Un Américain, un Anglais et un Irlandais (jusqu’ici, ça
sonne comme le début d’une bonne blague) sont retenus en otages dans une geôle
au Liban. Oh, ça sonne un brin moins
drôle. C’est le point de départ de la
pièce de théâtre Quelqu’un pour veiller sur moi, création du Théâtre de l’Ingérence. Trois détenus, coupés du monde extérieur s’apprivoisent,
se confrontent, se soudent, s’évadent en pensées, s’efforcent de rester
vivants. C’est un huis clos où le spectateur se retrouve également
prisonnier, témoin muet. Le spectacle se déroule dans une très petite
salle. Je n’étais pas assise à côtés de
mes amis, je n’avais pas choisi ma place.
Tout nous est imposé, en silence, sans rétorque possible. Plus qu’un spectacle, on nous offre une
expérience.
Si vous y allez, de grâce, ne faites pas comme ces dames
proprettes se faisant un honneur de ricaner devant les gardes masqués qui nous
entassaient dans les ascenseurs glauques. Oui Madame, on le sait que tu le sais que ce
n’est pas vrai. Le théâtre c’est ça,
c’est un jeu. Mais embarque dans le jeu,
ok? Tu ne sais pas tu t’en vas où, tu ne
sais pas ce que tu vas vivre. C’est sûr
que c’est un peu plus déstabilisant que Revue et Corrigée au Rideau Vert mais vis-le
ton malaise et profites-en. Et pense à
ceux qui, en ce moment même, se font emmener en geôle sans plus d’explication,
pour le vrai. Je dis Madame mais ça
aurait pu être Monsieur aussi et je suis certaine que tout ce beau monde est
très gentil dans la vraie vie, les soupers champêtres et les joutes de hockey gazon.
Chose dite, sale bon spectacle
Quelqu'un pour veiller sur moi
Jusqu'au 10 février
À l' Usine Grover, local 336
2065, rue Parthenais
Billetterie
514 712 0877
régulier 20 $
carte premières 10 $
