Ça fait quelques semaines que vous avez commencez le tournage?
"C'est la treizième journée sur 35. C'est quatre courts métrages! Les décors, on en a une cinquantaine. C'est une grosse production."
20 ans sont passés depuis le premier film...
"Oui, 20 ans après, qu'est-ce qu'ils sont devenus les gars. Il y a un côté pathétique aux personnages : ils ont vieilli, ils bedonnent, ils grisonnent, ils ont des problèmes sexuels."
Encore plus pathétique qu'il y a 20 ans?
"Un petit peu plus. Mais c'est pathétiquement drôle, c'est pas un drame! C'est le regard sur eux autres, comment ils font pour retourner à 55 ans cruiser. C'est très difficile, les choses ont changé. Aujourd'hui, on cruise au supermarché, on cruise en promenant son chien - ça marche très bien ça. On cruise sur la piste cyclable, on cruise sur internet, on cruise partout!"
Mais aussi encore dans les bars, j'imagine, vu qu'on tourne ici?
"Encore dans les bars, énormément. Mais là c'est un bar de jeunes ici. Le Lion, il vient dans un bar de jeunes puis il trouve que ça lui donne de l'énergie. Il se met chum avec un petit groupe puis il s'éclate, il devient le leader du groupe à un moment donné, ça évolue."
Vous disiez que c'est comme quatre courts métrages, mais est-ce que les histoires se croisent? Est-ce que les gars se rencontrent éventuellement?
"Monsieur Bell [ Benoît Brière ] l'a fait. C'est plus nouveau, quatre personnages qui se rencontrent. Pourquoi faire ça?"
Est-ce que vous tournez les quatre séparément?
"Oui. Le premier film, on alternait. Celui-là, on a décidé de faire le Lion, puis le Taureau... Michel a beaucoup de performance physique dans celui-là, énormément. On essaie de distancer ça pour qu'il se repose. Mais on a ben du fun, c'est l'fun de se retrouver, on dirait qu'on a fait le premier la semaine passée! C'est quasiment la même équipe, puis avec Michel c'est l'fun, on les connaît, les personnages!"
En tant que cinéaste, à travers les différentes segments, est-ce que vous cherchez à créer une unité ou, au contraire, varier et s'amuser dans différents styles?
"Non, il y a une unité. Cruising Bar, c'est une signature, le premier a marché parce que c'était en alternance, on avait jamais vu ça ce rythme là. Je conserve ça, mais l'important pour moi, c'est tourner une performance d'acteur. C'est ça, Cruising Bar, c'est pas des sparages cinématographiques, c'est vraiment une performance. Sauf qu'avec la nouvelle technologie, le rythme puis la façon de cruiser, ça a changé, bien on change aussi! On évolue puis on se rajeunit! Il y a beaucoup plus de plans au montage que le premier, et il y a beaucoup de musique, c'est mur à mur, la musique. C'est un spectacle, Cruising Bar. Il y a très peu de dialogues dans Cruising Bar 2, c'est plus visuel que le premier. La cruise, c'est physique, c'est pas les dialogues."
Quand vous avez fait le premier film, est-ce que vous vous attendiez à en faire un autre?
"Non, pas du tout. On nous l'a demandé : les distributeurs, les exploitants de salles, ils ont dit heille, faut faire un Cruising Bar 2! Mais on avait vidé le sujet, on avait pas mal touché à la cruise partout. Ça m'intéressait pas de me répéter. Mais 20 ans après, ça c'est intéressant, parce que tu te dis, qu'est-ce qu'ils sont devenus? Et on veut en faire une trilogie."
Ah oui? Pas dans 20 ans?
"Non non, parce qu'on a des prothèses aujourd'hui, on peut faire des maquillages. Mais c'est les vieux, les aînés, dans les résidences. Comment qu'ils cruisent, eux?"