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November 2007 - Messages
30 novembre 2007, 2:36
Speed dating

Dans L'Âge des ténèbres, qui prend l'affiche le 7 décembre, Chantal Lacroix, l'animatrice qui sème le bonheur autour d'elle à TQS, interprète l'hôtesse d'une soirée de speed dating où le personnage de Marc Labrèche rencontre une jolie damoiselle nostalgique du Moyen Âge (Macha Grenon).

Si je vous parle de cette scène, c'est que lundi midi, elle m'est revenue à l'esprit alors que je prenais part au junket de L'Âge des ténèbres. Dès que l'attachée de presse m'a présentée à Marc Labrèche en me signifiant que je n'aurais droit qu'à 20 minutes en sa compagnie, j'ai alors dit à la star du Cœur a ses raisons que j'avais l'impression d'être dans une séance de speed dating.

Diplomate, il m'a laissé entendre que lui non plus ne comprenait pas pourquoi l'on pressait l'équipe du film à rencontrer toute la presse en une journée. Habituée à faire des entrevues de 10 minutes lors des festivals, je trouve parfois que 20 minutes suffisent amplement à ramasser de la matière pour l'article à publier - surtout lorsqu'il s'agit d'un texte de 500 mots ou d'une entrevue téléphonique au cours de laquelle on se fait interrompre par une attachée de presse qui fait le décompte.

Toutefois, lorsqu'il s'agit d'une personne qui ne se contente pas de repasser sa cassette, qui prend la peine de réfléchir avant de répondre, comme c'est le cas avec Marc Labrèche, c'est très frustrant. À peine a-t-on le temps d'établir un climat de confiance, d'entrer dans le vif du sujet... bang, au suivant! Et au diable les autres questions que l'on brûlait de poser.

Vous me direz qu'il fallait les demander avant, ces questions, mais en entrevue, comme dans toute conversation, il faut parfois laisser aller les choses, car c'est souvent dans ces moments d'abandon que l'on révèle des propos plus intéressants. Combien de fois après une brève entrevue réalisée pendant un festival me suis-je rendu compte que malgré le fait que mes questions n'étaient pas les mêmes que dans le dossier de presse, l'acteur ou le réalisateur m'avait répondu, parfois à la virgule près, la même salade?

Personne ne peut se réinventer d'une entrevue à l'autre (pas plus l'intervieweur que l'interviewé), mais lors de rencontres mécaniquement orchestrées, comment donc ne pas tomber dans les formulations maintes fois répétées?

Dans le cas qui m'intéresse, il ne s'agissait pas d'un court texte, mais bien d'un texte de couverture (que vous pouvez déjà lire sur le site de Voir Gatineau). Qu'est-ce que j'aurais aimé que l'entrevue commence à l'heure pour avoir mes 30 minutes de gloire... Il paraît que je ne suis pas la seule dans ce cas; une journaliste d'un grand quotidien n'a eu droit qu'à 20 minutes également.

Aurions-nous donc dû demander, à l'instar d'un confrère d'un autre grand quotidien, une entrevue avant cette fameuse journée de presse. J'aurais pu passer deux heures en compagnie de Labrèche et ainsi aller au fond des choses. Pas pour le plaisir de me vanter d'avoir placoter aussi longtemps avec l'homme qui annonçait la fin du monde à 7 heures, mais pour vous donner autre chose à lire, chers lecteurs.


28 novembre 2007, 5:37
Si vous passez par Paris en décembre

En début d'après-midi, mon charmant confrère Tristan Malavoy Racine m'a fait lire un passionnant article de Jacques Mandelbaum du Monde à propos d'un film inachevé de Henri Georges Clouzot, L'Enfer.

En 1964, le réalisateur du Salaire de la peur commence le tournage d'un film qui se veut une analyse de la jalousie du point de vue d'un homme avec le couple tumultueux formé par Romy Schneider et Serge Reggiani. Auparavant, il s'était enfermé durant trois mois en studio avec ses acteurs afin de faire des expérimentations sur la lumière, la couleur et le son.

Après une semaine de tournage, Reggiani quitte le projet pour des raisons de santé. On pressent Jean-Louis Trintignant pour le remplacer, mais Clouzot est victime d'un infarctus. Le tournage est interrompu définitivement.

En 1965, Clouzot, désirant présenter ce qu'il a tourné à la Cinémathèque française, apprend que le film est bloqué par la compagnie d'assurances qui a perdu une fortune dans ce projet avorté. Clouzot meurt en 1977 sans jamais avoir pu reprendre le tournage. En 1994, Claude Chabrol s'inspire des états du scénario remis par la veuve Clouzot (Inès de Gonzalès) au producteur Marin Karmitz pour réaliser L'Enfer avec Emmanuelle Béart et François Cluzet.

Afin de souligner le 100e anniversaire de naissance de Clouzot, Serge Bromberg présentera une quinzaine de minutes de rushes de L'Enfer le 16 décembre, à 17 h, à l'Auditorium du Louvre. Il paraît qu'on y voit une Romy Schneider des plus lascives. Si seulement la Cinémathèque québécoise pouvait présenter ces extraits un jour...


28 novembre 2007, 1:12
Métissé serré : ze grande finale!

Jusqu'au dimanche 2 décembre, les internautes sont invités à voter pour l'un des 10 finalistes du concours Métissé serré sur le site de RCI :

La Vérité de Ian-Mathieu Ouellet

Wloski de Gabriel Roy-Manitta

Immigrant par solidarité d'Émilie Rosas

Mamoué (Petite maman) de Julie Médam et Émilie Perreault

Ave Marianna de François Desgroseilliers

Café trois couleurs de Joëlle Riendeau

Deux vies de Natacha Veilleux et Aurélie Herman

Bulent de Marie-Josée Proulx et Guillaume Harvey

Montréel premier d'Anne-Marie Kabongo

Jambalaya au diable de Jean-François Malouin

Les gagnants seront annoncés au cours d'une cérémonie spéciale le dimanche 16 décembre au Cinéma du Parc.


27 novembre 2007, 4:57
Philippe le bien-aimé

Je viens de terminer, non sans émotion, les conversations de Philippe Noiret avec Bruno Putzulu dont je vous ai parlé la semaine dernière. Plus anecdotique et moins riche que Mémoire cavalière, autobiographie de Noiret, Je me suis régalé, expression fétiche de ce grand amoureux de la vie, nous présente un Philippe Noiret au crépuscule de sa vie.

Se sachant déjà très malade, Noiret s'entretient l'interprète de son fils dans Père et fils de Michel Boujenah avec humour, pudeur et élégance, trois mots qui viennent souvent ponctuer les échanges que Putzulu a poursuivis après la mort de l'acteur avec sa femme Monique Chaumette, sa Chonchon qu'il adorait et qui l'a littéralement mis au monde, et Frédérique Noiret, sa fille unique avec qui il s'est réconcilié après quelques périodes houleuses.

Leurs sujets de prédilection? Le travail d'acteur, le théâtre et le cinéma, la bonne bouffe, les femmes, l'amour, la vie... la mort. Honnêtement, je trouvais que Putzulu prenait un peu trop de place, qu'il ramenait constamment la conversation à ses propres angoisses d'acteur, mais la sagesse et la dignité transparaissant des réponses de Noiret faisaient en sorte que je poursuivais avidement ma lecture. En somme, je dirais que le livre de Putzulu s'avère un complément léger mais non moins émouvant à Mémoire cavalière.

Extrait : «Jusqu'au bout Philippe a été conscient de tout ce qui se passait autour de lui. Il a toujours été lucide ça se voyait dans son regard, même quand il avait du mal à parler. Une des dernières choses qu'il m'ait dites en me prenant la main c'est : "On se complique trop la vie, mon grand", je pense souvent à ces paroles-là, dites à ce moment-là de sa vie, elles prennent tout leur sens quand je m'encombre l'esprit de broutilles. Avant que Philippe ne parte, le fait de venir chaque jour le voir a été une grande leçon pour moi car, lors de nos entretiens, il m'avait confié ne pas craindre la mort, me disant qu'il considérait avoir un cycle comme toutes les autres choses au sein de la nature. J'ai tellement peur de la mort, que j'avais du mal à croire Philippe et j'ai été soufflé et admiratif lorsque je l'ai vu, jusqu'au dernier moment, être fidèle à sa philosophie.»


23 novembre 2007, 4:07
Hommage à Béjart

Hier, peu avant d'entrer à la salle Maisonneuve pour voir la Batsheva Dance Company danser Bertolina de Sharon Eyal (voir critique de mon confrère Christian Saint-Pierre), j'ai aperçu de loin la statue de bronze représentant le magnifique danseur argentin Jorge Donn, décédé à 45 ans en 1992, que Claude Lelouch immortalisa en 1981 dans Les Uns et les autres exécutant une chorégraphie de Maurice Béjart. Drôle de coïncidence, en rentrant à la maison, je regarde le Téléjournal et j'apprends que le grand chorégraphe n'est plus. Voici en souvenir sa version du Boléro de Ravel.


22 novembre 2007, 4:39
Des rides : en avoir ou pas?

Tout à l'heure, je suis tombée sur une chronique de Marie-Claude Lortie de La Presse qui parlait de la surprise qu'elle a eue en voyant sur la couverture d'un magazine le visage sans âge de la productrice de L'Âge des ténèbres, Denise Robert, qui, bien qu'elle ne les accuse pas, a tout de même 57 printemps. « Photoshop? Botox? Chirurgie? », demande la chroniqueuse.  

En montrant la photo à ses collègues, l'une d'elles lui aurait répondu : «Nous les femmes, c'est toujours perdant-perdant. Tu perds si tu es ridée, tu perds si tu triches.» Là-dessus, Nathalie Petrowski lui aurait raconté que lors de son interview avec Isabelle Adjani, celle-ci aurait bien voulu « photoshopper » ses photos à l'instant où elles étaient prises si cela avait été possible.   Lortie termine son article sur cette réflexion : «Quand des adolescentes jeûnent pour faire comme les stars ou pour un lucratif contrat de mannequin, on peut accuser la méchante machine de la mode et de la pub de profiter de leur fragilité.

Mais quand des femmes de 50 ans cherchent par tous les moyens possibles à ne pas être ce qu'elles sont, on ne peut plus accuser les marchands de rouge à lèvres de nous forcer à avaler ces images. Ce sont les femmes elles-mêmes qui se mentent et s'emballent. Et il n'y a qu'elles qui pourront amorcer un changement.» 

Ouais, sans doute, mais regardez ce que le cinéma nous renvoie de l'image du couple. On laisse les jeunes premiers vieillir allègrement - c'est si beau un homme avec des rides d'expression et des tempes grises! - alors que d'année en année, la partenaire qu'on lui décerne à l'écran rajeunit de plus en plus. Jusqu'à ce que celle-ci ait l'âge d'être la fille du vieux beau. J'haïs donc ça quand c'est deux poids, deux mesures! Mesdames, vous aimeriez frencher votre père? Pas moi, ça fait longtemps que j'ai résolu mon complexe d'Œdipe. J'ai toujours un malaise quand je vois un vieux schnock jumelé à une fille de la moitié de son âge. Je sais bien que l'amour n'a pas d'âge, mais quand même...  

Pendant que les jeunes premières envahissent l'écran, les actrices plus mûres disparaissent dans la brume pour parfois revenir sous la forme d'une vague caricature de leur jeunesse. Rares sont celles qui osent arborer leurs pattes d'oie. Et ça commence parfois très jeune. Prenez Nicole Kidman, beauté sublime de 40 ans. La pauvre voulant demeurer dans le coup est tellement botoxée qu'elle a le front lisse d'une enfant et affiche un air perpétuellement surpris et un sourire figé.  

À Hollywood, il paraît que les réalisateurs s'arrachent les cheveux tant il y a d'actrices remontées et botoxées. Plus moyen de faire en sorte que leur visage affiche la moindre expression. Comment les blâmer de détruire ainsi leur beauté vieillissante si elles sentent que la grosse machine hollywoodienne ne veut plus d'elles... Sera-t-on surpris le jour où tous les acteurs apparaîtront au grand écran en animation 3D comme dans Beowulf... 

Vous me direz que Denise Robert n'est pas une actrice et qu'elle n'a donc pas besoin d'avoir recours à toutes sortes d'artifices pour préserver sa jeunesse, mais lorsqu'on fricote avec les gros bonnets du cinéma américain ou que l'on foule le tapis rouge auprès de jeunes starlettes européennes, la tentation doit être grande. Tout de même, comme le souhaite Marie-Claude Lortie, ça serait bien que les femmes acceptent de vieillir. Ainsi, ça empêcherait peut-être les actrices de se transformer en freak show et à nous-mêmes d'éviter un jour d'avoir l'air de Faye Dunaway ou de Joan Rivers. M'enfin, on s'en reparlera quand je friserai la cinquantaine...

Dernière heure: Oups! Madame Robert a fait savoir à Marie-Claude Lortie qu'elle était loin d'avoir 57 ans... Mille excuses! La journaliste s'était fiée à un document fautif et moi, à la journaliste. Cela dit, je ne peux vous révéler l'âge de la productrice puisque celle-ci préfère le taire.


21 novembre 2007, 12:03
Cannes comme si vous y étiez!

C'est ce soir qu'aura lieu le vernissage de l'Expo Traverso, au Sofitel (1155, rue Sherbrooke Ouest, Montréal), exposition marquant les 60 ans du Festival international du film de Cannes. Afin de marquer également le 60e anniversaire des services du gouvernement français chargés de promouvoir la France comme destination touristique au Canada, Cannes prête donc ces photographies des plus grandes stars ayant foulé la Croisette depuis 1947. La soirée soulignera aussi les 20 ans de la Maison de France,  qui promeut la France à l'étranger. L'exposition sera ouverte au public les 24 et 25 novembre. Entrée libre. Pour tout renseignement : (514) 285-9000.

P.-S. : Pour en connaître davantage sur la dynastie des photographes Traverso, lisez l'entrevue que Gilles Traverso a accordée à Marc Cassivi de La Presse.


21 novembre 2007, 11:35
Suggestion de lecture sur le génocide rwandais

Hier, je vous ai parlé d'un nouveau livre sur Noiret et ça m'a rappelé qu'il y a quelques mois, la romancière Claudine Paquet (Quelle vie de chat) m'avait écrit pour me parler de son roman jeunesse Je n'ai jamais vu un Noir aussi noir. Publié aux éditions Pierre Tisseyre et destiné aux lecteurs de 9 à 12 ans, ce roman met en scène un jeune garçon, Hubert, qui, à la rentrée scolaire, rencontre Fathy, un nouveau camarade de classe dont tout le monde se moque parce qu'il est de race noire et mal habillé. Contraint de faire un travail d'équipe avec Fathy, Hubert apprend que celui-ci est Rwandais. Pour les besoins de leur projet scolaire, les deux gamins invitent Jahia, mère de Fathy, pour venir parler en classe des horreurs du génocide et des splendeurs de son pays.

Le rapport avec le cinéma? Lorsque j'étais jeune, ma mère me défendait de regarder des téléséries comme Holocauste ou Racines sous prétexte que j'étais une fillette trop sensible... Sensible, certes, mais aussi très curieuse... Je la bombardais donc de question à propos de l'extermination des Juifs et de l'esclavage des Noirs, questions auxquelles ma mère avait bien de la difficulté à répondre puisque la barbarie s'explique difficilement. Comme on l'annonçait il y a quelques jours, J'ai serré la main du diable, adaptation des mémoires de Roméo Dallaire par Roger Spottiswoode, a franchi le cap du million. Le film ayant bénéficié d'une campagne publicitaire assez tapageuse, sans doute que de jeunes personnes de votre entourage en ont eu vent et vous ont ensuite bombardé de questions à propos du génocide rwandais. Qui sait, peut-être trouveront-ils réponse à leurs questions dans le livre de Claudine Paquet...


20 novembre 2007, 4:10
Métissé serré : les demi-finales!

L'autre jour, j'ai reçu un courriel d'une des stars du documentaire Sirop d'arabes d'Abeille Tard, Karim Bourara pour ne pas le nommer, me disant que le film s'était classé dans les demi-finales du concours Métissé serré. Jusqu'au 25 novembre, c'est le temps de voter pour l'un des 10 films de la 2e ronde des demi-finales sur le site de RCI. 

Outre le film ci-haut mentionné, voyez Jambalaya au diable de Jean-François Malouin, La Vérité de Ian-Mathieu Ouellet, Montréel premier d'Anne-Marie Kabongo et Aho Kunsevi, Wloski de Gabriel Roy-Manitta, Café trois couleurs de Joëlle Riendeau, Carmen de David Chedore, Ben à bout des tabous de Nicolas Bergeron, Nedjim de Steve Bujold et Le Bon vieux temps de Jérôme-Alexandre Fleury. La finale du concours aura lieu de 29 novembre au 2 décembre. Allez-y, le site a vraiment de la gueule!


20 novembre 2007, 2:40
Du nouveau sur ma table de chevet : Noiret et Putzulu

Ce matin, j'ai trouvé dans mon casier Philippe Noiret - Bruno Pulutzu : Je me suis régalé - Conversations où le grand acteur s'entretient avec celui qui jouait l'un de ses fils dans Père et fils de Michel Boujenah. En complément de ces conversations, Bruno Putzulu s'est entretenu avec la femme et la fille de Philippe Noiret, Monique Chaumette et Frédérique Noiret. Je vous en reparle...  


19 novembre 2007, 5:24
Les réalisateurs et les droits d’auteur

Je n’avais pas envie de revenir sur la crise de Patrick « Il Divo » Huard qui, faute de ne pas s’être fait offrir un billet de première classe, a refusé d’aller présenter à Paris Les 3 p’tits cochons, son premier long métrage, lequel ouvrait la Semaine du Cinéma à Québec… où l’on présentait également Ma fille, mon ange et Ma tante Aline – heureusement qu’on y présente aussi Contre toute espérance de Bernard Émond et Continental, un film sans fusil de Stéphane Lafleur pour sauver la mise.

Bref, je n’avais pas envie d’y revenir, mais vendredi dernier, j’ai reçu cette missive de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, où l’on dénonce ce que Huard a voulu dénoncer avec éclat, soit le fait que les réalisateurs ne touchent pas de droit d’auteur. Voici le texte intégral :

«Voilà que le lapin sort du chapeau à l’occasion d’une controverse publique qui ne concerne qu’indirectement l’épineux problème en question, problème dont pourtant l’ARRQ fait état depuis plus d’une douzaine d’années sans que la presse ne s’en préoccupe vraiment.

Non, les réalisateurs et les réalisatrices, tant au cinéma qu’à la télévision, ne touchent pas de droits d’auteur, contrairement à leurs collègues européens. Pourquoi? Parce que la loi canadienne sur le droit d’auteur ne leur en accorde pas. Parce que le Canada constitue le Domestic Market du cinéma américain et que s’est installée chez nous l’habitude du copyright qui achète tous les droits pour tous les territoires à perpétuité.

Oui, l’ARRQ se bat sur tous les fronts possibles pour que les réalisateurs et réalisatrices, d’une part soient reconnus comme auteurs, d’autre part puissent bénéficier de droits d’auteur. Auprès du Gouvernement fédéral dans le cadre de la révision de la loi sur le statut d’auteur où elle a déposé un mémoire. Au sein d’un regroupement constitué de l’UDA, de la SARTEC, de la SPACQ, de l’APFTQ et de la SACD-SCAM en ce qui concerne les droits sur la copie privée afin que la loi fédérale reconnaisse à tous ses membres des droits similaires aux droits musicaux ou sur la photocopie. Auprès de l’APFTQ et de la convention télévision à venir. Auprès, récemment, du projet de télé sur demande Éléphant de Québécor (et a obtenu la reconnaissance d’un droit d’auteur pour les réalisateurs). Au  quotidien, l’ARRQ proteste auprès des télédiffuseurs quand le nom de ces derniers n’apparaît pas ou très mal au générique des émissions ou sur les auto-promotions; elle offre par ailleurs des services juridiques gratuits à celles et ceux qui ont besoin d’assurer ou de défendre leurs droits professionnels, en plus d’avoir mis à leur disposition un document de base pour ce faire, Le petit Groleau. L’ARRQ a même été le maître d’œuvre, en 2002, du Forum international des associations de réalisateurs (FIAR) qui a, entre autres, mené à «La déclaration de Montréal» entérinée par vingt-six délégations nationales en provenance des cinq continents, de même qu’à celle du «Rôle du réalisateur», celle-là entérinée par vingt-trois délégations.

Le lapin avait besoin d’un électrochoc médiatique, semble-t-il, pour qu’on s’informe de sa santé : il est très malade, oui.» 

L’association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ)


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19 novembre 2007, 5:03
À votre agenda : Prends ça court!

C'est demain, le mardi 20 novembre, au Monument National (1182, boul. St-Laurent), que Prends ça court fêtera ses huit ans. Au programme, Soft de Simon Ellis, Raging Ball de Nicolas Duval, J'viendrai te chercher de Sophie Dupuis, Isabelle au bois dormant de Claude Cloutier, Talon d'argile de Patrick Bouchard et plein d'autres belles découvertes... Aussi, l'équipe de Fais ça court! de Télé-Québéc sera de la partie, de même que des représentants de l'Off-Courts de Trouville. Les portes ouvrent à 19 h et la projection commence à 20 h. « Be there or be somewhere else», comme dirait Danny Lennon, le génie derrière PCC!


16 novembre 2007, 6:43
Brokeback Mountain, nuisible au cinéma gay?


Je viens de tomber sur une très intéressante chronique de Martin Bilodeau du quotidien Le Devoir qui, alors que le festival image+nation entame sa première semaine, revient sur le livre du critique et professeur de cinéma Matthew Hayes, The View from Here : Conversations with Gay and Lesbian Filmmakers, que je vous invite à lire (la chronique comme le livre).

Parmi les citations qui ont marqué le journaliste, celle de Don Roos, qui s'inquiète autant du présent que de l'avenir du cinéma gay : «Je me demande comment Brokeback Mountain a pu se faire, déclare Don Roos. Le film va certainement nous faire plus de tort que de bien parce qu'on va s'en servir comme d'un exemple de l'ouverture des studios et de l'évolution des moeurs. Mais croyez-moi, sur la ligne de front, les choses n'ont pas évolué. Elles sont même pires qu'avant. Il est plus difficile aujourd'hui d'introduire un personnage gay dans une histoire que ça l'était il y a dix ans quand j'ai fait The Opposite of Sex

L'autre jour, je discutais avec un ami, cinéphile et gay, de la pertinence d'un festival tel image+nation. Je lui disais que je n'avais rien contre ce genre de festival (surtout pas cette 20e édition qui offre plusieurs titres qui piquent ma curiosité), mais que je me demandais s'il y avait vraiment assez de bons films « GLBT » pour justifier son existence d'année en année. Pour avoir eu à couvrir i+n à quelques reprises, je ne me rappelle pas avoir crié au génie très souvent. Comme me disait un ami, cinéphile et straight : « C'est pas parce que deux gars se frenchent dans un film que ça en fait un bon film. gay ».

Aussi, je lui faisais remarquer qu'une telle manifestation annuelle pouvait entraîner un effet ghetto plutôt que de donner envie aux straights de découvrir le cinéma gay. D'ailleurs, pourquoi parler de cinéma gay, pourquoi donner une orientation sexuelle aux films en raison de celle du réalisateur ou des protagonistes ? Lorsque j'ai vu Brokeback Mountain, l'un de mes films préférés, je n'y ai pas vu un western gay mais bien l'une des plus belles histoires d'amour que j'avais jamais vue au cinéma. Eh oui, le couple est formé de deux garçons, so what ? Sachant que le film avait été étiqueté « western gay », bien des gens se sont sans doute privés d'aller voir ce film magnifique d'Ang Lee.

L'avis de mon ami à propos d'i+n ? Il m'a répondu qu'au-delà du cinéma, ce festival était un lieu de rencontres et de discussions pour les membres de la communauté « GLBT » et ses amis. Eh ben, c'est en lisant des propos comme ceux de Roos que la bulle dans laquelle je vis me pète (une fois de plus) en pleine face, s'il y a des homophobes à Hollywood, il y en a parmi nous. En fait, selon les statistiques, une personne sur deux serait intolérante face à l'homosexualité ou aurait des préjugés sur celle-ci. À l'instar du défilé de la fierté gaie, i+n tient sans doute une place importante dans la reconnaissance sociale des gays, lesbiennes, bisexuel(le)s et transsexuel(le)s. Et si i+n peut faire de notre société une société plus ouverte d'esprit, longue vie à image+nation. Sur ce, si vous allez du côté d'i+n, bon festival.


14 novembre 2007, 11:00
Image+nation XX : ça commence demain!


The Bubble
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9 novembre 2007, 3:34
Cinemania 2007 : Dernier week-end


C'est ce week-end que l'acteur Niels Arestrup promènera sa belle tête de poète maudit à l'Impérial afin d'y présenter son premier long métrage à titre de scénariste et de réalisateur, le thriller politique Le Candidat, dans lequel il tient la vedette au côté d'Yvan Attal. Ce samedi, à 13 h, et ce dimanche, à 20 h 30.
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