Mercredi soir, au Cinéma Impérial, juste avant la première mondiale de son dernier film,
La Brunante, un chaleureux hommage a été rendu à
Fernand Dansereau, un des doyens de notre cinéma ou, dans les mots de Michel Coulombe (qui animait la soirée), "un marathonien qui nous raconte des histoires depuis plus de 50 ans." Réalisateurs, scénariste, monteur, directeur photo et producteur, au grand et aussi au petit écran, Dansereau est "un miroir qui
nous fait réfléchir."
La Brunante fait suite à
Ce n'est pas le temps des romans et, comme ce "tiers de film" réalisé en 1967, le nouveau long métrage est "un hommage à la beauté stupéfiante de
Monique Mercure."
Cette dernière interprète Madeleine, une femme souffrant de la maladie d'Alzheimer qui, avant de voir sa conscience s'évanouir encore plus, désire refaire le tour de son jardin. Avec l'aide d'une chanteuse de piano bar
Suzanne Clément qu'elle rencontre fortuitement alors qu'elle fuit son pusher, Madeleine se rend donc de Montréal à Percé, visitant ses enfants et petits-enfants ainsi que certains lieux marquants de sa vie. La relation entre la vieille dame et celle qui ne devait être que sa chauffeure ou, à tout le mieux, une demoiselle de compagnie, évolue de diverses façons, se voulant d'abord impersonelle mais devenant rapidement très intime, les deux femmes partageant leurs regrets et leurs espoirs, avec émotion mais aussi avec humour.
Magnifiquement mis en images et porté par deux extraordinaires performances d'actrices,
La Brunante est une oeuvre triste sans être déprimante, explorant la maladie et la mort mais s'affirmant avant tout comme un hommage à la vie. Mentionnons finalement la décision très inspirée d'incorporer des extraits du film que Dansereau a tourné avec Mercure il y a 40 ans, ce qui donne lieu à un bouleversant contraste entre la jeunesse et la vieillesse d'une même femme.
Avant la projection, Coulombe a demandé à l'assistance de remercier Dansereau pour sa longue et riche carrière en l'appelant par son petit nom. Mais après avoir vu son plus récent film, qui confirme qu'il demeure au sommet de son art, on avait encore plus envie de s'exclamer: "Merci, Fernand!"