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September 2007 - Messages
27 septembre 2007, 4:39
L'Âge des ténèbres : Pus capable!


L'Âge des ténèbres

La semaine dernière, Louis-Bernard Robitaille de La Presse rapportait que le dernier film de Denys Arcand avait été accueilli chaleureusement par le gratin parisien lors de l'avant-première au cinéma Gaumont des Champs-Élysées. Or, comme ce correspondant à Paris le soulignait, cela ne «garantit rien pour la carrière du film».

Eh bien si les Bernard Pivot, Antoine de Caunes, Lambert Wilson et autres ont semblé aimé le film, c'est tout le contraire pour la critique française. Ainsi, si vous allez sur le site AlloCiné, vous pourrez y trouver des extraits de critiques pas trop chaleureuses :

«Denys Arcand surcharge la barque du pessimisme démonstratif, au risque de noyer ses personnages et de faire sombrer son histoire.» Télérama

«L'humour, la fantaisie, l'imagination qui ici et là agrémentent le scénario incongru se perdent le plus souvent dans un bric-à-brac trop désordonné pour être efficace.» Ouest France

«Marc Labrèche est excellent dans un rôle en constant dérapage contrôlé. Mais on reste dubitatif face à une séquence moyenâgeuse qui n'apporte pas grand-chose à ce film désespéré.» Le Parisien

«On sourit trop rarement devant cette farce kitsch et potache.» Première

«Aucun gag ne fonctionne et, faute de finesse, tous les excès du film se retournent contre lui. A trop forcer le trait, il finit grossier et caricatural (...) C'est bête, interminable et désolant.» TéléCinéObs

«Une comédie qui séduira les vieux cons et les amateurs de confiture. Les autres, s'abstenir.» Les Inrockuptibles

«Misogyne autant que misanthrope, réglant leur compte de façon caricaturale aux services sociaux québécois (...), douteux dans son attaque sommaire contre le politiquement correct, le film de trop d'un auteur claquemuré dans une rancoeur stérile.» Le Nouvel Observateur

Parmi les moins sévères : «Denys Arcand (...) boucle sa trilogie en posant un regard acerbe et désenchanté sur notre société. Il le fait avec humour et férocité, évitant soigneusement de tomber dans le pamphlet réactionnaire (...) Du coup, le message de ce dernier épisode passe mieux.» Le Figaroscope

«Jamais bien fins, jamais bien drôles, mais parfois bien vus, les gags s'enchaînent, sur le ton doux-amer si caractéristique de l'auteur du "Déclin de l'empire américain".» Le Monde

C'est le producteur français du film Dominique Besnéard qui sera pas content, lui qui avait craché sur mes confrères québécois en les traitant de merdeux ou de fouille-merde sous prétexte qu'ils n'avaient pas crié au génie en sortant de la projection. Cela dit, alors que j'ajoute moi aussi mon grain de sel au tintamarre ambiant, j'en ai marre d'entendre parler de ce film.

Pourrions-nous attendre au mois de décembre pour en parler? Y a quelqu'un qui pourrait m'expliquer tout ce dérapage? Serait-ce une campagne de promo maladroitement orchestrée? La faute des journalistes? Il me semble qu'il ne se passe pas une journée sans qu'on parle de ce film. C'est Paris Hilton qui va être jalouse.

Il y a d'abord eu l'épisode « Ira-t-i ira-t-i pas à Cannes », la sortie en salle prévue en mai reportée en décembre, l'accueil «trop tiède» que lui a réservé la presse québécoise à Cannes, idem au Festival de Toronto, puis les 1001 versions du film, bien que le cinéaste lui-même avait affirmé que la version projetée au Festival de Cannes était la version définitive.

Depuis quelques jours, plusieurs déplorent, au grand dam de la toute-puissante productrice Denise Robert, la sortie à Grande Prairie afin que le film soit éligible aux Oscars. Entre vous et moi, j'en ai rien à foutre que les Albertains voient le film avant nous, ce qui me chicote, c'est que ce ne soit pas l'excellent premier long métrage de Stéphane Lafleur, Continental, un film sans fusil, qui ait eu l'honneur de représenter le Canada aux Oscars.

Lorsqu'on pense que ça va se calmer, voilà qu'à la conférence du Festival du Nouveau Cinéma, l'on reçoit parmi la pile de communiqués de presse un nous indiquant que L'Âge des ténèbres fera l'objet d'une présentation spéciale (date à confirmer). Comme si ce n'était pas assez, on nous annonce que Marc Labrèche animera la soirée d'ouverture, où l'on présentera Durs à cuire de Guillaume Sylvestre, tandis qu'Arcand sera l'hôte de la soirée de clôture, où sera présenté le récipiendaire de la Palme d'Or (bien méritée!), 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu.

Au fait, saviez-vous que la productrice était membre du C.A. du FNC? «Parlez-en mal, parlez-en bien, mais parlez-en!» Pas sûre qu'à long terme ça servira le film. Ce matin, je parlais avec une collègue qui me disait qu'à force d'en entendre parler, ça lui avait donné le goût de boycotter le film. Comment pourrais-je la blâmer? N'ayant pas le courage ni la patience de mon cher confrère de La Presse Marc-André Lussier, je n'ai plus du tout envie de le voir une seconde fois afin de pouvoir rendre compte si les modifications apportées l'auront réellement amélioré. Je refilerai la mission à un autre. Kevin, tu es là?


20 septembre 2007, 11:58
Un Macguffin avec ça?
Hier soir avaient lieu deux lancements de livres, la biographie d'Alain Chartrand, Chartrand, cinéaste (Montréal, Stanké), et le Dictionnaire général du cinéma d'André Roy (Montréal, Fides). Ne possédant pas le don d'ubiquité, j'ai tout simplement décidé de rentrer directement à la maison où m'attendait déjà le dico de Roy. Eh oui, un autre dictionnaire du cinéma. Fruit de 15 ans de recherches, ce dictionnaire comporte 4500 entrées portant sur la technologie, la production, la distribution, l'exploitation du film, l'esthétisme, la culture, les genres, les mouvements, etc., de même qu'un très pratique glossaire anglais-français - il est si facile pour un critique de cinéma d'abuser d'anglicismes. Le tout est rédigé de façon claire, nette et précise. Lorsque j'ai du temps à tuer, je m'amuse à lire des définitions au hasard, des heures de plaisir, quoi!
20 septembre 2007, 10:57
Du nouveau sur ma table de chevet

La Neuvaine
 
Peu avant de partir pour Toronto, j'ai reçu le scénario de La Neuvaine de Bernard Émond, accompagné d'analyses d'Anne-Marie Aitken, d'Étienne Beaulieu, de Frédérique Bernier, de Luce Des Aulniers, de Jean Pichette et d'Yvon Rivard. Je n'ai pas encore eu le temps de m'y plonger, mais lorsque j'ai rencontré Bernard Émond peu avant la sortie de Contre toute espérance, celui-ci m'avait dit qu'en lisant ces textes, il en avait appris sur son film. Je vous en reparle plus tard. La Neuvaine, scénario et regards croisés, Montréal, éditions Les 400 coups.
19 septembre 2007, 12:09
Métissé serré : C'est parti!
Vous vous souvenez sans doute que je vous avais glissé un mot à propos du concours de courts et de balados Métissé serré. Eh bien, dès maintenant, vous pouvez visionner les 10 films de la première ronde éliminatoire et écouter les 11 balados finalistes. Vous pouvez également donner votre appréciation des oeuvres et ainsi courir la chance de remporter l'un des coffrets DVD des séries Gérard D. Laflaque, Les Bougon, Les Invincibles ou Minuit le soir, ou encore une paire de billets offerte par Via Rail Canada. Rendez-vous sur www.rcinet.ca. Les courts et les balodos du volet anglophone Digital Diversity y sont également disponibles.
18 septembre 2007, 5:31
TIFF 2007 : Palmarès


Continental, un film sans fusil

À cause d'un poignet mal en point et de bien d'autres textes à écrire, dont ma rencontre avec l'homme qui a serré la main du diable, celui qui l'incarne et celui qui a dirigé le tout, me voici donc à vous offrir le palmarès quelques jours après la fin de la 32e édition du Festival International de Toronto. Êtes-vous prêts ?

Alors que plusieurs films portant sur la guerre, dont Redacted de Brian de Palma, récipiendaire du Lion d'argent que j'ai malheureusement manqué, et In the Valley of Elah de Paul Haggis, qui m'a laissé plutôt indifférente malgré le jeu touchant de Tommy Lee Jones en père inconsolable, sur des génocides, tels Shake Hands with the Devil de Roger Spottiswoode, trop près du téléfilm à mon goût, et Darfur now de Ted Braun, que j'ai également manqué, ou sur la vengeance, comme The Brave One de Neil Jordan, que je n'ai pas envie de voir même si j'aime bien Jodie Foster, et Reservation Road de Terry George, pour lequel Mark Ruffalo mériterait un oscar, ont fait beaucoup de bruit, un film fait de longs silences éloquents a réussi à faire sa marque.

Ainsi, huit ans après avoir obtenu une mention spéciale du jury au Festival de Toronto grâce à son court métrage Karaoké, le réalisateur Stéphane Lafleur s'est vu remettre samedi dernier le Prix du meilleur premier long métrage pour le formidable Continental, un film sans fusil ; ce film est produit par la boîte micro_scope, celle à qui l'on doit aussi Familia de Louise Archambault qui avait partagé ce prix avec The Life and Hard Times of Guy Terrifico de Michael Mabbott en 2005.

Formé de la réalisatrice Jennifer Baichwal (Manufactured Landscapes, de l'acteur Colm Feore, du producteur Roger Frappier et du directeur artistique de la Quinzaine des réalisateurs Olivier Père, le jury a salué ce film «porté par une vision singulière, d'une beauté subtile et épurée et d'une maturité cinématographique étonnante pour un cinéaste si peu expérimenté».

Afin de nous faire patienter jusqu'à sa sortie en salle, prévue pour le 9 novembre, le Festival du Nouveau Cinéma a eu la bonne idée d'inclure dans son programme ce bijou de film qui se retrouvera sans doute dans bon nombre de palmarès de fin d'année.

S'étant fait coiffé à l'arrivée en 2005 par C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée, David Cronenberg a pour sa part remporté le Prix du public avec son percutant thriller Eastern Promises, devançant Juno, du Montréalais Jason Reitman, et Body of War, documentaire sur la guerre en Irak du célèbre animateur américain Phil Donohue. Il semble donc que bien qu'allégé de quelques minutes, L'Âge des ténèbres de Denys Arcand, qui fait ses débuts prometteurs à Paris, n'aura pas réussi à séduire tout à fait. Une histoire à suivre. Pour citer l'un de mes charmants confrères : « J'ai donc hâte que le DVD soit sorti pis qu'on n'en parle plus ! »

Celui qui sera du 22 septembre au 3 octobre l'objet d'une rétrospective au Cinéma du Parc, où l'on pourra notamment voir l'étrange Brand Upon the Brain, le Manitobain Guy Maddin, a récolté le Prix du meilleur film canadien pour My Winnipeg, lequel sera au programme du FNC. Le Jury de la FIPRESCI a élu La Zona de Rodrigo Plà, revenu de la Mostra avec le Lion de la meilleure première oeuvre, tandis que les journalistes présents au festival ont jeté leur dévolu sur Cochochi, une coproduction canado-britannico-mexicaine d' Israel Cárdenas et Laura Guzmán. Aurons-nous la chance de les voir sur un écran près de chez nous?

Enfin, le Prix du meilleur court métrage canadien a été décerné à Pool de Chris Chong Chan Fui, réalisateur canadienne malaysienne. Quant à mes coups de coeur personnels, je vous recommande chaleureusement l'élégant et sulfureux Lust, Caution d' Ang Lee, le magnifique Atonement de Joe Wright, le surprenant I'm Not There de Todd Haynes, dont je découvre le génie au fur et à mesure que j'en apprends sur Bob Dylan, et, bien sûr, le film de Stéphane Lafleur.

Je suis fatiguée de mes 10 jours là-bas, mais j'ai déjà hâte à l'an prochain. Une vraie drogue, ce TIFF.

P.-S. : Mon ami Pat n'a pas tellement trippé sur le dernier film qu'il est allé voir à Midnight Madness, Dainipponjin de Hitoshi Matsumoto. Son verdict : « C'était spécial.» Si j'ai bien compris, c'avait l'air d'un Ultraman ultra-poche un peu scato sur les bords.


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14 septembre 2007, 7:33
TIFF 2007 : Zombie!


Stuck

Hier soir, tandis que je dégustais avec un ami une rafraîchissante pointe de « Sky High Lemon Pie » au diner Fran's (College Street, entre Bay et Yonge pour ceux que ça intéresse), la voix de Dolores a retenti pour nous chanter Zombie à fond la caisse. C'est drôle, car quelques minutes auparavant, j'avais cette chanson dans la tête alors que mon ami, un fan fini de films d'horreur, me parlait des films qu'il avait été voir à Midnight Madness, le volet consacré aux films de genres du festival.

Dans George A. Romero's Diary of the Dead, le légendaire cinéaste reprend l'histoire de Night of the Living Dead qu'il campe cette fois-ci à l'ère de MySpace et de YouTube afin d'y critiquer la prolifération d'info qu'on trouve sur Internet, de même que le voyeurisme. Trop occupés à filmer l'invasion de zombies, les gens oublient qu'ils sont eux-mêmes en danger. Lors de la première de ce film, qui prouve que Romero n'a pas perdu la main, des zombies ont envahi le tapis rouge et la salle de cinéma.

Dans Stuck de Stuart Gordon, qui était venu présenter Edmond l'an passé à Fantasia, Mena Suvari, qui a trop fêté sa récente promotion au centre d'accueil pour personnes âgées où elle travaille, frappe Stephen Rea, nouvellement itinérant, qui reste alors coincé dans le pare-brise. Plutôt que de lui venir en aide, la demoiselle attend tout simplement que le pauvre homme rende l'âme. Une histoire d'horreur basée sur un fait divers que Gordon a transformée en un conte urbain cynique pimenté d'humour noir.

Inspiré des westerns spaghetti de Sergio Leone et de Django de Sergio Corbucci, Sukiyaki Western Django de Takashi Miike met en scène Quentin Tarantino qui raconte l'histoire d'un homme qui cherche un trésor dans un village que se partagent deux factions ennemies, qui convoitent également ce butin. Comprenant un personnage féminin (Kaori Momoi) avec autant de couilles que la mariée de Kill Bill, ce curieux film de cow-boys japonais qui ne se prend pas au sérieux se révèle moins étrange que Happiness of the Katakuris et plus drôle que Zebraman. Serait-ce le début d'un nouveau genre, le western sushi? Ce soir, mon ami, appelons-le Pat, ira voir Dainipponjin de Hitoshi Matsumoto, un genre d'Ultraman d'aujourd'hui; je vous en reparle plus tard.


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14 septembre 2007, 5:53
TIFF 2007 : Comme si vous y étiez
Si vous avez envie de savoir de quoi ont l'air les conférences de presse du festival, cliquez sur ce lien, vous y trouverez en plus des conférences, des bandes annonces et des courts métrages! Génial, non?
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14 septembre 2007, 5:47
TIFF 2007 : Un peu de « eye candy »?
Si vous avez envie de vous rincer l'oeil, cliquez sur ce lien, vous y trouverez des photos de stars sur le tapis rouge, en conférence de presse ou en studio. Si certaines sont très glamour, d'autres sont comme vous et moi. M'enfin, je présume puisque je ne vous connais que virtuellement.
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12 septembre 2007, 9:56
TIFF 2007 : De quossé?


I'm Not There

C'est ce que je me suis dit en sortant de la projection de presse de I'm Not There, de Todd Haynes, qui a partagé le prix spécial du Jury avec La Graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche à la Mostra. J'avoue, à ma grande honte, ne pas connaître grand-chose de l'univers de Bob Dylan. Comme bien du monde, je connais sa gueule, sa voix, son fils, et je peux fredonner Like a Rolling Stone, mais ça ne va vraiment pas plus loin.

Dans cette expérience intéressante qu'est I'm Not There, Haynes explore les différentes facettes du chanteur à travers six personnages campés par six acteurs, dont Richard Gere, Heath Ledger, Christian Bale et la fascinante Cate Blanchett. Qu'est-ce que j'aurais aimé pouvoir saisir toutes les références dans cette insolite visite schizophrénique dans la tête de Dylan où l'on se moque allégrement du star-système et des médias... Y a pas quelqu'un qui me prêterait les essentiels de Dylan?


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12 septembre 2007, 9:36
TIFF 2007 : Éloge de la paresse


Woody Allen sur le plateau de Cassandra's Dream

Ce matin, lors de la très attendue conférence de presse de Cassandra's Dream, troisième film de Woody Allen tourné en Angleterre, ce dernier a avoué qu'il tournait rapidement ses films par paresse. « Je ne suis pas un cinéaste dévoué, je suis paresseux, je n'ai pas de patience pour tourner avec les acteurs, confiait cet admirateur de Bergman et de Pasolini. Sur le plateau, je veux seulement en finir et retourner chez moi. Je ne dis pas que c'est bien. »

À propos des acteurs, il a révélé : « Les acteurs aiment bien ne pas à avoir à répéter 25 fois la même chose et je ne crois pas que l'interprétation s'en trouve diminuée. Ils n'ont pas besoin de répétition ni de conversations à propos de leurs motivations, car les acteurs ont en général un bon instinct et puis, ils me font bien paraître. »

Quant à ses propres motivations pour la réalisation, il avoue : « Dès mon premier film, Take the Money and Run, ç'a été cauchemardesque parce qu'on ne me parlait que de temps et d'argent. Je voulais seulement faire des films pour rencontrer des filles. Je ne voulais pas perdre mon temps sur un plan et risquer ainsi de manquer un match de basket ou un souper entre amis. Ce qui est important pour moi, c'est ma famille et la clarinette. J'aurais sûrement fait de meilleurs films si j'avais été plus consciencieux et plus perfectionniste. »

Ben dis donc, j'aimerais ça être paresseuse de même. En passant, je n'ai pas eu le coup de foudre pour cette histoire de deux frères (Colin Farrell et Ewan McGregor) qui se font embarquer dans une histoire crapuleuse par leur oncle (Tom Wilkinson). Cela dit, un Allen mineur vaut toujours bien plus que bien des trucs sans personnalité qui envahissent chaque semaine nos écrans. J'irai le revoir dans de meilleures conditions.


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12 septembre 2007, 9:06
TIFF 2007 : Divine Ludivine


La Fille coupée en deux

En vous parlant d'Ozon, ça m'a rappelé Ludivine Sagnier que l'on a pu voir dans La Piscine et 8 Femmes. Celle qui prête sa voix à Romola Garai dans la version française d'Angel aurait capté l'attention de Claude Chabrol en interprétant la fée Clochette dans Peter Pan de P.J. Hogan.

Dans La Fille coupée en deux de Chabrol, qui s'est inspiré d'un fait divers du début du 20e siècle, elle incarne une ingénue libertine qui tombe dans les bras d'un célèbre écrivain décadent (François Berléand) et d'un capricieux milliardaire déséquilibré (Benoît Magimel).

Égal à lui-même, le réalisateur au regard d'entomologiste livre une fascinante étude de la lutte entre la classe bourgeoise en perte de vitesse et la classe trop puissante des people. Un film à la fois prude et pervers dont la surprenante finale rappelle Lola Montès.


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12 septembre 2007, 8:41
TIFF 2007 : Ozon le kitsch


Angel

Hier soir, je suis allée voir Angel de François Ozon et je ne l'ai pas du tout regretté. Campé dans l'Angleterre edwardienne, cette adaptation d'un roman d'Elisabeth Taylor met en scène la délicieuse Romola Garai dans le rôle d'une impétueuse fille d'épicier qui deviendra romancière à succès.

S'inspirant des mélodrames des années 30 et 40, Ozon signe un film aux accents résolument kitsch avec son personnage féminin à la fois tyrannique, excessif et candide, sorte de croisement entre Scarlett O'Hara et l'impératrice Sissi, ses scènes extérieures tournées en studio et ses couleurs criardes frôlant le mauvais goût.

Au côté de Garai, on retrouve Sam Neill, dans le rôle de l'éditeur, et Charlotte Rampling dans le rôle de sa femme, la seule qui semble insensible aux charmes d'Angel. Lucy Russell, découverte dans L'Anglaise et le duc de Rohmer, interprète Nora, secrétaire personnelle d'Angel et soeur d'Esmé, incarné par Michael Fassbender, peintre ténébreux et grand amour d'Angel. Un divertissement coloré et somptueux qui se laisse regarder avec plaisir.

P.-S. : Vous m'excuserez de si peu bloguer, mais hier après-midi, je suis tombée à quatre pattes au coin de Bloor et Bay (imaginez Ste-Catherine et St-Laurent en plus gros) et je me suis foulé le poignet gauche. Je crois que c'en est fini des talons hauts pour moi. Et je vous jure que je n'avais rien bu!


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10 septembre 2007, 11:47
TIFF 2007 : Continental, j'adooore!


Continental, un film sans fusil

Je reviens de la première nord-américaine du premier long métrage de Stéphane Lafleur, lequel a été chaleureusement accueilli par le public. Émouvant film sur la solitude, Continental, un film sans fusil met en scène quatre personnages, un brocanteur (Gilbert Sicotte), une réceptionniste (Fanny Mallette), un vendeur d'assurances (Réal Bossé) et une hygiéniste dentaire (Marie-Ginette Guay) dont les destins s'entrecroisent après la mystérieuse disparition du mari de cette dernière.

Évoquant l'univers des Roy Andersson (Chansons du deuxième étage) et Aki Kaurismäki (L'Homme sans passé), ce que l'on annonce déjà comme le meilleur film québécois de l'année fait montre d'une maturité étonnante. Pas une réplique ni un plan de trop dans cette oeuvre d'une rigueur remarquable. On rit beaucoup de la banalité, de l'absurde et de l'insolite de certaines situations et réparties - imaginez une version épurée des Voisins de Saïa et Meunier - et pourtant les personnages que nous présente Lafleur, des perdants magnifiques pour reprendre l'expression de Cohen, nous déchirent le coeur.

Fort de la photographie précise de Sara Mishara, qui compose des plans traduisant avec puissance le désarroi de ces quatre âmes solitaires, Continental, un film sans fusil illustre avec finesse, sincérité et humour la dignité des petites gens. Et pour agrémenter le tout, chaque interprète offre un jeu d'une formidable retenue. Bref, du grand cinéma!


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9 septembre 2007, 8:32
TIFF 2007 : Parlant de Jane Austen...


Atonement

J'ai découvert, sur le tard, l'oeuvre de Jane Austen grâce à l'un de mes chers confrères. De fait, malgré les très belles adaptations de ses romans (Emma de Douglas McGrath, Persuasion de Roger Michell, Sense and Sensibility d'Ang Lee et l'inoubliable télésérie Pride and Prejudice, avec le séduisant Colin Firth dans le rôle de Darcy), ce n'est qu'en 2005 que je me suis plongée, avec délectation, dans la lecture de Pride and Prejudice où la grande romancière critique finement avec sa plume gracieuse ses contemporains.

Quelques mois plus tard, j'ai été séduite par le brio avec lequel le jeune réalisateur Joe Wright avait mis en scène ce récit de quatre soeurs que leurs parents cherchent à marier. Parmi l'une des plus belles scènes, il y avait celle du bal où à l'aide de souples mouvements de caméra, Wright nous entraînait parmi les danseurs et faisaient se rencontrer Elisabeth (Keira Knightley) et Darcy.

Pourquoi je vous parle de ce film? Parce que le brillant metteur en scène récidive avec une remarquable adaptation du best-seller de Ian McEwan, Atonement, où une jeune femme (Knightley) se voit cruellement séparée de son amoureux (James McAvoy) après que sa petite soeur eut accusé ce dernier à tort d'un crime. Toute sa vie, la fautive (interprétée par Romola Garai et Vanessa Redgrave) cherchera à se repentir de cette faute.

Magnifique film sur la mémoire, Atonement dépeint superbement la vie oisive d'une famille bourgeoise des années 30 avant d'illustrer en un époustouflant tableau (ah ce plan-séquence sur la plage!) les ravages de la Seconde Guerre mondiale. L'un de mes grands coups de coeur du festival. D'ici la sortie du film, je vous suggère de lire le riche roman de McEwan.


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9 septembre 2007, 7:49
TIFF 2007 : Un délicieux « chick flick »


The Jane Austen Book Club

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas très portée sur les films dits de filles - et pourtant, le rose me va si bien au teint. Hier soir, j'ai passé un très agréable moment en compagnie des six membres du Jane Austen Book Club, délicieuse comédie dramatique de Robin Swicord.

Alors qu'ils traversent des crises sentimentales, cinq femmes (dont Maria Bello, pétillante dans le rôle d'une « Emma ») et un homme (le craquant Hugh Dancy) se rencontrent chaque mois pour parler des six romans de Jane Austen dans lesquels ils trouveront réponse à leurs tourments.

J'ai tellement aimé les répliques piquantes et spirituelles, les personnages touchants et sympathiques et les acteurs en parfait diapason que ça m'a donné envie de mettre sur pied un club de lecture avec mes amis. et de me plonger dans l'oeuvre de Jane Austen.


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