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Quand les musiques retrouvent leurs racines
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Il en est de la musique comme de la cuisine, car en s'exportant, elles perdent un peu de leurs parfums et de leurs arômes originels et ont aussi tendance à s'affadir un peu. La musique des Antilles n'échappe pas elle non plus à ce destin. Que l'on pense à la musique de Cuba qui grâce à Carlos Placeres retrouve aussi ses racines, on à Joaquin Diaz qui fait de même pour celle de la République Dominicaine, dans tous les cas cette musique nous séduit encore plus que ne le peuvent faire les édulcorations imposées par les modes locales où elles se sont exportées et qu'elles ont dû y subir. En renouant avec la tradition musicale, tantôt c'est l'Afrique qui y entre ainsi par la grande porte, tantôt c'est un peu d'Espagne ou de France qui fait de même. Du même coup, c'est toute la culture musicale de ces peuples qui les ont d'abord accueillies et réinventées ces musiques, qu'il s'agisse de Cuba ou de la République Dominicaine, qui se trouve regénérée de toute la sève de ces boutures venues d'ailleurs. Et quand des gens de ces contrées viennent nous en faire sentir tout le bouquet, c'est de toute notre odorat qu'il fait bon les respirer.
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L'ouverture d'esprit est la fracture qui laisse passer l'âme
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Elle a bien raison Marie-Claire Séguin de ne pas s'arrêter trop longtemps aux compliments concernant sa voix remarquable. Elle vaut beaucoup plus que les performances vocales que cette instrument qu'elle possède lui permet de faire. D'ailleurs, quand on l'écoute, ce n'est pas d'abord ce qui retient notre attention, mais c'est bien plus le choix des chansons qui composent son répertoire qui nous séduit. Ce sont des chansons qui sont d'abord retenues pour la qualité intrinsèque de leurs textes et de leur portée artistique. Elles sont lancées vers nous comme des cris du coeur et c'est en plein coeur que nous les recevons. Par ailleurs, cette artiste qui faisait déjà preuve d'une belle maturité en interprétant de telles chansons a encore trouvé le moyen de l'être davantage en dépassant les cadres parfois plus étroits des sentiments personnels pour rejoindre des préocupations plus collectives. Elle nous montre bien ainsi qu'elle appartient à la même famille de sentiments que celle à laquelle appartient son frère. Leur relation est doublement filiale, par le sang et par l'esprit. On aime aussi à croire qu'elle saura inculquer par son contact avec la relève un peu du feu sacré qui l'anime encore.
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Comme si l'Angleterre de toutes les influences se faisait porte-parole du présent éclaté
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L'impression première qui se dégage du style de musique de ce groupe est celle qu'ils traduisent à leur manière la diversité culturelle du présent en devenir, soit celui qui sommeille sous les couches nivelantes des standardisations et les strates de marchandises qu'y déposent les sociétés productivistes. Retournant aux sources mêmes des influences culturelles diverses qui ont fait l'Angleterre, ils retrouvent dans ce passé l'écho des langues qui la traversèrent aux diverses époques de sa formation, soit celle des peuples du nord des contrées Vikings du nord ou de Normandie avec l'allemand et le français, et celle des peuples du sud et des romains avec l'espagnol. Témoignant de cette diversité culturelle, leur style rejoint ainsi la diversité du présent. C'est ce témoignage musical de style Renaissance que l'on retient de leur message. Ce témoignage est plus profondément humaniste que celui que pourrait dégager un quelconque gai savoir qui lui se voulait étranger à toute l'humaine condition et ne retenir que l'arrogance des faux surhommes qui eux avancent pourtant en se tenant sur les épaules de ceux qu'ils méprisent.
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La vraie musique est celle que l'on écoute sans bouger
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Au risque de jeter un pavé dans la mare, je prétends qu'il y a deux sortes de musiques, soit celle que l'on écoute sans bouger d'une part et d'autre part celle que l'on rythme avec ses pieds ou autrement parce qu'on l'écoute différemment, si tant est qu'on l'écoute. J'ai d'ailleurs fait ce constat paradoxal à plusieurs reprises lorsque j'ai assisté à des concerts de musiques africaines produites par des artistes de ce continent. L'assistance bougait alors frénétiquement, sauf quelques rares spectateurs attentifs qui étaient pour la plupart pour ne pas dire tous, des noirs soit africains, soit qui se réclamaient de la culture afro. La raison en est fort simple. Cette musique était signifiante pour eux et ils l'écoutaient avec leurs deux oreilles. C'est la même chose pour la musique contemporaine, même pour celle qui n'est pas a priori destinée à la danse. Il y en a une qui fait danser et une autre qui se laisse écouter, non pas qu'il y ait un fossé infranchissable entre les deux, mais parce qu'il y en a un qui se creuse et qui peut devenir profond avec l'attitude de ceux qui écoutent. Alors, quand une musique comme celle d'Eve Egoyan vous invite à laisser vos pieds sur le parvis, c'est qu'elle a choisi son camp et qu'elle vous demande d'écouter, de vous recueillir, non pas pour prier, même si vous êtes à l'église, mais pour laisser à votre âme, pas l'immortelle qui ne l'est au demeurant pas, mais à l'autre, celle qui vous fait bien vivant, la chance de pouvoir survoler ce monde de misères quelques instants et pour croire qu'il peut être beau, même dans sa laideur. Voilà ce qui s'appelle communier, non pas en prenant un billet de loterie sur l'eau-delà ou en achetant un ticket pour je ne sais trop quel spectacle que personne encore n'a jamais vu, mais avec l'humaine condition telle que l'exprime un artiste. À partir de là nos jurons que nous dénommons sacres devraient être reformulés pour devenir do, ré, mi,....
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On a beau vouloir jouer les Gainsbourg, au moins lui il avait de bonnes raisons pour ne pas articuler1
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Je rejoins ceux qui disent de Stefie qu'il a du talent. Ceci étant dit, je ne pousserai pas la complaisance jusqu'à faire de lui un nouveau génie de la chanson québécoise, encore moins de celle de la francophonie. Sa musique, il est facile de l'entendre et de l'aimer. Elle nous rappelle cependant qu'il n'est pas le premier à avoir franchi le seuil de ce style d'expression au Québec et que la disparition de Jean Leloup redevenu Leclerc du paysage médiatique québécois le favorise probablement. Par ailleurs, j'ai beaucoup plus de mal avec ses paroles que je n'arrive pas bien à saisir même si je fais des efforts pour les entendre. Sa mauvaise articulation fait en sorte qu'on en perd beaucoup trop. Allez donc juger une chanson si vous n'en comprenez pas bien les paroles. Désolé, mais la musique n'est pas tout quand on fait de la chanson ou alors, ce que l'on fait est de la musique pour faire danser, quelqu'étiquette que l'on lui mette dessus pour tenter de lui donner un style, et cette musique-là est commerciale par essence, même si elle ne l'est pas encore pour ces musiciens et qu'ils disent se percevoir tout autrement. Bon d'accord, Stefie vaut mieux que ceux-là et ce que j'en perçois de ces paroles au-travers du reste n'est pas banal. Je lui fais donc confiance pour la suite.
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La tolérance pour ce que l'on est fait partie des fondements de la démocratie
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Il faut considérer au départ que l'acceptation des différences fait partie intégrante des fondements qu'une démocratie doit se donner pour mériter ce titre. Le fait d'être ce que l'on est de par sa nature, ou d'avoir ses opinions n'a pas à subir l'ostracisme de la part de quiconque. Sa nature, elle est ce qu'elle est et n'est pas le résultat d'une démarche concoctée en vue de nuire ou de déplaire à qui que ce soit. Quant à ses opinions, si elles sont le résultat de démarches qui tiennent aussi de la réflexion, elles sont souvent sincères et reflètent des situations qui elles aussi sont parfois contradictoires ou qui s'opposent. Il n'est donc pas permis de les contraindre par la force quand elles ne sont pas haineuses pour leur faire épouser un seul et même moule. Dans l'histoire des sociétés, toutes dérogations à ces règles ont mené à des catasthrophes. Il n'est qu'à penser aux couleurs des étoiles des camps de la mort nazis pour s'en convaincre : rouges pour les intellectuels non-conformistes, noires pour les gitans, jaunes pour les juifs et puis, roses pour les homosexuels. Il est un fait que souvent, l'intolérance va croissante avec le degré de conservatisme, généralement à droite, mais pas seulement, et que les extrèmes des catégories politiques sont aussi associés aux extrémismes en matière d'intolérance, celles-ci entraînant même la mort. Il est bon de situer les débats historiquement et socialement, car cela les met en perspectives et les relativise. Tout ceux qui sont donc bêtement hétéros aux yeux de ceux qui le le sont pas ont donc le devoir de réprimer leurs pulsions premières devant des manifestations qui même si elle les choquent sont faites en principe pour promouvoir plus de compréhension et pour faire avancer la tolérance. Qu'en est-il en fait de l'atteinte de ces buts comme résultats de ces manifestations? Cela est une autre question qu'il faut laisser le soin aux intéressés de débattre.
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Avec un tel scénario, comment peut-on réussir un film
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Même si tous les ingrédients qui manquent à ce film avaient été présents, comment est-il possible avec un tel scénario à dormir debout de réussir un film. Le minimum de vraisemblance qu'il faut pour que l'on croit à une histoire n'est absolument pas réuni en ce qui me concerne. Déjà que le fait d'y inclure des personnages qui sont des apparitions des divinités me rebute au point de départ, de les faire retrouver une église sous les sables du désert pour planter le décor de leurs apparitions fait vraiment se vider le sens de toute vraisemblance. Par ailleurs, le fait d'y inclure des éléments historiques cauchemardesques de l'épisode nazi rend le scénario encore plus pitoyable puisqu'il se donne des airs de justificier qui ne font que banaliser ces événements malheureux. De pitoyable, il devient même immoral.
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Quand les parvis des églises résonnent de toutes leurs notes
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Renouant avec la tradition du Festival d'été de Québec qui avait fait connaître au public d'ici des musiques venues d'ailleurs et tout particulièrement les musiques africaines, le Festival des journées d'Afrique reprend le flambeau dont la flamme a été laissée quelque peu vacillante par le Festival d'été alors qu'elle en était un des principaux flambeaux quelques années auparavant. La programmation du Festival des journées d'Afrique est des plus intéressante et permetttra de renouer avec ce qui était pratiquement devenue une tradition chez nous au fil des festivals. Des noms qui sont conus des amateurs de cette musique comme celui de Papa Wamba rendront ces retrouvailles encore plus concrètes. Par ailleurs, les spectacles qui se produiront sur le parvis de l'église St-Rock sont à rechercher non seulement pour leur musique, mais aussi pour le charme du décor environnant. L'intérieur et l'ornementation de cette église sont en effet d'une grande beauté, particulièrement celle de ses vitraux, ce qui en fait un des fleurons de nos églises de Québec. Tout y est donc en place pour une fête de quartier.
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Avec ces petits budgets, il vaut mieux ne viser que les cheveux
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Des films avec des budgets de 10 000$. C'est moins ou tout juste ce qu'il faut pour faire un clip. Alors, pour ce prix et si en plus vous n'avez même pas la vedette qui paye de sa personne et aussi autrement pour qu'on lui fasse sa publicité, il vaut mieux ne viser que les cheveux et tenter de les faire dresser sur la tête. C'est en tout cas une des rares portes de sortie que je vois pour cet exercice. Il semblerait d'ailleurs que plusieurs des particiopants l'aient empruntée puisque l'on nous prévient que plusieurs de ces films seront décoiffants. Ce n'est certainement pas une raison pour laquelle ceux qui souffrent de calvitie devraient s'en abstenir. Une autre porte de sortie est celle qu'à empruntée le Festival en sortant des murs de l'Université et en laissant enter par derrière des films venus d'ailleurs. Bons courants d'air.
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Des bons moments du festival d'été de Québec
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Papa Wamba a marqué quelques-uns des temps forts du Festival d'été de Québec alors que les délégations venues d'Afrique composaient une forte proportion du contingent des artistes venus d'ailleurs. À cette époque-là du Festival, ces artistes tenaient encore le haut du pavé et occupaient les créneaux de présentation les plus porteurs avant que d'être un peu relégués aux scènes moins prestigieuses ou que d'occuper des plages de présentation moins intéressantes. Heureusement que le Festival des journées d'Afrique permet de renouer avec ces beaux jours de la musique africaine qui se faisait entendre en nos murs à cette occasion. Le fait qu'il nous dise qu'il y présentera aussi uniquement de la musique africaine plutôt que de la musique du monde où il avait un peu tendance à y perdre son âme est une nouvelle intéressante. Je suis certain que pour plusieurs, ce Festival ainsi que la musique de Papa Wamba leur fera chaud au coeur, heureux qu'ils seront de renouer avec une vielle tradition qui avait pignon sur rue en nos murs il n'y a pas si longtemps de cela.
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Quand les agneaux ne gardent plus le silence
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Ce remake d'u film qui à son origine mettait en cause des méchants communistes accusés de manipulation des cerveaux et qui comptaient sur ce stratagème pour diriger la Maison Blanche à distance, est devenu sous la direction de Jonathan Demme un tout autre film qui aurait pu être d'une toute autre mouture. À partir d'un scénario cousu de fils électroniques encore bien plus visibles que les traditionnels fils blancs ou rouge de la première version, les ennemis ne sont plus ces machiavéliques nord-coréens, mais une multinationale dont la convergence des intérêts ne touchent pas que le seul domaine de l'information. Le film aurait pu être remarquable, mais l'on se doute bien que la puce électronique hollywoodienne n'a pas pu tolérer un traitement qui aurait pris pour cible de ses critiques autre chose qu'une hypothétique multinationale aux relents de celles qui fourmillent dans les films de l'agent 007. Celui qui a signé le beau film qu'est l'Agronome n'est pas au rendez-vous. Il n'a pas été capable de retourner ce scénario à l'avantage de l'intelligence et de la critique lucide, se plaçant ainsi bien loin derrière Michael Moore. Il réussit toutefois à faire quelques percées informatives en montrant toute la puissance des medias quand la convergence s'y installe pour vendre des idées ou des candidats qui ne deviennent que des images médiatiques aux mains de conseillers en communication qui vont aux élections comme d'autres iraient au casino pour en faire empocher les retombées sur eux et les amis du pouvoir. Le réalisateur du Silence des Agneaux est quant à lui arrivé presqu'entier à ce rendez-vous. Le traitement quasi psychanalytique mais plus imbécile des personnages, parce que leurs univers schizophréniques sont réduits à n'être que le résultats de manipulations sommaires, que dans ce dernier film leur donne presque de la crédibilité. En somme, malgré son talent indéniable et la performance remarquable des acteurs, ce film arrive à être seulement bon.
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Les villes sont-elles planifiées et l'ont-elles d'ailleurs déjà été
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Les moteurs infernaux du développement des cités au cours de l'histoire avec à leurs commandes les représentants des classes au profit desquelles ces changements se font laissent-ils une place quelconque à ceux qui voudraient en infléchir la marche. Il est permis d'en douter. Tout ce qu'il reste d'espace de manoeuvres réside dans des tentatives d'aménagement des sédiments qui sont déjà structurés par ces logiques. Ces logiques économiques sont d'ailleurs à ce point puissantes qu'elles ne changent guère de visage selon les régimes politiques. Cet artiste a donc très bien saisi intuitivement et artistiquement le profil de cette logique, lui qui en fixe l'image dans du béton. Par ailleurs, l'aspect sédimentionnel qu'il donne à ses oeuvres montre bien les étapes d'un développement urbain qui se fait en laissant des sédiments de ces activités se déposer sur le territoire urbain comme autant de strates que des tentatives souvent maladroites d'aménagement a posteriori tenteront par la suite de promouvoir au rang de la planification. Quand les usines de transformation et de production avaient besoin d'une main-doeuvre abondante, interchangeable, peu dispendieuse et pouvant se rendre au travail à pied parce que leurs salaires ne leurs permettaient pas d'autres moyens de transport, les quartiers populeux du centre étaient la règle. Maintenant que ces centres devenus socialement dangereux ont été déportés vers les banlieues et que les centres sont devenus des centres de services qui nécessitent une main-d'oeuvre plus qualifiée qui doit habiter plus loin, l'automobile est devenu la règle, avec l'obligation concomitante d'élever suffisamment leurs salaires et leur endettement pour leur permettre d'atteindre leur milieu de travail. Mais de temps à autre, des stalactites se cassent quand des accidents de voiture font des victimes, ce qui n'empêche pas la ville de continuer de se stratifier.
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L'incommunicabilité plutôt que l'absurde
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Ces personnages à l'équilibre délicat, tellement centrés sur eux-mêmes qu'ils en arrivent à être décentrés de toutes autres références, sociales ou communicationnelles, sont davantage les prototypes de l'incommunicabilité que des protagonistes de l'absurdité. Ce recentrage sur eux-mêmes les empêche de dépasser des limites qui les amèneraient dans des sphères de réflexion où seule peut naître la notion de l'absurde. Ils ne se questionnent pas lucidement sur le sens de la vie pour en percevoir l'inanité, mais ils l'intuitionnent au-travers des vapeurs de l'alcool. En ce sens-là, ces personnages peuvent être qualifiés de bourgeois, c'est-à-dire qu'ils ne dépassent pas le cercle des préocupations de leur milieu, sauf pour en sonder les abîmes qu'ils sentent sous leurs références habituelles que sont la famille ou le couple quand elles menacent de céder et de leur faire percevoir le vide qui les habite. Ce ne sont donc pas les fonds philosophiques qui sont ébranlés par cet auteur pour reprendre les mots de son metteur en scène, mais les fondements sociologique du milieu de ces personnages qui se trouve être celui qu'à si peint Albee dans sa dramaturgie. Personnages charnels et socialement bien situés plutôt que questionnements philosophiques, ils se prêtent par contre très bien à leur expression par le théâtre qui n'a plus qu'à planter un décor autour d'eux pour que toute la scène s'anime.
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Sur le Cap Tourmente et l'Île-d'Orléans planent deux Félix, Savard et Leclerc
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Le Cap Tourmente est pour tout québécois comme un refuge où telle une oie sauvage, il peut aller se ressourcer le printemps venu quand la neige des oies blanches qui viennent s'y abattre remplace les neiges de l'hiver ou lorsque l'automne arrivé, quand celle des oies préfigurent celles de l'hiver qui vient. C'est un peu comme son cadran saisonnier que ce Cap Tourmente. Sur lui plane aussi telle une oie, avec son bec dans le glacé de l'air et aiguisé comme une plume, l'ombre de Félix-Antoine Savard qui a fait du vol de ces oies les premières pages de notre écriture poétique et romanesque des temps modernes. En somme, le décor y est non seulement splendide, mais il invite aussi à la rêverie et aux méditations en plus des nombreuses observations que les ornithologues amateurs peuvent y faire. Quant à l'Ile-d'Orléans, c'est à beaucoup plus qu'à un tour gourmand qu'elle nous convie. Les nombreuses demeures ancestrales qui bordent son parcours ainsi que ses églises dont certaines datent même du régime français nous convient à un voyage dans notre histoire, elles qui par endroits portent encore des marques des boulets de canon de la flotte anglaise venue bombarder et prendre Québec. Sur cette île plane aussi l'ombre d'un autre Félix, soit celle de Félix Leclerc qui a fait du tour de l'île une chanson mémorable et dont un établissement de spectacles dédié à sa mémoire, l'espace Felix Leclerc, garde vivant le souvenir. Des battures de Ste-Pétronille, pouvoir contempler le pont de l'île, les chutes Montmorency et le Vieux-Québec est aussi un spectacle inoubliable. Des tours d'observation existent aussi à l'autre extrémité de l'île, soit à St-François, à partir desquelles il y a une vue imprenable sur le fleuve et le châpelet d'îles qui s'échelonnent en aval vers le golfe. Parlez-en à ceux qui ont fait ce voyage, ils vous en diront encore bien plus.
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Les vitraux sont nos icônes, un peu de ce que nous a légué l'orient
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Qu'il s'agisse des vitraux modernes ou de ceux beaucoup plus anciens qui ornent les églises, il se dégage de ces oeuvres une sorte de spiritualité qui nous fascine. Est-ce parce qu'ils sont souvent associés à des lieux dédiés à la spiritualité, ou parce qu'ils nous renvoient des images qui sont formées à partir d'une lumière que nous associons aux espaces infinis venus du ciel, toujours est-il qu'elles opèrent sur nos perceptions de manière plus mystérieuse que peuvent le faire la peinture et la sculpture. Il y a aussi le fait que toute sculpture ou toute peinture étant formée par la lumière qui sculpte les masses d'ombres qui en dessinent le profil, le vitrail intervient pour ainsi dire à l'origine de la sculpture et de la peinture, à un endroit qui en est le premier moment. Ni peinture, ni sculpture, il en est pourtant comme une synthèse des deux, sculptant les formes et nous en rendant les couleurs. De là, il est facile de comprendre l'engouement de Daniel Dalpé pour cet art qui orne les plus belles merveilles architecturales de l'humanité, telle la Saint-Chapelle ou les cathédrales qui lui doivent entre autres merveilles leur réputation de chef-d'oeuvre. Pour ce qui est de Daniel Dalpé, je me suis déjà arrêté pour contempler le plafond de ce magasin bien connu de Québec sans savoir de qui était cette oeuvre. Je le sais maintenant en même temps que je sais de quoi il est capable. Je sais qu'il y a aussi au moins une demeure du Vieux-Québec qui possède des fenêtres qui sont faites de vitraux. En y pensant, je crois que nos architectes pourraient proposer plus souvent de tels ornements pour orner les demeures.
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