. Car, la diminution progressive des pensions de vieillesse est programmée depuis déjà longtemps par le fédéral quand on a décidé de ne pas indexer les seuils pour le calculs des pensions. Les calculs ont été faits pour que l'importance monétaire relative des pensions de viellesse au regard de l'inflation et du coût de la vie aillent en s'amenuisant. Comme elles représentent déjà la portion congrue d'une retraite décente, on voit à quel point la merveilleuse petite madame qui disait à Brian Mulroney, "tu nous a menti Chalie Brown" ne s'appliquait pas seulement à lui, mais à tous les premiers ministres canadiens, rouges ou bleus, qui se sont succédés à Ottawa depuis lors. Par contre, ces REER font l'affaire des banques et des institutions financières. Elles y puisent des fonds qu'elles peuvent ensuite nous prêter avec des intérêts beaucoup plus élevés que ceux qu'elles nous versent et cela, avec la bénédiction des gouvernements. Comment s'étonner que les états financiers annuels des banques présentent ensuite des bilans si positifs, avec des profits qui concurrencent ceux des pétrolières. Par ailleurs, les employeurs font de même en ne permettant pas à leurs employés de toucher des pensions décentes ou même parfois, en volant littéralement leur caisse de retraite. Dans cette histoire, la vraie retraite est celle des responsabilités publiques et collectives et non pas celle des particuliers dont ni les gouvernements, ni les employeurs délinquants ne se soucient pour leur retraite.
28 janvier 2006, 11:27
Des maîtres de chapelle
Toute cette musique résonnait entre les murs de la Chapelle Bon-Pasteur comme si Mozart avait été à l'instar des plus grands compositeurs que le monde ait connus, un maître de Chapelle incontesté. Il n'avait plus rien à envier à Bach avec le quintitte à cordes qui composait la première pièce au programme des Violons du Roy. Pour l'interpréter, le chef Jean-Marie Zeitouni a su faire rendre le meilleur d'eux-mêmes aux musiciens de l'ensemble. Il m'a semblé que ce chef avait donné hier la meilleure prestation qu'il m'ait été donné d'entendre de sa part et qu'il avait atteint un degré de perfection plus haut que celui que je lui connaissait. Ce fut donc l'occasion de très beaux moments de musique, à la hauteur du génie de Mozart. Pour la pièce suivante, mes attentes étaient sans doute portées à un niveau trop haut par la beauté de la première pièce et par des souvenirs que j'avais du duo en sol majeur entendu par une retransmission d'un concert au Carnegie Hall par deux génies du violon et de l'alto. Je ne peux donc pas être objectif dans mon appréciation. Il m'a pourtant semblé que les deux interprètes s'affirmaient mieux au fur et à mesure qu'ils progressaient dans l'interprétation de cette oeuvre qui leur demandait beaucoup et pour laquelle il est sans doute nécessaire de lui consacrer énormément d'efforts. Quant aux Divertimenti de la deuxième partie, je m'attendais à moins et j'en ai reçu davantage. Il est sidérant de voir à quel point le génie de Mozart arrive à faire sonner le tragique en contrepoint du léger pour cette musique considérée à l'époque comme une musique de divertissement. Le concert d'hier a donc été mémorable à plus d'un point de vue. Merci aux Violons du Roy et à son chef pour ces beaux moments. Ils auraient pu recevoir une ovation beaucoup plus nourrie du public.
27 janvier 2006, 10:04
Il n'y a nulle part des sociétés monolithiques
L'iran, pas plus d'ailleurs que n'importe laquelle autre société de par le monde, n'est faite que d'une seule catégorie de citoyens et des visions politiques diverses la travaillent. Il est vrai que les dernières années, quand les blocs politiques dominants du monde voulaient se le partager, ont amené les pays convoités à se ranger dans le camp de l'une ou de l'autre de ces puissances, ce qui a favorisé chez eux les tenants des visions monolithiques, de Bin Laden à Khamenei. Il serait temps que l'on cesse de notre côté à ne considérer ces peuples que sous l'angle religieux, bien que les tendances dominantes récentes les cantonnent souvent dans ces alternatives factices, en ne distinguant que les chiites comme force politique de remplacement des sunnites. Pire encore, la tendance à soutenir les chiites du côté occidental fait perdre de vue que ce sont les pays à majorité sunnite qui respectent le plus la séparation de la religion et des affaires de l'État et qui sont les moins enclins à cristaliser les différences entre catégories de citoyens, femmes ou pauvres. Il serait aussi temps d'apprendre à ne plus voir les citoyens de ces pays comme répondant aux stéréotypes que nous nourrisons à l'égard des citoyens des pays du tiers-monde, soit des gens arriérés, qui s'habillent tous de la même manière, soit très mal, et qui sont tous pauvres. Il y a une bourgeoisie, grande moyenne et petite, dans ces pays comme dans les nôtres et leurs représentants n'ont pas tous les mêmes idées que ceux du peuple des démunis. Il y a donc un grand danger de notre part à ne tabler que sur ces exceptions pour nous faire une idée exacte de sentiments majoritaires chez ces peuples. Le respect passe aussi par l'acceptation des différences de la majorité et jusqu'à nouvel ordre, celle-ci est plutôt pauvre et désespérée.
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27 janvier 2006, 9:38
Bouillon de culture
L'effervescence culturelle qui se remarque dans le Québec de maintenant atteint aussi le domaine de la chanson comme le montre la pléiade de vedettes qui le font maintenant connaître à l'extérieur de ses frontières, vers l'est jusqu'en Europe, vers le sud jusqu'au États-Unis et même au-delà, ou même vers l'ouest jusqu'au Japon. Qui dans ces contrées lointaines n'a jamais entendu parler de ces vedettes ou n'a pas pu prendre connaissance de leurs oeuvres. Cette mondialisation de la culture québécoise qui ne doit plus rien à son folklore, elle est le reflet des mutations de sa propre culture qui a avalisé presque tous les changements que la culture à connu dans le monde. C'est tout simple, les autres se reconnaissent en nous, tout comme les gens du monde entier se sont reconnus dans le jazz ou dans le rock quand ces musiques émergentes ont un jour fait de même à d'autres périodes de transition dans l'histoire culturelle de la planète. Si on ne retient de ces phénomènes que les traits culturels profonds qui les ont fait naître, en laissant de côté les ersatzs commerciaux qui s'y sont forcément greffés, on se rend compte que ce sont des peuples ou des catégories de citoyens qui s'exprimaient pour ne pas mourrir qui les ont fait naître, des bas fonds de la Nouvelle-Orléans aux solitudes enneigées du Québec, en passant par le Missisipi petit blanc de Prestley. Le désespoir donne à la limite beaucoup d'énergie et la culture s'en ressent. De tout ce bouillonnement, il y en a que quelques uns toutefois qui résisteront à l'usure du temps. Déjà nos grands paroliers de chansons du passé se sont inscrits dans la durée et il y en aura certainement d'autres qui les suivront dans les générations de maintenant. Pour ma part, je parie sur Catherine Major et sur Pierre Lapointe que déjà des récompenses prestigieuses ont su reconnaître.
26 janvier 2006, 6:51
C'est encore de l'individualisme...
Immanquablement, les contraires s'attirent tels les pôles aimantés d'une même réalité. Au pôle négatif de cette réalité conservatrice, il y a ceux qui présentent des visions perçues comme étant individualistes parce que étant axées sur les seules pulsions et les seuls affects d'un sujet singulier. Dans ce rôle de Superman, il y a tous les petits Robins des Horloges biologiques de toute la planète. Plus ils regrettent le rôle sécurisant de la Mama, plus ils se font frondeurs, jusqu'à ce que les coups qu'ils encaissent laissent voir les terribles défauts de leurs cottes de mailles. Ce n'est pas d'un père dont ils sont nostalgiques, mais d'une mère. Ils subliment d'ailleurs ce besoin d'être maternés par une révolte contre le père. Transposés au plan politique, cette attitude se traduit par le refus de tout État qui se voudrait le moindrement paternaliste, même quand ce sont les besoins des plus malpris qui sont en cause. Elle peut même se faire encore plus intransigeante cette attitude et donner dans les miasmes auxquels certains représentants de ces visions se sont vautrés depuis la victoire conservatrice qui annoncerait selon eux la venue d'une nouvelle ère chrétienne, réactionnaire et vengeresse. Au pôle positif de cette vision, il y a ceux qui font non pas de leur famille, mais de la Famille le rampart imprenable de l'individualisme recentré sur cette cellule qui se voudrait autonome. Cette vision demeure individualiste, car elle ne s'accorde nullement aux grands paramètres du monde ambiant. Ce n'est que de l'individualisme qui s'entoure d'une coquille protectrice pour ne pas avoir à affronter le monde. En somme, il est possible de dépasser cette antinomie réciproque par le choix des personnes de sa famille, parce que c'est d'eux dont il s'agit et sans faire de la Famille la cellule de base de la Société et encore moins, en pleurant sa Mama dans les bras de toutes les femmes.
25 janvier 2006, 9:08
Pour éviter les duplications
L'approche de l'Université de Sherbrooke pour son programme en Sciences infirmières est la bonne. Non seulement, celle-ci permet-elle d'éviter que des étudiants payent de leur temps et de leur argent pour des duplications de formations entre des ordres d'enseignement partagés entre le collégial et l'universitaire, mais elle aide aussi à combler plus rapidement les pénuries de main-d'oeuvre qui affectent cette profession. Par ailleurs, en programmant la formation pratique pour qu'elle s'articule à la formation théorique en alternance ou autrement, cette approche rentabilise la formation en permettant que l'insertion au milieu du travail se fasse plus aisément. Cette université n'est pas la seule à agir ainsi, mais elle demeure celle qui le fait sur la plus grande échelle et aussi celle qui a le plus d'expertise en matière de programmes prévoyant des stages d'apprentissage. Il faut aussi se féliciter du fait qu'elle ouvre plus grandes les portes de sa faculté de médecine, car là aussi il y a des pénuries à combler.
25 janvier 2006, 6:35
Un pianiste qui a de l'âme
S'il est une qualité que possède à coup sûr Alain Lefèvre en tant qu'artiste, c'est bien celle d'aimer profondément la musique qu'il interprète et du coup, de nous communiquer cette passion qu'il a pour elle. Autant dans ses prestations à la télévision qu'en concert, on ne peut pas rester indifférent devant tant de fougue et de romantisme lorsqu'il est au piano. On lui sait aussi gré de nous faire découvrir sous un jour favorable un compositeur qui sans lui ne serait pas connu du grand public, soit le compositeur André Mathieu dont le destin le fait ressembler par certains côtés à ce que fut celui de Nelligan. Cette empathie qu'il a pour la musique et les compositeurs lui fait d'ailleurs parfois prendre des chances lorsqu'il s'attaque à des oeuvres qui demandent d'avoir des qualités de bénédictin plutôt que la fougue des romantiques pour les interpréter dans toutes leurs difficultés, même quand ces oeuvres font partie du répertoire romantique. Des puristes pourraient lui reprocher de ne pas rendre de manière techniquement irréprochable certaines de ces oeuvres qui demandent qu'on leur consacre beaucoup de temps. Quoi qu'il en soit, il demeure qu'il est un vulgarisateur hors pair pour la musique classique et que chez lui ne se pointe aucun soupçon de snobisme à l'endoit du public néophyte. C'est ainsi que son rôle d'animateur à la radio ne passe pas inaperçu.
25 janvier 2006, 3:53
Les miroirs aux alouettes
Les statistiques concernant le domaine des professions de la santé sont rutilantes, mais elles ne doivent pas nous faire oublier pour autant que ce sont des professions fortement contingentées, pour satisfaire à la fois l'égoïsme des corporations professionnelles, que ces restrictions favorisent, et celui des gouvernements qui n'auront pas à débourser davantage du fait que les dispensateurs des soins ne seront pas là pour en faire croître les coûts. Ces restrictions sont particulièrement flagrantes dans le cas des médecins dont les écoles de formation qu'ils dominent exigent des critères d'entrée complètement irréalistes afin de pouvoir se partager une plus grosse galette entre eux. Par ailleurs, là où il y aura des offres d'emplois plus nombreuses dans ce domaine de la santé, ce sera du côté des métiers les plus ingrats, les moins bien rémunérés et les plus mal considérés, comme le sont par exemple ceux des préposés aux bénéficiaires qui sont ceux qui font les frais des coupures de crédits publics et qui sont la cible de la vindicte populaire quand il y a des problèmes causés par ces coupures de personnel. Il y a aussi la fraction la plus nantie de la population vieillissante qui compte sur un réservoir de main-d'oeuvre que l'on espère au meilleur prix possible dans le contexte de la privatisation des soins et sur cet apport de personnel d'appoint. D'un autre côté, le secteur des affaires doit lui aussi pouvoir compter sur des réserves de personnels plus ou moins qualifiés pour espérer prospérer. Voilà pourquoi les professions et les métiers reliés à ce secteur offrent de bonnes perspectives. Cependant, il faudrait se méfier des perspectives qui s'offrent à ceux dont les professions sont reliées au domaine de la construction. Les horizons pour les ingénieurs civils et les architectes sont fluctuants au gré des variations dans ce secteur de l'économie.
25 janvier 2006, 10:04
Des relents aristocratiques
Les contrastes sont frappants dans la conception et la réalisation des programmes de formation entre l'Université Bishop's d'une part et l'Université de Sherbrooke d'autre part. Autant Bishop's met l'accent sur la formation théorique des étudiants, autant Sherbrooke se préocupe de leur apprentissage en organisant des stages de formation qui font partie intégrante de ses programmes de la formule coopérative d'enseignement. Autant la première élabore des programmes avec une formation générale grand G, autant la seconde le fait en mettant de l'avant des formations pointues par le biais des stages en entreprise. S'il y a des avantages et des inconvénients aux deux formules et qu'il est bien difficile de dire que seule une de ces façons de faire soit la bonne, il est par contre évident que ces formules de progammes et ces visions appartiennent à des conceptions qui furent mises en oeuvre pour des clientèles sociologiquement bien différentes. Pour Bishop's, le but était de recevoir une clientèle venant des milieux de la grande et de la moyenne bourgeoisie anglophone alors que pour Sherbrooke, il s'agissait de répondre aux besoins de la petite et de la moyenne bourgeoisie francophone. Étant donné que pour la recherche d'un emploi, les réseaux de relations personnelles et professionnelles sont beaucoup plus efficaces dans les milieux grand bourgeois et qu'ils se font rares ou inexistants dans les petits, ces universités ont élaboré des approches fort différentes à la formation universitaire. Pour les étiudiants de Bishop's, le marché du travail était à leur portée et ils n'avaient donc pas à trop se soucier de le faire enter à l'université, alors que pour ceux de Sherbrooke, ils avaient tout intérêt à faire le contraire. C'est l'histoire de ces clientèles et leur enracinement social qui expliquent ces différences.
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