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Ce bon vieux de Gaulle...
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Il y a un principe de base en communication politique : pour dédramatiser une situation problématique qui traîne dans les paysage depuis longtemps, vaut mieux se la réapproprier carrément, la normaliser et tenter ainsi d'en neutraliser les effets les plus néfastes.
C'est précisément l'exercice auquel se sont livrés ce matin Jean Charest et le premier ministre français, François Fillon.
Et l'objet de cette neutralisation fut nul autre que Charles de Gaulle lui-même. Ou, plus précisément, le traumatisme que son «Vive le Québec libre» de 1967 cause depuis aux leaders fédéralistes.
Pour «réparer» la référence que M. Fillon a faite hier à la mémoire du général, il fallait le voir ce matin, avec M. Charest, dédramatiser le tout de la manière la plus calme, mais combien préparée d'avance conjointement!
Il faut se remettre de ce «traumatisme», a dit M. Charest, et se souvenir PLUTÔT de toutes ses belles initiatives moins politiques de rapprochement entre la France et le Québec. Voilà ce en quoi constitue vraiment ce «marqueur» important de l'histoire récente.
Poussant l'opération de communication à son extrême limite, M. Charest s'est même permis de dire que dorénavant, on entendrait parler de Charles de Gaulle encore plus!
Et voilà comment M. Charest a transformé le général de Bonhomme sept heures officiel des leaders fédéralistes en bon ami gentil et dorénavant politiquement inoffensif du Québec.
L'art de dépolitiser le fameux «Vive le Québec libre» en le noyant dans un tout nettement plus neutre!
Au milieu de l'opération, M. Fillon a tout de même confirmé clairement que la France - ou Sarko, pour être plus précis -, «veut sortir du «ni-ni»» (politique de non-ingérence et de non-indifférence visant l'«accompagnement» du Québec, même s'il devenait souverain).
Nous voulons «entrer dans une nouvelle ère», Fillon disait ce matin - l'ère du «le Québec est notre frère et le Canada est notre ami»...
D'où le sourire radieux de Jean Charest...
Quant à Pauline Marois, dont la réaction ce matin fut doucereuse, elle ne semble pas vraiment comprendre ce qui est en train de se passer.
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Rien n'est jamais acquis...
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Pendant que l'Église catholique, groupes et groupuscules dits «pro-vie» à la religiosité exacerbée réclament qu'on retire l'Ordre du Canada au docteur Henry Morgentaler, le gouvernement Harper reste muet.
Pendant que Stéphane Dion, Gilles Duceppe et Jack Layton ont salué le courage et la détermination d'un homme ayant beaucoup fait pour décriminaliser l'avortement au Canada, les députés conservateurs ont reçu la consigne de ne rien dire. Honte à eux.
Et après, on dira que les partis d'opposition exagèrent lorsqu'ils dénoncent le biais idéologique fondamentaliste de ce gouvernement et le pouvoir d'influence qu'exercent sur lui certains groupes religieux.
Et après, on dira que le projet de loi privé C-484 présenté par un député conservateur n'est pas une manière insidueuse de tenter de recriminaliser l'avortement en accordant un statut juridique au foetus.
2008. Et après, on dira que l'égalité des femmes est chose acquise...
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La voix du maître
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Lorsque j'étais au cégep, un politologue canadien-anglais de passage est venu me faire un brin de jasette après sa conférence. Il m'a demandé qui était le premier ministre du Canada. Croyant qu'il se moquait de moi, j'ai répondu n'importe quoi à la blague: "John Turner".
"Parfait, m'a-t-il lancé, vous avez bien compris que celui qui détient officiellement le poste a plus ou moins d'importance. Et savez-vous pourquoi? Parce que le VRAI premier ministre du Canada, c'est Paul Desmarais! Les premiers ministres passent, mais Power Corp. demeure!"
Il faut croire que le magazine français Le Point l'a compris. Sous le sourire radieux de M. Desmarais, le titre de la page couverture de son édition du 26 juin en dit long: "L'avenir selon Paul Desmarais". Le politologue canadien-anglais s'exclamerait sûrement "pourquoi pas"? Une manière comme une autre de souhaiter une bonne fête nationale... au Canada.
Pour Le Point, la prise est de taille. Bien qu'il soit un magnat des médias, que ses enfants perpétuent la dynastie et que son empire possède un organigramme tentaculaire couvrant tout un éventail d'activités économiques, M. Desmarais ne cherche pas les projecteurs. Les plus puissants sont souvent les plus discrets. D'où l'intérêt de cette rare sortie du Canadien le plus influent de son temps.
(Le détour vaut aussi pour cette magnifique photo aérienne de son domaine de Sagard où vedettes et chefs d'État arrivent justement en hélicoptère et dont les bâtiments sont inspirés de la villa italienne La Malcontenta, alors que les jardins font plutôt Versailles. Robert Charlebois, nous dit M. Desmarais, y est même "un habitué"...)
Que M. Desmarais se soit ouvert à un magazine français est tout de même un beau geste de reconnaissance envers son grand ami Sarko. Primo, pour lui avoir décerné la grand-croix de la Légion d'honneur en présence, d'ailleurs, de Jean Charest. Secundo, pour le virage majeur entrepris par Nicolas Sarkozy dans la politique étrangère française. Car c'est bien en cette année du 400e de Québec que Sarko a choisi de se rapprocher d'Ottawa comme aucun de ses prédécesseurs n'avait osé le faire aussi ouvertement.
Ce virage, M. Desmarais le voudrait également dans la création d'un marché commun entre l'Europe et le Canada: "La France, le Québec et le Canada doivent travailler ensemble pour créer des emplois et pour bâtir des relations étroites." Par hasard, Jean Charest se fait le défenseur de cette même idée depuis quelques mois.
POUVOIR OBLIGE
En entrevue, Paul Desmarais, dont un fils a épousé la fille de Jean Chrétien, se décrit néanmoins comme un "conservateur". D'où sa filiation instantanée avec les chefs d'État s'identifiant plus à droite. Mais Desmarais est un homme de pouvoir. Point à la ligne.
Sachant que la préservation du pouvoir économique passe souvent par la préservation du pouvoir politique, il exerce son influence depuis des lunes auprès de la classe politique d'ici et d'ailleurs. Au fil du temps, à Ottawa comme à Québec, il a pris plusieurs futurs leaders sous son aile. Sa dernière recrue ne passe d'ailleurs pas inaperçue. Il restera à voir si le passage d'Henri-Paul Rousseau de la Caisse de dépôt et placement à la vice-présidence de Power Corporation prépare aussi un avenir politique radieux à cette grosse pointure de l'élite financière québécoise!
Franco-Ontarien de naissance, Desmarais est surtout un fédéraliste inconditionnel: "Je suis Canadien. Le Canada, c'est mon pays. Le Québec, c'est ma province." L'homme est clair. Pas question de parler d'une "nation" québécoise. Pouvoir oblige: la nation est forcément canadienne.
En fait, son pouvoir est tel que même la plupart des chefs du PQ l'ont soit craint, soit admiré, soit fréquenté. Seul Jacques Parizeau, lui-même issu d'une famille d'affaires nantie, a toujours vu Desmarais pour ce qu'il est objectivement face aux souverainistes: un adversaire brillant qu'il ne faut jamais sous-estimer. On pourrait même dire que Paul Desmarais a tendance à se comporter comme un pays. Il n'a pas d'états d'âme, seulement des intérêts.
Dans Le Point, Desmarais retrouve même ses vieux réflexes de période référendaire. Il semble y laisser entendre qu'un Québec indépendant ne serait pas démocratique: "Si le Québec se sépare, ce sera sa fin. Moi, je suis attaché à la liberté et à la démocratie." Ah bon?
À moins que ce ne soit son journal La Presse dont il annoncerait la «fin» après un Oui? On conviendra que ce serait aussi là une conception fort particulière de l'information.
Tenez, une autre qui a souvent ces deux mots à la bouche est l'omniprésente Michaëlle Jean. L'entrevue qu'elle et son mari ont donnée à la revue La Scena devrait sûrement valoir bientôt au couple vice-royal une belle invitation à Sagard!
Le 30 juin, Le Devoir rapportait que la GG, toujours prête à en donner plus que le client fédéral en demande, en appellerait maintenant à la création d'une politique culturelle canadienne commune. Ce n'est sûrement pas Paul Desmarais qui la contredirait là-dessus...
Sur ce, et au-delà des GG de ce monde, je vous souhaite un magnifique 400e! La Capitale nous attend. On arrive!
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Le scandale imaginaire
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La Cour fédérale a raison. John Gomery a manqué d'objectivité et d'impartialité au long des audiences de la commission dite Gomery sur le scandale libéral des commandites. Quiconque les a suivies le voyait aussi clairement que la Tour Eiffel en plein Paris!
Nommé par Paul Martin, l'ennemi juré de Jean Chrétien, Gomery donnait souvent l'impression d'avoir écrit son rapport d'avance. Tenez, ça me fait penser à un certain Gérard Bouchard... Mais passons.
N'empêche que même si le jupon de Gomery dépassait souvent, contrairement aux petits mercenaires de quelques grosses firmes de communications, Chrétien et son bureau en sont sortis indemnes. Aucune accusation, aucune trace «officielle» de malversation, aucune punition, aucune sanction. Le bureau du PM n'avait rien vu, rien entendu, rien dit...
Encore aujourd'hui, on tente de nous faire croire que cette «guerre» de propagande contre les méchants «séparatisses», laquelle aura aussi, non par hasard, profité aux coffrets du PLC en y détournant une partie des fonds publics destinés à cette même «guerre», n'aura été finalement commandée par... personne!
Des mercenaires et des soldats, mais pas de généraux!
Un peu plus et on nous dirait qu'on a imaginé le tout...
Allez! Essayez! C'est facile. Vos paupières sont lourdes... Le scandale des commandites n'a jamais existé... Et Jean Chrétien est un saint homme...
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Le village des valeurs
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Le 23 mai dernier, soit le lendemain même de la sortie du rapport Bouchard-Taylor, le gouvernement se payait une pleine page de publicité dans les journaux. On y listait les "valeurs" dites québécoises.
Accompagné d'une fort jolie photo de Jean Charest apposant sa signature au bas d'une page, le texte n'était pas anodin: "Quand on choisit le Québec, on choisit aussi les Québécois et leurs valeurs. Le Québec est une nation par son histoire, sa langue, sa culture, son territoire et ses institutions. La nation du Québec a des valeurs. L'égalité entre les femmes et les hommes, la primauté du français et la séparation entre l'État et la religion font partie de ces valeurs fondamentales. Elles sont à prendre avec le Québec. Nous n'avons pas tous la même origine, pourtant nous avons la même destinée. Car nous sommes tous Québécois."
Vachement bien tourné, on l'avouera. Sauf que le dimanche 22 juin, qui a-t-on vu à la grande messe de clôture du Congrès eucharistique, assister à la prestation via satellite du pape Benoît XVI et jaser avec le cardinal Jozef Tomko, le délégué pontifical? Eh oui. Le premier ministre Charest lui-même. Mais s'y trouvaient aussi l'omniprésente Michaëlle Jean, la chef d'État "officielle" du Canada, Régis Labeaume, le maire de Québec, ainsi que Pierre Duchesne, le lieutenant-gouverneur du Québec.
Il va sans dire que ces éminentes personnes ont chacune droit, privément, à leurs croyances, pratiques religieuses ou quête spirituelle. Leur liberté de religion n'est sûrement pas moindre que celle des citoyens dits ordinaires! Mais en public, ces éminentes personnes ne sont plus de simples citoyens. Elles représentent l'État et chacun de ses citoyens. D'où l'importance d'assurer la neutralité de l'État et de ses représentants face à LA religion et AUX religions.
On ne peut claironner la "séparation entre l'État et la religion" comme "valeur fondamentale" tout en se prêtant publiquement à une cérémonie religieuse en tant que représentant de cet État. Le bât blesse d'autant plus que cette messe fut en bonne part célébrée dans le but d'accroître la visibilité de la religion catholique et qu'elle a propagé certains dogmes diamétralement opposés à nos valeurs pourtant dites fondamentales.
INCOHERENCE, QUAND TU NOUS TIENS!
Une de ces valeurs est l'égalité hommes-femmes. Le problème ici est que, à l'instar de la plupart des grandes religions organisées, le haut clergé catholique la combat farouchement depuis des lunes. Le 22 juin, le pape, fidèle à lui-même et à ses prédécesseurs, n'allait donc pas rater une autre occasion publique de combattre le droit des femmes à l'avortement. Il en a aussi profité pour condamner le droit au suicide assisté. Il faut "sans cesse lutter", a-t-il prêché, "pour que toute personne soit respectée depuis sa CONCEPTION jusqu'à sa mort NATURELLE".
Benoît XVI y est aussi allé d'un appel, de plus en plus désespéré semble-t-il, pour que plus de "garçons" choisissent la prêtrise. Du rejet de la contraception par le Vatican à celui du droit à l'avortement, ce refus constant d'ouvrir la prêtrise aux femmes, et donc à l'ensemble de la hiérarchie catholique, est pourtant la représentation la plus patente de son non-respect de l'égalité des femmes, et en son propre sein et dans sa vision de l'humanité.
On a beau croire qu'ils n'épousent en rien ces préceptes anachroniques, il reste que la présence officielle de représentants d'États se disant laïques aide à cautionner certains des diktats moraux les plus rétrogrades du Vatican ainsi que la culture discriminatoire de son haut clergé envers les femmes. Nos belles "valeurs" de neutralité de l'État et d'égalité hommes-femmes commanderaient pourtant qu'au Québec, nos élus exercent eux-mêmes une neutralité absolue lorsqu'ils jouent leur rôle de représentants de l'État.
Cette neutralité est d'autant de mise qu'on observe une montée des fondamentalismes religieux sur tous les continents, dont les femmes sont souvent les premières victimes. Quant au Canada, on sait aussi que le gouvernement Harper se montre de plus en plus sensible aux multiples lobbys religieux.
Si Bouchard et Taylor ont refusé d'aborder la chose, le principe de la neutralité de l'État commanderait aussi, il me semble, un geste important. Après avoir déconfessionnalisé nos écoles publiques, le temps n'est-il pas venu de débattre de la possibilité de cesser de subventionner les écoles privées confessionnelles de toutes sortes? Que le Québec soit le seul État en Amérique du Nord à le faire, et ce, à hauteur de 60 %, devrait pourtant interpeller nos élus.
Bien sûr, le Québec a fait des pas de géant depuis 1960 face à l'omnipotence passée du clergé. Mais il reste encore du chemin à faire pour que l'État se distancie pleinement du religieux, catholique ou autre. Bouchard et Taylor ont été d'une formidable timidité sur le sujet et les députés ont créé une diversion bien pratique en réduisant une problématique aussi complexe à la protection du crucifix de l'Assemblée nationale. Mais rien n'empêche nos élus de se ressaisir et de soulever la question des écoles "privées" confessionnelles fortement subventionnées.
Il en va d'une certaine cohérence quant aux valeurs...
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Bonne Fête nationale!!!
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Qu'on l'appelle la «Saint-Jean» ou «Fête nationale», le 24 juin demeure une journée bien spéciale pour tous ceux et celles qui portent le Québec dans leur coeur, leur tête et leurs tripes.
En cette année du 400e, le vertige nous prend à voir l'ampleur du chemin parcouru et aussi, bien sûr, en voyant celui qui reste à faire...
Sur une note plus personnelle, le 24 juin est pour moi une journée de gratitude.
Le Québec pluriel, j'en suis fortement. Le 24 juin est la fête de tous les Québécois.
Mais c'est une journée où je pense aussi aux ancêtres, à ceux et celles qui en ont bavé pour tenir le coup, pour bâtir le seul État francophone sur ce continent. Que ce soit face à l'hiver, la pauvreté, l'exploitation économique ou la domination du clergé. Je pense aussi aux ouvriers venus plus tard d'Europe et d'ailleurs et ayant mené des luttes sociales majeures aux côtés des francophones.
Je pense à ceux et celles obligés autrefois de s'exiler au Canada anglais ou aux États-Unis pour nourrir leurs familles. Aujourd'hui, ils sont des millions dans cet ailleurs. Je pense à ceux et celles qui ont tout fait, malgré tout, pour y élever leurs enfants en français. Et je pense à ceux et celles qui n'ont pas pu ou su le faire.
Je pense au monde qui fut avant nous et je lui dis merci.
Je pense à celui qui est déjà là et qui nous suivra. Un Québec différent, en constante évolution et de plus en plus multiethnique comme la plupart des nations occidentales. Un Québec vivant et qui, surtout, j'ose espérer, parlera encore et toujours français.
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D'un Couillard à l'autre...
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Oubliez le «Tournant vert» de Stéphane Dion pour terrasser Stephen Harper et aider les Libéraux à trouver la témérité de faire tomber le gouvernement cet automne.
Et dîtes bonjour au «Tournant Julie»!
Eh oui. Incroyable, mais vrai.
La madame ne veut pas témoigner devant les parlementaires, mais Julie Couillard, LA Julie, elle-même en personne - ou du moins, un écrivain «fantôme» qui tiendra la plume de la dame dont le français est plutôt pathétique -, publiera SA biographie cet automne.
Avec la garantie absolue de faire le plus de dommage possible au gouvernement Harper coast to coast, le livre sortira en français et en anglais.
Les Éditions de l'Homme et McClelland & Stewart promettent qu'«elle racontera son parcours peu banal: de ses débuts modestes dans un quartier ouvrier de Montréal à sa spectaculaire sortie publique en mai dernier».
Mais on s'en fout de son enfance!
Ce qu'on veut savoir - et je m'excuse de le redire -, c'est quels intérêts servait-elle en se collant sur un ministre fédéral et un conseiller d'un autre ministre; comment se fait-il que Harper n'a rien fait pour stopper la chose; comment se fait-il que son propre service de sécurité n'ait pas enquêté sur le passé fort récent de la dame; des brèches à la sécurité ont-elles été commises; y a-t-il eu trafic d'influence au ministère des Travaux publics; etc......
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L'ambition déçue
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Bye-bye.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, quittera bientôt officiellement pour des cieux plus cléments que ceux de ce gouvernement où son ambition de succéder à Jean Charest s'est fracassée sur le mur de la résurrection inattendue de son chef.
Dans un tel contexte, ce neurochirurgien exceptionnel ira donc se trouver une nouvelle carrière, nous-dit-on, pas mal plus payante que celle de ministre «provincial». Ah bon?
Je ne voudrais surtout pas ignorer ses nombreuses belles qualités, ni son travail acharné, ni ses facultés intellectuelles supérieures. Mais il reste que le bon docteur Couillard, avec l'appui de son chef, aura été aussi un puissant artisan de l'accélération de l'ouverture au privé de notre système de santé et ce, à plusieurs niveaux.
On ne sait trop ce qu'il ira faire. Mais parions que le monde des affaires, habituellement plutôt reconnaissant pour services rendus, lui fera sûrement de bien belles offres...
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Vous avez dit "imputabilité"?
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On s'en souvient comme si c'était hier. Stephen Harper, profitant du scandale des commandites, prend le pouvoir en 2006 promettant que son gouvernement, LUI, serait imputable. Avec sa loi sur la responsabilité, SON gouvernement serait transparent comme une feuille de Saran Wrap. Mais qui crache en l'air...
Le problème est qu'avec ou sans loi, dans les deux capitales d'ailleurs, le concept d'imputabilité est de plus en plus élastique. On y répond de moins en moins aux questions et on ne voit plus très bien comment, lorsqu'il y a manquement majeur, la responsabilité se traduit dans les faits. C'est fou la rapidité avec laquelle l'imputabilité peut se métamorphoser en refus. Refus de répondre, d'expliquer, de comparaître devant un comité parlementaire, de punir, de corriger. Ironiquement, la démission récente de Maxime Bernier risque de passer à l'histoire comme l'exception burlesque à la règle...
Ainsi, on ne sait toujours pas la raison du congédiement de l'ancien délégué général du Québec à New York. Qu'a-t-il fait pendant que le contribuable payait son salaire pour qu'on lui interdise même d'aller chercher ses affaires personnelles? Mystère et boule de gomme.
On ne connait toujours pas le fond, le vrai, de l'affaire Mulroney-Schreiber. Ottawa a commandé une enquête au mandat tellement limité qu'elle n'accouchera de rien. Quant à Brian Mulroney, il refuse toujours de rendre publics ses états de compte ou d'expliquer comment il a fait pour prendre une première enveloppe d'argent comptant de Karlheinz Schreiber alors qu'il était encore député.
Et que dire de l'UQAM? Pauvre UQAM. Québec refuse de répondre du fait que le ministère de l'Éducation n'a pas stoppé la débâcle financière de l'îlot Voyageur et du Complexe des sciences. Pourtant, ce cratère financier coûtera encore plus cher à remplir que celui du scandale des commandites! Tenu en partie responsable du désastre, l'ancien recteur Roch Denis a néanmoins profité d'une entente de séparation que le Gouvernement refuse de dévoiler. Tout comme il refuse de publier les termes du contrat signé avec Busac. Le contribuable a le droit de payer pour tous ces contrats, mais pas de les lire.
LA RUEE VERS L'OR
Et puis, il y a cette gargantuesque manne de plusieurs milliards de dollars en fonds publics qui pleuvra bientôt sur une pléthore de firmes d'ingénieurs, de contracteurs et de promoteurs pour le CHUM, le CUSM, les hôpitaux Sainte-Justine et l'Hôtel-Dieu de Québec. Une véritable ruée vers l'or public! À côté de ça, le Stade olympique aura été une véritable aubaine...
Le tout se faisant en PPP (partenariats publics-privés), le contribuable ne verra pas une ligne de ces contrats non plus. Mais il ne sera pas le moindrement surpris le jour où on lui annoncera des dépassements de coûts faramineux. C'est qu'il commence à en avoir l'habitude. Et encore une fois, il épongera silencieusement les dégâts pendant que les compagnies empocheront les profits.
Sur une note beaucoup moins dispendieuse, quoique l'argent public y passe aussi, La Presse rapporte que même la mère de Julie Couillard a été nommée "présidente des conseils arbitraux" par le gouvernement Harper à l'époque où sa fille fréquentait ardemment Maxime Bernier! Pourquoi? Comment? Combien vous pariez qu'on ne le saura jamais?
Sur une note nettement plus grave, si on compte les cadavres de soldats canadiens et québécois, on ne compte plus, à Ottawa, les impôts coulés en Afghanistan pour se retrouver, cinq longues années plus tard, avec la prison de Kandahar, qui se fait ouvrir par les Talibans comme une vulgaire boîte de sardines.
D'ARGENT ET DE SANTE
Pour finir, parlons encore argent. Le gouvernement Charest s'entête à comptabiliser comme un revenu la pension alimentaire perçue par une mère monoparentale sur l'aide sociale, les prêts et bourses ou l'aide juridique. Il ne le fait plus pour les "autres" mères depuis 10 ans. Mais il continue à pénaliser sans broncher certaines des femmes les moins nanties.
Pendant ce temps, le président de la Fédération des médecins spécialistes, un radiologiste, s'est plaint de l'achat possible de cliniques médicales privées de radiologie par des compagnies étrangères. Par magie, Philippe Couillard a volé à sa rescousse à la vitesse de Superman!
Rapido presto, il a présenté un projet de loi. Selon Le Devoir, il dicte que ces cliniques doivent appartenir à un médecin radiologiste ou être contrôlées "majoritairement par de tels médecins". Le geste semble vertueux. Mais ce qu'il fait surtout est de protéger les intérêts de ce lobby médical. Traduction: maintenant que la loi 33 ouvre encore plus grande la porte à la commercialisation de la santé, dont le droit de contracter des assurances privées pour certaines chirurgies, Québec veut s'assurer que dans le cas de certaines cliniques lucratives, s'il y a de l'argent à faire avec la santé des gens, ce seront au moins NOS médecins qui la feront!
Bref, on continue à "encadrer" la progression des intérêts privés en santé plutôt que de la ralentir. Pas surprenant que le Québec soit maintenant vu au Canada comme le "Klondike" pour la business - oh, pardon - l'industrie de la santé. La question n'est plus de savoir si cela sert ou non le bien public, mais bien qui en retirera le plus de pépites d'or?
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Tim Russert 1950-2008
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P'tit vendredi soir tranquille. Puis, bang! Zappe à CNN et apprends que Tim Russert est mort, aujourd'hui, à 58 ans, d'une crise cardiaque.
Tim Russert était un journaliste exceptionnel, comme dans «exception» à la règle. Du moins, de nos jours. Russert était l'animateur émérite de Meet the Press, NBC. Le dimanche matin, depuis 1991, il présidait à cette espèce de «messe» dominicale de ce qu'il y a de plus beau, de plus admirable dans la tradition journalistique occidentale et, bien sûr, américaine.
Pas complaisant, informé et éduqué, Russert avait surtout la bosse, la passion du journalisme politique. Tim Russert aimait et comprenait LA politique, LE politique et LES politiques (comprendre ici les politiciens). Mais il ne se laissait pas trompé pour autant. Bien au contraire.
En lui, pas une once de cynisme, ni de relativisme. Un homme rare de nos jours. Je vous le dis.
Maudit que la vie passe vite. 58 ans. Merde!
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Julie Couillard et l'immobilier
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Stephen Harper a beau s'entêter à dire que l'affaire Couillard-Bernier est de nature strictement privée, plus personne ne le croit.
Je vous passe les derniers développements (les journaux en sont pleins), sauf un. La Presse de ce matin rapporte que ce fut un des dirigeants de Kevlar, Philippe Morin, qui aurait «présenté» Couillard à Bernier le 26 avril 2007, dans un restaurant cossu de Montréal parfois fréquenté par des membres des Hells Angels ou de la mafia! À ce moment fatidique, Bernier était ministre de l'Industrie.
Kevlar est un groupe immobilier, cherchant à obtenir un contrat lucratif pour la construction d'un immeuble fédéral important à Québec. Cette apparente tentative d'influencer un ministre - ainsi qu'un conseiller proche et récemment «démissionné» de Michael Fortier, ministre des Travaux publics -pour aider Kevlar à obtenir ce contrat vient ajouter aux activités et relations intimes que Madame Couillard semblaient multiplier rapidement à l'intérieur du gouvernement Harper.
Dans un billet précédent, j'écrivais que LA question importante dans toute cette affaire sordide était de savoir QUELS INTÉRÊTS Madame Couillard servait à l'aide de ses «contacts» au gouvernement fédéral? Nous avons peut-être ici un début de réponse. Mais je ne serais pas surprise d'apprendre, à terme, que ce ne serait là qu'une PARTIE de la réponse.
Pour mémoire, voilà tout de même le communiqué qu'émettait Kevlar le 27 mai:
QUÉBEC, le 27 mai /CNW Telbec/ - Monsieur René Bellerive, président d'Investissements immobiliers Kevlar, tient à faire une mise au point concernant Madame Julie Couillard.
Madame Julie Couillard n'est pas une employée d'Investissements immobiliers Kevlar et ne l'a jamais été. À titre d'agente indépendante en immobilier, madame Couillard, comme tout agent immobilier, avait entrepris des démarches auprès d'un courtier licencié en immobilier dans le but de faire chapeauter ses transactions s'il y avait eu lieu.
La loi immobilière est claire en ce sens : "Pour finaliser des transactions, un agent doit nécessairement être affilié à un courtier en immobilier. S'il y a transaction de conclue, le courtier a la responsabilité de vérifier si cette transaction s'est effectuée dans les règles et peut ensuite la valider".
"C'est ce que Kevlar aurait fait si la situation s'était présentée, mais madame Couillard n'a réalisé aucune transaction pour le compte de Kevlar", a précisé monsieur René Bellerive.
Madame Julie Couillard n'a pas et n'a jamais eu de bureau dans les locaux d'Investissements immobiliers Kevlar, ce qui explique que les employés de l'entreprise ne la connaissent pas.
Monsieur Bellerive comprend l'intérêt des média pour tout ce qui touche à Madame Couillard et c'est pourquoi ce communiqué a été émis. Il renferme toute l'information pertinente en ce qui concerne toute relation entre madame Julie Couillard et Kevlar.
Monsieur Bellerive ou tout autre dirigeant ou employé de Kevlar n'émettront donc aucun autre commentaire sur ce sujet.
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Et les petits pois?
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Bravo pour les tomates d'ici! Avec la nouvelle que des tomates américaines pourraient être contaminées, voilà qu'on se précipite sur NOS tomates et celles des Ontariens. Et voilà qu'on se rend compte que d'«acheter local» encourage l'emploi ici, réduit la pollution en diminuant le transport et dans le cas des légumes et des fruits, ces distances moins longues à parcourir font que leur teneur vitaminique en est même supérieure!
Le problème est que nos épiceries, supermarchés et fruiteries urbaines débordent néanmoins de produits venant de très, très, très loin. Bon. On comprend pour les ananas. Mais comment se fait-il que des épiceries nous vendent des pois mange-tout provenant de Chine (!) et d'autres légumes et fruits que nous cultivons pourtant ici???
Le temps est sûrement venu pour nos commerçants, petits et grands, d'aller au-delà des tomates et d'encourager, pour vrai, nos agriculteurs et nos produits, sans attendre les alertes à la contamination ou que l'on s'étouffe sur les pesticides imbibés dans des fruits et légumes provenant de pays, disons, très peu règlementés sur la chose...
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Le syndrome de Lucien
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Lorsqu'il était PM, Lucien Bouchard était un charismatique émotif au penchant certain pour l'hyperbole et la dramatisation. Dès que des voix souverainistes osaient lui signaler un désaccord, il le prenait personnel et tendait à se voir comme la victime de sa "famille" politique. Au point d'ailleurs où il a fini par la quitter.
Sa "famille", il la voyait toujours à un cheveu de verser dans l'intolérance, tandis qu'il se voyait incarnant la modération, l'ouverture et le gros bon sens. Ironiquement, telle fut à peu près la réaction courroucée de Gérard Bouchard, le frère de Lucien, face à ceux de "sa" famille politique ayant osé des analyses critiques du rapport Bouchard-Taylor.
Que M. Bouchard rétorque à ses critiques est normal et attendu. Malheureusement, dans Le Devoir du 10 juin, le sociologue a troqué le débat d'idées contre l'inquisition et l'hyperbole. Il accuse ses critiques de "compromettre le pluralisme en matière de rapports ethniques (sic)"; d'imprimer une orientation au débat "susceptible de creuser des clivages ethniques et d'instituer des tensions déplorables entre Québécois"; de semer "la peur"; "de tenir un discours "propre à affaiblir la nation québécoise en la divisant et en la ramenant en arrière, au temps de la survivance frileuse et peureuse", et j'en passe. N'y manque que la menace à la paix sociale! On croirait presque entendre Lucien en 1996 s'exclamer que si son parti exigeait de renforcer la loi 101, il ne pourrait plus se regarder dans le miroir devant autant d'intolérance...
Pour mieux dramatiser la scène, Gérard Bouchard campe bien les personnages. D'un côté, il place les "méchants" (ses critiques), et de l'autre, les "bons" (lui-même et Charles Taylor), lesquels n'avanceraient que des "propositions modérées et des formules de bon sens qui sont une invitation à la sagesse collective". Comment s'opposer à autant de vertu sans être soupçonné des pires intentions?
LE MAILLON FAIBLE
Pourtant, même si le rapport B&T contient quelques bonnes idées, son maillon faible demeure. Ce maillon, c'est l'évacuation totale de la dimension politique, un aspect pourtant déterminant dans la construction d'une identité québécoise multiethnique, mais véritablement nationale et de langue française. Comment penser raisonnablement cette problématique comme si les rapports entre francophones et minorités se vivaient dans une bulle apolitique?
Comment nier que dans un Québec sans indépendance ou statut particulier au Canada, la majorité francophone demeure une fausse majorité nationale, la véritable étant l'anglo-canadienne? Comment nier que cela rend plus difficile l'adhésion des nouveaux arrivants à une identité québécoise alors que leur adhésion à l'identité canadienne est sollicitée de manière prioritaire? Il est là, le nerf de la guerre.
Mais pour "construire un avenir rassembleur", pour reprendre leur expression, B&T n'en disent mot. Ils passent plutôt la commande à la majorité francophone en ces termes: "régler le problème du sous-emploi chez certaines minorités"; "rejeter les peurs et la tentation du repli sur soi"; "penser la pluriethnicité autrement que comme une série de "Nous" juxtaposés"; "éviter de diriger contre toute religion le ressentiment lié à un passé catholique"; "être davantage consciente des répercussions que peuvent avoir sur les minorités les mouvements d'humeur du majoritaire". Que de péchés à expier pour les seuls francophones dans un contexte que B&T dépolitisent complètement!
À ce compte, discourir sur les distinctions sibyllines entre le multiculturalisme à la Trudeau et l'interculturalisme à la B&T est certes un bel exercice intellectuel, mais il est déconnecté du réel. À preuve, cette affirmation surprenante de B&T: le "cadre d'opération de l'interculturalisme est le Québec en tant que nation, tel qu'il a été reconnu par tous les partis politiques québécois et par le gouvernement fédéral". Ah bon? B&T ignorent-ils que cette reconnaissance est symbolique, qu'il n'en découle aucun pouvoir concret? Il ne suffit pas de répéter le mot "nation" de manière incantatoire pour que ses effets politiques se matérialisent par magie.
Mais Bouchard affirme que s'il a ignoré la dimension politique, c'est parce que la commission était présidée par un souverainiste et un fédéraliste. Sans blague? Dans le Voir du 22 mai, voilà ce que j'en écrivais: "Ratoureux, (Charest) a réuni un souverainiste et un fédéraliste admiratif du modèle canadien. L'espoir étant qu'ils se neutralisent l'un l'autre et finissent par évacuer la question du statut politique du Québec et de la compétition ouverte que livre après des immigrants une identité canadienne majoritairement anglophone." Mission accomplie! Si M. Bouchard a accepté d'ignorer cet aspect central du "malaise identitaire", il ne doit toutefois pas s'offusquer d'en voir d'autres tenter de l'appréhender dans sa dimension plus globale.
PAS SI NEUTRE QUE ÇA
Bizarrement, au Québec, dès que la question nationale est évacuée, on dit que c'est "politiquement neutre". Mais, dans les faits, le rapport B&T est-il vraiment "neutre"? En ignorant l'impact que pourraient avoir la souveraineté ou un statut particulier, B&T ont choisi de penser le problème et leurs recommandations dans le cadre du fédéralisme actuel. C'est un choix. Il est légitime, mais il n'est pas politiquement neutre.
B&T ont aussi choisi d'ignorer la question linguistique et d'envoyer le message contradictoire voulant que le Québec soit déjà une société ouverte, mais où les francophones devraient, comme si ce n'était déjà fait, ne pas céder "à la tentation du retrait et du rejet, ni s'installer dans la condition de victime".
Ces choix, dont un vocabulaire culpabilisant pour les francophones, expliquent peut-être pourquoi M. Taylor, contrairement à M. Bouchard, n'a reçu que des éloges de SA propre famille politique.
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Pour une fois...
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Il fallait voir la scène. Hier, à Québec, en commission parlementaire, Julie Snyder n'a pas mâché ses mots. Regardant Philippe Couillard droit dans les yeux, elle a dénoncé ses rires et petits sourires narquois qu'il multipliait pendant qu'elle témoignait. Pour une fois qu'une citoyenne rappelle un ministre à l'ordre...
Madame Snyder a mis alors le doigt sur un gros bobo. En commission, certains ministres un peu blasés tendent à oublier le caractère solennel que prêtent les citoyens au processus.
Les citoyens, vedettes ou non!, se donnent la peine de préparer un mémoire, de se déplacer parfois sur de longues distances et de se soumettre aux questions de ceux et celles qu'ils ont élus. Cela mérite le plus grand respect envers ces citoyens. Pas des ricanneries infantiles.
Espérons que ce beau moment de vérité servira de rappel à ces élus qui, parfois, oublient tout ça...
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Histoire de voiles
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Dans la foulée du rapport Bouchard-Taylor - vachement interculturaliste, laïc et ouvert comme ça se peut pas -, pas un mot du gouvernement sur la plupart de ses présumées «recommandations», dont celle de ne pas interdire le port de signes religieux dans les classes, que ce soit chez les étudiants, les profs ou les administrateurs.
Sous la catégorie «le monde à l'envers», France-Presse nous apprend que la Cour constitutionnelle de la Turquie vient de rendre un verdict contre le port du foulard islamique (hijab) sur les campus universitaires.
Évidemment, vous me direz que la Turquie, contrairement au Québec, n'a pas fait que «jaser» de laïcité ou d'acheter des pubs dans les journaux pour s'en draper. Sa constitution en a fait un de ses principes fondamentaux. C'est ce qui a rendu ce jugement possible.
Ici, par contre, on nous dit - incluant maintenant chez Québec solidaire - que de permettre le port du voile dans les institutions publiques, dont les écoles, malgré ce qu'il représente et quant aux droits des femmes et quant à la montée des intégrismes, serait poser une geste d'«intégration»...
Où iraient toutes ces femmes, nous dit-on, si on les empêchait de porter le voile lorsqu'elles travaillent dans une institution publique? L'interdire serait donc, ajoute-t-on, les isoler d'autant plus et les précipiter dans un monde parallèle.
Il me semble pourtant que ces femmes, comme ailleurs dans le monde où le port de signes religieux dans les institutions publiques est interdit, iraient quand même travailler et étudier.
Plus encore, pendant au moins 40 heures par semaine, elles goûteraient à une certaine liberté de leur corps, de leur apparence, voir, sait-on jamais, de leur propre sexualité.
Mais j'ai l'impression que c'est précisément ce que certains des nouveaux chantres de la «laïcité ouverte» - expression codée pour «ouverture aux religions dans l'espace public» - craignent le plus. Que ces femmes vivent autre chose.
Et que peut-être, certaines y prennent goût.
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