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En voilà deux qui ont plus d'une corde à leur arc
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De prime abord, cet instrument plutôt austère qu'est la harpe, du moins quand on se réfère à l'image que l'on s'en fait souvent, n'est pas perçu correctement et pour toutes les nuances qu'elle permet, surtout quand des virtuoses et surtout des amoureux de cet instrument tel que le sont Robin Grenon et Gisèle Guibord posent leurs doigts sur ses cordes. Ce beau consert de la série «de Concert avec l'histoire» nous aura permis de mesurer toute l'étendue du répertoire de cet instrument qui demeure une figure de proue du monde celtique, mais aussi de l'Espagne d'avant l'époque où elle troqua cet intrument pour la guitare et qui l'accompagna dans ses conquêtes en Amérique latine, laissant dans le paysage culturel de ces pays des musiques qui s'en inspirent encore. Ce fut aussi l'occasion de découvrir que non seulement le répertoire de cet instrument est vaste, mais que la harpe se présente aussi de bien des manières, ses visages les plus familiers étant ceux de la harpe paraguayénne et de la harpe celtique, mais aussi de bien d'autres façons, des plus petites aux plus imposantes. Ce fût donc l'occasion de faire un tour du monde en musique. Par ailleurs, nous n'avions pas que des interprètes talentueux à entendre lors de ce concert, mais également un compositeur pour cet instrument en la personne de Robin Grenon qui soit arrange les compositions qu'il nous présente, soit en invente carrément des nouvelles. Ce compositeur de formation classique, tout comme sa compagne de scène, d'ailleurs, sait mettre dans les musiques qu'il interprète tout l'art de la composition, ce qui rehausse d'autant la qualité de ce qu'il interprète. Ce fût donc un concert peu banal, fort apprécié de l'auditoire, et qui nous a fait découvrir un monde musical à cent lieux des lieux communs où on range souvent cet instrument.
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La faune en question est certainement en marge du 16e arrondissement, au Bois de Boulogne
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Par ses côtés plutôt superficiels en tant qu'ils semblent plaqués sur la vie sociale et culturelle des résidents de cet arrondissement de Paris qui est le plus huppé de tous les arrondissements, celui au sein duquel vivent entre autres résidents de grands bourgeois, le climat de ce roman nous ramène bien davantage au mal de vivre de toute cette société un peu à l'écart qu'à celui de ces adolescents pour lesquels les images parentales ne peuvent plus d'aucune manière leur servir de phares sans défaillances. C'est sans doute en raison de l'étrangeté des comportements de ces héros vivant au sein d'une société profondément conservatrice qui retient l'attention. L'adolescence est certainement une étape de la vie que tous traversent à leur façon, mais il n'est pas sans importance que cette situation soit vécue dans tel contexte culturel et social particulier plutôt que dans tel autre contexte. On ne peut pas parler de l'adolescence d'un adolescent des îles Samoa à la grande époque de cette île comme on parlerait de celle d'un gamin de cet âge dans le 19e arrondissement, ou dans une banlieue du Paris de maintenant. Voilà donc que d'en parler de cette façon pour un adolescent du 16e pose comme constat celui d'une crise profonde de la culture bourgeoise qui doute de ses repères bien plus qu'elle ne veut se l'avouer. En ce sens, ce livre est intéressant d'un point de vue sociologique. Pour ce qui est de sa valeur littéraire, cette critique nous met en garde contre ce qu'il y aurait de trop artificiel et de plaqué dans le traitements de constats, même s'ils conservent leur pertinence par ailleurs. On pourra au moins lire ce roman avec une pensée pour ce qu'il révèle malgré lui.
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Côtoyer la mort peut exhalter la vie
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Il peut y avoir bien des motifs pour visiter les cimetières, des plus personnels aux plus détachés de soi. Ne peut-on pas s'y rendre soit pour se recueillir sur la tombe d'un proche, soit pour méditer sur celle d'un illustre disparu. De manière générale, ces lieux sont en fait des petits parcs, plutôt bien aménagés et qui remplissent l'âme de tranquilité, une denrée rare. Mais il n'y a pas que des promeneurs solitaires en quête de quiétude pour les fréquenter, il y a d'autres qui recherchent un petit plus d'intensité à leur vie, ce que le fait de côtoyer la mort leur apporte parfois. Quand ce plus consiste à se contenter de réflexions sur l'existence, il ne dérange ni les morts, ni les vivants. C'est lorsqu'il est le fait de gens qui ont la réflexion courte ou qui ont une singulière définition de l'être que les choses s'enveniment parfois, car pour eux il ne s'agit plus seulement d'exhalter leur vie au contact de la mort, mais de l'y confondre au point que certains d'entre eux pourraient avoir comme devise : vive la mort. En général ces gens pénètrent les cimetières par la porte la plus à droite. Mais peu importe quelle pourrait être la devise de ceux qui fréquentent les cimetières, on pourrait leur appliquer cette règle de définition qui dirait qu'elle est à l'image de celle que l'on se fait de la valeur de la vie singulière et collective. Il est clair que pour certains que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue au mépris qu'ils affichent pour la vie des autres et que ceux-ci pourraient reprendre à leur compte cette gifle pour notre collectivité où il était dit en conclusion d'un rapport inique célèbre que notre peuple serait sans histoire. Tristes sires il est vrai.
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Des liens en musique comme en histoire
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Le concert donné par les groupes King's Singers et Sarband a été l'occasion de mesurer à quel point les liens qui unissent les cultures sont forts et bien réels quand ils ne sont pas pris en charge par des velléités politiques qui les font dévier de leurs objectifs fondamentaux. C'est ainsi que des psaumes exprimant les cultures chrétienne, islamique ou bien judaïque nous ont donné à entende les profondes similitudes qui les lient les unes aux autres quand le synchronisme de l'histoire les met en phase, en l'occurence celle de ces phases qui les situe à une époque de leur évolution que l'on peut qualifier de médiévale au sens large du terme en y incorporant la Renaissance. Que ces visions du monde où le sacré et le profane s'interprénètent de part en part émanent de créateurs qui expriment la vision chrétienne, ou que d'autres le fassent pour les visions judaïques ou islamistes, nos oreilles perçoivent bien les fils conducteurs de leur expression qui nous amènent aux mêmes conclusions et aux mêmes motifs. Cette imbrication des cultures les unes dans les autres ainsi mises en phase, elle résulte du désossement des visions spiritualites de leurs éléments structurants que sont les églises élevées au rang des institutions politiques. Il ne reste plus alors que les visions du monde épurées de ces éléments déformants, visions qui plongent au coeur des humains tels qu'ils pouvaient alors s'exprimer par la musique, que celles-ci aient emprunté les voies de la polyphonie comme ce fut le cas pour la vision chrétienté, ou celles des volutes en spirales des voies plus orientales du judaïsme ou de l'islamisme. Les King's Singers et Sarband nous ont conduit hier vers des sources insoupçonnées. d'inspiration.
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Une ville, deux maires
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Vu de l'extérieur, on a l'impression que le candidat à la mairie de Montréal est une seule et même personne, mais qu'elle se présente sous deux visages différents afin de maximiser ses chances de se faire élire maire. Dans leurs bouches, on retrouve les mêmes propos à quelques nuances près, d'ailleurs plutôt électoralistes pour la plupart en se faisant volontiers et trop manifestement ouverts aux clientélisme qui prend alors le visage de l'ouverture aux arrondissements. On dirait que pour eux, le seul fait de mentionner qu'il y a des arrondissements et que l,on se rend compte de leur existence leur suffit pour être pris au sérieux. Pourquoi y a-t-il tout ce flou dans leurs propos? Est-ce en raison de la position maintenant mal assurée politiquement de Montréal à la suite du fiasco des fusions-défusions que planent sur ces discours des velléités de toutes sortes qui vont un peu dans tous les sens. Sans doute qu'il en est ainsi pour une bonne part. Peut-être aussi que la petite valse hésitation que le fédéral impose aux municipalités en leur faisant miroiter des appuis financiers en retour d'une pénétration de ce champ d'intervention politique pourtant de compétence provinciale fait aussi en sorte de les faire danser sur une seule jambe. De toute manière, j'ai l'impression que les montréalais ne se sentiront pas très pressés de se rendre aux urnes pour les procjaines élections municipales, assurés qu'ils seront de ne pas provoquer vraiment de changements, peu importe le candidat qu'ils choisiraient ainsi.
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La culture sous tous ses aspects
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Il est très tentant de voir dans ce récit allusif comme la mise en place d'une métaphore qui situe l'humain dans et par la culture. Pour mettre la table de cette évocation métaphorique, l'auteur procède à partir de la polarisation des contraires, lesquels en s'opposant tissent les liens qui les unissent l'un à l'autre. Ces deux pôles opposés et pourtant réciproques, ce sont d'une part l'état de nature qu'incarnent pour leur part le personnage hirsute de Jacques Lanthier une fois qu'il fût devenu l'iténérant qu'il est à la fin de sa vie, et d'autre part l'état de nature après qu'il ait été transformée par la culture, soit tel qu'il se présente dans ce même personnage alors qu'il fabrique des recettes de cuisine raffinées. Derière cette opposition de la nature et de la culture, il y a bien sûr un plaidoyer en faveur des bienfaits de la culture qui apporte la vraie richesse, même si certains doivent payer bien cher cette liberté comme cela est le cas pour Jacques Lanthier. La table dans ce récit est l'incarnation de ce qu'est la culture pour l'humain, soit un instrument qu'il se donne pour transformer ce qui l'entoure et lui imprégner sa marque, en l'occurence après un détour par l'art de la cuisine. Comme l'indique le titre de l'ouvrage, un homme sans table est celui qui retourne en quelque sorte à l'état de nature. Mais la culture à laquelle fait allusion l'auteur avec son récit est une culture qui demeure bien vacillante en ce sens qu'elle recherche ses origines et ses enracinnements. Il n'est donc pas inutile pour le lecteur de s'engager dans les pistes de réflexion que lui indique l'auteur quand il lui soumet des initiales pour guider ses pas dans sa démarche.
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Les déchets étaient recyclables jusqu'à fort récemment
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À l'échelle de l'humanité, les problèmes contemporains du recyclage semblent une aberration passagère. Pendant des millénaires, les hommes furent bien incapables de produire autre chose que ce qui pouvait se reclycler, sans même prendre la peine d'y penser. Le seul vrai problème était de tenter d'entretenir la vie fragile et la nature était loin d'avoir des airs de vierges offensées qu'elle a maintenant pour certains, étant alors au contraire ce contre quoi il fallait se battre pour survivre quand elle apparaissait sous les visages du froid, de la disette ou de la maladie. Aujourd'hui encore, pour la plus grande proportion de l'humanité, elle conserve encore ces mêmes traits antagonistes, même s'ils se sont un peu adoucis avec le temps. Ce n'est que pour les sociétés productivistes de maintenant où certains y ont vu des moyens logarithmiques d'accumulation des richesses que ces problèmes se sont déplacés en partie du côté de l'environnement et des déchets de la production. Alors, faire de ces questions une affaire strictement personnelle est une aberration. Certes, il faut des efforts individuels au bout de cette chaîne de production-consommation, mais la solution demeure à l'échelles des sociétés et des collectivités. Le problème des déchets se règlera en même temps que celui de la production ou il ne se règlera pas du tout. Ne nous demandons pas seulement ce que nous pouvons faire pour l'environnement, mais aussi ce que l'environnement au sens large peut faire pour nous. Dans cette histoire des déchets de la production, en faire une histoire de culpabilité individuelle relève de l'aliénation. C'est durant les cinquantre trois autres semaines de l'année qu'il faut qu'on regarde ces problèmes avec l'autre bout de la lorgnette.
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Les spectateurs ne perdaient rien pour attendre
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cela valait vraiement la peine d'attendre pour apprécier la performence de Lyne Fortin dans le rôle de Madame Butterfly. En plus d'une voix des plus justes et mélodieuses, ses talents de comédienne rendaient son personnage des plus crédibles. Sans doute que son professionnalisme lui commendait d'attendre d'atteindre la perfection avant sa prestation. La production de Madame Butterfly de l'opéra de Québec avait de quoi satisfaire les amateurs de cette oeuvre somme toute assez moderne, (1905) d'autant plus que son sujet demeure d'actualité, soit la domination des certaines cultures par d'autres et l'attente et la déception vécue par ceux qui croient trouver le salut dans la culture dominante. Comme la pauvre Butterfly, c'est souvant dans leur propre culture, à l'heure de leur mort, qu'il trouveront finalement refuge. La mise en scène de Pascoe recherchait l'innovation, ce qui semble un peu étrange au début mais est finalement tout-à-fait dans l'esprit du texte original. Un Pinkerton méprisable, une Suzuki dévouée et un Sharpless compatissant complétaient à merveille l'excellente Butterfly de Lyne Fortin. Seule petite faiblesse, le choeur à bouche fermée du deuxième acte était bien peu audible... Tout de même, une autre belle réussite de l'opéra de Québec auquel on souhaite longue vie.
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Un repas servi froid
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Malgré une mise en scène audacieuse pour le faire participer à la pièce et en dépit du jeu enthousiaste des comédiens réunis autour de la table où une partie du public spectateur-acteur prenait place, ce public est resté de glace devant l'ampleur du drame qui s'annoncait et qui a fini par se révéler à lui. On avait beau avoir été prévenu à partir du menu du spectacle figurant au programme de la soirée que la participation du public était requise, personne ou presque ne savait mesurer à quel drame il allait ainsi être mêlé. Nous savions aussi à partir de là que l'inspiration de la mise en scène de cette pièce puisait aux sources qui en faisait l'écho d'un cinéma qui reprenait à son compte les prérequis d'un cinéma-vérité nouveau genre tel que le dogme 95 d'un collectif de réalisateurs de Copenhague le stipulait. Nous savions donc que nous serions en présence d'un théâtre-vérité. Le choc de la vérité qui nous fût révélé n'en fût pas moins rude et la plupart des spectateurs-acteurs n'osèrent même pas y tremper leurs lèvres. Pour ma part, une phrase lancinante me venait en tête comme pour participer au drame. Elle m'était inspirée par le titre du dernier roman de Robert Lalonde, laquelle j'aurais pu mettre dans la bouche d'un personnage qui se serait adressé à Christian, le personnage détonnateur de ce drame incestueux qui couvait derrière les facades de cette famille bourgeoise, car lui aussi semblait nous dire: que vais-je devenir jusqu'à ce que je meurre. Par ailleurs, malgré le hic et nunc de cette pièce de situation, il est clair que son propos ratisse beaucoup plus large et que c'est le procès d'une certaine bourgeoisie qui est aussi fait à cette occasion. Le suicide de la soeur d'Hélène répond au suicide intellectuel de cette dernière, incapable de mener à terme ses aspirations dans le monde étouffant du milieu de sa famille et du climat social qu'elle représente. En somme, une pièce qu'il faut voir et revoir.
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Pour ceux qui se font une idée uniforme de Montréal
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On pourrait dire que ce livre apporte de l'eau au moulin de ceux qui se se contentent pas d'une idée homogène de la ville de Montréal, comme cela est souvent le cas de ceux qui n'y habitent pas. Il y a bien sûr la légendaire coupure du Montréal francophone et du Montréal anglophone qui elle est bien connue de tous, mais combien d'autres ignorent les subtiles divisions qui s'inscrustent par ailleurs dans ce paysage urbain. Jacques Lacoursière, qui n'est pourtant pas l'historien des fractures sociales, ni même celui de leur lézardes, donne pourtant avec ce livre des informations qui recoupent les traditionnels découpages historiques qui se sont opérés au fil des transformations successives de la communauté montréalaise. Avant qu'elle ne veuille devenir une Île, Montréal comme nous le rappelle ce livre, est avant tout la réunions de plusieurs de celles-ci, et celà, sans que l'on ait besoin de plonger dans les eaux troubles de ses appartenances linguistiques. Ce récit à propos d'insulaires, sur le plan géographique comme sur le plan social, est d'autant plus intéressant qu'il concerne des populations logées si près de la grande Île, du moins de celle qui aime se dénommer ainsi aux visiteurs. En somme, ce récit rehausse la conception d'une idée plus humaine du tissu social de la grande ville.
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Un passé indéfini pour mettre cette époque définitivement au passé
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Cette entreprise romanesque que l'auteur a maintes fois remise sur le métier en dit long sur le métier d'écrivain. Avec ce dernier roman, cette entreprise apparait comme la tentative toujours recommencée de mettre ce mirroir entre soi et les autres, comme pour le faire de manière réfractée par autant d'aller retour du sujet vers le mirroir et du mirroir vers le sujet, si bien que nous ne puissions pas savoir au bout du compte où se trouve la source des reflets de ce citizen Kane nouvelle mouture. Mais par delà le côté narcissique des entreprises romanesques, celle de Robert Lalonde manifeste aussi les désirs inconscients d'en finir avec cette époque mensongère et plutôt obscure qui promettait des mondes de lumières à ceux qu'elle gardait bien à l'ombre dans les secrets de ses alcoves que l'on nommait orgueilleusement des collèges, comme si ces institutions avaient été des passages obligés vers la vie de tout citoyen qui aurait été digne de respect, quitte à lui avilir l'âme de toutes sortes de sornettes concernant un monde contemplé à partir du plus mort des humanisme qui se puisse concevoir. Dans ce monde artificiel des collèges qui n'accordaient d'importance qu'à leur traditionnelle perpétuation, il n'y avait qu'une autre institution qui aurait mérité le respect et c'était la famille. En situant son drame dans ce qui est aussi l'anéantissement de celle-ci du fait du déshonneur de celui qui en était considéré comme le pilier, Lalonde tire un trait définitif sur ce passé, ce qui aurait été le sien et qui fût aussi le nôtre collectivement.
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Ces compagnies donnent aux clients ce qu'ils leur demandent
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Je ne crois pas vraiment que ces firmes d'informatique aient inventé ces modèles de contôle électronique des communications à partir des seuls désiderata des régimes politiques totalitaires. Si ces régimes ont fait appel à leur expertise, c'est parce qu'ils avaient déjà fait leurs preuves dans d'autres contextes et à partir de modèles de contrôle tout aussi efficaces, mais différents. Autres régimes politiques, autres moyens de contrôle. Comme aurait pu le dire Machiavel, à chacun ses propres moyens de contrôle mon cher Doge. Dans le monde du contrôle politique, il y a d'une part les adeptes de la méthode chinoise ou iranienne qui pensent que l'on doit contrôler à priori et laisser le couvert sur la marmite culturelle dans l'espoir imbécile que la vapeur finira par ne plus faire de pression, faute de carburant pour la chauffer. D'autre part, il y a les partisans de la méthode anglaise qui consiste à laisser s'exprimer tout ce qui bouge et à les laisser s'alimenter à tous les rateliers, avec la conviction bien fondée que la vapeur s'échappant au fur et à mesure de la marmite culturelle, le couvert ne finira jamais par sauter, juste se soulever un peu pour faire entendre son petit sifflement qui ne peut effrayer que les oiseaux. Ces firmes d'expets en informatique peuvent fournir aux uns et aux autres ce qu'ils désirent. Comme le dit si bien la devise internationale en matière de commerce comme en matière politique, le client est roi. Et les petits internautes dans tout ce cirque. À mon avis, ils sont bien plus piégés qu'ils le croient, surtout quand ils se croient libres.
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Pourvu que la culture se soit pas à l'image du patchwork politique qui se dessine
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La pire chose qui pourrait arriver à la vie culturelle de cette ville maintenant internationale qu'est devenue l'agglomération québécoise de la Capitale nationale serait qu'elle se morcelle au gré des fantaisies des combinaisons gagnantes que le loto de la vie politique à l'Hôtel de Ville deviendrait dans le cas d'une victoire d'un chef sans indiens et d'indiens sans leur chef. Si d'aventure ce scénario politique devenait réalité, il faudrait que le plus d'efforts qui soient possibles en l'occurence soient faits pour que les subventions deviennent statutaires et pour que les grands pans de la politique culturelle échappent aux querelles de clocher. Ne pas vouloir s'astreindre à ces exercices difficiles replongerait Québec dans des querelles de clochers qui ne seraient pas à la hauteur des cadres politiques auxquels cette ville peut maintenant aspirer. Il ne s'agit plus de savoir dans quelle paroisse maintenant euphémistement nommée arrondissement il faut saupoudrer les fonds publics, mais dynamiser cette ville au plan culturel pour qu'elle rejoigne des standars qui la rapproche des standards internationnaux, lesquels sont les seuls à intéresser non seulement la population locale, mais aussi celle qui nous vient d'ailleurs pour travailler dans des entreprises de pointe et qui recherche des climats culturels et sociaux intéressants. Déjà la ville de Québec est attirante par l'ambiance sociale pacifique qui y règne malgré la foire d'empoigne médiatique tentée de jaunisme qui l'a marquée temporairement. Elle l'est aussi par son architecture unique et les climats peu communs en Amérique qui s'en dégagent. Il lui manque une politique culturelle encore plus audacieuse. Il serait dommage que l'on retourne en arrière alors que nous étions sur la bonne voie.
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Au moins lui, Saint-Exupéry, il pilotait son propre avion
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Avec des airs d'académicien qui font chic lorsqu'il parle de littérature sur les plateaux de la télévision, Erik Orsenna ne fait pas que porter le masque de celui qui viendrait tout juste d'enlever son habit vert. Il a pour lces occasions l'attitude de celui qui domine ses sujets. Il les domine même de très haut quand il prend le destin des créateurs d'avion pour sujet. Diantre, Mitterand pourrait le reconnaître pour l'un des siens, à moins que ce ne soit les patrons de l'Airbus. Ces visions post Saint-Exupéry détonnent un peu dans le paysage culturel et littéraire de maintenant. On pourrait penser qu'il a repris à son propre compte cette idée de Saint-Exupéry qui lui faisait dire qu'il suffisait de lancer des roches à des individus pour qu'ils s'assemblent de manière commune, ce que le fait de se retrouver isolés et en danger pourrait représenter pour les personnages de ce roman, et que de leur lancer du pain les faisaient s'isoler les uns des autres dans la compétition pour l'obtenir, ce que serait le fait pour ceux-ci de s'isoler dans leurs passions respectives. Pour ceux qui auraient la caricature encore plus féroce, ils pourraient penser qu'ils sont devant un autre épisode de la populaire émission de télévision, Perdus.
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Un roman qui dépasse les frontières
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Par le propos qu'il adopte, ce roman se fait historique, non pas par le récit fidèle des événements qu'il racconte, mais par celui du tracé subtil que ceux-ci imprègnent dans les consciences de ceux qui les vivent eux-même ou par procuration, à partir des récits qui en sont faits par ceux qui les ont vécus. Car les personnages principaux de ce roman sont, avant que d'être ceux que la romancière nous nomme pour les besoins de son roman, des aspects de la conscience collective qui possède en elle-même des lignes de fracture que les discours officiels ne révèlent pas. En l'occurence, il s'agit ici de cette fracture de la conscience collective "canadian" partagée qu'elle est entre son loyalisme à une monarchie britannique dépassée par l'histoire et une secrète admiration pour la vision républicaine américaine, telle qu'elle se présentait à sa consience aux plus belles heures de la révolution américaine. En filigrane de ce divorce à la canadienne, il y a aussi la fracture de la conscience collective canadienne et française d'avant la conquête, la seule qui avait droit à cette appellation et qui n'a plus de fondements au jour d'aujourd'hui, laquelle se partage entre des nostalgies pour un passé bien français et un avenir incertain en compagnie du maître britannique. C'est sur ce fond historique, tel qu'il s'imprègne dans les consciences et pour longtemps, que la vie des personnages du roman prend forme et se tisse selon ces mêmes lignes de fracture. On pourrait mettre des noms actuels et des luttes de maintenant sur ceux des personnages et des conflits que nous montre Mylène Gilbert-Dumas. Sans trop en avoir l'air, ce roman est bien plus contemporain qu'il semble.
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