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Oui l'humour est culturel et voilà pourquoi il ne faut pas la renier
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Quand Gérard Jugnot nous dit que cet humour qui est à l'honneur dans ce film d'Alain Chabat est d'un type différent de celui qui est habituellement exploité en France où l'on a une tradition d'auteurs et de dialoguistes, qu'il est de type slapstick pour employer ses mots, on a bien raison de le dire, mais certainement pas de le faire. À trop vouloir imiter ce qui se fait ailleurs, notamment aux États-Unis, en mettant de côté ce que son enracinement culturel propre a de meilleur, pour des raisons ambigües dont certaines sont certainement commerciales, l'on ne fait pas que se trahir, on tombe aussi dans l'inauthentique, avec le résultat que l'on risque de perdre sur tous les fronts. Les films français humoristiques qui ont bien marché ailleurs sont ceux qui ont su rester authentiquement français et c'est la même chose pour les humoristes. Ne serait-ce pas une tentative de percer le marché américain qui se cache derrière ces masques? Encore là, la déconfiture risque d'être complète si le grand frère hollywoodien décide d'y mettre ses pattes par le biais d'un remake.
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Quand les héros-tueurs se drapent dans la raison d'État
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Ce genre de scénario a beau faire des petits pour revaloriser le classique tueur du cinéma et lui donner du panache, il demeure que draper ses tueurs dans la raison d'état pour les rendre plus sympatiques ne leur confèrent pas pour autant un cachet d'authenticité. De cette opération de ravalement de la façade, il ne reste que les péripéties anectotiques, comme des courses-pousuites qui courent au-devant du non-sens. Encore heureux quand il reste de ces héros les débris d'une profondeur psychologique de circonstance comme dans le cas de la première partie de cette série. De toutes manières, les arguments sont minces pour ce genre de scénario et il ne reste plus au réalisateur qu'à jouer de la technique pour tenter d'être intéressant pour le spectateur qui n'en demande pas trop.
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À l'intuition du naufrage correspond un repli sur le vivant
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Quand des artistes prennent conscience de la fragilité de notre condition, souvent leurs regards se portent sur tout ce qui est vivant comme pour les embraaser de leur regard et pour les sauver du naufrage. C'est de là que part ce thème mythique de l'arche de Noé. Il arrive évidemment à cette occasion que ces vivants qui partagent notre destin fragile prennent des allures qui les rapprochent davantage des humain que des bêtes et qu'elles soient plu l'expression de la vision du monde de l'artiste que celle d'un collectionneur d'images. Ils peuvent alors s'exprimer dans deux directions opposées selon qu'il ont une vision optimiste et humaniste du destin des humains ou qu'ils en possèdent au contraire une autre plus pessimiste quand elle n'est pas franchement cynique. La première de ces visions, celle des optimistes, prime dans cette exposition.
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Voilà un auteur qui n'a pas à aller loin pour documenter ses récits
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L'intérêt pour cet auteur et ses romans vient du fait qu'il est capable d'éclairer la face cachée de la lune du monde judiciaire sans avoir à chercher bien loin sa documentation et ses sujets de romans puisqu'il est procureur dans l'État de la Californie. Le titre de cet ouvrage, la Loi cachée, nous amène déjà au coeur de cet univers que l'on veut éclairer sous un autre angle. La marginalité de ses personnages cadrent bien aussi avec cette introduction du titre du roman dans cet univers trouble. Plus qu'un simple polar, ce roman avec ses airs de ne pas trop y toucher, nous introduit derrière le prétoire et fait de l'administration de la justice un autre de ses personnages, ce que ne peuvent pas dire bon nombre de romans policiers.
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Comme si l'on se mettait un vieux film de Truffault
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Avec Delerm au piano et à la voix, on a vraiment pas envie de tirer sur le pianiste. Du blanc de la voix et du noir du décor surgit devant soi comme un vieux film de Truffault, avec la vie à fleur de peau et rien d'autre que le temps qui passe. Quel est cette nostalgie qui sourd de partout et vous imprègne à partir de si peu de mots. Cette dérive sentimentale, Truffault et peut-être davantage Tavernier, ont su la mettre en image, ce que Delerm met en chanson. Est-ce parce qu'il s'accompagne au piano que ses paroles portent si loin, parce qu'il saurait les envelopper ainsi du mystère qu'il faut pour en sentir toutes les évocations. Serait-ce le charme secret de la bourgeoisie qui opère? Qoi qu'il en soit, que l'on soit lecteur du Figaro ou de Libération, le courant passe. On le sent tout imbu des atmosphères du milieu parisien et les portraits qu'il nous en fait nous plongent dans leur intimité, qu'il s'agisse de la république des lettres ou des stars de cinéma, mais vues par un enfant qui aurait pris ses distances d'avec elles et qui, parce qu'il en est si près, nous entraîne paradoxalement avec lui loin de là. Que faut-il dire d'autre pour simplement signifier que ce disque est superbe.
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Avec Thomas Fersen et tous les autres, Bella Ciao, pour chanter le départ d'un être libre
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La perte de Serge Reggiani est l'équivalent de celle de Yves Montand. Même si ce dernier avait françisé son nom, il partagait avec Reggiani une même origine italienne, ainsi qu'une haine commune du fascisme qui leur avait fait fuir leur Italie natale. Je ne crois pas qu'il y ait eu depuis un autre interprète qui ait égalé le talent de Reggiani. L'intensité de sa voix et de son interprétation donnaient à la moindre de ses chansons des dimensions insoupçonnées. Il avait ce même charisme qui fait que les comédiens de talent sont souvent des interprètes fabuleux de la chanson. Les talents de comédiens de cinéma de Reggiani l'étaient grands, tout comme l'étaient aussi ceux de Montand. Avec lui disparait aussi l'image que l'on se fait de la chanson française, de celle qui n'avait pas encore renié ses origines pour se mettre à la mode anglo-saxonne quand ce n'est pas même pour chanter en anglais. Je veux bien que l'on vise le marché international, mais il est possible d'y accéder sans pour autant renier sa langue. Quand Reggiani s'exprimait dans une autre langue que le français, c'est en italien qu'il le faisait. À côté des accents inspirés par la liberté qui habitaient Reggiani, les créateurs qui se font vindicatifs le temps d'une chanson pour accrocher un peu de publicité me semblent bien ternes.
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Le cirque qui réinventa le cirque
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Ne serait-ce qu'à cause de la place exceptionnelle que le Cirque du Soleil occupe dans l'histoire du cirque, ce livre mériterait un détour sous ses chapiteaux. Cette histoire est peu banale. Il y aurait eu que ces débuts modestes et cette présence maintenant triomphale sur des scènes prestigieuses que cela suffirait à justifier cette biographie. Mais il y a beaucoup plus. Ce cirque et ses créateurs ont réinventé le cirque moderne en y introduisant du théâtre, de la magie, bref un brin de poésie qui en ont fait un spectacle unique qui a maintenant la place qu'il mérite. Il a réussi ce tour de force de faire la synthèse du cirque, de celui de Pékin avec ses numéros acrobatiques à couper le souffle avec le meilleur de la tradition américaine et européenne côté équilibristes et acrobates. Pour ma part, ce sont les mises en scènes et la musique qui accompagnait des numéros où l'on se serait cru davantage devant un spectacle des arts de la rue ou bien dans une scène d'un film de Frederico Fellini qui m'ont accroché. Par la suite, je n'ai pas été étonné du succès qu'il remportait à New-York et sur toutes les scènes du monde. Son influence est telle maintenant qu'il fait école et que d'autres cirques lui emboîtent le pas.
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Elle se voulait utile
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S'il est un écrivain auquel George Sand me fait penser, c'est à Alexandre Dumas. L'un et l'autre ont eu à subir un long purgatoire avant d'être reconnus, d'ailleurs davantage elle que lui puisque celui de Dumas a pris officiellement fin avec son intronisation au Panthéon, alors que celui de Sand dure toujours. L'un et l'autre se voulaient utiles à leurs semblables et utilisaient des mots simples pour en être compris. L'un et l'autre ont été mis à l'écart pour leurs prises de position jugées trop à gauche par les détenteurs des pouvoirs de leur époque. L'un et l'autre se sont exprimés de manière romantique, peut-être un peu trop, ce qui a permis à leurs détracteurs de les accuser de mièvrerie. Enfin tous les deux ont eu une production littéraire abondante. George Sand finira-t-elle par sortir du purgatoire où on la retient encore. Difficile de le dire, car la république des lettres est beaucoup plus de style aristocratique que républicain. Assez bizarrement pour un écrivain occidental, c'est maintenant en Chine où elle a le plus d'admirateurs convaincus. Ce qui est certain toutefois, c'est que les clichés réducteurs dont on l'a si souvent affublée commencent à être vraiment passés.
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Nul n'est prophète en son pays
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Le peu de place qu'occupe la discographie de Lynda Lemay au Québec, même dans des milieux que l'on croirait plus attentif à la chanson poétique fait mal au coeur. S'il est souvent vrai hélas, que nul n'est prophète en son pays, il est incompréhensible que des textes et des musiques de cette qualité soient obnubilés par je ne sais quel ramas de brocantes, de celles que l'on remise volontiers dans son garage. La seul aspect que l'on retient d'elle au Québec est son côté plutôt anecdotique quand elle se fait portraitiste de personnages ou de situations singulières. Le poète est toutefois complètement oublié dans tout cela et des textes qui nous rappellent par leur fraîcheur des artistes marquants de la
chanson, tels que sont capables de le faire de rares artistes francophones, mais qui sont produits dans une langue beaucoup plus poétique et recherchée, passent complètement inaperçus ici. Il n'est qu'à écouter l'un de ses CD pour comprendre toute la distance qui sépare le talent de cette artiste de la couverture médiatique dont elle dispose au Québec. Heureusement pour elle et pour nous, d'autres que nous ont compris et aimé son talent et lui accordent le respect qu'elle mérite.
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Quand le communautarisme va à l'encontre de la démocratie
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Cet exemple d'une tentative de la part de musulmans plus ou moins intégristes de s'immiscer dans la vie publique et le droit des sociétés démocratiques de droit montre à quel point le communautarisme, même quand il se présente comme le garant des libertés fondamentales, est contraire aux vrais droits et libertés qui se doivent d'être républicains, c'est-à-dire qu'ils doivent appartenir à la sphère citoyenne et laïque de la société et s'appliquer à tous sans distinctions de race de couleur et de religion. Les propos des représentants des groupes musulmans à tendances intégristes cachent mal leurs intentions derrière de piteuses argumentations qui nous font bien voir où ils espèrent finalement en arriver et nous font craindre que les peurs du Conseil canadien des femmes musulmanes soient tout-à-fait justifiées. Ces tentatives d'entrer par la porte arrière dans la vie et le droit des sociétés démocratiques doivent être bloquées au départ en refusant un communautarisme qui mène à l'introduction d'injustices et d'empiètements injustifiés dans le droit et la jurisprudence de nos sociétés. Il est faux de prétendre que ces menées à tendances intégristes que cautionne le président du Conseil musulman de Montréal soient purement privées. La jurisprudence de ces ententes soi-disant à l'amiable et privées débordent et déborderont dans la sphère publique s'il n'y est pas mis le holà. Par ailleurs, il est difficile de comprendre que ce Conseil se mette dans une telle situation qui fait qu'en cautionnant ces menées pour introduire des pans de la charia dans nos sociétés, il incite les citoyens à se méfier des membres de sa communauté et à faire faire un pas de plus à l'ostracisme et à l'intolérance dont sont victimes ses membres. Il devrait comprendre que la classe des religieux a depuis longtemps cessé d'être la classe dominante dans nos sociétés et qu'elle est en voie de connaître le même sort ailleurs, pour le plus grand bien des hommes et aussi des femmes.
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Il est vrai que Luchini est fabuleusement fabulateur
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La jouissance qu'il éprouve à jouer des mots commes des notes d'un instrument de musique fait vraiment de Fabrice Luchini un conteur fabuleux. C'est d'ailleurs quand il se met les mots du Fabuliste dans la bouche qu'il devient fabuleusement fablateur, tellement que La Fontaine lui-même nous semble revivre dans les propos qu'il nous a laissés. Ce n'est d'ailleurs pas seulement les propos qui revivent, mais aussi le rythme insensé des vers qui viennent se briser tels des lames de fond sur le rivage des renvois, la musique des rimes et la couleur des mots. Car ce conteur a non seulement une langue déliée qui savoure toutes les facettes des mots, il a aussi une oreille qui en perçoit toutes les nuances. Je le suis moins volontiers sur le sentier des mots quand il fait revivre Céline, mais pour ce qui est de la façon magistrale qu'à cet auteur de les faires expier dans un dernier râle du sens, je suis prêt à le faire, surtout s'il veut de la sorte m'amener jusqu'au bout de la nuit. Que ses talents de monteurs d'images et de mots soient moins utilisés au cinéma, on le comprend aisément. Il crèverait alors à ce point l'écran qu'il deviendrait comme ce personnage de cinéma que l'on voit dans un film de Woody Allen, qui n'est autre que le réalisateur lui-même, et qui traverse l'écran pour aller rejoindre les spectateurs de la salle de cinéma où est présenté son film. Mais cette élocution est déjà d'un autre âge, soit celui où le langage, officiel ou non, pénétrait les consciences de toutes parts et où il était encore possible de les faire obéir à la parole. Depuis lors, bien d'autres images que celle-là se disputent la conscience des humains.
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Je crois bien que c'est dans ce Festival que réside vraiment l'énergie
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Le thème choisi pour ce Festival du théâtre de rue de Shawinigan pour cette année est des plus porteurs qui soient. Vouloir abolir l'instant d'une production, la frontière qui divise le vécu du fonctionnel, l'intérieur de l'extérieur, le je du nous, est un moment de désaliénation fantastique. C'est ce message que nous transmet le fait de mettre les outils domestiques dans la rue et de faire l'inverse pour les outils du fonctionnel de l'extérieur. C'est encore le même message quand il s'agit pour cet urbanologue d'escalader les facades des immeubles, comme s'il voulait abolir les superstructures d'une seule enjambée. Bref, de partout, l'habituel, le fonctionnel sont transgressés et rendus à leurs dimensions humaines pour les mettre au niveau de leurs créateurs de tous les jours qui leur ont donné naissance. Cette thématique n'est pas qu'une amusette de rue, elle est le début d'une prise de conscience une fois que les feux de la rampe se seront éteint pour laisser de nouveau la place aux voitures.
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Un pour une langue à inventer
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Il n'est pas rare que les paroles des auteurs de chansons se fassent parfois hermétiques, ou à tout le moins déconcertantes. Plus qu'une volonté de faire original et que le désir de s'inventer un style, cette manière traduit le besoin que ressentent plusieurs auteurs d'inventer une langue qui soit le reflet d'un vécu singulier et aussi collectif qui croupit, enfoui qu'il est sous les décombres des langages fonctionnels de la production et de la reproduction de ce vécu. Ce langage singulier n'est donc pas qu'autobiographique et dans ce langage, souvent je est un autre, un autre que soi, un semblable, un humain. Pour paraphraser le nom de leur groupe, on pourrait dire que Un est un autre, qu'il est plusieurs.
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Quand un animateur annonce ses couleurs
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Avec Julien Tremblay, on sait au moins à quelle enseigne il loge, soit celle de l'humour. Qu'il se produise sur les ondes de la radio ou sur une scène de spectacles, on sait que l'on a affaire à un comique qui même s'il mêle les genres d'humour, allant du stand-up aux sketchs en passant par les contes anecdotiques, ne confond pas pour autant les genres comme le font et l'ont fait certains animateurs de la région de Québec. Il a l'honnêteté de son personnage et la sincérité du masque humoristique qu'il porte. Il n'essaie pas de se réfugier tantôt derrière l'humoriste, tantôt derrière le redresseur de tort, ou bien encore de se vêtir de la défroque de quelque Arsène Lupin de service pour passer ses messages. Si les animateurs de Québec qui volent maintenant la vedette, bien que cet objectif ait été le seul qu'ils aient jamais poursuivi de toute leur vie, avaient fait de même, ils n'auraient pas attiré sur eux le courroux de toute la fraction de la population qui n'aime pas qu'on la prenne pour des imbéciles.
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Une manière d'enterrer un passé culturel moribond en même temps que l'hiver
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Le thème de cette pièce et l'allure que prend son développement nous font penser que c'est avant tout des funérailles de notre passé culturel moribond dont il est question dans cette pièce. Nous sommes invités à fêter cet événement en même temps qu'à enterrer l'hiver, le temps d'un trop court été. Comment ne pas songer aussi à cette occasion aux vraies vocations sacrifiées chez toutes celles qui n'ont pu devenir artistes ou acrobates, alors que sous le couvert d'une vocation imposée par la culture et le milieu familial, elles s'étaient faites religieuises comme d'autres se seraient faits mécaniciens de père en fils. Cet automatisme des conduites induit par le milieu ambiant de l'époque a vite perdu ses repères quans les pressions du milieu se sont faites moins contraignantes. C'est ce résumé en accéléré d'une histoire culturelle qui a marqué nos compoertements qui nous fait aujourd'hui rire, comme si nous nous trouvions devant ces films muets peuplés de silhouhettes étranges dont les mouvements accélérés et saccadés provoquent le rire, comme dans les films de Charlot.
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