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Nouvelles cinéma
26 août 2008, 4:56

Jean-Daniel Lafond: "Une société qui néglige ses artistes, c'est une société qui court à sa perte."

À l'occasion de la présentation au Festival des Films du Monde (les 27, 28 et 30 août) et de la sortie prochaine en salle (le 12 septembre) de Folle de Dieu, Voir s'est entretenu avec Jean-Daniel Lafond aujourd'hui. Nous en avons profité pour demander au cinéaste, qui est aussi l'époux de la gouverneure générale Michaëlle Jean, ce qu'il pensait de l'abolition récente de plusieurs programmes en culture par le gouvernement Harper:

«Ça fait 30 ans que je fais des films et je pense que comme créateur, ce combat-là est permanent. Je n'ai jamais connu la situation idéale. Par contre, je comprends très bien que le milieu artistique soit vigilant par rapport à la situation de la culture. Je ne sais pas exactement quelles vont être les suites des coupures budgétaires; s'agit-il de programmes qui vont êtres remplacés?»

«Ce n'est pas à moi de parler au nom du gouvernement et dans la position où je suis, je suis tenu à un droit de réserve. Mais je dirais de façon fondamentale que dans un pays comme le nôtre, où règne encore la liberté d'expression et un droit légitime à la création, on ne peut pas assurer une production culturelle sans cette vigilance.»

«Pour le moment, la priorité pour moi, ce que j'essaie de faire à Rideau Hall, c'est l'éducation, la sensibilisation, la réflexion et la mise en réseau des gens autour de la culture. S'il n'y a pas une conscience citoyenne de l'importance de la culture, comment voulez-vous avoir une traduction politique de ça?»

«C'est sûr qu'il est fondamental pour moi que les artistes ne soient pas traités en parias, qu'ils ne soient pas traités comme des sous-êtres sauf s'ils ont un succès commercial qui leur permet de vivre. Une société qui néglige ses artistes, c'est une société qui court à sa perte. J'espère que les politiciens le savent.»

«La culture, ce n'est pas que le commerce, loin de là. C'est une nécessité sur le plan de l'équilibre d'une société. Les arts sont fondamentaux si l'on veut que la violence diminue. C'est le propre de l'art de canaliser ce qui pourrait devenir de la violence. C'est vrai aussi que les artistes en général ne sont pas sages. Nous ne demandons pas à l'art d'être sage. Je n'ai pas fait que des films sages, et je continue à ne pas faire que des films sages.»

 

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