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Tremblant 2008 : Bref bilan
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Bérangère Allaux et Lubna Azabal dans 24 Mesures de Jalil Lespert.
Voilà depuis dimanche après-midi, soit depuis mon retour de Tremblant, que je repousse le moment d'écrire mon bilan de la troisième édition du Festival de Film de Tremblant. Que dire de cette édition? Bof... À l'instar de la pluie qui n'a presque pas cessé de tomber (à force de me promener avec mon parapluie dans ce village coloré aux airs de décor de carton-pâte, j'ai bien crû que j'allais me transformer en Mary Poppins), les films de cette édition n'avaient pas grand-chose pour faire accourir les cinéphiles. Par moments, on se serait crû dans un festival de téléfilms...
Ainsi, le Jury Coup de Cœur a remis son prix au film How About You d'Anthony Byrne, une gentille comédie dramatique où une jeune femme (Haley Atwell, actrice douée que vous auriez pu voir dans Cassandra's Dream de Woody Allen n'eut été des déboires de Christal Films) transforme le morne quotidien des résidents peu commodes d'une maison de pension pour gens âgés. Si ce n'était de la présence de la grande Vanessa Redgrave et de l'excellente Imelda Staunton, le film serait en tout point facilement oubliable tant il dégouline de bons sentiments et que la réalisation ne s'élève guère au-dessus de celle d'un (bon) téléfilm.
Du côté de la Compétition officielle, le jury, présidé par Gérard Krawczyk et formé d'Anne-Marie Cadieux, de Lyne Charlebois, d'Emmanuelle Chriqui, de Sofia Sondervan, de Laurent Lucas et de Mark Lindsay, a attribué le Prix du meilleur acteur à François Cluzet pour son interprétation de truand pas tout à fait repenti dans Les Liens du sang de Jacques Maillot. C'est vrai que Cluzet, affublé d'une horrible moumoute noir de jais, était l'un des trop rares éléments positifs de ce banal polar.
Le Prix de la meilleure actrice a été remis à Lubna Azabal pour son interprétation sentie de junkie à la recherche de son fils dans 24 Mesures de Jalil Lespert, film inabouti mais sincère où Éros flirte dangereusement avec Thanatos, tandis que le Prix du meilleur scénario a échu à Michele Pellegrini et Gianni Zanasi pour No Pensarci de Gianni Zanasi ex aequo avec Fabiana Werneck-Barcinski et Philippe Barcinski pour le film Nao por Acaso de Philippe Barcinsky, deux films que j'ai malheureusement ratés au profit d'autres films m'ayant peu marquée - je tenterai d'avoir plus de pif l'an prochain...
Enfin le prix du meilleur réalisateur a été remis à Jacques Maillot pour Les liens du sang (permettez-moi de ne pas enfoncer le clou) et celui du meilleur film à 24 Mesures de Jalil Lespert, lequel est l'un des rares, sinon le seul film de cinéma présenté cette année à Tremblant. Ce film devrait prendre d'assaut nos écrans au cours des prochains mois. J'en profiterai alors pour vous livrer les propos de la charmante et sympa Bérangère Allaux qui y campe une jeune provinciale androgyne.
P.-S. : À tous ceux (et celles) qui sont déçu(e)s d'avoir manqué la censée scène torride de Manuele D'Amore 2, sachez qu'à l'instar des actrices de Young People Fucking, la bellissima Monica Bellucci garde le haut...
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Tremblant 2008 : Coups de cœur et coups de poing
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« Lorsqu'on me demande qu'elle est la ligne éditoriale du Festival de Film de Tremblant, expliquait avant la projection de 24 mesures la directrice de la programmation Daniaile Jarry, je réponds que nous choisissons des coups de cœur et des coups de poing. Le film de ce soir est un coup de poing. »
Incarnant Marie, jeune provinciale en conflit avec sa mère (Marisa Berenson), dans ce premier long métrage de l'acteur Jalil Lespert, Bérangère Allaux a par la suite présenté le film ainsi : « Je ne sais pas si c'est un coup de poing, mais c'est un film pur et dur que nous avons tourné de nuit en peu de temps. »
Campé durant la nuit de Noël, 24 mesures met en scène quatre écorchés vifs, une jeune mère prostituée et ex-toxicomane qui cherche à reprendre son fils (Lubna Azabal), un chauffeur de taxi dont le père se meurt à l'hôpital (Benoît Magimel), une jeune femme qui se cherche (Allaux) et un batteur de jazz (Sami Bouajila) qui veut donner une leçon à un jazzman (Archie Shepp).
Désespéré et douloureux, 24 mesures démontre que Lespert est un réalisateur plein de promesses dans sa première partie alors que les personnages se rencontrent au gré de tristes hasards. Le tout se gâte à mi-chemin comme si Lespert et le coscénariste Yann Appery ne savaient plus que faire de leurs personnages, se contentant de les suivre dans de très beaux plans de nuit sur fond de musique de jazz. En résulte un film inabouti qui agacera plus qu'il ne touchera. En reprise le samedi à 16 h, au Centre des congrès.
Aussi vu Rabbit Without Ears de Til Schweiger, comédie romantique légère, sexy et un peu longuette où un journaliste à potins (Schweiger) est condamné à faire des travaux communautaires dans une garderie où travaille une jeune femme coincée qu'il se plaisait à humilier dans sa jeunesse (Nora Tschirner). C'est télégraphié et convenu, mais certaines répliques et situations font franchement rire. En reprise aujourd'hui à 13 h 30 au Centre des Congrès.
Dans un autre registre, Les Liens du sang de Jacques Maillot met en scène Guillaume Canet et François Cluzet dans les rôles de deux frères, l'un flic, l'autre truand. Heureusement que Cluzet est inspiré dans ce polar lourd et convenu où les conflits familiaux pas plus que les magouilles des malfrats ne captivent ni émeuvent. En reprise aujourd'hui à 16 h, au Centre des Congrès.
Suggestions du jour : l'atelier du cinéaste d'animation Patrick Bouchard (Dehors novembre) à 14 h au Centre des Congrès et Transit de Christian de la Cortina à 21 h 30 au Cinéma Pine.
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Tremblant 2008 : Les choix du président Krawczyk
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Cr. Photo : Étienne Georges
Quelques mois après être venu promouvoir L'Auberge rouge, le réalisateur Gérard Krawczyk est de retour au Québec afin d'endosser le rôle de président du jury du Festival de Film de Tremblant : « Nous ne jugerons pas les films, a-t-il expliqué au public hier soir. Comme les gens, les films sont uniques, pas un n'est meilleur que les autres. Nous distinguerons les films qui nous auront touchés. »
Les prix du jury seront remis dimanche avant la projection du film de Jean-Paul Salomé, Les Femmes de l'ombre, à 19 h, au Centre des Congrès.
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Tremblant 2008 : Tout plein de premières!
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C'est hier soir, devant un public chaleureux, que Jean-Paul Rouve a présenté Sans haine, ni arme, ni violence, d'après la vie du cambrioleur Albert Spaggiari. « C'est la première fois que je réalise un film, c'est la première fois que je viens au Québec et c'est la première fois que je le présente à un public hors de France... C'est tout plein de premières!, a dit l'acteur-réalisateur-scénariste. Ça dure 4 h 20, alors pendant ce temps-là, je vais aller manger, fumer, vivre, quoi! Bon film! »
N'ayez crainte, le film, qui repasse samedi à 21 h 30 au Centre des Congrès (précédé du délirant et délicieux Isabelle au bois dormant de Claude Cloutier), ne dure que 88 minutes. Rouve y campe avec panache l'extravagant Spaggiari - « il était pire que ça! » a-t-il révélé - au côté d'un solide Gilles Lellouche dans le rôle d'un journaliste de Paris-Match qui se rend en Amérique du Sud pour interviewer l'auteur du célèbre casse de Nice. « Le film a été tourné au Portugal sinon on aurait fait exploser le budget, a poursuivi Rouve. Nous avons tenté de créer un pays imaginaire puisque Spaggiari s'est exilé dans plusieurs pays d'Amérique du Sud. »
« Tout est vrai dans le film, sauf le personnage de Lellouche qui a été inventé, a expliqué Rouve. Nous avons rencontré son avocat et des journalistes pour savoir comment il était. Nous avons aussi tenté de joindre sa femme (incarnée par Alice Taglioni), mais celle-ci a coupé tout lien depuis la mort de Spaggiari en 1989. »
Rouve a raconté que lorsque ce dernier est mort en Italie, sa femme l'a reconduit jusque chez ses parents sur la Côte d'Azur avant de disparaître de la circulation : « Elle n'a jamais donné d'entrevues ni écrit de livre du genre Spaggiari, mon amour ou une connerie du genre et je trouve ça très beau. »
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Tremblant 2008 : Ça commence ce soir !
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C'est à 20 h, au Centre des Congrès, que sera présenté le film d'ouverture de la troisième édition du Festival du Film de Tremblant, Sans arme, ni haine, ni violence de et avec Jean-Paul Rouve. L'acteur-réalisateur, qu'on a pu voir dans Monsieur Batignole de Gérard Jugnot, RRRrrr !!! d'Alain Chabat et La Vie en rose d'Olivier Dahan, y tient le rôle d'Albert Spaggiari qui disparut de la circulation en 1977 quelques mois après avoir commis le célèbre casse de Nice. Ça vous dit quelque chose ? Moi non, mais ça pique ma curiosité... Je vous en reparle demain. Pour en savoir plus sur la programmation de Tremblant, cliquez ici.
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Il y a 40 ans, Bob Kennedy...
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En septembre 2006, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec l'excellent acteur William H. Macey venu au Festival de Toronto Toronto promouvoir Bobby d'Emilio Estevez. Voici ce qu'il m'avait confié à propos de ce fatal 5 juin 1968:
"J'avais 18 ans quand Bob Kennedy a été assassiné, se rappelle William H. Macy. Je crois que plusieurs d'entre nous ont perdu espoir ce jour-là. Au moment où quelque chose de bien allait enfin arriver, on l'a descendu. Shit happens! Les Kennedy étaient et demeurent notre famille royale. L'assassinat des deux frères a ébranlé nos esprits, faisant paraître tout sans espoir. J'ai convié des amis à une projection de Bobby à L.A. À la fin du film, ils sanglotaient, même ceux qui n'avaient jamais montré d'émotions! Ce film nous rappelle l'époque où nous étions pleins d'espoir, où nous croyions en l'avenir. Nous avons perdu tout ça... Et nous avons eu Nixon... puis nous avons cru que tous les politiciens étaient des voleurs, des hommes d'affaires. Je ne crois pas que cela soit vrai; le film nous permettra peut-être de croire que tout est encore possible. Si un Bobby Kennedy apparaissait aujourd'hui, nous retrouverions cette Amérique que je connais et que j'aime."
La suite de l'entrevue ici.
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