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Loco locomotive
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Pour faire rimer politique avec poétique, il faut avoir pas mal de talents, et c'est ce que nous démontre avec brio ces Loco Locass qui bien plus que des verbomoteurs sont de véritables locomotives d'opinions. Ce que j'aime de leur approche est qu'ils sont lucides et qu'ils dénoncent le fait de prétendre pouvoir s'abstraire du politique, telle que le font les autruches alors que cet isolement revient à cautionner le statut quo, donc à approuver les politiques du moment qui prévalent. Ils renoncent aussi à faire semblant de s'engager politiquement en se rabattant sur des valeurs qui ne seraient que citoyennes alors que la citoyenneté est la résultante directe des politiques puisque telles seront les politiques dominantes, tels seront les citoyens, ou encore en s'objectant aux visions de ceux qui pensent que seules les petites actions individuelles comptent et qu'elles comptent d'autant plus qu'elles sont loin des actions collectives d'envergure comme les sont les engagements politiques. Ils n'hésitent pas non plus à prendre le risque des valeurs partisannes quand de telles tactiques s'imposent pour viser des changements à plus long terme. Mais quoi qu'il advienne dans le futur, je ne doute pas que les Loco Locass conserveront leur vision critique de la société et du rôle de la politique lucide dans la Cité. En fait, ils sont les porte-parole d'une Cité Libre et je suis certain qu'ils ne renieraient pas cet idéal comme un certain qui fit un jour carrière dans une revue qui portait ce titre et qui se fit ensuite le défenseur d'un parti qui n'en était aucunement le promoteur. Ce n'est certainement pas la chanson Libérez-nous des libéraux qu'aurait entonner Trudeau après avoir rejoint les libéraux, même s'il aurait pu la chanter avant de les joindre.
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Paris Match ne peut donner que ce qu'il a
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Il ne faut pas s'attendre à des reportages fouillés et documentés en profondeurs de la part des journalistes qui firent les beaux jours de Paris Match. Malgré les airs que ce journal se donne de reporter objectivement les réalité politiques et sociales du monde, il y apporte toujours un biais qui va dans le sens des idées reçues du conservatisme quand il ne polémique pas ouvertement en faveur des courants conservateurs. Avec un peu plus de raffinement, ce magasine est comme le Reader Digest de l'information, un petit raccourci facile pour ceux qui aiment bien se situer dans la mouvance des idées conservatrices. Il va donc sans dire que cette petite virée derrière le rideau de fer n'était pas sans parti pris dès le départ, mais à la manière de Paris Match, c'est-à dire en demeurant à la surface des choses pourvu que celles-ci permettent de faire des photos accrocheuses. C'était là le grand talent des reporters de ce magasine qui savaient paraître profonds tout en demeurant superficiels. Dominique Lapierre n'y échappe pas, mais en celà il est un exemple parfait de l'esprit de ce magasine.
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La poésie s'insinue souvent par le ventre crevé des navires
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On le sait depuis que Rimbaud et Nelligan en ont fait leur figure de proue, c'est dans les coques brisées des navires, fussent-t-ils de haut bord, que les capitaines qui voguent sur les mers de la poésie, puisent leur inspiration. Sans doute que les eaux saumâtres des mers de ce monde y deviennent ainsi plus potables, désalées qu'elles deviennent au contact des vieux bois des coques. Les navires risquent ainsi de sombrer, mais s'il leur arrive de pouvoir tenir jusqu'au prochain port, leurs capitaines y ramèneront des eaux dont les parfums sont inconnus de tous les riverains. C'est sans doute à ce genre de naufrage qui n'en est pas vraiment un que ce capitaine, Frederic-Garry Comeau nous convie.
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King Kong ou la naissance du mythe hollywoodien
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Ils sont rares les critiques qui soulignent le contexte historique et social particulier dans lequel débute ce film. En effet, nous sommes plongés en pleine crise économique et sociale et cela, au coeur même de cette Amérique et du capitalisme triomphant. À part ceux qui réussissent à surnager dans cette crise, il y a la multitude de ceux qui doivent s'en remettre aux soupes populaires pour survivre et à une débrouillardise dont ils ne sont pas toujours fiers. C'est parmi ces paumés qu'un réalisateur lui-même au bord de la déroute trouve l'interprète qui pourra lui permettre de réaliser son rêve le plus fou, soit celui de filmer une contrée perdue, la seule à s'être encore soustraite au regard des civilisations. Ce scénario qui emprunte les éléments les plus disparates suit pourtant une logique, soit celle de proposer une fuite dans le rêve pour échapper aux cauchemards du quotidien. C'est la recette pour oublier la crise et pour ne pas avoir à proposer de vraies solutions, qui elles passeraient par une réforme radicale de la société. Est-ce cet aspect du scénario qui inspira Adolphe Hitler, lui qui appréciait tant ce film et qui le confortait sans doute dans sa conviction que celle-ci viendrait d'une sorte de surhomme, ou bien est-ce simplement le fait qu'il voyait le pouvoir immense du cinéma pour détourner les consciences de leurs problèmes, ce qui le faisait vouloir rivaliser avec Hollywood sur le terrain du cinéma, avec d'autres types de réalisateurs il est vrai. Quoi qu'il en soit, ce film inaugura ce qui allait devenir le mythe hollywoodien car il réunissait tous les éléments qui allaient faire son succès, soit l'explitation des frayeurs et du sexe, le tout auréolé d'une petite histoire d'amour. Tous ces ingrédients de demain y étaient déjà présents. D'ailleurs, il n'est pas innocent que ce soit autour du prétexte de tourner un film que ce scénario est ficelé et que son réalisateur y affirme que demain, les foules se presseront pour aller le voir
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Le temps départage le blé de l'ivraie
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Le domaine des arts n'est pas le lieu des seuls vrais talents de ceux qui y trouvent un moyen d'expression comme d'autres le feraient de leurs mots, une seconde nature qui s'apparente à la culture, ce qui est le propre de tout humain, mais qui devient à son tour une nature, une manière d'être au monde quand on devient artiste. Malheureusement, il s'en trouve forcément parmi eux qui prennent prétexte de l'art pour exprimer des visions qui n'ont rien à voir avec l'art ou avec ce que n'importe lequel quidam un peu au fait des techniques de production serait aussi capable de réaliser. Ce sont ces intrus qui éloignent le public de l'art actuel et qui lui font confondre les artistes et les imposteurs. L'art ne peut pas se cantonner dans les sentiers étroits de la psychanalyse et de la thérapie. Il doit faire la preuve qu'il est porteur de visions du monde et non pas des seuls cauchemars embrumés de cetains. Ce n'est pas réclamer de lui qu'il se fasse conservateur et qu'il se refuse à déranger que d'exiger cette rigueur de la part de ceux qui s'en font les porteurs. Mais c'est par contre lui demander d'être autre chose et davantage qu'une simple manifestation, même quand ses sujets sont contestataires et même, révolutionnaires. C'est à ce compte là que les manifestations de l'art, qu'elles en prennent ou non le titre, seront aussi des manifestations populaires. Longue vie à l'art comme manifestation de la vie, de la culture, de celle qui devient comme de celle qui meurt.
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Du théâtre dans le théâtre
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Incontestablement, la mise en scène de Festen était imaginative et audacieuse, celle-ci n'ayant pas hésité à faire du théâtre dans le théâtre en installant sur scène des personnages pris à même l'assistance. Déjà, sans parler de la petite mise en scène pour l'accueil des spectateurs dans le hall, qui elle placait au contraire les comédiens parmi l'assistance, nous étions bien loin de la mise en scène traditionnelle. L'audace était d'autant plus au rendez-vous que l'intrigue de la pièce faisait des spectateurs-acteurs les complices d'un drame troublant, de quoi leur en couper l'appétit. C'est d'ailleurs ce qu'il advint d'eux et de leur repas, lesquels ne furent pas nombreux à oser porter à leurs lèvres la coupe qu'on leur avait servie. Cette mise en scène suscita donc un certain malaise, non seulement en raison de son audace, ou du propos décapant de la pièce, mais aussi du fait que cette tentative de rejoindre un public témoigne du propre malaise du théâtre de maintenant qui a perdu ses repères et qui tente de le faire en se faisant théâtre de situations à défaut de pouvoir le faire à partir de la strcture immanente des visions du monde qu'il proposerait. Pour employer un raccoursi commode, il faut pouvoir dire que le théâtre bourgeois se meurt.
Il y a une autre pièce qui elle aussi a su mettre la mise en scène à profit pour faire sortir le théâtre des gongs où la scène à l'italienne l'a enfermé depuis maintenant plusieurs sciècles et c'est La Chambre d'amis qui nous l'a offerte. Pour celle-ci, ce n'était pas des spectateurs qui étaient promus au rang officiel de personnages, mais un comédien qui se voyait ramené malgré lui au rang de spectateur-acteur, celui-ci se voyant projeté sur scène avec une seule réplique à donner tout en étant ignorant du texte de la pièce à laquelle il était convié malgré lui.
Si le théâtre bourgeois se meurt, disons qu'il le fait avec panache.
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Le mieux est souvent l'ennemi du bien
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À n'en point douter, ce Gala des Masques voulait faire mieux que ses prédécesseurs en innovant dans sa manière de présenter ceux qui au yeux des téléspectateurs doivent apparaître, du moins c'est l'opinion que l'on retient ce cette formule nouvelle pour le Gala, à la fois méritants et humbles. Pour résoudre ce dilemne, on a donc imaginé des scénettes comme aurait pu le dire Bobino, pour mettre ces personages dans des situations qui parviendraient à les rendre tels au yeux de tous. Ce fut un bel effort, mais hélas les résultats escomptés ne furent pas au rendez-vous. Non seulement les présentateurs parurent-ils faux la plupart du temps, mais aucun d'eux ne parvint vraiment à surmonter les ambitions d'une formule qui visiblement manquait de rodage. C'est dommage car les récipiendaires en parurent encore moins méritants et le théâtre n'y gagna certainement pas en popularité. Je n'ignore pas que la critique après coup est beaucoup plus facile à faire que la réalisation d'une formule gagnante. Il n'empêche qu'il faudra retravailler cette formule pour les prochains galas si l'on veut atteindre ces objectifs, les comédiens ainsi que le théâtre le méritent bien.
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Une brèche de plus dans l'univers de la consommation inconsciente
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Il n'y a pas que des tapes dans le dos qui saluent l'arrivée de Marc Labrèche dans un domaine réservée à des animateurs dont les propos sont tout sauf ironiques. Il y a d'une part ceux qui prétendent, sans pouvoir le prouver, que le traitement par l'humour de sujets qui font problèmes est une façon de banaliser ces sujets et de déresponsabiliser les auditeurs. C'est vrai que certains auditeurs y verront une raison de plus pour ridiculiser ceux qui sont l'objet de ces situations difficiles au lieu de vouloir apporter des correctifs à ces misères, mais ces personnes ne raisonneraient probablement pas autrement s'ils étaient mis au contact de propos parfaitement sérieux pour les leur expliquer. Ces personnes-là sont des indécrottables de l'esprit pour lesquels il est inutile d'aborder quelque problème que ce soit, sauf si c'est pour en rendre coupables ceux qui en sont les victimes. Par ailleurs, d'autres y voient au contraire une manière de conscientiser des personnes qui ne sont pas portées à écouter des propos sérieux quand ceux-ci les dérangent. Dans ce cas-là aussi, nous sommes incapables de prouver leur point de vue. Alors, plutôt que de polémiquer sur les avantages et les inconvénients de cette formule, pourquoi ne pas laisser sa place à l'humour. Au mieux, il fera un nombre plus considérable de personnes qui seront ouvets aux problèmes que posent la consommation. Au pire, il rendra encore plus imperméables à ces problèmes des personnes qui le sont déjà de toutes manières.
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Pas seulement pour les mots
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S'il est possible déjà de trouver dans d'autres dictionnaires des synthèses des idées, celles des concepts et des théories, que ceux-ci concernent la science ou la philosophie, la technologie ou la littérature, il n'est pas commun de trouver sous un même parapluie la définition des mots selon la logique des dictionnaires et celle des idées selon celle de la culture. Nous avons donc affaire à une somme, à un ouvrage de référence qui permet de faire rapidement le point sur des concepts ou sur la définition des mots. Bref, ce document sème des petites pierres blanches sur les chemins de la connaissance sur lesquels tous les petits poucets qui veulent connaître le monde qui les entoure risquent de se perdre.
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Pour demeurer sourd au monde
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Ces promesses des diffuseurs de ces nouvelles radios satellitaires concernant la place qu'ils réservent aux cultures me laissent perplexe. J'y vois d'abord une autre façon de se gagner des parts de marché grâce à une nouvelle technologie et puis de tenter de monnayer ensuite, avec la vente de plages publicitaires, l'espace ainsi conquis.
J'y vois aussi une autre occasion pour les tordus de se tailler une place dans l'oreille des auditeurs quand les mécanismes de régulation ordinaires, comme l'est le CRTC, leur en refusent l'accès pour cause de propos diffamants.
J'y vois enfin une victoire de plus pour la mondialisation des économies qui se fichent éperdument des cultures. Il est assez ironique en l'occurence que Radio-Canada et le CRTC apportent leur caution à ce genre d'avancée sur le terrain du nivellement des cultures par le bas. Ce n'est certainement pas en y ajoutant la caution de propos plus intelligents que Radio-Canada fera en sorte de freiner ce phénomène de nivellement.
Par ailleurs, la place démesurée qui est faite à la seule musique sur ces chânes laisse songeur sur le potentiel d'endormissement que les cultures de demain réservent à leurs citoyens, même quand elles se donnent le prétexte de les tenir évillés le matin. Tout se passe comme si le but était d'avoir des citoyens qui ne se donnent jamais le temps de réfléchir, les seuls moments de libres qui leur restent étant occupés par des sons qui les empêchent de goûter à cet élément rarissime et oh! combien vivifiant, le savoureux silence.
Il me semble que cette avancée technologique en est une de plus sur le chemin des aliénations entretenues.
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Ce sont des clowns qu'il dénonce
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Ce personnage qui donne son titre à son dernier roman, ce Shalimar le Clown, est en fait le prototype de ce que Salman Rushdie abhorre par-dessus tout, soit celui de ceux qui manipulent les consciences comme s'ils avaient affaire à des imbéciles. En fait, si cet ayatollah qui l'a condamné à mort n'avait pas été complètement obnubilé par ses idées étroites qui le faisaient considérer Rushdie comme un blasphémateur de l'Islam, il aurait compris que celui-ci ne s'en prenait pas à cette religion en particulier, mais à toutes les religions qui mettent de l'avant les idées les plus saugrenues en les déclarant comme étant des dogmes intangibles. L'archange Gabriel de Rushdie est la figure emblématique de toutes ces dérives des religions et pas seulement de celles de l'Islam. Dans les Versets sataniques, cet archange pourrait tout aussi bien représenter la Sainte volaille des catholiques quand celle-ci nous dit qu'elle est la troisième personne d'un Dieu qui serait par ailleurs unique, mais qui se manifesterait en trois personnes distinctes, dont ce Saint-Esprit que l'on représente sous la forme d'un volatile. Ces dérives de l'irrationnalité, Rushdie est incapable de ne pas les dénoncer, lui qui a à coeur de s'identifier à une culture qu'il veut cohérente. D'ailleurs, ce ne sont pas seulement les vedetes de la religion qu'il associe parfois à des personnages clownesques, mais aussi ceux que la culture commerciale, dont Bollywood est un exemple criant, invente pour détourner les consciences à son profit. Les vedettes de cette dérive culrurelle font aussi partie pour lui de ce cirque où les clowns sont rois. En ce sens, ce roman est dans la ligne droite des réflexions de Salman Rushdie sur une certaine culture du monde d'aujourd'hui.
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Elle est longue à résoudre la relation père-fils au Québec
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Même s'ils n'ont pas l'air de s'y attaquer de front, tous les films qui font, avec raison d'ailleurs, partie de ce petit palmarès ont en commun de partager le thème des relations père-fils et des difficultés de communication et d'identification qu'elles engendrent dans notre société. C'est d'abord le cas de Crazy qui tout en surfant sur un portrait d'époque prend ce prétexte pour approfondir cette relation qui s'avère la plus difficile dans le cas de figure que nous propose ce film. Témoignant de notre maturation à ce sujet, le film débouche sur la possibilté de relations père-fils renouvelées. Dans le film de Berbard Émond, cette relation est encore plus secrète dans la mesure où elle est transcendée jusqu'à ses limites ultimes qui sont celles du Père céleste. De nouveau, malgré les difficultés de communications basées sur le modèle patriarcal lorsque la foi traditionnelle laisse sa place à une autre foi plus humaniste, le film laisse entrevoir les possibilités d'une nouvelle relation paternelle et filiale avec l'humanité, montrant lui aussi le chemin parcouru sur le chemin de la maturité des visions. Quant à Petit Pow! Pow! Noël, inutile de souligner ses affinités avec ce thème, mais c'est à Robert Morin qu'il faut se fier pour apprécier les dépassements qu'il entrevoit face à cette qustion, ceux-ci allant aussi dans le même sens que les précédents. Familia tourne également autour du thème des difficiles relations familiales, celles du père et du fils n'en étant que l'une des composantes. Quant à Maurice Richard, comment ne pas y voir aussi comme le substitut du père pour bon nombre de ses admirateurs. J'aurais fait une place pour l'Audition dans ce palmarès, même si ce film est exemplaire du thème que je crois être celui des films qui retiennent présentement et avec raison toute notre attention.
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Le théâtre et son masque
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Les propos de ces comédiens concernent bien davantage la vie du comédien que celle du théâtre et de son rôle. Le commun dénominateur qui relient entre elles ces citations est celui d'un certain recentrement sur le comédien qui fait voir le théâtre à partir de ses seules émotions. Venant de la part de ceux qui font vivre le théâtre sur scène, cela parait à première vue normal. Pourtant, il y a parmi ces citations celles de ceux qui expriment un dépassement par rapport à ce nombrilisme. Il y a d'abord celle de Stéphane Jacques qui attaque le casting qui permet à des cercles restreints de comédiens de se partager la tarte de la distribution des rôles, ce qui met en péril les espoirs de ceux qui voient dans le théâtre un mode de création qui dépasse les images toutes faites auxquelles se réfèrent les artisans du casting qui recrutent à partir de ces concepts déjà programmés. Cette citation transcende la critique de l'existence de cercles d'initiés pour la distribution des rôles. Il y a aussi celle de Paula de Vasconcelos qui implique que le métier de comédien consiste aussi à donner la parole aux autres ainsi qu'à la part collective de conscience qui sommeille au fond de chacun des individus. Cette parole, comme celle de Stéphane Jacques, dépasse aussi la vision existentielle du métier de comédien.
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Si on évite la complaisance
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Sur la scène de la chanson québécoise, il n'y a que deux ou trois artistes qui se démarquent vraiment du gros du peloton, lequel compte pour sa part tous ceux qui tentent de s'en échapper du mieux qu'ils le peuvent, mais qui ne font que s'échanger pour un moment la commande du peloton. Ces artistes sont à mon sens Pierre Lapointe dont les textes font paraître mièvres ceux de tellement d'autres auteurs-compositeurs du peloton. Ce n'est pas sans fondements que l'Académie Charles Cros a reconnu son talent. Cette distinction qui ne doit rien à la publicité et à ses maniganciers ne trompe pas. Il y a aussi une artiste, Christine Major qui brille particulièrement par sa musique mais dont les paroles sont aussi tout sauf mièvres ou insipides. Elle aussi s'est d'ailleurs méritée l'attention de l'Académie Charles Cros. Je placerais aussi Thomas Hellmann parmi ces élus, même s'iil n'a pas encore reçu de distinctions prestigieuses. Bien sûr, ces trois artistes appartiennent au cercle restreint des poètes et sont à des années lumières des bruiteurs.
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Cultivé et mal élevé
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Si ce document se fait complaisant à l'égard de celui qui pouvait épater la galerie avec sa culture, celui-ci ne nous fera pas oublié ce que fut Pierre Elliot Trudeau pour le Québec, un autre de ces politiciens qui sous des allures extérieures de francophone n'en conservait pas moins des liens très intimes avec la culture anglophone. Cette duplicité culturelle en fait parfois des ennemis encore plus féroces des québécois que s'ils étaient d'un seul tenant culturel. Ce fut à l'occasion de la crise d'octobre que Trudeau manifesta ce fâcheux penchant en même temps que le souverain mépris qu'il pouvait parfois manifester pour la démocratie. Un reportage récent fait à Ottawa par des journalistes anglophones qui lui manifestaient leur incrédulité devant l'ampleur des mesures qu'il déployait au cours de cette crise nous le montre sous un jour beaucoup plus défavorable alors qu'il s'amuse à les provoquer et à les narguer. Méfions-nous donc de ces politiciens qui se disent de culture québécoise alors qu'ils sont tout autre...
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