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Cinémaniaque
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October 2008 - Messages
18 octobre 2008, 3:12
FNC: Les musts du dernier week-end

Il Divo, samedi, à 16 h 45, à la salle Fellini.

Entre les murs, samedi, à 19 h 30, à l'Impérial; dimanche, à 10 h et à 16 h 45, à la salle Cassavetes.

Séraphine, dimanche, à 12 h 30, à la salle Cassavetes.

Synecdoche, New York, à 21 h 30, à l'Impérial.

 


16 octobre 2008, 1:34
FNC : Let us fuck!

Chers lecteurs, ne vous inquiétez pas, loin de moi l'idée de vous draguer crûment (j'en serais incapable de toute façon)... En fait, le titre de ce billet est l'une des répliques que lance Seth Rogen sur un ton d'acteur nul à Elizabeth Banks dans Zack and Miri Make a Porno de Kevin Smith alors qu'ils tournent dans une version comico-porno de Star Wars.

Au Festival de Toronto, j'ai eu le bref mais grand plaisir de m'entretenir avec le sympathique réalisateur. Voici ce qu'il avait à dire sur ce qu'il craignait le plus entre les féministes radicalement opposées à la pornographie, les fans de Star Wars ne supportant pas que l'on se moque de l'œuvre de George Lucas ou les ultraconservateurs qui ont fait en sorte de bannir l'affiche du film aux États-Unis :

«Les ultraconservateurs ! Les ultraconservateurs me donneront toujours froid dans le dos parce que ce sont des gens qui croient fermement à leur philosophie de vie et pensent que tout le monde devrait penser comme eux. Si vous ne pensez pas comme eux, vous êtes amoral ou un pécheur, et ça, ça m'a toujours fait un peu peur. Lorsque quelqu'un souhaite que vous viviez de telle façon, selon un carcan imposé, et que vous ne le faites pas, vous êtes en quelque sorte sur le mauvais chemin. Ils ne permettent tout simplement pas aux autres d'avoir des opinions différentes. Ils ne sont pas du genre à accepter que d'autres puissent vivre autrement. Ils ont l'impression que vous ruinez votre relation avec Dieu, que vous l'offensez. Je ne suis pas du tout comme ça. Pour moi, tant que tu ne tues personne, que tu ne violes personne et que tu ne bats personne, tu es une bonne personne.»

À voir ce soir à 19 h 30, à l'Impérial.


12 octobre 2008, 3:22
FNC: La vie d'artiste

 

En ce lundi d'Action de grâces, à 15 h, au Cinéma Impérial, l'actrice française Yolande Moreau présentera Séraphine, lequel raconte la vie de la peintre naïve Séraphine de Senlis, qu'elle incarne divinement. Au dire de son réalisateur, ce film aurait été touché par la grâce car il a eu l'impression que cette artiste méconnue les avait accompagnés durant le tournage. Rencontré au Festival de Toronto, voici ce que Martin Provost m'a confié sur cette femme au destin malheureux:

«Je me suis posé beaucoup de questions sur ce que je voulais montrer. J'ai essayé de ne pas asséner un message, de dire: "regardez cette pauvre femme!" Pour moi, Séraphine n'est pas une pauvre femme, c'est une femme qui s'est accomplie, qui a accompli une oeuvre. C'est énorme pour l'époque! C'est d'un courage! Elle est un exemple pour tellement de femmes. 

Je me suis toujours posé la question à savoir si elle était vraiment folle. Est-ce qu'elle avait vraiment le choix en 1932? À l'époque, il n'y avait pas de retraite, elle n'avait pas d'enfants - alors qu'on en faisait dix dans l'espoir que certains survivent pour assurer ses vieux jours -, Séraphine n'avait rien! Il y a de quoi devenir fou. Je la comprends et je suis avec elle.

J'ai eu des périodes dans ma vie d'artiste - le terme paraît prétentieux, mais j'aime bien me le dire - où j'ai traversé des déserts. Il y a des moments où je me demandais ce que j'allais devenir, j'avais envie de mourir. Je crois que dans toute vie d'artiste digne, il y a ça. Et en 1932, mon Dieu, qu'est-ce que ça devait être? La folie, c'est un refuge...Séraphine n'avait pas le choix ou plutôt, elle n'avait que choisir entre l'asile ou l'hospice. Je ne sais pas la vérité et je n'ai pas envie de donner de réponses.»

En reprise le dimanche 19 octobre, à 12 h 30, à la salle Cassavetes. 


11 octobre 2008, 6:24
FNC: Agnès V. par Agnès V.

 

Ce dimanche, à 13 h, au Quartier Latin, aura lieu la projection de l'irrésistible documentaire Les Plages d'Agnès. Lors du Festival de Toronto, j'ai eu la chance de rencontrer Agnès Varda, jeune octogénaire à la chevelure vanille et chocolat («Mes petits-fils disent qu'ils ont une grand-mère punk!») qui carbure à la tisane au romarin. En attendant que le film arrive sur nos écrans, voici un petit extrait de ce qu'elle nous a raconté (en anglais, because quatre des six journalistes invités à la table ronde ne parlaient pas français):

«Lorsque j'ai rencontré Chris Marker et Alain Resnais, moi qui ne connaissais rien au cinéma, j'étais très impressionnée, ils étaient si brillants. Resnais m'a beaucoup appris sur le montage; un jour, il m'a tout simplement dit: "tu sais, il y a une cinémathèque à Paris, tu devrais peut-être aller y voir des films..." Évidemment, j'avais vu quelques films, mais à l'époque, il n'y avait que la peinture et le théâtre qui m'intéressaient. Au fond, mon ignorance et ma naïveté m'ont donné une grande liberté puisque je n'avais pas fait d'école de cinéma pas plus que je n'avais été assistante-réalisateur. J'ai beaucoup d'admiration pour les aspirants réalisateurs qui étudient le cinéma.»


10 octobre 2008, 3:38
FNC : Un homme, sa muse

 

Ce samedi, à 17 h 30, à l'Impérial, le réalisateur Atom Egoyan et l'actrice Arsinée Khanjian présenteront Adoration, lequel s'est mérité le prix Œcuménique à Cannes. Le film repasse le lundi 13 octobre à 13 h, à la salle Cassavetes. Voici quelques propos du réalisateur et des acteurs Rachel Blanchard, Scott Speedman et Devon Bostick recueillis lors de la conférence de presse cannoise où la muse d'Egoyan brillait par son absence.

Sur Internet :

Atom Egoyan : «En bout de ligne, on se trouve des façons de raconter nos histoires aux autres; Internet est une nouvelle façon de le faire. Dans le cas de Simon (Devon Bostick), il utilise cette technologie, qui est propre à sa génération, afin de découvrir ce que sa famille lui cache. Simon est dépassé par toutes les réponses et l'attention qu'il obtient, mais cela ne répond pas nécessairement à ses questions. C'est un cliché de penser qu'Internet est un village global, car il existe plein de petites communautés virtuelles.»

Devon Bostick : « Ma génération est en diapason avec la technologie, un monde où il est facile de se cacher derrière un avatar.»

Sur le personnage de Rachel, mère de Simon :

Rachel Blanchard : « Je croyais que mon personnage était onirique, son lit ressemble à une scène. Elle est amoureuse, c'est tout.»

Atom Egoyan : « Les prises de Rachel expriment le point de vue de Simon sur sa mère; il essaie de connaître son père (Noam Jenkins), que son grand-père (Kenneth Welsh) considère comme un monstre. »

Sur le personnage de Tom, oncle de Simon :

Atom Egoyan : « Au départ, Tom devait être un plus vieux, mais devant le travail de Scott Speedman, que je jugeais trop jeune pour le personnage, j'y ai apporté quelques modifications et ainsi amener le récit à un autre niveau. À la mort des parents de Simon, il a décidé d'élever cet enfant. Tom a sacrifié sa vingtaine et travaille fort pour faire vivre son neveu.»

Scott Speedman : « Je rêvais de travailler avec Atom Egoyan, qui est pour moi un grand réalisateur. J'ai été renversé par Adoration. Durant le tournage, j'ai eu l'impression qu'il me faisait confiance et voyait à mes intérêts. Cette relation de confiance a grandi tout au long du tournage.»

Sur le titre :

Atom Egoyan : « J'emploie le mot adoration au sens religieux du terme, c'est-à-dire, qu'il signifie ferveur. Comme la ferveur qu'expriment certains envers des personnes ou des objets adorés, comme Sabine (Arsinée Khanjian) et Tom (Scott Speedman) adorent Simon. J'aime ce mot. »

Sur le cinéma :

Atom Egoyan : « Le cinéma, c'est la façon de tout réunir les formes d'expression (théâtre, photo, musique, etc.).»


9 octobre 2008, 4:40
FNC : Vous avez manqué le Garrel aujourd'hui?

 

Consolez-vous, La Frontière de l'aube, avec Louis Garrel et Laura Smet, repasse vendredi prochain à 17 h, à la salle Cassavetes. Si vous suivez ce blogue régulièrement, vous savez que je l'ai vu à Cannes et que je ne l'ai pas aimé du tout. Histoire de vous mettre en appétit et, surtout, de ne pas me répéter, voici quelques propos du réalisateur que j'ai recueillis à la conférence de presse en mai dernier:

Sur l'utilisation du noir et blanc : « J'ai décidé d'utiliser le noir et blanc à cause des apparitions du spectre; en couleurs, elles auraient été très difficiles à accepter. Henri Langlois m'avait dit de ne pas abandonner le noir et blanc, car il ne disparaîtra jamais. C'est le noir et blanc de La Frontière de l'aube qui donne l'impression que le film se déroule autour de 1968. Je trouve très dur de filmer des voitures Smart; je saute exprès par-dessus l'esthétique d'aujourd'hui.»

Sur sa démarche artistique : « Si je vous donne mes trucs, ils ne vous séduiront pas. Comme Cocteau dans Le Sang d'un poète, j'ai opté pour une construction artisanale. Je fais du cinéma de première prise, sauf pour les scènes d'apparition. Si les gens résistent à ce qu'on leur présente, on ne peut quand même pas mettre du LSD dans leur verre!»

Sur le surnaturel : « Les surréalistes, qui étaient athées, l'ont traité de façon romanesque. Au cinéma, le surnaturel nous ramène momentanément aux croyances. Pour ma part, j'ai fait des recherches sur le rêve, qui est tabou au cinéma, voué à l'insuccès. »

Sur sa principale source d'inspiration : Dans Spirite de Théophile Gautier, une femme suicidée apparaît dans le miroir pour demander à un homme de la rejoindre dans l'au-delà et les amants vont au ciel. Au départ, j'avais choisi comme titre Le Ciel des anges, d'après une phrase d'Aragon, mais j'ai préféré La Frontière de l'aube. Je me démarque des romantiques, car pour moi, le suicide, c'est le diable.»


8 octobre 2008, 4:16
Si vous n'allez pas au FNC ce soir...

 

Vous pouvez soit aller voir The Descendant de Philippe Spurrell au Cinéma du Parc à 21 h 30 - ce drame fantastique a été numéro un au box-office du Parc la semaine dernière...

Revoir L'Arnaque (The Sting) de George Roy Hill avec l'inoubliable Paul Newman et Robert Redford sur ARTV à 21 h 00...

Ou vous plonger dans la lecture de L'Aveuglement de José Saramago si l'adaptation cinématographique de Fernando Meirelles vous a plue ou vous intrigue. En terminant la lecture de Blindness, j'ai découvert que Saramago en avait fait une suite! Ça s'appelle La Lucidité et ça se passe quatre ans après l'épidémie de cécité blanche. J'en ai lu une soixantaine de pages et j'adoooore!

Sur ce, je me prépare à filer à l'Impérial afin d'aller revoir l'excellent Next Floor de Denis Villeneuve et découvrir Un capitalisme sentimental d'Oliver Asselin, les deux films d'ouverture du Festival du Nouveau Cinéma. Je vous en reparle demain...