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Mine de rien1
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Quand ce sont des ressource primaires que les compagnies exploitent, les dommages collatéraux sont beaucoup plus visibles que lorsque c'est d'abord le travail de ceux qu'elles utilisent qu'elles mettent à profit. Les dommages sur l'environnement multiplient les effets néfastes à des populations entières au lieu de se concenter seulement sur les seuls travailleurs. Les barrières qui pourrraient mettre un frein à ces exploitations sauvages, soit des organisations syndicales puissantes ou des administrations publiques indépendantes des pouvoirs économiques, font souvent défaut, à plus forte raison quand les sites d'exploitation sont situés dans des régions où l'absence de concurrence politique ou économique rend les populations autochtones prisonnières d'ententes où leurs intérêts de base sont complètement obnubilés par des négociateurs qui n'y font prévaloir que leurs intérêts personnels. Ce n'est plus alors la seule santé ou l'intégrité physique des travailleurs qui est mise en cause, mais celle des populations entières qui voient leur conditions de vie être dégradées. Ce n'est malheureusement pas du côté de ceux qui profitent de ces laxismes qu'il faudra regarder pour contenir ces appétits de pouvoir et de richesse, sur des assemblées d'actionnaires qui ne sont que des marionnettes aux mains de quelques grands actionnaires, pas plus d'ailleurs que sur des institutrions comme les organisations syndicales qui changent de fonctions et de visions quand elles se retrouvent de l'autre côté des intérêts de ceux qu'elles défendent en tant que travailleurs. Pour que leurs intérêts soient respectés, il faudra que les populations se donnent des gouvernements qui les respectent et que les travailleurs s'organisent en syndicats qui fassent de même.
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Ses valises portent déjà des étiquettes de partout
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Il en est du sort de Yann Perreau comme de celui de ceux qui l'ont précédé sur les scènes étrangères avant que d'être vraiment reconnus des leurs, les Leclerc et Desjardins en particulier, non pas qu'il ne reçoive pas déjà des témoignages nombreux d'appréciation de la part de ses compatriotes, mais qui ne se font pas au rythme où ils devraient se manifester selon moi. Quand des artistes du Québec occupent une place de premier plan sur les scènes parisiennes et françaises, Yann Perreau n'est pas vraiment très loin derrière eux, même s'il n'y a pas encore droit au titre de star, ce qui d'ailleurs ne l'intéresse probablement pas beaucoup. Si je souligne ainsi la place qu'il occupe, ce n'est pas pour faire mentir sa modestie, mais pour que l'on comprenne qu'il est de ceux qui ne reçoivent pas de notre part la part de prestige qu'ils méritent. Sans doute que son approche du métier d'artiste qui fait qu'il refuse de composer avec les canons du métier de star fait en sorte que sa récolte du succès se fera plus lente que pour ceux qui les acceptent d'emblée. C'est le propre des poètes de choisir ces chemins plus tortueux, bien que ces choix s'avèrent être à la longue plus prometteurs quand vient le temps des récoltes et que les beaux fruits sont ceux qui ont mûri sur l'arbre.
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Mieux nous comprendrons et mieux nous nous porterons
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Comprendre les liens qui unisssent nos coprs, ces membranes qui sont comme un sas entre l'environnement d'une part et la fragile vie qui nous habite d'autre part, est un enjeu qui demande beaucoup de réflexions scientifiques et aussi beaucoup d'informations vulgarisées à l'intention du public. Pour ma part, je ne puis accepter les positions holistes et manichéennes de ceux qui font du naturel, tel qu'il le définissent, le seul siège du bien, tandis qu'il font de l'artificiel son contraire par définition. Les citoyens des sociétés qui nous ont précédés avaient des environnements tout ce qu'il y a de plus naturel, selon leur définition du naturel, et pourtant, leurs espérances de vie étaient loin d'être aussi prometteuses que les nôtres. Quand on y regarde de près, il n'y a dans la nature que des substances chimiques, ou alors des organismes qui tirent leur vie primaire à partir de ces substances. Le hic est donc de connaître de quelle façon nos organismes réagissent à leur contact ou à leur ingestion. En cela, nous ne pouvons qu'approuver la démarche de Marc Geet Éthier qui demande que toute la lumière qui puisse être faite à ce sujet le soit, et sans tergiversations de la part des pouvoirs publics ou des dsociétés productrices de substances chimiques. La bataille pour un environnement plus sain passe par de telles revendications. Nous ne pourrons jamais aller tous nous mettre au vert, si tant est d'ailleurs que la campagne échappe davantage à ce fléau que la ville, mais nous pourrons au moins revendiquer plus de transparence et de fermeté de la part de ceux qui nous gouvernent politiquement ou économiquement. En attendant, il nious reste de mettre en pratique ces petits conseils de l'auteur qui finissent par accumuler leurs bons effets.
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Warhol à moto
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Cet art que BGL véhicule au coeur des cités est l'équivalent d'une contre-culture motorisée, une façon de retourner la culture sur elle-même afin d'en monter les dysfonctionnements, les incohérences, voire les absurdités. Au lieu de reproduire des images en les modifiant à la manière de celui qui fut le pape de la contre-culture, c'est la même image qu'ils déplacent et qu'ils reproduisent, en laissant aux perceptions de ceux que le hasard met à son contact le soin de la modifier. N'est-ce pas la démonstratiuon de ces incohérences qu'il faut voir dans cette image d'une moto accidentée qui représente les dysfonctions d'un moyen de transport quand il devient un jeu vertigineux qui entaîne la mort ou les mutilations. C'est la même image qu'ils promènent, mais celle-ci sera reçue différemment selon ce que les spectateurs en percevront. Les uns y verront plutôt des éléments ludiques qui accentueront les rouges, alors que d'autres y verront plutôt des éléments morbides qui donneront plus de contrastes aux noirs. Par ailleurs, le contraste qu'il y a entre les éléments qui rappellent la nature et ceux qui symbolisent plutôt la culture matérielle sont bien plus explicites dans le cas de cette voiture surmontée de son panache, ce qui fait une belle jambe aux propriétaires de tels trophées ridicules. Le contraste est plus clair dans ce dernier cas, mais le procédé est le même, soit la reproduction d'une même image à partir de la multiplication des perceptions. Cette multiplication, qui est implicite à toutes les contemplations des oeuvres d'art, est d'autant plus facilitée du fait qu'elle résulte aussi de conditions d'éclairage différentes selon les lieux, ou bien d'angles de perceptions multipliés par les façons dont elles arivent aux spectateurs. Cet art est une façon d'ouvrir des conserves culturelles que nos sociétés productivistes nous produisent à satiété.
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La veine créatrice n'est pas un filon sans fin
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Comme bien d'autres avant moi, d'ici ou d'ailleurs, j'ai été jadis ébloui par les spectacles fabuleux du Cirque du Soleil qui révolutionnaient l'art du cirque, en y introduisant le théâtre, la musique et par-dessus tout ça, une poésie foraine qui transfigurait les clowns et les acrobates en magiciens des rêves. Parties depuis longtemps sur toutes les routes de la planète, certaines de ces troupes nous ramènent avec elles des échos d'appréciations qui se font moins louangeuses, à mesure que se déclinent les multiples répétitions de ce concept de base qui a fait la fortune du Cirque. Les dernières critiques en date, celles qui ont trouvé les pages du Nouvel Observateur et de Libération pour s'exprimer, nous laissent songeurs. Mais, n'aurait-on pas trop demandé à ce Cirque. Après tout, la formule a beau avoir été renouvelée de fond en comble par le Cirque du Soleil, le plus beau cirque du monde ne peut donner que ce qu'il a. On sent bien que le Cirque du Soleil est à la croisée des chemins et qu'il devra soit faire un autre saut dans l'inconnu pour laisser encore plus de place au théâtre et aux arts de la rue, ou bien tenter de paufiner la formule gagnante jusqu'à présent qui a été la sienne. Il est vrai que ceux qui critiquent ouvertement les specxtacles du Cirque à Paris le font de manière globale et sans trop de nuances. J'espère pour eux que leurs critères en matière de cirque ne font pas de la présence de l'ours le seul vrai critère qu'il faille retenir pour décider de la qualité du spectacle. Mais prêtons-leur quand même de bonnes intentions et retenons que cette multinationale du spectacle, même si elle est québécoise, a besoin d'un second souffle.
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À la recontre de deux trames musicales
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Derrière le fait que selon son auteur, cet album tisse sa toile à partir de la rencontre de deux trames musicales, soit celle du country d'une part et celle du rock d'autre part, se révèle à mon sens tout le parcours culturel et social d'un pays qui se trouve à la croisée des chemins dans l'itinéraire de ses choix politiques et sociaux. Quand le choix de la trame penche davantage du côté du country, du moins de ce country tel que Spingstten est capable de l'imaginer et de le formuler, c'est comme l'espoir de retrouver la fibre sociale d'un pays qui n'aurait pas décroché de ses valeurs démocratiques fondamentales qui se fait jour. Au contraire, quand l'exaspération prend le détour de la trame rockenroleuse, c'est l'abandon de cet espoir qui prend le relais, avec ses replis sur des valeurs plus individualistes, même quand elles se veulent plus revendicatrices ou tapageuses. Tout se passe comme s'il y avait d'un côté l'espoir qu'il y ait des groupes qui soient porteurs des valeurs de base quand c'est le soul du country qui prend le dessus, et qu'il y avait à l'inverse un abandon de ces espoirs quand c'est le rock qui prend sa place. En somme, en rapetissant ce dilemme alternatif à des proportions plus partisanes, on pourrait dire qu'il y a d'un côté les valeurs profondément démocrates, et les valeurs bornées d'un certain républicanisme d'autre part, qui se font la guerre. En ouvrant la perspective, on pourrait bien sûr reconnaître au fond de ces hésitations comme la marque de trames culturelles et sociales qui plongent bien plus loin dans le tissu de ce pays à l'heure où des choix déchirants demandent que l'on donne des réponses.
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Le théâtre et ses masques
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On l'ouble lorsque nous sommes au théâtre, mais les comédiens qui sont sur scène devant nous portent tous des masques, soit ceux de leurs personnages respectifs. La seule différence entre ces deux réalités théâtrales avec ou sans marionnettes est le fait que les masques sont animés dans le cas des personnages incarnés par des comédiens et qu'ils sont inanimés dans celui des marionnettes. Il y eu d'ailleurs des époques de l'histoire du théâtre où les comédiens devaient porter des masques bien réels, et non pas seulement ceux de leur propre facies. C'était l'époque où les personnages participaient encore de la mythologie et des archétypes de la culture. Leurs contours étaient trop imposants pour qu'ils puissent être ramenés à l'échelle d'un simple quidam, eût-il été par ailleurs un célèbre comédien. Se pourrait-il que le fait de ramener des personnages à masques sur scène soit propice à réintroduire un peu de ce climat mythologique sur scène, qu'il double le spectacle théâtral d'un envers qui réfère à des réalités maintenant obnubilées par la pratique habituelle du théâtre. L'engouement que provoque les spectacles de Soma chez les spectateurs nous donne des indices que tel est bien le cas.
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Quand il y a mythologie, c'est qu'il y a des choses à cacher
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Les naissances et les accouchements dans ce Québec d'il y a peu de temps, alors qu'il devait s'en remettre au hasard et aux habiletés de quelques-unes ou de quelques-uns pour que survivent et la mère et son enfant, sont des réalités trop lourdes à porter pour que le regard ose s'y porter crûment et sans fard. Le détour par la mythologie, même quand elle emprunte les traits des grivoiseries, est donc une commodité qui permet d'en parler plus à soin aise. Pour ma part, je suis incapable de prendre ces réalités à la légère et la légèreté du ton ne fait à mon sens que concrétiser la gravité du fond. De combien d'histoires étouffées ou de drames édulcorés ces naissances n'ont-elles pas été entourées, reléguant dans la légende des faits pourtant troublants. Malheureusement, derrière le voile de notoriété qui entourait les sages-femmes se cache aussi toute une sagesse populaire qui savait qu'il n'était pas toujours bon de tout racconter, surtout quand les autorités cléricales faisaient des naissances l'équivalent d'un sacerdoce. Je ne peux pas m'empêcher non plus de faire de ces accouchements l'équivalent d'un jeu naturel, quitte à laisser au divin hasard le soin de jeter son dévolu sur celles qui tirent les bons numéros comme dans une loterie sur la vie. Les difficultés pour mettre au monde le petit de l'homme me laissent loin des gaiétés des contes, fussent-ils d'un esprit rabelaisien qui sied bien aux bons vivants.
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Ce fut un beau concert
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Bien qu'il y ait déjà quelque temps que j'ai pu entendre la voix de Measha Brueggergosman au Grand Théaâtre de Québec à l'occasion d'un concert qu'elle donnait là en compagnie de l'orchestre symphonique de Québec, je garde un souvenir impérissable des tonalités si particulières de sa voix, de celles que seule la culture d'un riche passé, fût-il fait de souffrances, permet d'exprimer. À l'instar d'autres cantatrices qui partagent cette culture avec elle, elle sait marier la gravité des sonorités qui partent de plus loin dans les graves dramatiques que ce qu'en expriment habituellement les chanteuses, lesquelles sont associées au tragique de l'existence, avec cette sublimation spirituelle qui les dépassent vers des espérances qui échappent à celles qui ne partagent pas cette culture avec elles. C'est donc le souvenir d'une voix particulière et bien typée dont je garde le souvenir.
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L'art de nous rejoindre par les racines
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Sol nous rejoint par les racines, non pas seulement celles des mots qu'il reprend par les pieds de la lettre, ceux-là mêmes qui les clouent au sol, mais aussi parce qu'il sait qu'en fouinant dans leurs soubassements, il pourra faire communiquer entre elles des idées que tout sépare à la surface, une fois que les grands en auront recuilli le sens précis et définitif. Voilà pourquoi, Sol prétend que son personnage est un petit enfant, non pas seulement parce qu'il est naïf, mais parce qu'il n'a pas encore dépouillé les mots de toutes leurs résonnances. Leurs mots, comme les siens, sont porteurs d'une multitude de sens, avec cette différence que les siens évoluent quand même souis le regard clairvoyant de leur auteur qui les dirige ici et là au gré de sa fantaisie et surtout, avec cette intention de débusquer la bêtise, où qu'elle se trouve. Sol est donc comme un enfant précoce qui aurait refusé de devenir adulte à n'importe quelle condition, qui aurait refusé d'abdiquer son intégrité et le vif argent de sa spontanéité. Cette innocence adulte est le propre du cheminement de n'impote quel philosophe qui se respecte quand il ose poser les questions qui demeurent sans réponse, ou bien de la démarche de tout savant qui sait qu'il ne faut jamais prendre les choses pour acquises. Ce sous-marinier du sens nous fait donc communiquer par nos racines, celles qui nous lient les uns aux autres sans qu'on le sache, faisant de nous des arbres à chèvres qui se fécondent par les racines et qui sont tout ébahis de voir de petites chèvres se promener sur leurs branches sans qu'ils se sentent bêtes pour tout ça.
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Le théâtre et le 7E art
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À voir évoluer la scénographie de nombreux créateurs de théâtre à l'heure de maintenant, je suis étonné que l'on ne se soit pas intéressé plus tôt à expliciter les rapports de plus en plus intimes qui tissent leurs liens entre le cinéma et le théâtre. Comme cas de figure pour marquer ces rapports, il y a bien sûr le théâtre de Robert Lepage et de combien d'autres créateurs de théâtre de maintenant qui travaillent dans la même veine de création. En fait, les ellipses, qui sont partie intégrante du langage cinnématographique, lesquelles permettent de se projeter vers le futur, ou de retourner dans le passé pour expliciter la profondreur du moment présent, lequel y trouve des résonnances qu'il n'aurait pas autrement, se retouvent au théâtre sous la forme d'effets multimédias, ou par le concours rapproché d'autre formes d'expression artistique comme le sont la musique ou la danse. C'est en tout cas le sentiment que me laissent toutes ces expérimentations scénographiques au théâtre. Mais pour en arriver à ces produits artistiques qui semblent souvent aller d'eux-mêmes quand on les regarde avec l'oeil du spectateur, de combien de répétitions, d'essais et d'erreurs sont-ils redevables et que nous ne soupçonnons même pas. Alors, que leurs artisans soient récompensés et rémunérés pour ces efforts me semble aller de soi.
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Le diable au corps
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S'il est un auteur, et surtout un livre, qui marqua au Québec le passage de la littérature contrôlée par l'Index, lequel obligait les lecteurs à fréquenter l'enfer des libraires, surnom que l'on donnait à cette réserve de livres que l'on mettait moins en vue et qui avait pour commun dénominateur d'être tous à l'Index, c'est bien de l'auteure Françoise Sagan dont il s'agit et de cette oeuvre qui nous la fit connaître, laquelle se nommait Bonjour tristesse. Malheureusement pour elle comme pour les auteurs qui sont précédés de leur réputation sulfureuse, souvent les souvenirs que l'on en garde ont plus à voir avec les anecdotes qui entourent leurs oeuvres qu'avec leurs propres oeuvres. J'ai donc le sentiment que l'on est passé à côté de celle qui dans l'esprit de plusieurs devenait de ce fait un auteur de second niveau, ou en tout cas, qui ne cadrait pas avec l'image sérieuse que l'on se faisait des littérateurs. On se méfiait d'elle avant que d'en avoir lu une seule ligne, du moins dans le contexte pudibond du Québec de cette époque de Bonjour tristesse. Il faut souhaiter que l'oeuvre de Sagan donne maintenant prétexte à des analyses qui iront au-delà de l'épiderme du personnage afin que pour nous, elle entre dans le monde de la littérature pour y occuper la place qu'elle mérite, grande ou petite, peu importe, mais pourvu que ce ne soit pas encore par la porte des scandales.
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La tradition est à l'honneur cette semaine
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Comment ne pas voir dans ce récit une métaphore qui tente de réhabiliter la tradition culturelle. Si l'auteure n'avait pas fait de son précédent roman une sorte d'essai visant à montrer les pouvoirs de la culture et de la tradition sur les esprits, nous pourrions peut-être penser autrement. Mais il y a à l'évidence de la part de cette romancière une volonté de montrer la prégnance des traditions sur les esprits, même quand leurs vies sont toutes imprégnées par ailleurs de modernité. C'est dans la trame même de ce roman qui suit deux lignes musicales parallèles, celle du classique et celle de la chanson populaire, que se tissent les rapports imbriqués du modernisme et de la tradition. On devine, à partir des personnages dont la réputation est réhabilitée, toute la nostalgie de l'auteure pour des époques où la culture n'était encore que tradition. Le glissement vers l'essai est donc palpable et se donne comme des excuses pour justifier la nécessaire adaptation des pratiques ancestrales aux moeurs et aux nécessités de maintenant. Le thème nostalgique du roman qui est chapauté par des références à Mozart en est d'autant mieux servi puisque cette musique est la parfaite illustration des imbrications des époques anrtérieures et de celles qui les suivent. Souvent les amateur de cette musique vivent les mêmes nostalgies.
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La poursuite en avant
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Dans leurs désirs de favoriser la poursuite des études avancées et par la fierté qu'elles affichent à en monter les résultats, les institutions universitaires montrent bien qu'elles sont le reflet de nos sociétés de croissance qui ont besoin de piger dans un réservoir abondant, et par conséquent moins couteux, de personnes diplômées possédant les connaissances nécessaires pour alimenter leur croissance, quitte à développer la surconsommation, l'économie de guerre ou la pollution galoppante une fois ces connaissances reconverties selon des priorités économiques à court terme. Dans ce beau panorama dont elles sont fières, il y a un grand oublié, soit cet étudiant qui se contente d'aller y chercher un diplôme de base et qui ne se considère pas comme un simple alibi pour l'obtention des subventions gouvernementales, lesquelles sont distribuées au prorata des nouvelles admission. Alors, plus les nouvelles admissions se font nombreuses et plus grasse sera la manne gouvernementale, si tant est que l'on puisse parler ainsi des fonds qui se dont de plus en plus restrictifs. Dans ce contexte, les efforts des universités pour appuyer les étudiants dans leurs efforts en vue d'obtenir leur diplôme au bout de leurs études sont louables et elles sont encouragées à agir dans ce sens. Par ailleurs, dans le beau palmarès que les statistiques officielles donnent sur le chômage des diplômés des universités, on prend un soin délibéré à ne les présenter que sous leur jour le plus favorable. C'est ainsi que des taux de placement de 90% cachent un taux de chômage de 10%, ce qui est énorme. De plus, ces statistiques ne dévoilent jamais leur côté encore plus sombre, soit celui que cache le fait qu'on ne dévoile jamais la qualité ou le rapport au diplôme de ce placement. Obtenir un poste de commis pour un détenteur de baccalauréat le fait sortir des statistiques officielles du chômage, mais est-ce-là un succès pour ce diplômé.
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Développement culturel et développement économique
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Il est d'usage courant d'opposer le développement culurel, associé à des activités gratuites, au développement économique, considéré comme étant le résultats des activités payantes. Pourtant, si les deux types d'activités se heurtent souvent par les visions du monde qu'elles véhiculent, elles se rejoignent au final par les retombées économiques que génèrent les activités culturelles, et par les retombées culturelles que les activités économiques engendrent à partir des réflexions des artistes qui en vivent les effets. C'est à partir de ces paradoxes et de cette incompréhension réciproque que souvent les partenaires de ces deux mondes se heutent sans qu'ils ne prennent conscience des inexorables liens qui les lient les uns aux autres. Des galas du genre de celui que l'on s'apprête à fêter à la Bordée nous obligent à sortir de notre bulle, du moins le temps d'une fête. Ils sont la manifestation que nos sociétés ne sont pas des sociétés bloquées et qu'il y a encore de la place pour la liberté et le développement au sens intégral du terme. Il reste à souhaiter que cette reconnaissance puisse se traduire plus souvent en soutien effectif et concret pour ceux qui en sont les premiers artisans, à savoir les artistes et les créateurs.
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