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La porte du nord y est toute peinte de blanc
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Quand la neige tombe en abondance et qu'il est possible d'en profiter sans que le sel et le cambouis s'y mêlent pour en faire cette chose affreuse qui fait tant damner les citatins qui n'en croient plus leurs bottes d'hiver, pourquoi ne pas attaquer l'hiver aussi positivement que ce que nous propose cet article. Même ceux qui pestent contre lui sont les premiers à le regretter l'hiver québécois s'il leur arrive d'en être tenus loin pendant plus d'un hiver. Demandez-le à ceux qui nés au Québec ou non, et qui en ont fait l'expérience de cet exil et vous serez surpris de leurs réponses. Même Denis Laferrière qui détestait l'hiver de toutes ses pores en a ressenti le manque après plusieurs années passées au soleil l'hiver, alors c'est bien pour dire à quel point sa magie blanche finit par fasciner tous ceux qui viennent à son contact. Je n'ai donc aucune crainte pour qu'il n'en soit pas ainsi quand il s'agit de ces neiges vierges qui blanchissent en abondance cette région du Saguenay-Lac-St-Jean. Je ne l'ai jamais connue à cette époque-là de l'année, mais un zoo l'hiver à St-Félicien me fait rêver presqu'autant qu'un zoo la nuit dans un film de Rozon. La vue des quelques glacis qui parsèmeraient un lac-St-Jean reflétant une lumière descendue tout droit du nord pour l'éclairer me donne aussi des visions éblouissantes. La visite d'une forêt que la neige aurait domptée de son long fouet de laine blanche est tout aussi propice a créer des paysages de rêves que tous les Noëls réunis, comme la vue d'une rivière que le froid aurait domestiquée pour qu'elle se prête docilement à ce que les petites maisonnettes colorées des pêcheurs lui montent sur le dos. Il n'est pas étonnant que l'on vienne parfois de très loin pour la visiter.
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L'enfance comme le pays dont on est aussi issu
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Si cette petite fille tient bien serrée autour d'elle cette corde à danser qui dessine son petit périmètre de vie, la corde qui est tendue au lecteur est d'une tout autre dimension tant elle l'invite à descendre dans les profondeurs de cette enfance qui porte déjà en elle tous les drames de l'existence. Le contraste entre l'enfant de la surface qui se contente de jouer à la corde pendant que des images éparses remontent de sa mémoire comme des photos de situations banales, et l'enfant des profondeurs qui sait intuitivement que son enfance est déjà loin derrière elle et que son existence en est à jamais marquée, il y a tout le contraste qu'il peut y avoir entre le blanc et le noir, l'innoncence et l'expérience, le bonheur et le malheur. C'est bien sûr le narrateur caché derrière les yeux et les oreilles de cette petite qui donne toute cette réverbération aux propos de la petite et aux images sombres qui se bousculent sur les murs blancs de sa mémoire. En se tenant fermement sur les paramètres de ce propos, l'auteur se fait acrobate en évitant les pièges de tomber soit du côté de l'enfant, ce qui rendrait le propos plus anodin, soit pire encore, du côté de l'adulte qui prête ses propos à l'enfant, ce qui le transformerait en propos grandiloquent ou pathétique. Le côté tragique du récit réside donc dans ce difficile équilibre dont l'auteur qui est une habituée des romans jeunesse a sans doute appris à jouer sur d'autres plans plus légers. La vision dans ce roman est aussi renversée au regard des romans jeunesse alors qu'au lieu de présenter le regard émerveillé des adulte pour le monde de l'enfance, c'est celui désabusé d'une enfant qui regarde le monde des adultes.
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De proche en proche
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Dans cet univers romanesque fait de contrastes, la référence à des contraires, à des oppositions finit par engendrer une sorte de complémentarité à défaut d'en présenter la synthèse. Comme souvent les extrêmes le font, ces contraires finissent par se rejoindre en créant du seul fait de leur opposition le lien logique, et ici existentiel, qui les réunit dans une même affirmation. Ce procédé est réussi en faisant appel à des situations bien marquées existentiellement comme le sont d'une part celles de Noé qui accompagne des mourants et qui est donc tourné de tout son être vers la matétialité de la vie qui est le signal à partir duquel il se relie à elle. En contrepartie, les situations dans lesquelles est plongée Sarah sont toutes tournées vers la spiritualité de la vie qui cherche au contraire à se départir des contraintes matérielles pour tenter de l'atteindre. Si la vie de Noé symbolise le proche et l'immédiateté des choses et de la vie, celle de Sarah en manifeste quant à elle le lointain. Sans autre liens, ces deux univers seraient irrémédiablement fermés l'un à l'autre et l'auteur n'aurait jamais pu écrire cette phrase magnifique qui est citée au début de cet article pour monter le pouvoir de ce sentiment qui se veut la réponse aux contracdictions représentées par ces deux vies que sont celles de Noé et de Sarah. C'est pour l'auteur grâce à lui si cette synthèse du proche, et du lointain est possible et les prénoms quasi messianiques de ces héros sont sans doute là pour monter toute la teneur existentielle qu'elle lui prête. C'est à mon sens dans cette optique complémentaire qu'il faut voir ces situations plutôt qu'à travers une interprétation étroite de la spiritualité qui en ferait un récit plus banal.
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Montrer l'incommunicabilté
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Il est tentant de voir dans les oeuvres de cette artiste et dans les questions qu'elle pose de manière récurnte une manifestation de ce que représente pour elle l'incommunicabilté, ou bien encore les obstacles qui se posent à la communication entre humains. Par exemple, cette série d'oeuvres qui prennent pour thème les silence en échos réverbèrent aux quatres coins de notre entendement toute la surdité du monde pour cet être-là dont la présence dans le monde ne provoque à sa surface pas même l'ombre d'un écho, comme pour lui dire que son existence est vaine et qu'elle n'y laissera pas même l'ombre d'une trace. C'est une position existentielle qui cherche à montrer tous les avatars de l'incommunicabilité. Telles sont voulues les images de deux corps que rien en apparence ne sépare et que montre ce papier translucide, et qui pourtant sont prisonniers chacun de leur univers et incapables d'entrer en comunication. Quant à cette autre question qu'elle pose quand elle demande combien il faut de temps pour que les sons d'une voix en atteignent une autre, elle reprend ce même thème, mais en mode mineur cette fois, puisqu'il y demeure une petite brèche dans le mur du son qui mesure la communication en temps et non plus en impossible. Telle est la symbolique de cette oreille qui représente toute l'intentionnalité de la communication, mais où les bruits sur l'échelle du temps finissent par en avoir raison en retournant vers le néant et l'entropie toute cette énergie créatrice qui finit elle aussi par ne plus susciter d'échos. Si les horizontales symboliques se retrouvent souvent dans ces constructions imaginaires, c'est pour bien monter l'inanité de la recherche de la communication soit par l'art, soit autrement. C'est en images un vibrant poème sur le thème de la solitude.
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De vieux concepts avec des mots nouveaux
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Que faudra-t-il entendre de la part de ces nouveaux vieux en politique qui nous proposent tels ces démagogues de l'union Nationale de jadis de lutter pour un Québec fort dans un Canada uni. Cet intellectuel qui est au centre des prises de position constitutionelles de l'ADQ et de Mario Dumont ne peut pas nous distraire de l'objectif qu'il vise malgré la nouveauté de l'emballage des concepts qu'il propose pour résoudre la crise identitaire du Québec. Dire comme il le fait que cette crise résulte uniquement du rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne ne distingue nullement son parti du parti libéral du Québec qui ne l'a pas vraiment accepté lui non plus. Cela ne fait que situer sa démarche dans la mouvance des rebondissements qui firent suite au bris de ce mirroir aux alouettes qu'étaient les propositions du rapport Allaire, lesquelles ne faisaient que réchauffer ce vieux menu de l'autonomisme provincial. Le problème identitaire du Québec est plus ancien et demande des solutions plus étoffées que celles que nous propose l'ADQ. Cette résolution passe par l'affirmation de la souveraineté du Québec, ce qui se traduirait évidemment par la formulation d'une constitution qui lui serait propre. Le concept cesse d'être alors purement autonomiste, puisqu'il ne concerne plus le statut d'une province, mais celui d'une nouvelle nation, et alors ces positions rejoignent celles du parti québécois. Sur le plan constitutionnel, il n'y a pas de place pour l'ADQ qui tantôt se fait l'écho du parti libéral, et tantôt celui du parti québécois. Quant à ses positions en matières culturelles et sociales, elles sont à ce point réactionnaires qu'elles nous ramènent encore plus en arrière que ne le font ses positions constitutionnelles.
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Le calme après la tempête
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Le repos que nous montre cet univers poétique n'est certainement pas celui du partisan du quiétisme qui ne voit dans le monde que la projection de ses rêveries pour s'empêcher d'y voir le vrai décor, mais celui d'un voyageur qui a su le voir tel qu'il est et qui pose un moment ses bagages sans oublier ce qu'il y a vu. Il sait qu'il reprendra bientôt ses voyages pour sonder à nouveau les confins de l'âme humaine et du monde, comme ces oiseaux migrateurs qui s'arrêtent quelques temps pour refaire leurs forces avant de repartir vers leurs destinations. Il ne s'interdit donc pas de voir de la beauté dans ces peits bonheurs qui l'accompagnent dans sa halte, puisqu'ils sont eux aussi bien réels et qu'on les voit d'autant mieux quand on revient de loin. Pourtant, ce voyageur sait bien qu'il se lassera bientôt de les regarder de trop près parce qu'ils perdront alors de leur relief, comme si ce que l'on avait demanait sans cesse d'être redécouvert pour exister. Il manifeste ainsi en poésie tous les paradoxes de la vie où le beau côtoie le laid, la bonté la malice, la compassion la torture. Mais plutôt que de les faire se quereller dans sa conscience qui ne serait ainsi jamais en repos, il préfère se donner la chance d'une sagesse qui les y fait cohabiter tant bien que mal et dans des espaces bien départagés. Il peut ainsi passer d'un univers à l'autre sans craindre de ne plus pouvoir y voir clair et avec la certitude de ne rester prisonnier d'aucun d'eux, en étant aussi libre que ces oiseaux sauvages qu'il imagine voler dans le ciel de ses rêves.
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Des manifestes bien plus que de l'art
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Ces interventions dans le domaine de l'art sont des manifestes bien plus que des oeuvres d'art en tant que telles. C'est du moins de cette façon que je les comprends, car sinon, et en les prenant pour ce qu'elles ne sont pas, il faudrait manifester soit notre ennui, soit notre dérision. Ce qu'elles dénoncent si manifestement, c'est la pollution des images qui tend à nous faire oublier les réalités qui sont derrière leurs agitations et leur boulimie de mouvements. Elle veulent nous faire prendre conscience que derrière le mouvement anonyme des passants qui circulent autour et dans les immeubles des centres-ville, il y a la fixité des cadres de leur existence qui sont toujours et invariablement les mêmes, au boulot comme ailleurs. Comme il y a aussi la solitude du joueur pathologique derrière les images du hasard truqué qui se promène en mille éclats de lumière colorée sur son visage livide. Comme il y a la pérennité des conditions de vie des habitants des bidonvilles auxquelles ils n'échapperont pas leur vie durant malgré tout le brouhaha de leurs rues pleines des cris des enfants ou des victimes que l'on y traque comme s'il s'agissait des antres de l'enfer. Comme nous l'a montré aussi Warhol d'une autre manière quand le portrait de Marylind tentait de faire oublier la vie mise en boîte à conserves. Mais paradoxe des paradoxes, cette dénonciation est elle-même redevable du pouvoir des images, puisque c'est par le recours à des images qu'elle arrive à le faire. Ce n'est donc pas le pouvoir des images que l'on remet ainsi en cause, mais leur utilisation démagogique pour masquer des réalités par des marchands de rêves qui y trouvent leur profit.
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Des récompenses qui font sortir de l'ombre
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Comme il arrive souvent, pour ne pas dire presque toujours, les prix littéraires viennent récompenser des auteurs à peu près ignorés, ou même qui étaient complètement inconnus avant ce prix, du moins en autant que le grand public est concerné. Les Prix littéraires du gouverneur général ont de plus une appellation trompeuse puisqu'ils ne récompensent pas que des littéraires, mais aussi des scientifiques, ou encore des auteurs d'ouvrages à teneur historique ou documentaire. Ils contribuent alors à faire sortir de l'ombre non seulement des auteurs de fiction, mais aussi des réalités cachées ou passées sous silence. C'est ce que fait entre autres mises en lumière, le prix décerné à Roméo Dallaire pour son ouvrage qui révèle tous les intérêts qui se sont affrontés au Rwanda, souvent par puissances occidentales interposées. Son livre a le mérite de montrer toutes les compromissions auxquelles des puissances de l'occident se sont livrées, entre autres puissance la Belgique et la France, pour ne pas laisser intervenir efficacement dans le conflit en supportant les forces d'intervention censées séparer les belligérants et empêcher le génocide qui se préparait depuis longtemps en raison de la place grandissante que l'on laissait aux extrémistes, surtout hutus d'extême droite. Si on lui en avait donné les moyens, il aurait pu faire en sorte que ce conflit suicidaire n'ait pas lieu. L'objectivité dont est capable l'ONU dans les conflits au sein desquels des intérêts extérieurs se mêlent est aussi fortement questionné par Dallaire. Il a été incapable de briser le mur des compromissions qui s'étaient formé au sein de l'ONU, et cela malgré le dévouement infaillible de quelques personnes qui le soutenaient, dont des canadiens et le secrétaire général. Ce prix sera un baume sur ses plaies.
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J'ai détesté hawaienne, mais ne l'ai point fait de leur prestation
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S'il me fallait m'en remettre entièrement à ce seul succès qui fut celui de leur chanson Hawaïenne, je porterais un jugement très négatif sur ce groupe qui n'est pas que je sache un groupe d'humoristes et dont le nom n'est pas double Denis mais Triples accords. Il ne faut pas à ce point confondre les genres et pardonner à Hawaïenne son texte ridicule sous prétexte que ce groupe ferait de la musique seulement pour s'amuser, au risque de faire paser un texte bébète pour de l'inspiration humoristique. Heureusement qu'ils sont les premiers, malgré le sucès qu'il leur a valu, à s'en détourner lorsqu'il est question de les inviter à se produire de nouveau. Ils savent qu'ils valent mieux que cette chanson de circonstances et ils ont bien raison de le croire. Pour les avoir vus et entendus en spectacle au Centre Bell, je sais qu'ils sont quand même capable d'invention musicale. Certes, cela ne fait pas d'eux les nouveaux génies de la scène musicale et de la chanson, mais cela ne permet pas non plus de les classer parmi les derniers de celle-ci, ni au rang des imposteurs. Il ya beaucoup plus d'imposteurs déjà solidement implantés dans ce milieu, parce qu'ils pillent des textes et des musiques à d'autres dont ils ne révèlent même pas les noms, ou qui se prennent terriblement au sérieux parce que leur patronnage auprès d'une clientèle infortunée de créateurs leur aura permis de camoufler leur vol du beau nom de collaborateur à la production et d'apposer leur seul nom au résultat final. Au moins, avec les Trois Accords, nous savons qu'ils sont authentiques et que ce qu'il nous présentent est de leur propre cru. Par ailleurs, sur scène, ils se défendent très bien, que nous soyons d'accord ou non.
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Qui trop embrasse, mal étreint
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Si ce proverbe qui dit que qui trop embrasse, mal étreint, peut être dit de cet Alexandre dont l'immensité de l'étendue des conqêtes avec les moyens du temps laisse encore songeur, il peut l'être aussi du réalisateur de ce film qui dans sa folle entreprise a voulu satisfaire à la fois le meunier et son fils. Cette réalisation sent le compromis à des lieues à la ronde, comme si on avait tenté d'y concilier des intérêts par ailleurs farouchement divergents. Cette dualité se remarque dans la trame intime de ce film. Il y a en effet d'une part une narration que l'on met dans la bouche de Plolémée et qui est là pur faire les liens et les mises en situation historique que le film ne fait pas et qui ont presque l'air d'être des apartés, même si le personage s'adresse en principe à des scribes chargés de recueillir ses mémoires pour la Grande Bibloithèque d'Alexandrie, mémoire des mémoires de ce temps, ce qui donne au film des allures parfois faussement didactiques et empesées. D'autre part, il y a le feu d'une action qui emprunte quant à elle tous les canons hollywoodiens à la manière d'Oliver Stone, soit en ayant recours aux flous et à l'hypostase des héros au travers d'une vision qui nous rappelle ses tics qu'il promène d'un film à l'autre. L'action en arrive ainsi à être mal située et à n'être plus là que pour magnifier des héros à la mode de la mythologie individualiste la plus primaire. Si on arrive au travers de ces gravats à comprendre quand même que ce héros est présenté comme un libérateur portant les idéaux de la monarchie éclairée à la lumière aristotélicienne, cela ne peut manquer de faire sourire quand il est alors représenté à Babylone comme étant accueilli comme un libérateur que tous acclament comme un héros. La dérive vers des visions du présent de Babylone est alors trop visible pour que l'on ait envie de le suivre sur ce terrain. En somme, on quitte le cinéma avec dans la bouche une désagréable haleine de légume.
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Un ami qui vous veut du bien
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Ce scénario pourrait facilement devenir le scénario d'un film, d'autant plus que ce ne sont pas seulement des rebondissements qui le rendent attrayant pour la caméra, mais aussi ce quelque chose de vaguement philosophique dans le regard désabusé qu'il porte sur une certaine nature humaine. La descente aux enfers est enclenchée de telle sorte que le héros au stade premier de la décrépitude se retrouve seul devant son ignominie, condamné à se chercher du travail par sa femme. Déjà, il n'appartient plus à la sphère des humains aux apparences normales puisqu'il appartient à la classe de ceux qui sont incapables de se trouver de l'emploi. Puis de déchéances en déchéances, il en arrive à vouloir dévaliser son semblable. De chômeur de longue durée, le voilà devenu mauvais larron et voleur. Puis, sur cette pente déclinante de la moralité et de la peinture de la nature de ses semblables, le récit nous amène encore plus loin dans le côté abject des sujets, soit chez ce personnage qui est plus que voleur puisque c'est la vie même de ses semblables qu'il vole. Du voleur, nous sommes passés au meutrier. Il y a jusqu'à cette situation de l'action en sous-sol qui symbolise cette descente dans l'abject. Mais c'est à ce moment que le côté philosophique du récit reprend ses droits, puisque le meutrier est en même temps un geolier qui garde notre voleur dans cet espece clos avec sous les yeux la présence de cadavres mal enterrés, comme s'il se voulait le dernier sursaut de sa conscience. Sur cette lancée où la morale pointe le bout de son oreille, notre héros déchu doit demander sa liberté à quelqu'un que tout son comportement arrogant tendait jusque-là à rendre encore plus méprisable parce que infirme, soit ce voisin bossu qui devient subitement plus grand que lui. Et le narrateur aurait pu conclure comme La Fontaine que l'on a souvent besoin d'un plus petit que soi.
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Le rap blanc est trop rare pour que tout de suite l'on mette l'oeuvre au noir
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Peu m'importe les motivations des uns et des autres dans cette affaire, ce que j'en retiens est le fait très rare de la présence décisive du rap sur la scène de la musique grâce à ce rappeur peu banal. Qu'on ait voulu par ailleurs en faire ressortir toute la portée socio-politique est tout à fait normal. Ce phénomène n'est pas une génération spontannée, mais découle de l'existence des grandes banlieues-ghettos des mégalopoles qui donnent la réplique aux attitudes silencieuses et distantes des belles banlieues dortoirs de ces mêmes agglomérations. Elles se font d'autant plus vindicatives que leurs paroles leur reviennent répercuté comme l'écho contre les murs dont s'entourent maintenant les banlieues-dortoirs. Elles sont la manifestation d'une cassure sociale les paroles du rap qui sont les seules armes dont disposent les exclus pour se faire entendre. Je ne me rangerai donc pas dans le camp de ceux qui les dénoncent ou qui mettent des bémols à leurs notes trop crues à leur goût. Bien plus que des provocations, c'est de dénonciations dont il s'agit. Ce n'est pas vouloir faire de Éminem un dieu du rap qu'a voulu faire Anthony Bozza, mais monter l'importance et surtout le symptôme culturel et social que cette forme d'expression musicale sans précédent représente. Donné sous des formes qui s'apparentent au monologue, le rap est la manifestation de ce dialogue de sourd entre membres d'une même société qui ne communiquent plus aux extrêmes que sous la forme d'un langage codé à saveur normative et technique qui en expurge tout le côté humain et vécu. Reprenant ces contenus oubliés, le rap les fait gicler sur la cervelle des gens qui ont choisi de demeurer sourds.
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Les pièges de l'autofiction
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Vedette habituée des plateaux de télévision consacrés aux livres, Chistine Angot aime à subjuguer les lecteurs en se promenant volontiers de part et d'autre de la mince frontière qui sépare la fiction de la réalité, le narrateur de l'auteur. Cela lui semble sans doute normal, elle qui a fait du mal de vivre la matière inépuisable de son inspiration. Il ne faut pourtant pas donner dans ce piège qu'elle nous tend pour se donner à elle-même la réplique à ce petit jeu de l'autofiction. Ce qu'elle fait finalement est de la littérature. Elle ne nous convie pas à lire ses livres sur le divan d'un psychanaliste. Peu importe où elle emprunte ses matériaux d'écriture, à partir du moment où elle emprunte la forme romanesque pour les traiter et qu'elle le fait dans un style qui doit tout à l'art et rien à la science, nous sommes bien en présence d'une oeuvre littéraire qui doit être vue comme telle. S'il faut aller au second degré de l'écriture, vers ce que révèle les écrits littéraires, ce n'est pas vers Christine Angot qu'il faut tourner nos regards, mais vers nous-mêmes et la société qui fait que de tels rapports existent. Il n'y a pas de frontières étanches entre la maladie et la normalité comme il n'y en a pas non plus entre la réalité et la fiction, ou encore entre la fiction et l'autofiction. Ce nous auquel ce couple désaxé ne peut parvenir ne serait-il pas aussi un cas de figure extrême de l'impossibilité qui nous est faite sur tous les plans d'en arriver à quelque nous que ce soit. La littérature en arrive souvent à faire l'hypostase des malaises sournois qui nous rongent un peu à chaque jours qui passe. Ces excès de fièvres n'en sont que la manifestation condensée.
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Pour avoir entendu leurs arguments pour et contre, je choisis mon camp
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J'ai pris connaissance des arguments en faveur des positions de Tariq Ramadan et de ceux qui lui étaient opposés lors d'une émission télévisée en provenance de France sur TV5. Pour les avoir soupesés, je sais que je puis tranquillement choisir mon camp et que celui-ci ne se laissera pas prendre aux pièges des arguties de ce diplomate qui se prend pour le messager de l'Islam. C'est d'ailleurs d'une femme de culture arabo-musulmane que les attaques les plus dures à son endroit sont venues lors de cette rencontre télévisée, des attaques qui portaient et auxquelles il était incapable de rétorquer. La rage qui l'animait alors était palpable et nous montrait très bien les attitudes profondément rigides de ce faux diplomate quand son masque tombait. La place des religions dans nos sociétés n'a pas à être négociée avec qui que ce soit. Sa sphère et sa légitimité sont déjà reconnus et celle-ci est située dans le domaine de la vie privée. Tout messianisme qui tente diplomatiquement ou autrement de faire en sorte que les droits et libertées collectifs qui sont les nôtres, d'ailleurs obtenus à la suite des longs déchirements culturels et sociaux qui nous les ont apportés à chacun de nous, doit être qualifié d'intégrisme, qu'il soit modéré ou non. Car c'est bien d'intégtisme modéré dont il faut parler dans le cas de Tafiq Ramadan, et non pas de foi musulmane modérée. Cette foi musulmane modérée est celle qui accepte les libertés citoyennes qui sont les nôtres et qui s'en accomode telles qu'elles sont sans chercher à les infléchir de quelque manière que ce soit. Sinon, il faut parler d'intégrisme. C'est ce message servi par une coréligionnaire émancipée qui a fait bondir de rage notre énergumène. Le chat était sorti du sac.
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Un sacrifié sur l'autel de la moralité étroite
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À partir de Kinsey, les perceptions des relations amoureuses et celles de la sexualité ne furent plus jamais les mêmes, tant aux États-Unis que partout dans le monde où ce rapport fut connu. Mais c'est bien sûr aux États-Unis où son impact a été le plus grand, tant il heurtait de front les croyances et les valeurs fondatrices de cette culture qui avait fait des moeurs et de la rigidité moralisatrice le fer de lance de son implantation dans un milieu hostile. C'était une façon pour ceux qui la portaient de se souder ensemble autour de familles dont le noyau constituait la semence fragile que l'on esopérait pouvoir être capable de repousser dans un milieu peu enclin à la recevoir. Bref, le puritanisme de l'Angleterre révoltée contre les abus se conjugait à la nécessité de faire bloc contre les difficultés de la colonisation d'une terre nouvelle, que l'on présentait d'autant plus comme étant la terre promise qu'on la volait en fait aux populations qui y étaient déjà installées. En scientifique qu'il était, Kinsey n'a pas songé aux retombées de ses recherches qui montraient toute l'inanité et l'obsolescence de cette moralité devenue complètement caduque, mais qui continuait d'investir les esprits à son époque. La famille patriarcale avait des fondements qui reposaient sur le sable, puisque depuis longtemps déjà les femmes avaient aussi un comportement sexuel qui ressemblait à celui de leurs hypocrites maris. Plutôt que de reconnaître ce fait, les pouvoirs politiques et religieux ont tenté d'immoler le messager des temps nouveaux. Si Kinsey avait pu aussi intégrer la dimension culturelle à ses recherches, il aurait compris que la sexualité est autant affaire de culture et de civilisation que de pulsions biologiques et animales, et que l'amour en est la synthèse. Comme il n'est pas certain que cela soit encore compris, ce film n'a pas fini de devoir être projeté sur l'écran de nos consciences obscures.
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