Si vous aviez fait partie de nombreuses personnes, qui avaient adoré le premier film, il y a de fortes chances que vous ne détesterez pas ce dernier. Cependant, il n’est pas mauvais d’ajouter quelques bémols, et plusieurs dièses avant de porter un jugement. Sorte de compromis, entre-les pour et les contre. Tout d’abord, ce long-métrage a été beaucoup trop médiatisé. Les critiques virevoltent de partout. C’est à la limite de l’affrontement entre ceux qui aiment, et ceux qui détestent. Et si, c’était moitié-moitié? Beaucoup d’ironie sur un évènement historique, dont on préfère s’en moquer, pour ne pas en pleurer? Haïr nos ainés c’est tendre un miroir vers notre propre futur n’est-ce pas? C’est mieux qu’un billet de loterie : «Un jour ce sera ton tour»!
Au risque de le répéter, c’est l’une des premières générations, à devoir consoler ses propres parents d’une grosse «pépeine d’amour». Les adolescents sont devenus après le divorce, l’être le plus mature de la famille. Il donnera des conseils à la mère, éduquera les nouvelles mœurs à son père, et perdra l’envie de rencontrer qui que ce soit. Après on se plaindra de tous les Tanguy, (aussi valide pour les filles) qui se retrouveront à trente ans indécis, bien à l’aise dans son nid, qu’ils n’arriveront plus à quitter!
Est-ce vraiment nécessaire de raconter encore une fois l’histoire? Le synopsis est déjà dévoilé depuis fort longtemps. Mais pour se situer…, voilà quatre pauvres types, qui se retrouvent à l’aube de la cinquantaine, qui tente de recommencer leur vie. Ou plutôt à continuer, malgré les années passées à espérer s’en fabriquer une vraie? On dit parfois, que «Le soleil le lève en retard»? Possible! Mais tous ces individus, ont-ils le droit de l’espérer? Doivent-ils baisser les bras et accepter de vivre seuls « je vis avec ma solitude, je m’en suis fait une alliée», ou «non, je ne suis jamais seul avec ma solitude»! Lorsque c’est un choix de vie, peut-être… certes pas le cas de ces quatre hommes. Il y a donc, une profonde tristesse dans leur démarche minable dans tous les bars. Existe-t-il, d’autres façons pour rencontrer? Sur Internet? Agence de rencontre? Souper rencontre, etc. Pourtant, c’est encore dans le Sacro-Saint Bar, que les personnages s’accrochent. Ne serait-ce, que pour s’illusionner d’obtenir un peu de chaleur humaine. Un sourire, un échange d’un soir, et le grand amour.
Finalement ce n’est pas, que le reflet des baby-boomers, mais celui de toute une société en perte d’intégrité et d’authenticité. Le Paraître l’emporte sur l’Être, et l’on n’ose même pas aborder l’interrogation de l’Avoir. C’est un cercle qui tourne sur lui-même, sans jamais pouvoir s’arrêter. C’est bientôt le tour de tous les Yuppies (Young Urban Professionnal 1980), demain de la génération X-Y ou Z. En fin compte «Crusing Bar 2», est plus près d’une parodie générationnelle, qui témoigne d’un profond désarroi.
Une première réalisation de Miche Côté : chapeau! Écrit en étroite collaboration d’avec Robert Ménard. Son interprétation est digne d’une mention d’honneur. Il n’a pas hésité sur les meilleurs acteurs : sa conjointe de toujours, Véronique Le Flaguais, ainsi que : Hélène Major, Noémie Yelle, Lise Roy, Christine Foley et plusieurs autres. Une véritable œuvre satirique dont l’humour grinçant, nous laisse tout même un arrière-goût!