Cet été, un reportage à la
NPR, la National Public Radio, au sujet d'une nouvelle tendance familiale a suscité beaucoup de réactions autant de la part des féministes que du grand public. En anglais, ça porte le nom de Competitive Birthing. On pourrait traduire ça par l'accouchement compétitif ou la procréation de compétition.
D'où ça sort cette nouvelle tendance à collectionner les naissances de façon sportive? Et bien depuis 10 ans, les riches familles américaines qui ont plus de 3 enfants ont augmenté de 30%. Cette hausse est particulièrement remarquable, surtout lorsque la tendance des cent dernières années faisait état des familles aisées comme étant celles qui avaient le moins d'enfants.
Dans le reportage, on dit que quatre, c'est le nouveau deux.
Pourquoi ce boom démographique au sein de la riche populace?
Hypothèse numéro un : Les enfants, c'est super et quand on a beaucoup d'argent on peut en avoir beaucoup. Pas d'inquiétude lorsque vient le temps de les nourrir, les habiller, les éduquer et les divertir, on a les moyens. On peut même payer quelqu'un qui va les nourrir, les habiller, les éduquer et les divertir!
Hypothèse numéro deux : Les enfants, c'est la chose à avoir quand tu as tout. C'est l'accessoire ultime, ça fait tellement « style de vie ». Cela démontre que tu as un mode de vie sain, des valeurs à la bonne place et tu peux faire mourir de jalousie les autres madames du country-club. Mais ce n'est pas seulement un dada de femmes,
les hommes aussi veulent se pavaner avec leur accessoire mode : une ribambelle de bambins.
Hypothèse numéro trois : Les enfants, c'est le prétexte parfait des superwomen qui ont beaucoup de succès dans leur carrière pour rester à la maison. Elles se sentent plus à l'aise de quitter définitivement leur emploi prestigieux lorsqu'elles ont l'excuse d'avoir quatre enfants à s'occuper. Comment pourraient-elles travailler à temps plein et élever toute cette marmaille? C'est impossible! Et voilà : elles peuvent donc être maman à la maison sans culpabilité.
Cette dernière hypothèse me dérange. On est encore aux prises avec le fameux mythe de la superwoman. D'un point de vue cynique, on pourrait dire qu'elles ont trouvé un autre terrain où elles peuvent investir toute l'énergie compétitive qui les anime. Être la plus-meilleure maman au lieu de la plus-meilleure avocate.
Je ne peux m'empêcher de penser. Est-ce un backlash du féminisme qui a tellement insisté pour que les femmes sortent de la maison et deviennent indépendantes? Sommes-nous dans une situation extrême où accoucher à répétition devient le seul salut pour s'échapper de la culpabilité et la pression sociale et enfin vivre à la maison tranquille?