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J'ai longtemps hésité à vous en parler. Je ne voulais pas tomber dans le personnel larmoyant. Cependant, je ne voyais pas d'autre sujet pour mon billet de cette semaine. C'est pourquoi j'ai attendu à dimanche.
Pourtant, c'est quelque chose d'assez répandu. Vous connaissez à coup sûr une fille ou une femme de votre entourage à qui c'est arrivé. Selon les statistiques, une femme sur quatre aura à vivre cette expérience douloureuse au moins une fois.
Malgré cela, on en parle très peu. Peut-être que je ne regarde pas assez de téléséries dramatiques ou de soaps américains, mais je ne me rappelle pas avoir vu un personnage affronter cette réalité de la vie. Je n'ai pas souvenir d'une vedette qui en parlait simplement et ouvertement dans un talk-show ou de la sortie d'un livre sur la chose.
L'écart entre la fréquence à laquelle cela arrive dans la vraie vie et l'absence de représentation du sujet dans l'espace médiatique a quelque chose de fascinant et de troublant.
Avez-vous deviné? Je vous parle de fausse couche.
Est-ce un des derniers tabous? Est-ce vraiment trop personnel pour en parler sur une tribune publique et pour intéresser les lecteurs? Est-ce déplacé? Trop triste? Trop féminin? Et le papa dans tout ça, en parle-t-on?
J'ai la grande chance d'avoir un entourage généreux et aimant qui m'a supportée lors de cette épreuve à la fois émotive et physique. J'ai pu parler sans censure de tout ce qui me passait par la tête et le coeur. C'est pourquoi je peux maintenant faire mon deuil de cette première grossesse et envisager la prochaine avec espoir. C'est également pourquoi j'ai l'esprit assez clair pour me poser toutes ces questions.
C'est spécial qu'on puisse parler de "bébé mort" dans des jokes très trash, tout le monde rit ou presque. Mais que lorsque cela devient réalité, personne ne sait comment réagir. Je n'ai pas de réponse pour enrayer ce malaise. Je pense seulement qu'étant donné que ça fait partie de la vie, fallait que je vous en parle.
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