Ouais, les Moquettes tentent de s'approprier ce nouveau médium qu'est pour nous le blogue. Nouveau moyen d'expression, nouveaux codes impliquant une interactivité libre et spontanée avec nos lecteurs. Ça tient plus de la discussion sur la place publique que de la chronique. Et tant mieux! C'est vraiment un des meilleurs côtés de cette plate-forme technologique : un parvis d'église planétaire.
Pourtant, une grande partie de la blogosphère est composée de journaux intimes virtuels. Il n'y a pas que les Moquettes Coquettes qui soient fortes sur la tranche de vie. Désir égoïste et exhibitionniste d'exprimer ses émotions ou propension naturelle à se lier à l'autre en parlant de ses sentiments? Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas toutes les tranches de vies qui sont bonnes à dire. et à lire.
Par contre, l'amalgame de tous ses sentiments de blogueurs a donné lieu à une oeuvre d'art étonnante :
We feel fine. Depuis août 2005, Jonathan Harris et Sepandar Kamvar explorent l'émotion humaine à l'échelle globale. Leur création, un engin de recherche émotionnel, repère à travers Internet les derniers billets de blogues contenant les mots « I feel » et « I am feeling ». La phrase contenant ces occurrences est enregistrée, tout comme les détails concernant le contexte d'écriture (âge et sexe du blogueur, lieu, météo, etc). Les visiteurs sont invités à consulter l'énorme base de données à travers six interfaces colorées et épurées.
We feel fine illustre les phrases quétaines comme les appels déchirants, sans discrimination. Des milliers de journaux intimes anonymes se transforment en expérience artistique. Fascinant.
Au moment d'écrire ce billet, le sentiment partagé par la majorité des gens était « better ». Il y a de l'espoir.