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Marc Audet
Marc Audet
September 2004 - Messages
30 septembre 2004, 6:17
Il n'y a pas loin du polaroïd au cliché
Pour se frayer un chemin sur le haut de la vague, celle romancière aurait-elle pris le chemin des raccoursis, de ceux qui sont censés vous amener tout droit sur la crête des vagues, quitte à ne pas pouvoir y faire du surf bien longtemps, soit juste le temps d'une petite griserie sur la pente descendante de la vague. Si pour ne pas paraître trop attachée à ce jeu, elle s'est permise d'affirmer qu'elle ne peut pas se reconnaître sous les traits de cette surfeuse en déclarant que tout cela n'est que de la parodie d'autofiction, elle aura quand même du mal à ce que l'on ne la devine pas sous ce maquoillage, même lorsqu'elle atteindra le creux de la vague. Car, son pari d'être là pour dénoncer une situation, et de ne pas y être en même temps, nous laisse songeur sur le type de fidélité à laquelle elle se raccroche, puisqu'elle ne peut dès lors pas y prétendre, même sous le raccoursi ultime de la fidélité à soi-même. En admettant que ses polaroïds se veulent des instantanés des moments d'une situation qu'elle déplore, il faut pourtant reconnaître qu'il n'y a pas loin de ces images aux clichés, au sens second du terme. Les pages de ce journal qui aurait pu n'être qu'intime risquent donc de ne donner qu'un bien maigre apercu de la vérité.
30 septembre 2004, 2:28
La fuite par devant et par derrière
Ce qui semble être une fuite en avant pour ne pas être rattrapé par l'âge et par la mort et qui caractérise ce dernier roman de Philip Roth est-il si étranger que cela au monde et à la culture de celui qui s'adonnait plutôt à la nostalgie de la fuite dans les souvenirs et le passé dans ses autres romans. Ces personnages qui prennent le prétexte de leur libido pour ne pas voir le présent et le temps qui passe sont-ils si étrangers que cela aux autres personnages qui recherchent leurs racines dans l'américanité qui n'a pas vraiment intégré comme étant l'une de ses composantes le culture judaïque de l'auteur. La fuite par devant et par derrière se rencontrerait donc quelque part dans ces deux univers qui se partagent le paysage romanesque de Philip Roth, certainement en tout cas quand elles évoluent sur le plan de l'esthétisme et de la culture. Il y a toutefois une faille par où s'insère le quotidien et qui rend le passage de l'un à l'autre de ces univers beaucoup plus problématique et qui est aussi celle par où la jalousie envahit son univers, le ramènant de son passé antérieur à son plus que présent qu'il conjuge alors au conditionnel. Car cette faille lui fait voir une bête qu'il méprise et dont il croyait bien ne revêtir le masque que par jeu, mais qui s'avère maintenant être bien réelle et dont la face lui rappelle qu'elle ressemble beaucoup à la sienne. C'est la descente aux enfers pour celui qui a voulu faire l'ange de toute la puissance de sa création qui lui faisait transfigurer toute chose au gré de sa fantaisie, et le voilà devenu simple mortel lui qui croyait bien échapper au temps par la magie de la culture. Ce roman ressemble à un dernier compte que l'auteur aurait voulu régler avec sa conscience.
30 septembre 2004, 11:07
Ne jetons pas le manche après la cognée
S'il fallait que l'étroitesse d'esprit et le manque de vision finissent par faire en sorte de ligotter le génie de l'homme dans sa compréhension des mécanismes de la vie et de ceux de l'univers, ce serait alors faire comme le dit le proverbe, soit jeter le manche après avoir fait de même pour la cognée, en cédant au découragement et à l'imprévoyance qui empêchent d'aller de l'avant. Car s'il est évident que ces outils indispensables que sont les résultats de recherches nommés OGM sont l'occasion pour des fabricants de manipuler des populations entières, parce qu'elles les rendent dépendantes de leurs produits en les brevetant et en les obligant à acheter leurs semences devenues stériles, ce n'est pas parce qu'il faut jeter cette cognée défectueuse qu'il faille pour celà jeter aussi le manche de l'outil qui lui représente un levier extraordinaire de connaissances et qui, joint à une cognée plus acceptable pour les humains, représente au contraire un espoir de libération pour tous. Ce ne sont pas les manipulations génétiques qui sont à proscrire quand leurs résultats peuvent permettre soit d'améliorer la santé, soit de de faire baisser les prix des produits, soit encore de faciliter l'existence du plus grand nombre, mais les manipulations financières qui se greffent sur celles-ci et qui sont seules capables d'engendrer de vrais montres qui seront pourtant aussi peu transformés génétiquement que vous et moi, sauf qu'ils auront un appétit de puissance et d'argent tel que cela les distinguera de leurs semblables. Cette recherche doit donc être encadrée, non pas pour lui mettre des bâtons dans les roues, mais pour empêcher que certains s'en approprient tous les bénéfices à leur seul profit.
30 septembre 2004, 10:31
Elle poursuit le rêve paternel de faire s'exprimer l'Amérique d'une seule voix
Même si c'est le lot de bien des artistes de se sentir fébriles à la veille de connaître les réactions du public à une nouvelle production qu'ils leur présentent, et de se monter anxieux face aux critiques qui pourraient surgir de toutes parts, l'instabilité dont fait montre Nancy Sinatra dépasse tout ce qui est pratiquement normal dans ces circonstances. Comment faut-il alors comprendre sa nervosité et cette indécision qui la ronge. Je crois tout de même que les propos qu'elle nous livre éclairent un peu ce sujet si on part de l'hypothèse qu'elle poursuit elle aussi, tout comme son père l'avait fait avant elle, le rêve de faire s'exprimer l'Amérique d'une seule voix. Ce désir secret n'est pas que d'ordre musical ou artistique, car il témoigne d'une volonté qui va bien au-delà des cercles du vedettariat pour atteindre les profondeurs de la culture et de la société. Pour Sinatra père, ce rêve était celui d'un immigrant qui, tout en ayant épousé son nouveau pays, avait encore à l'esprit les repères de son ancienne patrie, ce qui lui faisait voir toute opposition politique au-travers de ses anciennes grilles de référence. En voulant que tous parlent d'une même voix, il satisfaisait à la fois les aspirations d'une certaine Italie et les désirs d'une Amérique qui n'a jamais voulu que les oppositions ne manifestassent vraiment. Là réside tout le secret de cette voix que toute l'Amérique a applaudit et qu'elle vénère encore. Pour sa fille, porter cet héritage qui lui vient en droite ligne de son père est maintenant s'atteler à une mission impossible. L'Amérique de son père a éclaté et les divergences qui s'expriment en musique et autrement sont maintenant trop importantes pour pouvoir être fusionnées dans un seul courant et exprimées par un seul type de voix. D'ailleurs, les hésitations de Nancy laissent clairement entendre qu'elle l'a intuitivement compris et qu'elle sait que les interprétations musicales ne peuvent plus rien niveler.
29 septembre 2004, 3:33
Un poète qui compose des chansons avant de la faire d'un personnage
Il est vrai que le talent s'exaspère souvent de ne renconter que de l'indifférence, ou même de la raillerie, sur sa route, surtout venant de la part de ceux qui font la par belle à d'autres artistes beaucoup moins prometteurs, mais qui conviennent mieux aux standards de la mode ou à ceux du moment. Pour s'affirmer en même temps que son talent, la tentation est donc grande de faire dire au personnage beaucoup plus que ce qu'en exigerait de lui le talent. C'est ainsi que je comprends la morgue qu'affiche volontiers Pierre Lapointe devant ceux qui ne savent pas toujours l'apprécier pour ce qu'il vaut. Cette posture ne lui vient d'ailleurs pas que de là, puisqu'ele s'accomode aussi fort bien du style qui est le sien, lequel renoue avec une certaine désespérance qui s'affiche d'autant plus caricaturalement qu'elle se dépasse d'elle-même dans l'affirmation que rien ne fait vraiment de sens. Ce pessimisme sans romantisme, à la Boris Vian, il rejoint pourtant le courant d'une mode bien enracinée qui, si elle n'a pas les micros des stations de radio tendus devant elle, n'en occupe pas moins le courant dominant du moment. Il serait donc naïf de ne pas voir que Pierre Lapointe espère ainsi s'y joindre, quitte à ce que l'oeil moins avisée du public le perde momentanément de vue. Il y a donc un peu de calcul qui se cache derrière ces airs qui se veulent résolument ingénus. C'est de bonne guerre de sa part, car il finira certainement par se faire remarquer chez ceux qui comme lui ont dû galérer loin des modes et des standards avant d'être reconnus. Ce n'est qu'une question de temps avant que le public sidéré découvre le visage derrière le masque.
29 septembre 2004, 12:01
Il n'était pas que la moitié de Kashtin
Du temps qu'il était un des deux membres du groupe Kashtin, il n'en était pas que la moitié, mais bien une entité tellement pleine qu'à eux-deux, ils en valaient bien trois. Sa présence sur scène était marquante, car il chantait avec tellement de conviction et de plaisir qu'il passait la rampe à un point tel que nous avions l'impresion de tout comprendre ce qu'il disait, même si la plupart d'entre nous ne comprenions pas un traître mot d'innu. Puis est arrivé ce malheur et nous avons bien crû que c'en était fini de sa carrière. Mais voilà qu'il revient à la surface, comme une sorte de miraculé. Il faut croire que la culture qu'il esxprime par ses compositions a bien besoin de sa voix pour qu'il trouve en lui l'énergie de poursuivre malgré les difficultés. Ce qu'il appelle son Dieu, soit celui qui le fait encore avancer et qui lui donne de l'inspiration, je crois bien qu'il a un visage et qu'il est celui de sa communauté d'origine qui le nourrit de sa sève et qui le réconforte au besoin. Ce Dieu qui le fait vivre, c'est celui de son totem qui incarne tous ses ancêtres depuis les origines et grâce auquel il ne se sent jamais seul. Son dernier disque parle de décembre et de petite lune, mais je crois qu'avec son totem, c'est Noël tous les jours de pleine lune et pas seulement une fois l'an.
28 septembre 2004, 7:55
La mise en scène lui est devenue aussi essentielle que la scène
À suivre le parcours de Sylvie Léonard, même à partir du fil ténu des rôles qu'elles a incarnés au cours de sa carrière ou bien des propos qu'elle tient qui concernent son dernier rôle, il est possible de comprendre qu'avec les années qui passaient, la mise en scène lui est devenue aussi essentielle que la scène ou le petit écran. Ne dit-elle pas que le premier des critères qui l'a vraiment décidée à incarner le rôle de Dolorès est le fait que Yves Desgagnés avec qui elle a déjà travaillé en tant que metteur en scène était de la partie, et quelle savait alors qu'il la laisserait mettre sa touche personnelle à la mise en scène. C'est aussi par ce même biais qu'elle s'est autant impliquée dans le succès d'Un gars, un fille, où elle assurait la touche finale des petits sketchs qui composaient cette émission. C'est ce rôle qui consiste à se faire le tremplin entre une représentation et un public qui l'intéresse maintenent le plus depuis qu'elle sait qu'elle y excelle pour l'avoir si souvent pratiqué en collaboration avec d'autres, et maintenant qu'elle aura l'occasion de le faire de manière quasiment autonome, puisqu'on lui donnera carte blanche pour interpréter Dolorès. Il y a gros à parier que les années qui viendront la verront devenir metteur en scène principal et qu'elle passera de l'autre côté du rideau, bien que si la scène lui est aussi indispensable qu'on peut le penser, ce soit plutôt entre l'avant-scène et l'arrière scène que la grande versatilité qu'elle a jusqu'ici démontrée pourrait désormais se manifester. Par ailleurs, ses personnages préférés sont aussi passés avec le temps du côté de l'humour fin plutôt que de rester du bord du drame comme à ses débuts. Il n'y a pas à s'y tromper, l'adaptation de Bachelor au contexte de maintenant, elle y participera beaucoup et c'est sous le signe de l'humour qu'elle le fera.
28 septembre 2004, 2:35
Il est de ceux qui permettent à une foule de gens de rester polis
Ce poète moqueur est comme l'oiseau du même nom qui, en imitant le chant d'autres oiseaux, met dans sa gorge des chants que d'autres volatiles auraient pu entonner. Ce faisant, il appartient à l'espèce de ceux qui permettent par leurs écarts de langage à une foule de gens de rester polis, mais qui sont bien aise que cet effort pour l'avoir été trouve parfois des exutoires sur lesquels se défouler. Il n'y a pas que des gens biens élevés et même bon chic bon genre qui trouvent du profit à ces échanges de bons procédés, ceux de la trempe de Jamil recevant les pots et eux s'organisant pour ne recevoir que des fleurs, il y a aussi toute la foule des hypocrites qui se cachent soit derrière une morale puritaine, soit à l'abri du politiquement correct, qui y trouvent aussi leur compte. Car, si on ne prend pas tout ce qu'il dit au pied de la lettre, mais comme une façon de caricaturer des opinions dont les traits grossis ne peuvent que nous les faire voir dans leur toute leur relativité et toute leur précarité, ses propos rejoignet alors le monde de l'humour par la grande porte. C'est un peu comme faire de l'humour a contrario, comme sait le faire par exemple Yvon Deschamps dans un autre registre d'expression. En écoutant ses chansons, je parie qu'il n'y en a pas beaucoup qui n'esquisseront pas au moins un sourire.
27 septembre 2004, 7:30
Ne ratez pas la chance d'aller l'entendre
Un spectacle de Dawn Tyler Watson ne s'oublie pas facilement. Pour ma part, je garde un souvenir vivace de celui que j'ai pu voir au Moulin Marcoux dans un endroit magnifique en bordure de l'agglomération de Québec, à Pont-Rouge plus exactement. Son interprétation du blues et du jazz est tout à fait personnelle, même si elle nous rappelle celles des plus grandes des interprètes qui se sont illustrées dans ce style avant elle. Le musicien qui l'accompagne est lui aussi exceptionnel et à eux deux, ils personnifient tout un orchestre de jazz. Dawn Tyler Watson y va même de ses propres onomatopées pour personnifier tour à tour tous les instruments de musique qui l'habitent, comme le faisaient ces musiciens du blues des débuts qui prêtaient leurs voix pour faire entendre les instruments qui leur manquaient. Habitée par la musique, cette interprète l'est aussi par les douleurs de ses semblables qui en éprouvent. Elle ne chante pas que pour elle ou pour les publics qui se rendent l'accueillir et l'applaudir, mais aussi pour tous ceux qu'elle a cotoyés et qui ont moins de chance qu'elle. Il n'est pas étonnant que l'université Concordia ait reconnu tout de go son talent lorsqu'elle s'est présentée aux portes de cette institution pour y être adnmise aux cours de jazz. On a su reconnaître en elle une interprète dont la carrière ne fait que débuter et qui devrait normalement devenir internationale si tant est qu'on lui rende justice.
27 septembre 2004, 7:10
Prochaine Station est un titre qui manifeste certainement l'espoir d'un vrai choix pour les auditeurs
Il est significatif du malaise qui persiste dans l'uniformisation des produits culturels, musicaux ou autres, que le titre de cette compilation ait été ainsi fait qu'il manifeste l'espoir d'un vrai choix pout les auditeurs. Ce désir d'avoir le choix de vraies stations de radio alternatives est certainement plus authentique que ce que laisse croire l'existence de ces soi-disant stations alternatives qui n'ont de cette réalité que le nom qu'elles se donnent, telle cette station de Québec qui recycle les vielles idées pour les investir dans les nouveaux vieux partis politiques qui reprennent à leur compte les idées éculées en tentant de les faire voir comme des innovations. Il est intéressant de relever les types de musique que cette compilation défend, car on peut s'apercevoir que tout ne tourne pas forcément autour du mot rock dans la musique émergente et qu'il ne suffit pas d'y accoler un épithète plutôt qu'un autre, comme le font les radios commerciales, pour que le produit devienne différent, surtout pas en y accolant un x raccoleur qui devient vite une invitation indécente à marquer son bulletin de vote du même signe, comme si l'on était incapable de signer son nom en se proclamant du nombre des analphabètes et des incultes de la culture politique que des gourous seraient seuls capables d'informer. Alors, que naissent d'autres projets du type de celui de Prochaine station pour que cesse cette masquarade.
27 septembre 2004, 6:42
Quand les mineurs vous racontent leur vie
J'ai déjà visité Thetford Mines et Black Lake il y a plusieurs années de cela. Il m'était difficile alors, et cela l'est encore maintenant, de ne pas associer leurs noms aux luttes des travailleurs qui ont fait apparaître à la surface de notre société de cette époque toutes les scories qui l'asphyxiaient encore plus férocement que la poussière d'amiante des mineurs qui ont contracté l'amiantose à son contact et que la société du temps, comme celle de maintenant, se refuse toujurs à considérer comme une maladie industrielle. Tout se passe comme si l'héritage batârd d'un certain premier ministre qui se disait autonomiste- tiens, ce mot me rappelle soudainement quelqu'un- avait laissé des séquelles durables sur son passage, de Coffins injustement condamné sur la foi de preuves strictement circonstancielles à ce dossier de l'amiantose qui n'en finit plus d'accumuler la poussière des tablettes apès que celle de l'amiante ait obscursi les poumons des mineurs. Les films documentaires de notre passé cinématographique qui se sont attaqué à ce problème, dont celui de Richard Boutet entre autres documentaires, sont restés sans échos. Je ne suis pas descendu au fond de ces mines-là, mais je l'ai fait cependant pour les mines de charbon du Cap-Breton, là où aussi des mineurs nous raccontaient la vie de leurs camarades en nous la faisant visiter, certains y ayant fait même pousser des fleurs sous simple éclairage artificiel. Les récits des catastrophes avaient tous la forme du passé simple et l'avenir semblait bien exempts des coups de grisou. Pourtant, quelques années plus tard, une catastrophe est de nouveau venu faucher des vies humaines dans cette mine. S pourrait-il que sous des pressions étrangères, américaines souvent, la vie des mines et des mineurs soit toujours déclarée sans dangers par les pouvoirs publics, comme au bon vieux temps de ce sinistre personnage qui semble malheureusement avoir fait des petits.
27 septembre 2004, 5:05
Les cultures où le poids de la société sur les familles les rendent opaques
Il est évident lorsque l'on fait l'analyse d'une société que la première chose qui caractérise les cultures au sein desquelles le poids des responsabilités sociales est déchargé presque entièrement sur les familles est que celles-ci sont en contrepartie idéologiquement valorisées, ce qui les rend d'autant plus opaques pour ceux de ses membres qui vivent à l'intérieur de celle-ci. La vie des individus qui évoluent dans cette unité qu'est la famille qui est présentée comme une cellule est masquée dans un rôle d'autant plus anonyme que cette cellule est réputée être la seule à posséser une véritable existence. Elle est définie par cette idéologie plus ou moins corporatiste comme étant le fondement de la société et de ses institutions, les individus n'étant perçus qu'au-travers de ce filtre. Devenue le rampart des visions réactionnaires de ceux qui ne se sentent plus socialement responsables des individus, la mère qui évolue au centre de cette unité en devient le pilote mais aussi l'esclave. C'est sur elle que l'on compte pour transmettre à sa progéniture les idées de base qui permettront à cette société conservatrice de se reproduire. Les cultures du bassin méditérannéen ont été particulièrement touchées par ce phénomène et la culture irlandaise en représente une exception nordique. Il n'est donc pas étonnant qu'elle aiguise la verve satirique des cultures voisines qui y voient une aliénation encore plus évidente pour eux qu'elle ne l'est pour les citoyens de l'intérieur. Cette histoire de famille déborde donc largement le contexte étroit de la cellule familiale et montre les brèches que la modernité a pratiqué dans ce rampart social réputé imprenable. Il se pourrait bien que la mémoire de l'eau finisse un jour aux oubliettes.
26 septembre 2004, 10:11
Faut-il y voir des métaphores
Par les détours de ce récits et en raison des noms ou des métiers des personnages, il est tentant d'y voir une métaphore à peine déguisée de la conquête des Amériques. Les premiers explorateurs ne pensaient-ils pas pouvoir atteindre les Indes et la route des épices quand ils ont découvert l'Amérique en espérant justement pouvoir y faire main basse sur ses richesses. Or le patron de cette expédition porte un nom qui est l'homonyme de cette expression signifiant le coup de main qu'ils espéraient pouvoir y faire. Le navigateur-explorateur est quant à lui peintre de son métier, mais dans les dessins qu'il fera de ses découverte, ne pourrait-il pas y avoir des cartes de percours fabuleux menant à des emplacements où on peut s'enrichir facilement, de ces cartes dont tous les pirates rêvent qu'ils en auront une un jour. Quant à cette fiancée qui a préféré s'enfuir aux Indes en y suivant Chemin Vert, n'est-elle pas la métaphore de cette tromperie qui a fait prendre l'Amérique pour les Indes, lesquelles deviendront la véritable source de profits dont rêvaient ceux qui affrétèrent ces navires pour leurs expéditions et dont le nom du personnage qu'elle a suivi est justement le prototype, soit la voie prometteuse et verte par où pourront maintenant s'engouffrer leurs espoirs de richesses. Quant à Issac, il retournera à des occupations qui sont maintenant les seules à pouvoir l'enrichir depuis que l'Amérique lui a refusé ses épices.
26 septembre 2004, 4:50
Il y a des façons plus intelligentes de faire de l'argent
Si les objectifs de ce réalisateur étaient vraiment ceux de vouloir caricaturer les moeurs des membres d'une certaine société américaine puritaine pour en dénoncer l'hypocrisie et le déacalage qu'il y a entre ses pratiques sexuelles et les discours qu'ils tiennent sur cette question, il se serait pris bien autrement que de la façon dont il s'est pris pour faire ce film. Il serait beaucoup plus honnête de reconnaître que son premier but eétait de faire parler de son film et secondairement, de lui assurer le maximum de rentabilité économique. Par ailleurs, il arrive souvent que ces dénonciations, si tant est que l'on puisse les appeler ainsi, sont le fait de personnages beaucoup plus compassés que ce qu'ils tentent de nous monter d'eux à travers leurs dires ou leurs oeuvres. Tout se passe dans leur cas comme s'ils avalaient eux-mêmes très mal les entorses à la morale puritaine qu'ils semblent critiquer et que pour s'en venger, ils mettaient les bouchées doubles du côté de l'obcénité afin de se défaire de leurs propres remords de conscience. Cette attitude qu'ils arborent, c'est du puritanisme qui se retourne contre lui-même de manière quasi masochiste et voilà bien pourquoi cela n'est ni drôle, ni intelligent. Le mieux que nous ayons à faire devant leurs élucubrations est de s'en tenir éloignés et de les ignorer. Nous leur montrerions ainsi que nous avons bien compris leurs véritables intentions.
26 septembre 2004, 12:07
Quand le cinéma passe insidieusement du septième au neuvième art
Pour quiconque s'attend à voir du cinéma plutôt que de la bande dessinée dynamisée et mise en mouvement par les capacités intrinsèques de la rétine de l'oeil, et que les petits robots métalliques de son enfance ne font plus rêver depuis longtemps, ce genre de film ne peut que lui rappeler qu'il s'est trompé de salle, que ce n'est pas vraiment dans une salle de cinéma qu'il a mis les pieds, mais dans une salle qui serait plutôt réservée aux projections des oeuvres du neuvième art et à ses dérivés, commerciaux ou cinématographiques. Ce n'est pas un jugement de valeur sur la qualité respective des projections de l'une ou de l'autre salle qui le fera hésiter, mais le sentiment de ne pas avoir la certitude qu'il s'agit bel et bien du même type d'art ou de phénomène. Par ailleurs, il n'y aura pas que les procédés et le type d'art qui le mettra dans cette ambivalence, mais aussi toutes les visions du monde et de la temporalité qui leur sont sous-jacentes. Dans le cas du cinéma, même si les raccoucis, les ellipses, les retours en arrière et leurs joyeux mélanges produisent parfois des effets multiplicateurs sur le récit, jamais n'y aura-t-il comme dans le cas des projections du neuvième art cette naïveté qui fait que le futur devienne du passé et inversement. Ces visions millénaristes, il y a longtemps que leur mise au rancart de l'histoire par les progrès de la raison ou l'affirmation de la technique à partir de la Renaissance les ont rendues suspectes au yeux de la critique lucide. Comment ne pas en effet y voir l'effet de la technique, qui de toute sa logique trop binaire, vient au secours de la source de tous les conservatismes, soit la vision du temps comme étant refermé éternellement sur lui-même puisque le passé et le futur s'y confondent en alternance. Les extra-terrestres deviennent alors l'équivalent du Dieu des millénaristes et des adeptes de toutes les sectes de ce type. Je préfère pour le moment ne pas trop tirer sur cette toque.
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