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Marc Audet
Marc Audet
October 2004 - Messages
31 octobre 2004, 6:04
Un organiste de renom qui ne l'a pas fait mentir
Les oeuvres que nous a fait entendre cet organiste de renom étaient à la hauteur de sa maîtrise de cet instrument et surtout, de sa compréhension profonde des possibilités de cet instrument pour lequel ont composé des créateurs aussi différents que Bach ou Roger Matton. Il ne s'est donc pas présenté à nous comme un soimple virtuose. C'est par sa capacité d'intrerpréter les oeuvres qu'il s'est au contraire montré. Les oeuvres au programme n'étaient donc pas des oeuvres faciles. Il suffisait de lire les notes musicologiques figurant au programme de ce concert pour s'en convainvre. Le défi pour Gaston Arel était donc de taille. Il l'a relevé avec brio et beaucoup de sensibilité. Autant dans le prélude et fugue de Bach que dans l'oeuvre contemporaine de Roger Matton a-t-il été possible de suivre les traces de l'inspiration qui ont guidé ces compositeurs. Celle-ci s'est faite tantôt nostalgique chez Bach, tantôt romantique chez Schumann, ou encore tragique chez Franck ou bien jubilatoire chez Matton. Ce fut donc un concert très diversifié, tant par la composition des musiques au programme que par les écarts de temps entre les pièces qui furent présentées, les unes étant anciennes et les autres contemporaines. Gaston Arel n'est d'ailleurs pas qu'un interprète de talent. Il a été le président des Amis de l'orgue de Montréal et de la Fédération québécoise des Amis de l'orgue. Cet association est celle qui rend possible à Québec, entre autres endroits du Québec, une série de concerts qui ont lieu dans les diverses églises de cette région. Ce concert en l'église du Très-Saint-Sacrement était en fait le troisième de cette saison qui en comptera encore cinq autres. Le prix d'entrée aux concerts est minime et même parfois libre. Le prochain concert sera celui qui sera donné à la Basilique de Québec par Vincent Boucher.
31 octobre 2004, 11:04
Il ne faut plus douter
Le talent certain de cet artiste interdit maintenant de douter. Ni lui-même, ni ceux qui écoutent ses paroles n'ont la moindre raison de le faire. Le jury des compétitions qui lui ont décerné ses prix ne s'est pas trompé, il les méritait. Pour ma part, c'est par ses paroles, par son incontestable don de poète et de parolier que Dumas m'atteint surtout, même s'il serait tellement plus facile de l'être par le détour des musiques ou des images de film auquel il collabore. À mon sens, les images que ses mots suggèrent valent tellement mieux et sont tellement plus fortes que celles de ce film où on l'entend, que c'est un peu le mépriser que de ne lui rendre hommage que pour les images cinématographiques d'un film qui vaut ce qu'il vaut. Par exemple, les paroles d'une chanson comme Guernica sont tellement plus intenses et fortes que les images romantiques à la sauce Mariveau que la comparaison tourne facilement à l'avantage de Dumas qui n'est pas qu'un créateur d'ambiances pour d'autres créateurs. Il dépasse aussi de plusieurs coudées par son talent d'écriture ceux des artistes auxquels sont associés ceux qui ont prêté leur concours à son dernier disque. Ce n'est pas ravaler le talent de ceux qui sont impliqués par ces comparaisons. C'est tout bêtement reconnaitre son talent pour ce qu'il est. Cherchons des artistes de la chanson qui peuvent en dire autant dans leurs textes, ici et ailleurs. Je mets au défi d'en trouver. Il y a a bien sûr d'autres qui sont de grand talent comme lui, mais trop souvent, leur inspiration trouve leur envol dans le seul cliquetis des mots, alors que Dumas la trouve lui dans le cliquetis des jours et de la vie des humains. Je ne voudrais pas être injurieux, mais je me dis que si l'on retirait tous les petits minets de la comparaison, il n'y en aurait plus beaucoup en lice pour se comparer à lui.
31 octobre 2004, 10:00
Que pour rue Saint-Louis en l'Ile
Il n'est pas nécessaire d'apprécier toute l'oeuvre d'un artiste pour savoir que son talent est exceptionnel. Tous autant qu'ils sont commettent de grandes choses et d'autres qui le sont beaucoup moins. Pour ma part, seulement à partir de cette chanson magnifique qu'est rue Saint-Louis en l'Ile, je lui lève mon chapeau. Est-ce de ma part une nostalgie, comme si elle rendait un dernier hommage à Léo Ferré dont je ne peux m'empêcher de voir l'Ile Sain-Louis mettre les voiles comme dans sa chanson quand je l'entends interpréter la sienne. Est-ce parce qu'elle évoque si bien le coeur du Paris d'une époque qui battait si fort au détour des rues de cette île quand elle appareillait pour rejoindre la mer en compagnie de l'île de la Cité, comme pour rendre l'île de Léo moins solitaire. Je serais bien incapable de le dire, bien que ses accents me rappellent ceux des poètes de cette époque, ceux qui faisaient battre le coeur de Paris et de la chanson française sans qu'ils aient besoin du pacemaker des chansons et des rythmes venus d'ailleurs. Cherchait-elle Brigitte à nous montrer que même sans ces artifices, il est possible de faire atteindre la mer à cette île sans le secours des engins et des moteurs, qu'elle peut y arriver simplement en hissant les voiles quand elles se déploient aussi vastes que sa poésie est capable de le faire. Je crois bien que telle a été sa quête et que peu importe ce qu'en pensent les medias et les diffuseurs, elle lui fera aussi atteindre la mer à son île, pour qu'elle chemine vers un port plus accueillant où l'attend déjà l'île de Léo. Il y a des jours où je me dis qu'elles y reviendront vers la Seine ces îles perdues du bout du monde et qu'alors, il n'y aura nul besoin du souffle des hauts-parleurs pour les faire avancer.
31 octobre 2004, 9:16
Du beau, du grand, du très grand cinéma
Ce magnifique film de Francis Leclerc passera à l'histoire, non pas à la seule histoire plus ou moins grande du cinéma québécois, mais à celle du cinéma tout court. S'il y a un film du grand répertoire auquel il faut penser pour le comparer, c'est à celui de González Innaritu, 21 Grammes. Mais alors 21 Grammes plongeait au coeur des racines culturelles du Mexique pour les enfoncer jusqu'à celles des lointains ancêtres précolombiens qui ont marqué la culture du Mexique, celui de Francis Leclerc fait de même, mais en les plongant quant à lui dans notre propre terreau culturel autochtone. La symbolique du coeur transplanté pour accéder par ce rituel jusqu'aux confins de la culture précolombienne où ces sacrifices faisaient accéder au monde surnaturel, est remplacée dans celui de Leclerc par cet étrange pouvoir qui fait que sous hypnose, le personnage principal, Alexandre, est soudainement capable de s'exprimer dans la langue des Innus. Toutefois, je n'hésite pas à déclarer le film de Leclerc comme étant mieux fait que celui de Innaritu, car les retours en arrières sont plus intelligibles, mieux faits et ne perdent pas le spectateur. Il garde lisible et logique le fil conducteur de tous ces retours en arrière qui correspondent aux étapes du recouvrement de sa mémoire disparue lors de l'accident ayant causé son amnésie. Dans ma tête et mon coeur, ce film a déjà gagné un prix. Même s'il n'obtient jamais de palme, d'ours ou je ne sais plus quelle autre statuette, je sais qu'il aurait dû en obtenir. Alors, c'est au tour des cinéphiles de l'étranger à se pâmer pour ces films qui viennent de loin et qui paraissent d'autant meilleur. À leur place, je ferais toutes les démarches qu'il faut faire pour inviter ce film et ce réalisateur à honorer mon festival de leur présence. *****
30 octobre 2004, 7:30
Récupérée deux fois plutôt qu'une
Décidément cette fête de l'Holloween ne mourra pas d'avoir été récupérée par des pouvoirs qui au départ la trouvaient dérangeante, ou dont l'univers était complètement différent de l'esprit de cette fête. La première récupération est celle qu'en a faite l'Église. Celle-ci, pour en finir avec les coutumes païennes dont les influences druidiques et celtiques venaient en trop grande concurrence avec le paradis des saints et l'enfer des damnés de la bonne sorte, soit ceux des âmes qui peuplaient le seuls endroits reconnus par elle hors-terre, un bon pape eut un jour l'idée de faire figurer cette fête sur le calendrier des pratiquants. Comme le prescrivait la stratégie jésuitique de ces instances, il fallait devant l'impossibilité de faire disparaître des phénomès de la conscience populaire, tenter plutôt de se les incorporer. Les apparences étaient donc sauves et les saints pouvaient continuer de mener leur vie tranquile en paradis et les damnés continuer de purger leurs peines en enfer. On faisait d'ailleurs d'une pierre deux coups en incorporant officiellement cette fête, car on pouvait du même coup démoniser les ressortissants des autres religions que la catholique en les assimilant aux démons et aux sorciers comme on le fit par exemple de la fête du Sabbat. Puis arriva plus tard une deuxième récupération, soit celle que le commerce et la société correspondante en fit en procurant aux célébrants de cette fête tout un arsenal de costumes et de déguisements préfabriqués. Si cette fête est devenue officiellement la fête des enfants, elle n'en est pas moins demeuré fondamentalement une fête pour le copmmerce qui y voit une occasion de plus de faire mousser les ventes. S'il y a des masques qui se montrent à l'occasion de cette fête, ce sont bien ces deux-là.
30 octobre 2004, 4:55
Quand une certaine droite se dissimule derrière les sarcasmes
En principe, l'humour à la sauce de South Park se moquerait de toutes les idées-reçues et fonctionnerait donc comme le nec plus ultra de la liberté qui ne s'embarrasserait d'aucun préjugé. S'il en est bien ainsi à première vue, dans ce film comme dans le précédant, on discerne vite derrière ce masque que l'esprit de leur message, en tirant autant sur la gauche que sur la droite traditionnelle, se loge en fait à la droite de la droite, en espérant qu'en se situant ainsi dans les derniers contreforts de la pensée, on sera incapable de le cataloguer. Cette hypostase de l'individualité, que cetains considèrent comme étant libertaire, est en fait une façon de dresser l'individualité de chacun devant tout, d'en faire le seul critère de référence et de chasser de l'univers mental toute référence collective que ce soit. Cette amoralité dissimule en fait une profonde immoralité, un mépris sans égal pour toute espèce d'humain, quoi qu'il pense, et le rejet sans condition de toute forme de société. Il est donc normal que de ce point de vue nombriliste, on puisse tirer à boulets rouges sur toutes les idées et toutes les normes, d'où qu'elles viennent. C'est d'ailleurs sur des images des francs-parleurs libéraux que cette comédie s'acharne. Ce qu'elle nous donne comme message est finalement qu'il n'y a rien à dire, rien à faire, et que tout ce qu'il nous reste pour nous divertir est d'attendre que tout implose, si ce n'est pas même de contribuer à cette implosion. Le but final est bien l'implosion et non l'explosion qui obligerait à penser à ce qu'il faut mettre en place pour succéder à l'ordre ancien. Dans cette vision, il n'est pas besoin d'y penser puisque Dieu l'individu est tout ce qui compte. Il faut comprendre qu'au bout des fils de ces marionnettistes, il y a toute l'humanité sauf eux-mêmes qui est risible et qui n'en vaut pas la peine.
30 octobre 2004, 10:43
Féminin ou masculin, le vêtement n'est jamais simple tissu
Avec cette exposition qui a l'air de ne se concentrer que sur les apparences, les oeuvres qui y sont présentées plongent tout de même au coeur de l'inconscient et de la condition humaine d'une époque. Il est rare qu'avec si peu de moyens et que sans recourir à des arabesques savantes, on aboutisse à faire autant parler des oeuvres. Leur argument est simple, mais elles ne se perdent pas en conjectures. Surtout, elles n'égarent pas le spectateur dans les contemplations de méandres qui le mène on ne sait trop où. Chacun des thèmes abordés par les robes l'est pour lui-même et son traitement n'est pas bâclé en faisant porter le poids des messages par l'ensemble des oeuvres présentées. Le travail de l'artiste rejoint donc celui de l'artisan qui sait que l'ouvrage doit se défendre de lui-même sans avoir à recourir aux commentaires, soit de l'artiste, soit des commentateurs qui les apprécient. À mon avis, les textes qui les accompagnent ne sont pas le complément nécessaire à leur compréhension, mais le supplément d'âme qu'ils ont d'abord inspiré à l'artiste pour qu'il en entreprenne la réalisation. C'est donc une exposition qui campe des personnages qui sont aussi des types sociaux tant ils incarnent des aspects vitaux de la vie des humains d'une société. Au travers d'eux, même s'il ne s'agit pas de vêtements que l'on pourrait porter, c'est le statut social et archétypal de ceux qui les auraient porté si cela était possible que l'on découvre. En ce sens, ce sont des prolongements artistiques du vêtement et l'artisannat rejoint ainsi l'art visuel de manière pleine et entière.
30 octobre 2004, 9:51
Le capital intellectuel
Il est possible de voir une belle filiation entre le film Comme une image et le précédent, Le Goût des autres. À mon avis, cette similitude tourne autour de la notion d'accumulation. Si dans Le Goût des autres, c'est de l'accumulation de la richesse dont il est question et de son pouvoir de fascination sur autrui, dans Comme une image, c'est de celle de la notoriété dont il s'agit, laquelle produit le même effet. Pour résumer, on pourrait considérer la notoriété comme étant du capital intellectuel comme nous disons de la richesse qu'elle est du capital financier. Si le capital se réfugie derrière le masque anonyme de l'argent et des sociétés dites publiques, le capital intellectuel qui vient de la notoriété fait de même en prenant le masque impersonnel de l'intransigence. Dans un cas comme dans l'autre, les rapports que ce capital entretient avec les autres en est un de domination. Il en est ainsi en raison du rôle du marché qui permet le commerce et les échannges de produits et de marchandises dans le cas du capital financier, grâce à ce moyen d'échange qu'est l'argent, et celui du commerce des influences et des échanges intellectuels dans le cas du capital intellectuel. Dans un cas comme dans l'autre, pour accéder à ce marché, il faut recourir à des moyens d'échange, à l'argent dans le premier cas qui s'obtient dans le commerce avec des gens qui en possèdent, par des bons de proximité dans le second cas et qui s'obtiennent de la même manière. Le pouvoir qu'exercent sur les humains ces deux types d'accumulation que sont d'une part le capital financier et le capital intellectuel ou de notoriété d'autre part n'est pas le résultat d'une nature humaine qui serait fautive, mais des réalités sociales et économiques sous-jacentes qui font de ces capitaux les moteurs de la société, même si ceux-ci ne fonctionnent pas au même niveau.
29 octobre 2004, 9:13
Les civilisations qui se vengent sur elles-mêmes
Il n'est pas aléatoire que la figure légendaire de Médée ait inspiré ici et là des auteurs aussi éloignés dans le temps que le furent Euripide et Corneille, pour finalement le faire d'un auteur aussi près de nous que l'est Heiner Mûller. S'il y a un dénominateur commun entre ces tous ces auteurs, c'est bien celui qu'ils se soient trouvés à vivre des époques charnières dans l'évulution culturelle de leurs sociétés respectives. Pour les deux premiers auteurs, ils ont exprimé tous les deux les divorces de la leur qui travaillait de l'intérieur ces périodes classiques portées à leur apogée, mais qui voyaient se profiler dans leur ombre les premiers signes d'une autre civilisation en devenir. Ce divorce, leurs innovations théâtrales en ont pris acte et tous deux ont tenté d'en monter les répercussions sur leur culture en la montrant dans une de ses formes la plus palpable, soit celle qu'elle prend au théâtre. Aux boulversements de la mise en scène s'ajoutent donc dans leurs pièces ceux des contenus. Médée est le figure qu'il ont souvent retenue parce qu'elle leur permet de monter la trahison à l'égard des valeurs traditionnelles et leur désir d'assouvir leur vengance contre les rejetons de la nouvellle culture. Médée qui incarne la tradition et la civilisation portée à son apogée ne peut souffrir la trahison et se retourne contre les enfants de Jason qui incarnent les nouvelles valeurs. Elle se fait donc infanticide. En transposant cette grille d'analyse aux pièces de Mûller, on pourrait y voir aussi l'expression de semblables pulsions à l'égard d'une culture qui a tourné le dos à son passé et qui se venge des avatars des nouvelles valeurs qui s'incarnent tantôt sous des formes intimes, tantôt collectives. Malgré les apparences, je crois que ces univers sont résolument tournés vers le passé, ce qui est loin d'être évident à première vue.
29 octobre 2004, 7:05
Le nouvel Iran
À la lecture de ces faits troublants concernant l'état des esprits de certains américains, comment ne pas le rapprocher de celui d'un certain Iran, soit de celui des islamistes. Ce ruralisme qui se teinte de religiosité n'est pas le fait de tous les américains. Celui-ci est un avatar d'une société rurale qui a perdu ses prérogatives dans un pays maintenant dominé par la finance et l'industrie. Cette forme d'évangélisme correspond quant à lui à des formes de vie communautaires dans lesquelles le sol et l'agriculture occupent le premier rang économique et la pensée totalisante la place dominante dans la culture. Ce monde obsolète se cramponne à cette vision périmée et elle trouve même des politiciens hypocrites comme George Bush pour lui faire croire qu'il peut encore imposer ses visions à tout le monde. Car les magnats du pétrole, américains ou saoudiens, comme autrefois les monarques catholiques de droit divin, ne croient pas fondamentalement à ces sornettes. Ils croient en leur pouvoir de séduction auprès des masses ignorantes et aux possibilités qu'ils y trouvent pour manipuler l'opinion, mais non à leurs fondements doctrinaux. Ils sont en fait comme le général des jésuites de la période catholique et colonisatrice, des chefs d'armée qui croient d'abord aux résultats de ce qu'ils arborent comme croyances. Par ailleurs, ces manifestations extérieures de croyance de la part des chefs se font d'autant plus ostensibles que les conditions sociales des citoyens sont divisées, que les écarts de la richesse des uns et des autres sont plus grands, comme dans n'impporte quel pays d'Amérique du sud ou du tiers-monde. Ce sont en fait des signes que le tiers-monde existe à l'intérieur même des États-Unis. Ce pays a vraiment besoin de social-démocratie.
29 octobre 2004, 6:19
Les avatars de la guerre de Sécession
Depuis que les luttes des mouvements voués à la reconnaissance du droit de vote des noirs avaient ateint leur but et que malgré l'assassinat de Marthin Luther King, ce pays avait finalement reconnu leur existence démocratique, on avait cru que cette page d'histoire avait été définitivement tournée, que la guerre de Sécession était vraiment terminée et que les États-Unis en tournant le dos à leur passé colonial, qui les faisaient réduire à un rang de citoyen inférieur les membres de la communauté noire, étaient devenus une démocratie normale. Or à la lecture des événements qui ont marqué la dernière campagne électorale présidentielle et des signes avant-coureurs de celle qui s'annonce, on est tenté de croire que tel n'est pas encore le cas et que ces signes sont les indices que cette guerre n'a pas encore pris fin , du moins dans le coeur de beaucoup de ses citoyens blancs, principalement républicains. Ces remises en question déguisées de leur droit de vote ne trompent hélas pas sur la réalité de ces attitudes répressives qui originent dans l'esclavage des noirs. Il n'y a d'ailleurs pas que ces minorités qui subissent de tels préjudices, les latinos et même les citoyens d'origine asiatique en faisant eux-aussi, bien que dans une moidre mesure dans le derniers cas, les frais. Il y a donc urgence d'attirer l'attention des citoyens des États-Unis sur les dangers que courent leur démocratie s'ils permettent que des hommes politiques tablent sur de telles pratiques pour tenter de voler la présidence. Ce qui de l'extérieur pourrait êttre considéré comme de la politique interne ne peut plus l'être quand ce pays détient les principaux leviers de la paix mondiale. Qui sait quand de telles pratiques ne chercheront pas aussi à se manifester à l'extérieur. Il est vrai qu'il n'y a pas que les États-Unis à s'être déshonorés dans la guerre d'Irak, mais ils sont ceux qui l'ont fait le plus, et probablement en raison des influences néfastes de ces politiques sur les autres.
29 octobre 2004, 2:44
S'il faut le comparer à Molière, alors démasquons Duteurtre
Pour peu que l'on s'y arrête, la comparaison des entreprises de Molière et de celle de Duteurtre est valable. Si Molière s'est fait satirique pour démasquer et caricaturer les personnages des bourgeois de son époque, et cela au grand bonheur du monarque et des aristocrates, Duteurtre fait la même chose pour les intellectuels de la sienne. Ce n'est pas par hasard s'il s'en prend non pas aux intellectuels bourgeois par la pensée, mais qu'il préfère s'attaquer à la fraction progessiste de ces intellectuels. Comme l'étaient les bourgeois de Molière, ces intellectuels font partie d'une fraction de classe qui est montante au regard de la place déclinante qu'occupent maintenant ces mêmes bourgeois et les intellectuels qui les représentent. Si les entreprises de Molière charmaient les pouvoirs établis de son époque, celles de Duteurtre font de même pour l'establishment de la sienne. Les compromis, quand ce ne sont pas les compromissions, auxquels doivent se plier pour vivre les intellectuels progressistes font d'eux des victimes faciles pour qui se réfugie derrière les assurances que donnent le fait de se trouver dams la position de celui qui se fait l'allié de fait des pouvoirs établis. Ils sont aujourd'hui dans la même position sociale que l'étaient les bourgeois de Molière ces intellectuels progressistes, obligés qu'ils se croient comme Jourdain à demander au pouvoir qui les domine, et à ceux qui s'en font les porte-parole comme Deleurtre, s'ils font de la poésie ou de la prose. Mais qu'ils fassent de la poésie ou de la prose, les idées qu'ils défendent parfois valent mieux pour faire avancer la société que celles de ceux qui se font les pourfendeurs de Jourdain. Mais Jourdain peut toujours se dire que son heure viendra et qu'alors, la vengeance sera douce au coeur du sauvage.
29 octobre 2004, 2:08
Spectacle haut en couleurs
C'est à partir des couleurs de la palette spectaculaire de la mise en scène de ce spectacle que les spectateurs ont pu gôuter aux émotions bien senties de l'interprète pour l'interprétation des chansons de son spectacle. D'abord en se situant dans la droite ligne du ton dominant de son dernier album, soit le bleu, Luce Dufault s'est faite l'interprète de tous les tons de bleu des serments. C'est la chanson que lui a composé Richard Séguin, Murmure et serment, qui a servi à situer ces émotions dans ce décor bleuté grâce à la poétique scénographie de sa collaboratrice aux éclairages. Puis, voisinant avec ce bleu est venu s'ajouter à l'éclairage comme aux paroles le vert, celui des tourments, toujours en puisant dans la veine d'inspiration que Séguin met à sa disposition. Elle a profité de ce climat poétique pour profiler sa carrière qui selon elle n'arrive pas vraiment à se sortir des zones bleutées où les projecteurs de la renommée n'arrivent pas encore à la faire voir pour ce qu'elle est. Puis sont venues s'ajouter au décor d'autres tons et d'autres couleurs, soit le rouge et le jaune, plus propice pour exprimer les passions non tamisées et les colères sourdes. Pour l'occasion, elle a retrouvé les accents de celle qui chantait autrefois dans les bars ou qui mettait sa voix au service du jazz. Joni Mitchel et Peter Gabriel ont donc succédé à Séguin au repertoire. Malgré le fait qu'elle exagère beaucoup le peu de place qu'elle occupe sur la scène de la chanson quand elle s'est dépeinte devant nous comme étant celle qui n'est reconnue en personne que dans les rues du village qu'elle habite, on peut quand même déplorer avec elle que les portes des scènes extérieures ne se fassent pas plus grandes pour cette interprète qui est pourtant une de nos meilleures.
29 octobre 2004, 1:32
Porter les regards au-delà de sa bourgade
S'il est une attitude que les citoyens des États-Unis des petites localités rurales ont du mal à envisager, c'est bien celle qui les pousserait à regarder au-delà des frontières étroites de leur localité ou de leur canton. Ils se regardent le nombril et puis ils se disent que tout ce pays devrait être à leur image, sans même se donner la peine de regarder autour d'eux. Si ces réalités externes affleurent leur esprit, ils ont tôt fait de les circonscrire à l'intérieur de préjugés qui les font étiqueter les habitants de la côte est, et surtout ceux de New York et de Boston, comme une bande de gauchistes, et ceux de la côte ouest, comme une bande de pervers où auraient abouti tous les hipppies de la planète. Cet esprit villagois, engoncé dans ses préjugés et ses valeurs obsolètes, essaie de faire la pluie et le beau temps sur tout le pays. Il faut croire qu'ils n'y arrivent pas aussi bien qu'ils le voudraient malgré que certains d'entre eux font du bénévolat, si l'on peut dire, dans les milices blanches ou pour faire la publicité du lobby des armes à feu, sans compter évidemment ceux qui de temps à autre préfèrent porter des chapeux pointus, et pas seulement le jour de l'Halloween. Si cette droite républicaine ne s'acquoquinait pas autant à ceux qui font pousser leurs opinions sur ce terreau fascisant, il n'y aurait là rien d'autre que l'expression d'une pensée de droite démocratique. Mais tel n'est pas le cas et alors, il faut faire flèche de tout bois pour leur faire obstacle, comme le font ces citoyens de l'extérieur de Crawford qui ont compris le message en s'abonnant à ce journal local. Espérons que leur message sera entendu par beaucoup d'autres et qu'ils comprendront que chacun de leur vote est important pour en finir avec ce flirte assassin.
29 octobre 2004, 12:34
Un poète qui ne joue pas aux diseurs hermétiques quand ils y cachent leur imposture
La première qualité de la poésie de Vigneault, qu'il s'exprime en vers ou en prose, ce que Jourdain serait bien incapable de faire, lui qu'il fallait que l'on intruise de son mode d'élocution, est qu'elle est limpide. Celui qui produit de si beaux textes les a sans doute remis sur le métier sans s'arrêter aux modes du moment qui lui auraient sans doute commandé de s'arrêter bien avant pour faire plus spontané. Vignneault se donne donc le temps de prendre son temps. Voilà pourquoi son regard s'arrête pour voir ce que les passants distrais ne savent plus voir, soit la place de l'homme dans le fatras des choses qui l'entourent. Il est donc un humaniste au sens profond du terme. À sa façon, il est dans la ligne des penseurs que Montaigne ne renierait pas, car il y a toujours une profonde sagesse qui se dégage de ses propos. Sa bobliothèque à lui est faite des mille et un gestes des humains qui l'entourent et dont le modèle lui est surtout perceptible quand il peut s'approcher d'eux au plus près, en utilisant des chemins de pied. C'est en marchant sur ces tracés qui épousent encore les contours des humains qui les parcourent qu'il est le plus à même de faire ses observations, d'amasser patiemment les matériaux qui lui serviront plus tard lorsqu'il rentrera dans sa bibliothèque dont les odeurs lui rappelle encore les almanachs de son enfance, pour les mettres en poèmes ou en contes, selon l'humeur du moment et les impondérables du détour des jours qui se font tantôt ensoleillés, tantôt nuageux. Mais pleuve ou qu'il fasse soleil, c'est tout un pays qui finit par se construire de la sorte, et c'est lui que de temps à autre il revient nous chanter. Dans son univers, tous les chemins de pied finissent par se renconter.
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