Je suis tombée sur quelques perles qui m’ont titillé le féminisme ce weekend. J’avais envie de les partager avec vous.
Dimanche après-midi, en faisant ma vaisselle, j’ai écouté par hasard Vous m’en lirez tant, un magazine littéraire de la Première Chaîne de Radio-Canada. Il était question du livre Propaganda d’Edward Bernays, un des pionniers en matière de manipulation de l’opinion publique et bien sûr de propagande. J’écoutais avec attention la description des campagnes de relations publiques de l’Américain, en essayant de ne pas trop cogner mes assiettes ensemble pour ne rien manquer. Le célèbre « I Want You For U.S. Army », c’est lui. Mais ce qui m’a marqué, c’est comment il a orchestré un grand coup de marketing direct pour vendre des cigarettes aux femmes, un défi qu’il devait relever pour son employeur, l’American Tobacco. Il a détourné le féminisme de façon magistrale :
(…) la cigarette constitue pour les femmes un symbole phallique qui représente le pouvoir de l’homme. Pour faire fumer les femmes il faut d’abord leur faire conquérir de manière symbolique des positions occupées par la gent masculine. Bernays vient de trouver ses leaders d’opinion et il orchestre un des grands coups de marketing de l’histoire en détournant une marche catholique (la procession de Pâques) pour en faire un événement politique au profit des suffragettes. Une dizaine de jeunes premières, invitées par lui et soigneusement instruites du plan de bataille, se présentent au-devant de la procession, exhibent leurs cigarettes, et s’allument devant les photographes des journaux. Bernays lance le slogan aux journalistes présents : « elles allument des flambeaux pour la liberté ». (…) Les journaux accordent la première page à la nouvelle. Les conservateurs vendent de la copie grâce à l’aspect scandaleux. Les progressistes sont charmés. Les féministes exultent, jubilent de l’ampleur du phénomène médiatique. (…) La femme éprise d’émancipation devra simplement fumer. Fumer c’est voter !
Via niko74 / Agoravox
Les flambeaux de la liberté!?!?!? Ah la manipulation des symboles de révolution à des fins marchandes… Ça me fait penser, j’ai ce livre dans ma bibliothèque que je n’ai jamais fini : Révolte consommée – Le mythe de la contre-culture. Je crois qu’il est temps que je le reprenne.
Autre truc assez incroyable via Feministing : une jeune femme de 16 ans, violée par quatre adolescents, a retrouvé ses agresseurs par MySpace! Des messages échangés entre deux des agresseurs faisait état de l’événement et du nombre de personnes impliquées, ce qui a permis à la police de les arrêter et des les inculper! C’est ce qu’on appelle mettre Big Brother à son service. Quelle débrouillardise de la part de cette adolescente… et quelle inconscience (stupidité?) totale de la part des violeurs. À lire sur Seattle Times.
Finalement, voici comment des scénaristes macho voient la femme libérée, la femme de pouvoir, la femme forte. Gracieuseté du film DOA : Dead or Alive, un navet de 2006, adapté du jeu vidéo du même nom, que je n’ai pas vu (et que j’ai pas envie de voir) :