Il y a une semaine, Matthieu Beaumont
et Catherine Leduc étaient sur le plateau de Tout le monde en
parle. Quand on est un jeune groupe, passer à une telle
émission peut s'apparenter à vivre dans l'oeil d'une
tornade émotive. Autant de visibilité d'un seul coup,
ça fait peur. On est confronté à l'amour
extrême et à la haine démesuré de gens
qu'on ne connaît pas. Je parle par expérience. Lors du
passage des Moquettes Coquettes à cette émission
dominicale, nous avions soulevé bien des passions. Je croyais
que nos paroles crues étaient les seules responsables.
Maintenant, en regardant ce que vit Tricot Machine, qui n'a pourtant
rien dit de choquant, je réalise que ce doit être le lot
de beaucoup de jeunes artistes.
Depuis dimanche, le groupe Facebook
anti tricot machine (cité par Guy A. Lepage) est plus actif
que jamais. Je m'explique mal toute cette méchanceté.
Je peux comprendre qu'on n'aime pas la musique, les paroles ou
l'énergie d'un groupe. Je ne m'explique pas qu'on puisse
passer des heures à le détester en gang sur une page
virtuelle. Les commentaires les plus virulents sont portés à
l'endroit de la fille. Est-ce moi ou les filles se font davantage
critiquer que les garçons? Le groupe compte 276 membres.
Heureusement et ironiquement, le groupe Tricot Machine sur Facebook
compte exactement le même nombre de membres.
Une semaine après Tout le monde
en parle, je me demande comment se sentent Catherine et Matthieu.
J'espère qu'ils ont profité de la première neige
et qu'ils passeront à travers le temps qu'il fait cet hiver.