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Depuis que nous sommes passés à la société post-industrielle, à la société managériale, à la société technocratique, ou à un autre vocable qu'il vous plaira d'utiliser pour caractériser la société productiviste qui a succédé à la société industrielle, la place occupée dans l'entreprise par sa direction s'est complètement transformée. Depuis l'ingénieur qui était l'assistant du propriétaire des moyens de production et qui pouvait lui-même assumer la pleine gestion de l'entreprise, le pouvoir de gestion est graduellement passé à une classe spécialisée de gestionnaires, soit celle des managers. À la surveillance directe des premiers gestionnaires par le patron a ainsi succédé une surveillance à distance par le truchement de l'intéressement aux profits, d'où les fameuses options d'achat qui pouvaient rapporter gros à leur détenteur. Malgré les salaires faramineux de ces managers, cela ne représente pas beaucoup d'argent pour les grands détenteurs des moyens de production au regard desquels Louis XVI lui-même aurait fait figure de parent pauvre. Pour les petits actionnaires par contre, qui sont sensés posséder les entreprises mais qui en fait ne possèdent et qui surtout ne contrôlent rien du tout, il en va tout autrement. Ces pratiques sont une façon de les spolier d'un bénifice qui peut représenter beaucoup dans leur cas. Il est donc souhaitable que les directions d'entreprise soient mieux contrôlées pour qu'elles soient plus transparentes afin d'éviter les fraudes comptables comme celles d'Enron qui minent la confiance des petits investisseurs, que les fonds de retraites soient aussi mieux protégés quitte à ce qu'une nouvelle règlementation étatique oblige les détenteurs de capitaux, par cautionnement ou autrement, à garantir le paiement des retraites en cas de fermeture d'unités de production, de mauvaise gestion et tutti quanti. Ces transformations sont nécessaires. Ces affreux petits bourgeois privés de leur retraite pourraient être tentés de se révolter.
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