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Ce théâtre possède une âme
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On aura beau dire, ce théâtre qui faisait du théâtre en été et qui continuera de le faire, possède une âme, soit celle que lui a insufflée sa fondatrice, Marjolaine Hébert. Tous se souviennent, ou en tous cas bon nombre d'entre nous, de la passion pour le théâtre qui habitait cette comédienne. Quand elle en parlait à l'époque glorieuse de la naissance des théâtres d'été, c'était un peu comme se faire dire que les beaux temps de l'été étaient de retour et que nous allions bientôt en faire provision pour toute l'année qui suivrait. En un mot, ce théâtre était vu comme un phare dans la nuit à une époque où nous avions alors encore bien peur de la noirceur, laquelle ce concernait à cette époque pas que la nuit. Il fait bon de constater que le flambeau tombé des mains de Marjolaine Hébert est repris par quelqu'un qui possède autant de dynamisme que la fondatrice de ce théâtre, si bien sûr cela est possible.
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Autres temps, même moeurs
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Ceux qui seraient tentés de voir ce film pour ses qualités historiques seront bien déçus. En effet, le contexte des croisades, bien que rappelé brièvement au début du film à l'aide d'un texte qui situe ces entreprises comme étant les prolongements du climat de morosité économique qui prévalait dans l'Europe de cette époque, retombe vite sur celui d'une histoire qui a plus à voir avec la tradition hollywoodienne du scénario qu'avec ce contexte bien situé des croisades. Cette histoire du héros principal qui serait parti aux croisades pour expier ses fautes apparaît comme du plaqué, ni or, ni argent, mais vil métal, du même type que celui dont il fabrique des épées pour gagner sa vie puisqu'il est forgeron de son état. Par ailleurs, le traitement choc des batailles à l'hémoglobine de synthèse qui ne laisse rien voir des vraies souffrances de ces batailles est lui aussi tout à fait hollywoodien. Seul point positif à toutes ces concessions aux profits au box office, jamais les ennemis des chrétiens ne sont montrés de manière caricaturale et Saladin conserve toute sa dignité. Cette attitude positive à l'égard de l'ennemi est probablement le résultat des batailles que le réalisateur a du mener avec les affairistes pour que son film échappe aux réductions simplistes et sauve en fait ce film qui peut passer de passable à bon si l'on n'est pas trop à cheval sur les exactitudes historiques. Sur un ton un peu moralisateur, il est aussi fait allusion au fait que la détérioration des relations entre les sujets de diverses croyances dans cette région seraient dûes au peu d'ouverture dont ont fait preuve beaucoup de chrétiens, ce qui serait encore le cas dans les guerres actuelles avec un rappel en diagonale à la guerre en Irak. Là non plus, le film n'échappe pas au placage.
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Il n'y a pas là de quoi échauffer les esprits
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La volonté de mettre en évidence la fragilité des cyclistes en comparaison des automobilistes trouve dans cette manifestation un cas de figure limite pour la mettre en évidence. Si toutes les fois qu'un automobiliste est tenté de ne pas laisser sa chance au coureur, en ne prenant pas suffisamment de mesures pour protéger un cycliste, il avait en tête le peu de protection quelui assurent ses seuls vêtements, fût-il revêtu d'un casque protecteur, il serait probablement tenté de retenir ses impatiences, même fondées parfois. Ce message, c'est certainement celui que veut véhiculer ce regroupement de cyclistes. Mais sera-t-il compris comme tel par ceux qui le verront, surtout des piétons pour la plupart, ou bien sera-t-il vu plutôt comme une autre manifestation faite par des gens incongrus qui ne désirent que se faire voir et qui risquent qu'on leur dise aussi d'aller se faire voir. Difficile de trancher, mais les chances sont bonnes pour que les effets néfastes pour le groupement l'emportent. Mais ceci étant dit, ce n'est pas une raison pour que l'on mette la police de la partie, elle qui a bien d'autres chats à fouetter. Il n'y a certainement pas là de quoi échauffer les esprits, car il y aura bien assez d'échauffements sans cela.
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L'édition n'est pas un grand livre ouvert
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Nous lecteurs sommes habitués à ne voir que le résultat final de l'édition, le tout bien confortablement emmitoufflé dans sa jaquette. Mais au-delà de cette vision d'image d'épinal, quels ne sont pas les tractations qui peuvent survenir entre éditeurs et créateurs d'une part, ou entre éditeurs et lecteurs d'autre part, par personnes composant les grands jury de sélection au prix littéraires prestigieux interposées. Sans doute que le livre de Denis Vaugeois ne répondra pas à toutes ces questions, mais il nous permettra certainement d'être moins naifs à ce sujet. Nous savons déjà que beaucoup de grands éditeurs font des représentations à qui de droit pour tenter de placer leurs poulains dans les bonnes grâces des jury des grands prix littéraires. Nous supposons aussi que les tractations avec les auteurs ne sont pas de tout repos, ni pour les uns ni pour les autres, quand il s'agit d'établir les pourcentages qui seront versés aux auteurs et les montants qu'ils recevront effectivement à la suite de la vente de leurs livres par les diffuseurs. Le monde de l'édition serait donc une petite jungle dans laquelle ne peuvent circuler que les plus sagaces, sous peine de se faire dévorer.
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Adopter cette attitude de la biologie totale, c'est comme refuser les transfusions sanguines
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Si au moins, il y avait un effet placebo que l'on pouvait prétendre obtenir avec de pareilles pratiques qui sont celles de la biologie totale, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter outre mesure sur le sort des patients atteints du cancer, mais il s'agit d'une attitude encore plus pernicieuse et qui risque de mettre en danger la vie de ceux qui les adoptent. La biologie totale n'est pas un manuel d'optimisme, de recueils d'attitudes positives à conserver dans l'adversité de manière à mieux vivre le temps qui reste dont au fait personne ne connait la durée exacte de celui qui lui est réservé, mais une série de recettes pernicieuses qui prétendent se substituer aux effets des traietements véritables, soit les traitements mis au point à la suite de recherches éclairées par des gens qui possèdent les compétences pour les mener. Dans les cas de maladie, du cancer comme des autres maladies, ce n'est pas le cerveau qui programme les cellules, ni son contraire qui est vrai, puisque cette programmation des cellules échappe à tout contrôle intellectuel et qu'il demeure endogène aux cellules concernées. La prétention des adeptes de la biologie totale nous rappelle beaucoup les attitudes de ceux qui croient au surhomme, en philosophie comme en politique, et qui applique ces dogmes ultra-droitiers au secteur de la santé et de la médecine. Politiquement, je considère ces attitudes comme se situant à l'extrême droite, même quand leurs adeptes se cachent derrière des attitudes de gauche comme celles des médecines alternatives, pour les mettre de l'avant. Socialement, cela revient à dire qu'il n'y a pas besoin d'investir des foinds publics dans la recherche médicale ou pour offrir des soins coûteux à l'ensemble de la population. On aura compris à qui ces attitudes profitent d'abord et qui sont celles que défendent les représentants idéologiques de la droite ultra, dont ceux de la biologie totale.
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Peu de lecteurs
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Si on ne fait pas dans la dentelle, il faut souligner au départ que la poésie n'a que très peu de lecteurs et que presque chaque éditeur qui prend le risque d'en publier ne fera pas ses frais, même quand il publie des poètes à compte d'auteur. Ce constat est celui de la dure réalité qui campe sous les murailles de la forteresse des rêves qu'est la poésie. Plus souvent qu'autrement, la place forte sera prise d'assaut par les soucis financiers et les attaques triviales de toutes sortes qui lui font la guerre. Mais pour qu'il en soit ainsi, ne serait-ce pas aussi un peu à cause du fait que la poésie s'est la plupart du temps retranchée derrière des murailles d'incompréhension, d'hermétisme et de retrait de la vie de ceux qu'elle aspire pourtant à traduire en vers. Ne serait-elle pas un peu victime de ses propres stratégies qui la mettent en marge, avec ce résultat qu'un recueil peut espérer se vendre à environ 800 exemplaires tout au plus. Ne faudrait-il pas que la poésie retrouve le chemin du marché où les gens vont faire leurs emplettes et que telle la boutiques des fleuristes et des marchands de quatre saisons, elle offre ses fleurs à qui veut s'offrir un bouquet de rêves, même si celles-ci ressemblent parfois aux fleurs du mal de vivre, pourvu que chacun puisse y discerner la sienne propre et non pas seulement celle d'un poète qui se plaint d'être incompris ou d'être l'unique vivant qui puisse prétendre exprimer le mal de vivre. La proposition de Claude Beausoleil qui vise à faire comprendre que la poésie est le pain de l'âme va aussi dans ce sens me semble-t-il. À chacun de trouver le pain qui lui convient.
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Sous une constellation favorable
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Le parcours que décrit Francis Ducharme dans le ciel des étoiles montantes de la damaturgie québécoise le fait ressembler à celui d'une étoile filante, d'une comète qui libère ses énergies au passage de notre système solaire du spectacle relativement peu habitué à de pareilles passages. Le comédien vit cette nuit des perséides à vitesse grande ourse, en intégrant les multiples espaces-temps qui parsèment sa route toute placée sous les augures de constellations favorables. Cette chance qui est la sienne, il la doit certainement au talent qui est le sien et aussi, à la chance qui met sur sa route des réalisateurs et des metteurs en scène qui savent scruter le ciel pour y découvrir ce que d'autres yeux sont incapables d'y décerner. Il faut donc reconnaître que la rencontre de ces phénomènes endogènes et exogènes, en produit un autre qui est rare dans le ciel de notre vedettariat. Sans vouloir rien enlever au talent de ce comédien, cette éblouissante clarté qui l'entoure nous met pourtant en mémoire le peu de cas qui est fait du talent quand il est l'apanage des comédiens vieillissants, sutout quand ils sont femmes. Cela ne fait que mettre encore davantage en contraste la relative noirceur qui les entoure au regard de la lumineuse clarté qui est la sienne. Qu'il profite donc au maximum des retombées qu'il pourra retirer de toutes ces expériences, même au risque de vampiriser la vie de toutes les facettes qu'il peut retrouver dans l'évantail des personnages qu'on lui propose de jouer. C'est probablement cet aspect de l'art qui retient particulièrement l'attention de Francis Ducharme quand il avoue les liens qui le lient au personnage de Simon, soit celui qui est une métaphore du vampirisme de l'art, à la fois vampirisé et vampirisant.
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Plusieurs lectures sont possibles
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S'il il y a des oeuvres qui se prêtent bien à des interprétations multiformes, ce sont bien celles de Norton Maza. D'un côté, elles apparaissent comme des critiques de la transgression des valeurs quand celles-ci veulent s'incarner dans des objets qui n'en retiennent que les apparences. Les maisons meublées des gens qui peuvent se les offrir sont présentées de manière caricaturale à travers ces objets hétéroclites et souvent difformes, dont ils constitueraient en quelque sorte l'envers, leur autre côté du décor, par ce qui les amène inexorablement vers la déperdition et la désorganisation finale, vers les dépotoirs ou au mieux, les usines à recyclage. Par ailleurs, quand ces mêmes objets figurent les décors recyclés des maisons de ceux qui ne peuvent pas se les offrir à l'état neuf, ces même objets se font alors plus critiques puisqu'ils témoignent à la fois de leur caractère illusoire et des injustices qui sont faites à ceux qui ne peuvent les obtenir qu'une fois qu'elles se sont dégradées. Mais si l'on rapproche l'une de l'autre ces deux facettes de ces oeuvres, soit au sein d'une même exposition, soit comme deux moments distincts d'une même oeuvre, les messages se font alors plus ambigus, soit parce qu'ils peuvent être lus comme présentant ces objets comme n'en valant pas la peine et parfaitement inutiles, soit parce que ce seraient eux les vrais responsables de la lecture aliénante que l'on fait par ailleurs de la situation des démunis, ce qui reviendrait à dire que les pauvres ne seraient tels que parce qu'ils recyclent de vieux matériaux, comme aimait à le dire un certain jésuite.
Par ailleurs, je ne comprends toujours pas l'engouement qu'il y a pour la peinture de Molinari qui à mon sens est la manifestation d'un conformisme tranquille, celui qui s'évade dans le traitement des formes à partir de la couleur.
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Des choix qui ne sont pas qu'esthétiques
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À première vue, il est facile de ne voir dans ces décisions douteuses de ne pas traiter convenablement les eaux usées, que leur aspect esthétiques, le caractère répugnant de leur réalité. Pourtant, ces décisions impliquent des aspects plus fondamentaux de la vie des humains en société, soit ceux de leurs conditions sanitaires et de leurs sources de loisirs à tous. Il n'y a d'ailleurs pas que les comportements individuels qui sont à la source de ces laxismes dans ces décisions, mais aussi celui des corporations, publiques ou privées, qui ne sont pas soumises à des réglementations assez sévères ou qui ne les observent que peu ou pas du tout. Les résultats sur les conditions de la santé sont évidentes pour tous ceux qui doivent puiser leur eau dans ces masses d'eau contaminées et qui doivent pour le faire investir beaucoup de fonds publics ou privé afin d'obtenir de l'eau potable, sans être pour autant à l'abri des défaillances ou des imprévus qui guettent toute cette chaîne de l'eau jusqu'aux robinets des particuliers. Par ailleurs, il ne faut pas négliger non plus les aspects ludiques des mases d'eau et plus particulièrement de ce beau fleuve qui est censé être le nôtre, mais qui est confisqué au profit des intérêts des plus puissants qui n'y voient qu'un exutoire pour leurs activités. Ceux qui un jour ont pu se baigner dans ses eaux à marée haute ne peuvent oublier leurs joies de s'y tremper ou d'y faire des plongeons. L'espoir de pouvoir le faire de nouveau est tout à fait légitime, même si bien peu nombreux sont ceux qui s'en soucient quand il est question des plaisirs démocratiques et accessibles à tous. Cette lutte contre la pollution des eaux nous concerne tous.
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Quand le documentaire rencontre le drame
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Il y a déjà eu quantité de documentaires sur la vie dans les zones polaires, mais jamais documentaire animalier ne n'est fait aussi proche du scénario dramatique, faisant de ces manchots empereur les personnages d'un scénario dramatique qui nous font parfois oublier qu'ils sont du règne animal, tellement leurs traits nous deviennent familiers. Est-ce parce qu'ils se déplacent souvent en étant bien dressés sur leurs deux pattes, tels ces bipèdes qui nous sont familiers, qu'ils nous deviennent soudain si proches que nous les assimilons facilement aux héros d'un drame bien humain, ou bien est-ce en raison des prodiges des preneurs d'images qui nous les montrent de manière si intimiste qu'il en est ainsi, ou bien encore parce que le scénario et les commentaires sont structurés de manière telle que l'ensemble apparaît comme les péripéties d'un petit drame, toujours est-il que ce documentaire ne ressemble pas aux autres de sa catégorie sur le même sujet et que nous embarquons dans le récit de ces péripéties comme dans celles d'un roman. À la chaleur de cet intimisme antropomorphique auquel nous nous prêtons de bonne grâce devant le courage de ces manchots qui nous fournissent un exemple d'adaptation à des conditions extrêmes pour réussir à mettre au monde leurs petits, se profile par contraste la froidure extrême des conditions climatiques, faisant ainsi de ce film de contrastes un bel exemple d'écriture cinématographique en noir et en blanc. Par ailleurs, le ton chaleureux des commentaires du film reprend pour sa part les aspects bien chauds de la vie qui nous y est montrée tandis que la musique galactique d'Émilie Simon exprime toute la froidure des glaces et du vent mauvais qui s'abat sur elle. Ce film est plus qu'un petit voyage au royaume des glaces.
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Immense projet de liberté
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Affirmer la liberté, la sienne et celle qu'il veut pour ses semblables, avec autant de force que celle que manifeste Frankétienne, dans ses propos comme dans ses oeuvres, dénote un engagement hors du commun qui le fait déborder de toutes parts des ornières où on voudrait la retenir prisonnière. Car il en indique plusieurs de ces ornières dont il entend demeurer à l'écart cet auteur quand il identifie dans ce décor soit le traditionnalisme des coutumes, soit les contraintes des déterminismes modernes, soit les impératifs intériorisés du pessimisme sous toutes ses formes. Culturellement, c'est une manifestation du cul-de-sac dans lequel est enfermé sa patrie d'origine. Voilà sans doute pourquoi l'engagement est pour lui à la fois esthétique et idéologique, car il se méfie de tous les embrigadements qui pourraient déboucher sur des solutions dont l'atteinte lui semble impossible. N'est-ce pas là en effet l'affirmation de profondes déceptions devant les impasses qu'il identifie sur la route de la liberté des siens et de la sienne propre quand il se fait ainsi le chantre du nihilisme le plus virulent, celui de celui qui sait qu'il ne peut déboucher que sur du néant, quitte à le féconder de ses paroles de colère avant que d'être anéanti.
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Contre le globalisme
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Quand il s'agit de décrire la situation des groupes qui forment une société et que pour ce faire, on emploie un critère de différenciation unidimensionnel, il faut ensuite faire les nuances qui s'imposent sous peine de tomber dans le globalisme, attitude qui peut contenir comme approche autant le féminisme réducteur des différences que le masculinisme qui en fait autant. La situation du groupe des femmes n'est pas la même selon l'âge, le statut proferssionnel et surtout, la classe sociale d'appartenance de celles qui le composent et il en est stictement de même pour les hommes qui composent le groupe analogue. Comparer la situation des femmes marginalisées, soit par le statut professionnel relié à des emplois précaires et sous-payés, soit par l'appartenance à des groupes minoritaires et plus ou moins en marge du marché du travail, à celle des femmes des classes privilégiées de la société, comme s'il s'agissait de femmes du même groupe, est une aberration globaliste. C'est la même vision bornée qui frappre ceux qui décrivent les hommes à partir du seul critère du sexe pour analyser leur situation. Si tous s'entendent pour dire que la situation globale des femmes n'est pas aussi aventageuse que celle qui est faite aux hommes, ne pas faire les distinctions qui conviennent pour mettre ces résultats globaux en situation est une impasse qui donne sur le globalisme réducteur et abstrait. Le féminisme outancier qui absout toutes les différences au nom du critère du sexe, tout comme le masculinisme qui en fait autant, sont à renvoyer dos-à-dos dans la même catégorie du globalisme cyclopéen, puisqu'ils ne voient la réalité qu'à travers un seul oeil.
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Comme des saumons, remontons le cours de nos rivières
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Le pélerinage en Gaspésie, puisqu'il faut bien nommer ainsi ce voyage en Gaspésie à l'aide d'un autre vocable que celui que l'on utilise pour bien d'autres destinations, tellement cette région se démarque des autres régtions, tant par ses décors naturels que par les traditions et les habitudes de vie de ses habitants qui en ont fait aussi un peuple de la mer, est une destination qui invariablement nous fait rêver. C'est certainement l'odeur saline de la mer toute proche qui nous fait ainsi rêver de voyage dans cette région dès que le temps chaud se met de la partie. Tels des saumons qui retourneraient frayer dans les rivières de leur naissance, nous nous sentons prêts pour ce voyage à cette période de l'année. Car, il ne faut pas oublier dans ce périple gaspésien, les sous-régions où la pêche de ce saumon mythique est praticable et pour laquelle il faut quitter le littoral pour les terres de la Matapédia, en passant par celles de Matane. C'est donc la mer sous toutes ses couleurs, du beau rose saumonné de la truite ou du saumon, au blanc des chairs un peu rose du homard ou du crabe, jusqu'au blanc de celle de la morue et de ses pareilles, que nous offre cette région. Inutile d'en rajouter sur les découvertes que nous réserve Miguasha avec sa collection de fossiles qui nous font prendre conscience que l'histoire de cette région commence bien avant l'arrivée de Cartier dans ces parages. Le Parc Forillon offre aussi le plaisir de promenades en mer où la présence des phoques nous fait rêver de grands larges à la pointe de cette presqu'île quand la chaîne de Montagne des Apalaches vient y faire un dernier plongeon dans la mer. Marins d'eau douce, hissez vos voiles.
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Un épiphénomène des transformations profondes des sociétés
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Ce qu'il est maintenant convenu d'appeler un sport est une activité de loisir qui a pris le relais des anciennes coutumes du Moyen-Âge et de la Renaissance qui n'avaient que bien peu de liens communs avec ce que sont devenus leurs lointains cousins sportifs modernes. Alors que ces pratiques mettaient autrefois en cause des communautés entières qui s'affrontaient violemment lors de ces matchs où tous les coups étaient permis, celles-ci sont devenues au fil du temps des activités spécifiques où des joueurs qui ne sont plus définis par leur appartenance sociales s'affrontent à partir de règles formellement définies et qui interdisent de blesser et à plus forte traison, de tuer un adversaire. Nous sommes bien loin de la soule, cet ancêtre du football et du rubby, sports qui sont nés dans la grande bourgoisie aristocratique et terrienne anglaise, dans cette gentry qui voulait manifester sur le plan des pratiques ludiques les profondes transformations de la société anglaise qui voyait petit-à-petit le parlementarisme s'installer au coeur des mécanismes de transformation de leur société. On a donc raison de dire que le rugby est un sport de barbare, ce qu'est tout ancêtre des pratiques sportives modernes, pratiqué par des gentelmen, ce qu'il est devenu quand il a commencé à être pratiqué par des membres de la gentry britannique de cette époque de sa naissance. PLus globalement, ce sport marque le début de l'apparition de la civilité dans les rapports sociaux et affectifs modernes, rapports qui sont caractérisés par l'autocontrôle des affects des acteurs, civilité qui a succédé aux époques ou seules des contraintes extérieures pouvaient les comprimer.
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Certainement pas le concerto Empereur
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J'ai pris connaissance du monde musical d'Émilie Simon à travers ce qui serait le meilleur exemple de ce dont elle est capable de créer, soit la bande musicale du beau film, la Marche de l'empereur. Est-ce parce que j'avais des attentes élevées à l'égard de cette musique alors que le film au départ m'intéressait plutôt vaguement, ce qui me disposait encore plus à me mettre à l'écoute de cette production, toujours est-il que cette musique m'a laissé dans l'ensemble plutôt de glace alors que le film lui m'a complètement réchauffé et qu'il a fait fondre toute la glace. Ce n'est pas que la musique d'Émilie Simon n'était pas bonne, mais elle n'avait rien d'exceptionnel et pour tout dire, elle m'a semblé plutôt banale, sans véritable originalité, se contentant de faire intervenir parfois quelques effets électroniques quelque peu intéressants. Pourtant, le monde de ce film avait tout pour inspirer celle qui dit détester la compétition, ce qui l'aurait fait même fuir le Conservatoire de Montpellier. La collaboration exemplaire de ce monde des manchots qui, pour survivre et pour assurer la survie de leur espèce, partagent leurs rôles de manière exemplaire en se reléguant le fardeau de mettre au monde leur couvée et allant jusqu'à se priver de nourriture jusqu'à quatre mois pendant que le partenaire est parti refaire ses forces en attendant de venir à son tour prendre le relais, avait tout pour attiser la veine créatrice d'Émilie Simon. Pourtant, elle n'était pas au rendez-vous de ceux qui l'attendaient avec impatience. Il faut croire que la couverture médiatique qui la précède fait partie de ces battages publicitaires dont les producteurs ont le secret.
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