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Je n'ai fait qu'une seule activité aujourd'hui, je vais donc vous en parler.
Je suis allée entailler les érables chez mes parents, à St-Mathieu de Beloeil.
On se fait souvent une idée fort bucolique des après-midis en campagne : l'espace, le grand air, le silence, le bonheur simple.
Chez nous, pas question de chanter comme les 7 nains, il n'y a personne qui porte de chemises à carreaux, on ne mange pas de sandwich lard-oignon dans du papier ciré, on ne s'accote pas sur une souche pour se dire qu'on l'as-tu le beau temps.
Il y a mon père, Jules, qui entaille les érables. Sa perceuse glougloute comme une voiture dont on aurait coupé le silencieux au raz du moteur. Elle arrête aussi de fonctionner sans raison mais Jules est très patient dans la vie comme avec les outils. Il ne sacre pas. Du moins, pas à voix haute.
Ma mère le suit, une chaudière de chalumeaux accrochée à sa taille avec de la corde à balle de foin. De sa main droite, elle tient un marteau qui lui sert tantôt à river un chalumeau au tronc, tantôt à ébrancher de jeunes hêtres. Ma mère aime foncièrement la nature mais passe tout le printemps à massacrer les hêtres ignobles car ils font pousser leurs branches à la hauteur des yeux. De quoi faire pleurer à chaudes larmes Idéfix et Richard Desjardins.
Et moi, je suis mes parents en zigzaguant d'érable en érable, une vingtaine de chaudières dans les bras, habillée avec un une-pièce turquoise qui sent le garde-robe de cèdre. Ben non, ce n'est pas vrai. Mariette m'en avait sorti un «en cas» mais je me suis retenue.
L'espace, le grand air, l'odeur d'essence de la perceuse, la sensation d'être dans la meilleure famille du monde, le bonheur simple. C'est comme ça que ça se passe dans le temps des sucres, par chez nous. Vous ne nous verrez jamais à La Semaine Verte (eh non!). mais nous allons faire du sirop, bon comme ça se peut pas( oh que oui!).
Bon temps des sucres tout le monde! Et, si vous avez deux petites minutes, dites-moi donc comment ça se passe par chez vous.
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