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Marc Audet
Marc Audet
September 2005 - Messages
30 septembre 2005, 1:28
Derrière les promesses, il y a aussi les orientations
Il ne suffit pas de dénoncer les belles promesses des politiciens en campagne pour se classer du coup dans les rangs de ceux qui se croient responsables en matière de politiques. En effet, derrière ce que nous proposent ces deux candidats se profilent des visions de l'État municipal qui sont bien différentes l'une de l'autre. Le discours de Bellemare est sous-tendu par une vision néolibérale, la même que celle que véhicule le parti dont il est originaire et qui ne lui offrait pas les chances d'une accession rapide à sa tête, car s'il y avait eu une course à la chefferie du parti libéral, Bellemare aurait été le premier des partants. Plutôt que de piaffer d'impatience au niveau provincial, le voila qui s'amène au niveau municipal, geste qu'il a posé après avoir souspesé ses chances de devenir maire qu'il a cru être plus que bonnes. Mais cela, c'était avant l'arrivée sur les rangs de Mme Boucher. Cette vision de la culture que nous offre Bellemare est une vision passive, soit celle qui s'en remet d'abord aux forces du marché privé pour se réaliser, comme si le financement finissait toujours par arriver de quelque part, en matière de politique culturelle comme en d'autres matières s'il faut croire son bel optimisme... Claude Larose ne nous offre pas une vision révolutionnaire de la culture, mais au moins, il envisage sérieusement d'épauler les efforts du privé et de donner des lignes directrices à leurs actions. Si en politique, les électeurs n'ont pas d'autres choix que celui de choisir le moindre mal, c'est sur Claude Larose qu'ils devront miser pour espérer voir quelques promesses se réaliser dans le sens d'une plus grande place pour le monde de la culture à Québec.
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30 septembre 2005, 10:31
Quand la culture sculpte les personnages
Nous sommes étonnés devant l'ampleur que peuvent avoir les récits et les contes de celui qui fait profession de conteur et qui se nomme Fred Pellerin, un nom somme toute plutôt banal et que rien ne rapproche de ces noms de plume ou d'artiste dont se revêtent ceux qui veulent qu'on les prenne pour des personnages importants. Pourtant ce conteur, malgré son nom terre à terre, finit par dépasser par sa stature tous ceux qui se revêtent des plus beaux masques pour paraître en public. C'est que ses personnages auxquels il prête sa voix sont plus grands que nature parce que sa verve de conteur les dégage de la gangue de la quotidienneté qui les retient prisonniers. Et pour réussir ce tour de force, il n'y a que les poètes qui en soient capables, ce qu'est fondamentalement Fred Pellerin. Robert Charlebois a vu juste quand il a fait en aparté cete remarque le qualifiant de poète lors de la venue de Fred Pellerin à Tout le monde en parle. En somme, les personnages de Fred Pellerin sont comme ceux qu'invente Gilles Vigneault dans ses chansons, des personnages venus des confins d'une culture qui avec le temps a fini par ressembler à une légende parce que nous avons perdu de vue les repères précis qui lui donnaient vie. Qu'il s'agisse de Saint-Élie-de-Caxton ou de Natasquan, la culture de ces sociétés quasiment disparues, mais bien vivantes, nous interpelle comme le font les récits qui nous parlent des temps légendaires auxquels auraient vécu des héros que nous sommes incapables d'imaginer autrement. C'est ce l'on appelle faire passer des personnages dans la légende et c'est ce que fait pour nous Fred Pellerin, ce poète des temps moderne qui chante la société des personnages disparus.
30 septembre 2005, 9:55
Et si le principal personnage était la vie qu'il mène
Avec ce récit, Jean Leclerc arrache de nouveau son masque à Jean Leloup, lui qui l'avait fait une première fois déjà, de façon fort médiatisée il est vrai, quand il a troqué les salles de spectacles pour les parquets des points de presse. Comment ne pas comprendre de ce récit le même motif que celui qui lui a fait envisager d'enlever une première fois son masque à son personnage que forcément les spectateurs de la scène publique collent sur les visages de ceux qu'ils contemplent depuis leur point de vue de spectateurs. On comprend aussi que les identiés doubles sont d'autant plus difficiles à porter que l'identité première, celle sur laquelle vient se poser le masque, est elle-même plutôt mal définie ou multiple, ce qui semble être le cas de Jean Leclerc qui nous avoue dans cette entrevue que son coté rationnel, qui lui vient de la fibre paternelle, côtoye son côté imaginatif qu'il tient de sa mère. Nous comprenons mieux à partir de là le ton tout à fait original de ses chansons qui partaient du fond même de ce créateur qui avait épousé la chanson parce que sa maîtresse littéraire le boudait ou se faisait trop distante avec lui. Il se venge donc de cette situation en inventant maintenant des personnages que l'on peut associer à ces deux amantes, soit à la chanson d'abord quand il est question dans ce roman de ses proies trop faciles dont il se dit souvent déçues pour ces mêmes raisons, puis à la littérature ensuite qui serait cette maîtresse qu'il convoite et dont la froide distance grâce à ce récit se ferait maintenant moins grande. Décidément, le parcours de Jean Leclerc n'est pas simple, si tant est que le parcours d'un artiste puisse l'être.
28 septembre 2005, 10:45
Toute l'âme d'une époque
Si pour bien des historiens, le Moyen-Âge où les débuts de la Renaissance sont des périodes que l'on peut décrire d'un seul mot, impliquant par là que ces sociétés étaient d'un seul tenant et que nulles fractures ne les départageaient, il en va tout autrement quand la musique qui surgit de ces époques lointaines nous en rend l'âme et l'esprit. Dans ce programme que nous a offert les Boréades de Montréal pour ce concert de musique baroque, nous avons pu entendre toutes les différences de ton et d'esprit qui se partageaient l'oreille et le coeur des diverses fractions de ces sociétés réputées comme étant homogènes. En effet, tantôt les pièces présentées étaient d'une profonde spiritualité, de celle qui est torturée de ne pas pouvoir comprendre tous les mystères de l'univers et qui s'y avance en élevant son âme sur des volutes de musique pour tenter d'en pouvoir discerner les contours des horizons lointains. Opposées à ces musiques célestes, d'autres rythmes bien calqués sur les pas des paysans tournaient dans un sens tout à fait contraire pour nous amener avec eux jusqu'au centre de la terre et de son feu. Puis, s'élevant à mi-chemin de cette mêlée, les musiques destinées aux fêtes de l'aristocratie prenaient leurs distances d'avec les uns et les autres jusqu'à faire de leur milieu le seul endroit où il soit possible de vivre vraiment. À ces ambiances musicales diverses, nous comprenons que les distances qui séparaient l'Église, la paysannerie et l'aristocratie les uns des autres étaient énormes, même si la musique qui date de cette époque porte en elle les signes distinctifs d'une même époque. Ce programme savant et brillamment exécuté par les Boréades était plus qu'un simple amusement. Il nous a fait mieux comprendre toute une époque.
27 septembre 2005, 5:04
Quand le local va directement à l'international
Il est coutumier et justifié de parler des beautés des régions dont les pieds se baignent dans les eaux d'un fleuve qui déjà commence à ressembler à la mer. De Rivière-du-Loup à Rimouski, en passant par Trois-Pistoles, déjà l'air se fait plus marin et les odeurs de varech se mêlent à l'air ambiant pour nous faire deviner la mer qui approche. Ce n'est pas encore la Gaspésie, seulement le Bas-Saint-Laurent, mais déjà nous sommes bien loin de Montréal et de Québec, comme si ces villes n'existaient plus, ou alors, seulement dans les lointains souvenirs que nous en gardons lorsqu'on les quitte pour autre part. Cette poésie ambiante, que l'on partagerait bien avec Victor-Levy Beaulieu en se mettant à parler comme lui une langue plus maritime quand on passe devant Trois-Pistoles, elle fait partie du décor et ne nous étonne même plus tellement elle est soudée à même le paysage. Ce que nous connaissons beaucoup moins par contre, ce sont les liens exceptionnels et branchés sur l'international que les populations de ces territoires ont réussi à établir au fil du temps. Qui ne peut pas lever son chapeau devant ces réussites que sont par exemple le Festival international de jazz de Rimouski où des jazzmen de rang international se rendent sans même que les habitants de ces villes lointaines s'en aperçoivent. Et voilà que derechef nous apprenons qu'il y a aussi à cet endroit un festival international de cinéma jeune public. Ces deux exemples suffisent amplement à mon sens à rendre caducs tous les paternalismes à l'endroit des régions. Il n'y a pas de petites villes, il n'y a que des évènements artistiques qui sont petits, lesquels se retrouvent souvent d'ailleurs dans les grandes villes. Pour donner toutes leurs dimensions aux personnages qui se nourrissent à ces cultures locales, quoi de mieux que d'écouter ces conteurs qui de Saint-Élie à Pointe-au-Père font entendre la corne de brume de navires de rêves que ne peuvent même pas espérer les villes qui se croient grandes
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26 septembre 2005, 9:04
La culture vélo
On ne peut certainement pas prétendre que les déplacements à vélo fassent partie intégrante de la culture des transports dans notre société nord-américaine où les voitures, qualifiées d'ailleurs de chars, occupent une place qu'elles veulent sans partage. Dans ce pattern des déplacements qui est le nôtre, même les transports en commun sont à peine tolérés et rares sont les automobilistes qui consentent à leur céder la place ou le passage, surtout quand le trafic se fait plus intense et que les nerfs des conducteurs s'agitent. Alors, quand ce sont des pauvres cyclistes si peu menacants qui se mêlent à cette foire d'empoigne, il ne leur reste plus qu'à prier pour qu'on les laisse indemnes les pauvres. Non décidément, la culture des déplacements à vélo ne fait pas partie de notre paysage culturel. Il faut dire que la place qui est faite dans nos rues pour ces déplacements les rendent souvent dangereux, pour les cyclistes d'abord, mais aussi pour des conducteurs qui craignent de renverser des cyclistes en devant passer trop près d'eux, serrés qu'ils sont par des manoeuvres qui ne leur laissent souvent pas beaucoup de jeu. Alors, pour que ce moyen de transport en devienne un à part entière, il faudrait non seulement des améliorations au réseaux des espaces réservés aux cyclistes, mais aussi des changements de mentalité dont ce n'est pas demain la veille qu'ils se produiront. D'ici là, la petite guerre du trafic va continuer d'être à l'avantage des automobilistes qui se feront d'autant plus rageurs que les véhicules continuent d'augmenter en nombre, qu'ils sont toujours plus gros et que l'essence pour les faire fonctionner ne cesse de monter. Mais peut-être qu'un jour l'écoeurement finira par nous décider à tout remettre à plat dans le dossier des transports.
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26 septembre 2005, 8:23
Au-delà de l'amour et de la haine
Devant cette auteure qui ne laisse pas idifférent, on a le réflexe premier de se situer au-delà du bien et du mal que serait le fait de pouvoir l'aimer ou celui de la détester, parce qu'il est tout à fait possible de ressentir ces deux sentiments en même temps à son égard. Je connais plus cette auteure par ses propos entendus lors de rencontres littéraires où elle parlait de ses oeuvres, ou par les propos de ceux qui savent déceler son humour sulfureux derrière ses récits en sapparence banaux. Je m'abstiendrai donc de porter un jugement sur la qualité de son écriture. Par contre, elle interpelle quiconque s'interroge sur la place de la littérature dans la création des visions du monde et de ce qu'elle nous disent de nous-mêmes en tant que société. Alors, le grand message que nous retenons de ce qu'elle nous dit concerne la transfiguration profonde des contours de la personnalité singulière qui a accompagné celles des transformations du monde qui entoure les porteurs de visions littéraires. C'est ainsi que les romans d'avant ces transformations avaient des héros dont les contours étaient bien définis, puis que ceux-ci se sont progressivement effacés jusqu'à disparaître complètement dans les romans de la période du nouveau roman, pour enfin réapparaître complètement transfigurés dans la période post nouveau roman telle qu'elle peut se voir chez Amélie Nothomb. Avec elle, nous allons à l'envers des choses qui occupaient la première place dans le nouveau roman, mais les êtres qui en émergent sont si transfigurés qu'ils se distinguent à peine des objets de la période précédente. Si les personnages du noveau roman sont symptomatique de la société de production industielle à la chaîne, ceux d'Amélie Nothomb le sont de la société post industrielle de la production informatisée dans laquelle les éléments sont reliés en boucle. La télé-réalité est la parfaite métaphore de cette vision du monde.
25 septembre 2005, 10:50
Le choc des civilisations
Cette mise en scène remarquable réussit à nous faire voir les enjeux du développement quand il implique aussi des chocs de civilisations qui s'affrontent au nom de valeurs qui sont souvent diamétralement opposées. Dans ce drame que fût celui de Bophal, Soldevila a su nous montrer toutes les façettes qui furent en cause dans cette tragédie. La pièce ne fait pas que montrer le drame humain des victimes du développement aveugle, ce qui aurait été déjà suffisant. Non, le metteur en scène plonge au coeur des cultures qui s'opposent pour nous en faire comprendre le drame profond quand elles sont mises en cause. En efffet, il n'y a pas qu'une multinationale d'une part et des citoyens indiens d'autre part qui s'opposent dans ce drame, car il y a aussi une Inde éternelle ou qui se croit telle et une multinationale qui se veut aussi mutante que les profits de ses actionnaires. C'est à travers la chorégraphie rythmant des danses indiennes et leurs chants, laquelle est le personnage qui est au coeur même de ce spectacle, que le metteur en scène arrive à montrer ce dilemne, car dans ces danses, il n'est aucunement question de laisser quelque place que ce soit à l'improvisation, alors que pour la multinationale qui s'appuie sur le président de la compagnie et le directeur de l'usine, tout est au contraire questions d'improvisation. Toutes ces contradictions sont résumées dans le personnage du ministre indien, qui tantôt doit s'appuyer sur la multinationale pour espérer du développement, et qui tantôt doit le faire sur sa culture pour tenter de contrer les retombées néfastes de ce type de développement. On finira par acheter son silence et la petite flamme de l'Inde éternelle mourra avec lui. Cette pièce est un beau et intelligent spectacle.
24 septembre 2005, 11:19
La voie socratique
Il faut avoir entendu Michel Onfray à Culture et Dépendances débattre de ses positions ainsi que les attaques dont il fût la cible, notamment de la part de ce sbire de l'intégrisme, Tarik Ramadan, qui défend à la fois la chèvre et le chou sous prétexte de le faire évoluer, pour savoir à quel point ce débat demeure actuel malgré le climat de laïcité qui entoure notre vie de tous les jours. Dans ces querelles, il est facile de voir le parallèle qu'il y a entre les positions laïiques de Michel Onfray et celles de Socrate posant des questions sur la pertinence d'une multitude de Dieux. Mutatis mutandis, la question se ramène maintenant à l'existence d'un seul Dieu, du moins c'est ce que l'on croit, car les civilisations ont chacune le leur sous le couvert de leur religion distinctive et les individus ont aussi chacun le leur dans le petit confessionnal de leurs suppliques pour un monde meilleur, le leur après leur mort et si possible, avant, car Dieu fait partie de toutes les loteries de ce monde, singulières comme collectives. Cela, Pascal l'avait compris bien avant les inventeurs des loteries et de lui à Einstein, on n'en finit plus de lui réclamer le gros lot. Cette persistance de ce mythe vient du plus profond de l'existence de l'homme qui lui fait croire qu'il a une âme, qu'elle est immortelle et qu'il possède la parole pour la manifester. En prenant ce point d'arrivée dans l'évolution qu'est le cerveau pour un commencement, l'homme est incapable de retrouver les racines du langage qui lui viennent portant de son enracinement dans un milieu devenu social par l'utilisation des outils, lesquelles ont culminé avec l'invention de l'outil des outils qu'est la parole. Ce détournement de sens a un nom. Il se nomme Dieu et il est à l'image et à la ressemblance de celui qui l'a crée, c'est-à-dire l'homme. Les religions, monothéistes ou non, ont donc un sérieux passif à leur actif.
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22 septembre 2005, 6:29
Les cadres de la perception
Nous avons fini par apprendre qu'il n'y a pas reproduction dans l'art de la nature ou du réel brut, même pas avec la photographie. Même les toiles qui se donnent pour naturalistes sont des appropriations de ce qui est observé à travers les visions du monde de leurs créateurs et pus précisément, à partir des cadres perceptuels qui dirigent des regards sélectifs sur ce qui est observé. Le naturalisme en arts, comme son contraire, sont donc d'abord des idéologies artistiques avant même que d'être des écoles où ces visions sont développées et affinées en théories. Cependant, quand une école prend le pas sur une autre, surtout si ce pas est définitif, cela est le signe que de changements profonds dans la société ont lieue. C'est ce que traduisirent, chacun à leur façon, les peintres des différentes écoles qui succédèrent aux peintres des ateliers classiques qui les avaient précédés. La rupture pour ces derniers consista surtout à sortir leurs chevalents des ateliers pour aller peindre en pleine nature, soi-disant pour mieux observer les effets de la lumière sur les objets. En cela, ils reformulèrent à leur manière les dogmes politiques de leur époque à partir desquels l'homme se voulait maître de la nature et lui imposait ses visions techniciennes et machinistes. Les théories impressionnistes, pointillistes et toutes les fractions théoriques gravitant autour d'elles étaient le pendant en art des visions qui supportèrent la révolution industrielle. Ses principaux mentors furent d'ailleurs pour la plupart d'entre eux des fils de familles patriciennes au sein desquelles ces théories germaient. Ces toiles sont donc un résumé des grands moments des évolutions de nos sociétés et voilà pourquoi nous nous sentons si interpelés quand nous sommes en présence des plus grandes oeuvres. Je me rendrai donc voir cette exposition qui fait partie de notre patrimoine génétique.
22 septembre 2005, 6:02
Un poète de la chanson
Les chansons de Thomas Hellman sont celles d'un poète. Je garde du spectacle de Thomas Hellman à la Maison de la chanson du Petit-Champlain de Québec et de ses chansons poétiques des souvenirs qui le classent parmi ceux qui comptent dans la chanson d'ici. Je sais que son nom ne revient pas souvent parmi les noms de ceux qui défraient les manchettes des actualités musicales, mais je persiste à dire qu'il devrait en être tout autrement. Il y a chez lui un tel cocktail d'influences qui explosent dans sa verve poétique que son expression artistique en est tout-à-fait singulière. Mélangant les langues et les cultures dans le meilleur sens du terme, il va à l'encontre des courants arrivistes de ceux qui s'expriment en anglais afin de rejoindre des publics plus nombreux, le tout n'étant pas toujours, loin de là, dépourvu de calculs mercantiles. Ces démarches accrocheuses qui font choisir l'anglais plutôt que le français à des créateurs de langue maternelle française n'est d'ailleurs pas un phénomène propre aux québécois francophones, puisque bon nombre de français font aussi de même. À mon avis, ces reniements sont souvent inutiles et finissent pas desservir ceux-là mêmes qui croyaient y voir la clef de tous les débouchés. Par exemple, des gens vont quand même voir Gorgio Conté, lui qui s'exprime presque uniquement en italien parce qu'ils y trouvent l'expression d'une authenticité qu'ils ne retrouveraient pas autrement. Quant à Hellman, nous sommes évidemment heureux qu'il s'exprime aussi dans la langue de Molière, même s'il est un des rares interprètes à mon sens qui peut se permettre de chanter une chanson de Brel en anglais sans que cela jure le moins du monde. Je garde de son interrprétation de Mathilde, la chanson de Brel, un souvenir inoubliable.
22 septembre 2005, 4:20
Il faut viser à l'internationnal
Il n'est pas encore dans la mentalité de la population de la ville de Québec, ni dans celle de ses élus de se représenter leur ville comme en étant une qui doit occuper une place non seulement à l'échelle provinciale, ni même seulement à l'échelle nationale, mais bien à l'échelle internationale. Cette caractéristique de cette ville lui vient non seulement de son héritage historique qui lui a valu d'être reconnue parmi celles qui recèlent des trésors du patrimoine architectural mondial, mais surtout, de la place qu'y occupent de plus en plus ses industries de pointe reliées à la haute technologie. Or, pour pouvoir compétitiionner sur les marchés mondiaux, ces entreprises doivent pouvoir recruter des compétences qui bien souvent viennent d'ailleurs. Il serait souhaitable que toutes les compétences puissent être recrutées sur le marché régionnal de l'emploi, mais telles ne sont pas les contraintes que doivent subir les recruteurs. De ce constat découle cete autre nécessité qui est celle que l'on doive fournir un environnement qui soit susceptible de plaire à ceux que cette ville tenterait au niveau du travail, mais qui pourraient être rebutés du fait que l'environnement, qui dépend en grande partie l'environnement culturel, ne soit pas à la hauteur de ce qu'ils ont déjà connu où qu'ils souhaiteraient pouvoir connaître. La conclusion de ces prémices découle d'elle-même, soit qu'il faut qu'il y ait au coeur des politiques de cette ville une politique culturelle dynamique et novatrice. Or, des candidats qui se font tirer l'oreille parce qu'une salle de concert dépasse les coûts trop conservateurs prévus au départ, ou qui reprennent les querelles psaroissiales d'avant les fusions ne sont manifestement pas à la hauteur de ces exigences. Il faudra donc élire quelqu'un qui reprendra le flambeau tombé des mains de son maire sortant, ou bien faire en sorte que les autres candidats s'ouvrent enfin les yeux sur ce qu'est cette ville qui doit être aussi une ville d'art.
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21 septembre 2005, 6:58
Pourquoi rechercher des situations ailleurs pour venir à l'essentiel
Il n'est nullement nécessaire de s'en remettre à des situations historiques venues d'ailleurs pour trouver les prétextes d'une dramaturgie universaliste. Les projets historiques dont se sont fait porteurs des personnages d'ici permettent amplement de donner naissance à un théâtre de situations à partir duquel peuvent être dépassées les visions psychologisantes qui ramènent invariablement à des situations historiques dépassées parce que confinées aux contours des personnalités qui ne font qu'affirmer un individualisme dpérimé. Même si les situations que mettent en scène un théâtre d'ici, branché sur leur devenir historique, sont l'occasion de mesurer notre mauvaise conscience, ce n'est pas une raison pour les chasser du champ de la conscience, en espérant secrètement ainsi de ne pas avoir à prendre position devant les dilemnes qu'elles nous posent. Il faut donc saluer le retour en force dans le champ théâtral et dans celui de notre conscience des enjeux auxquels nous devons faire face. La présence d'acteurs qui ont fait partie des situations historiques mises en scène sont l'occasaion de mesurer aussi le décalage par rapport aux réalités qui guettent tous les projets, même les plus ambitieux. S'ils alimentent ainsi notre mauvaise conscience, ils nous rappellent aussi que nous devons sans cesse reformuler les projets pour tenter d'en dégager le plus de liberté qu'il soit possible d'obtenir, quiitte à rouler devant nous d'énormes boulets qui ne demandent qu'à se briser au sol, même quans ils sont projetés vers l'avenir avec l'énergie du désespoir. Le théâtre se fait ainsi l'antichambre de la liberté.
19 septembre 2005, 6:25
Des antihéros
Les personnages que crée le théâtre de Michel Tremblay sont les figures emblématiques de ce que sont des antihéros, tellement le vide qui les habite renforce la pression de leur entourage sur leurs univers qui s'émiettent devant nous, ne laissant d'eux que les traces d'une infinie solitude. Pour sortir de leur isolement, ils ne possèdent que des rudiments de langage, des insultes qu'ils se lancent à la figure pour tenter de se prouver qu'ils existent. C'est le tour de force de Tremblay d'avoir réussi à créer un univers littéraire si plein avec des personnages si vides de sens. Il y parvient par l'intrusion en catimini de ce qui trouble malgré tout ce silence, soit le désespoir rageur de l'aliénation de ses personnages par rapport à la culture d'une société dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. L'image qu'elle leur renvoie d'eux est une image déformée qu'ils s'approprie malgré eux par dérision, incapables qu'ils sont de projeter une image positive d'eux-mêmes. Se sentant méprisés, ils deviennent à leur tour méprisants. En les déconstruisant à ce point, Tremblay finit par en faire les pièces détachées d'un puzzle qui illustre des situations universelles une fois que l'on a mis tous les morceaux en place. Il y est alors possible d'y voir les effets des aliénations sur des individus qui sont dépourvus des outils nécessaires pour affronter leurs misérables destins. C'est alors que l'on peut voir le procès de toute une société dans le sort qu'elle réserve à des fractions de ses concitoyens, particulièrement à celles de ceux qui sont les plus démunis. En somme, il a réussi tout en demeurant terriblement situé localement, à entrouvrir les portes de l'universel humain. Voilà pourquoi on le joue un peu partout dans le monde et que l'on traduit ses pièces en plusieurs langues.
19 septembre 2005, 4:27
Je regrette la chaîne culturelle, mais j'aime Espace musique
Elle n'est pas facile à résoudre cette équation qui met d'un côté la regrettée chaîne culturelle et de l'autre, cette nouvelle chaîne qui fait la part belle à la chanson poétique, au jazz et qui la fait plus petite à la musique classique. Autant vouloir résoudre la quadrature du cercle. Pour ma part, j'apprécie beaucoup l'émission de Sophie Durochers qui nous fait entendre de ces chansons qu'on entend pas ailleurs. Je regrette cependant que les arts, autres que musicaux principalement, aient perdu de l'espace dans ce troc entre la diffusion d'une culture qui se veut plus populaire et une autre qui se voulait trop classique. Dans un monde meilleur, ces deux types de chaînes auraient du pouvoir coexister. Ce que je déplore plus particulièrement, c'est la volonté sourde de faire apparaître comme étant encore plus lointaine et compliquée la culture classique en la présentant à partir d'animateurs qui possèdent plusieurs des travers de la Société d'État quand il s'agit de culture, soit le ton détaché et peu convivial. C'est dans ces moments-là que l'on se dit que l'absence d'Edgar Fruitier fait probablement le jeu d'un calcul qui vise à faire d'Espace musique une chaîne complètement délestée de ce qui serait un boulet aux yeux de certains. S'il est vrai que le retour d'Edgar Fruitier est sérieusement envisagé, alors qu'il en soit ainsi. Son dynamisme était une vraie pillule d'optimisme quand il animait son émission du matin, juste avant celle de Mme Trahan qui était elle aussi un vrai bonheur. Qui sait, peut-être qu'un savant mélange des genres pourra réconcilier les uns et les autres.
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