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Lise Bourassa
22 juin 2008, 12:05

Une brèche…entaille le cœur.

Les romans de Marie-Sissi Labrèche, sont toujours dérangeants. Avouant faire de l’autofiction, (trop honnête pour le dire), elle sera taxée d’être condescendante. Chose certaine, on ne demeure pas sans aucune opinion.  Après l’avoir vu à quelques reprises à la télévision, j’avoue avoir été stupéfaite! Je ne connaissais pas l’histoire personnelle de madame Labrèche. Tout le monde a vu, un être tourmenté, mal à l’aise avec des problèmes de santé mentale!

 

Mettre au grand écran la fusion de deux romans aussi complexes, devient  du grand art cinématographique. Ne surtout pas censurer, ni exagérer, pour laisser entrevoir la profondeur du gouffre. Juste assez, pour ne pas tenter de mesurer le vide, cette profondeur d’un fossé, d’une grotte, ou d’une mère.  Cet abysse de dépendance émotive, bipolarité surréaliste, évasion de tous les paradis perdus, etc. Cherchant son identité à travers les autres, elle ressent ce que toute femme veut : être aimée! Il existe autant de formes d’amour, que de caractères à en signifier! Se désincarner pour se fondre aux pieds de l’autre, savoir s’ignorer pour traverser son propre désert. Malgré tout, elle réussit à transcender ses démons de son enfance pour triompher par l’écriture.

 

Bordeline, projette une femme fragile dans une époque criarde, humiliée par son enfance et ne connaissant aucun moyen d’aborder un futur immédiat. Des épaules trop fragiles pour supporter, sa mère, sa grand-mère, le voisinage qui ne cesse de culpabiliser. Exploitée par de nombreux hommes, qui y verront l’occasion d’assouvir leur bas instinct. Elle n’arrivera plus à différencier ses propres émotions. Comment les exprimer? Incapable de recevoir, trop habitué à donner. Angoissée par la solitude, hantée par la folie, elle surmontera à force de nombreuses thérapies toute la douleur omniprésente de sa vie.

 

Malgré un arsenal de médicaments, Marie-Sissi Labrèche aura su toucher le cœur des mal-aimés. Qui pourrait avoir la prétention de dire haut et fort : Pas moi, jamais! Personne n’est à l’abri. À moins d’être au-dessus de toute condition humaine!  Allez passer quelques jours parmi les coquerelles, une mère au regard perdu, et le jugement inquisiteur de l’environnement et pourra-t-on en tirer une parcelle d’humilité?

 

Le long-métrage de Lyne Charlebois a su capter l’essence de madame Labrèche. En superposant l’espace-temps, elle chevauche le passé et le présent d’un mal à l’âme.  L’interprétation magistrale D’Isabelle Blais, vient consacrer une excellente actrice. Sa palette de couleurs vient renforcer l’image cassée d’un être humain. Angèle Coutu et Sylvie Drapeau, sont à la hauteur de leur talent. Sans oublier Pierre-Luc Brillant (au prise du démon du midi?), deux rôles secondaires importants : Marie-Chantal Perron et Antoine Bertrand.

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