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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
September 2008 - Messages
30 septembre 2008, 10:32
Jour 24:Ça se corse!

Oh la, la. Les choses se corsent.

Ce soir, sur le site internet du Globe & Mail, un sondage Strategic Counsel soulève la possibilité que le Bloc, comme en 1993, puisse former l'Opposition officielle. Résulats détaillés au: http://www.theglobeandmail.com/bnfiles/pdf/2008election/polloct1.pdf

Et je cite: «In Quebec, the Bloc Quebecois has worked its way back into a substantial lead, with 45 per cent of the vote, 21 points better than the Tories at 24 per cent. The BQ's new strength is significant because it catapults the party into a fight with the Liberals for title of official opposition, said Mr. (Peter) Donolo. Because the Bloc's support is all in Quebec, it could win 50 seats or more. That could be enough for second place, depending on how low the Liberals go." The Bloc is back big-time here in the race," said Mr. Donolo

Ouais. Tout ça reste toutefois à voir. S'il semble en effet que les Conservateurs en arrachent maintenant au Québec, pour que le Bloc forme l'Opposition officielle, il faudrait VRAIMENT que le PLC s'écrase au Canada anglais. Trop tôt encore pour le dire.

Surtout à la veille des deux débats des chefs...

Et pour ceux qui disent que les débats de chefs ne changent JAMAIS quoi que ce soit, rappelez-vous seulement du débat des chefs à l'élection québécoise de 2003.

Bernard Landry y est entré gagnant. Et il en est sorti perdant.

Un débat qui a fait basculé toute la campagne...

Je ne sais pas si tel sera le cas cette fois-ci. Mais nous le saurons bien assez tôt...

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Le même sondage fait écho au message principal du Bloc. 61% des répondants québécois se disent «inquiets» à la pensée d'une majorité conservatrice, contre 52% pour le Canada dans son entier.

*** Mais attention: l'échantillon québécois est petit et donc, avec une plus grande marge d'erreur...

 

 


30 septembre 2008, 1:40
Jour 24:coup fumant ou pétard mouillé?

Stéphane Dion n'abandonne pas!

Les libéraux croient avoir mis la main sur quelque chose de potentiellement gênant pour Stephen Harper. À la veille du premier débat des chefs, les Libéraux sortent un discours que Harper a livré en 2003, comme chef de l'Opposition, en faveur de l'invasion de l'Irak et de la participation du Canada.

La chose est déjà en soi toute une pièce à conviction dans l'équation Harper-Bush que tentent de faire le PLC, le Bloc et le NPD depuis le début de la campagne.

Et oups! Des pans entiers du discours reprennent mot pour mot un discours de l'ancien PM ultraconservateur australien John Howard, un allié de Bush et l'IDOLE et le MODÈLE politique de Harper. (C'est de la campagne de Howard que Harper s'était inspiré pour la sienne en 2005-2006, avec ses 5 priorités «simples» et faciles à comprendre)...

Radio-Canada rapporte que la nouvelle fait d'ailleurs déjà le tour des agences de presse du monde entier...

Ce sera maintenant aux électeurs d'en juger:

(http://www.liberal.ca/video_e.aspx?guid=4666DC99-F70E-4FFD-A461-FF1B3A060706)


30 septembre 2008, 12:50
Jour 24: Justin & Michael

Le «cas» Michael Fortier est fascinant.

Ce matin, selon un sondage Segma/La Presse, le ministre conservateur toujours non-élu, mais candidat dans le comté de Vaudreuil-Soulanges, serait dans le trouble. La députée bloquiste actuelle, Meili Faille, ratisserait pour le moment 49% d'appuis contre seulement 21% pour Michael Fortier.

Ce qui me frappe, c'est que la situation dans Vaudreuil-Soulanges est peut-être l'illustration parfaite de la difficulté qu'a Stephen Harper à convaincre certains électeurs de la nécessité d'élire des députés conservateurs pour «être au pouvoir».

Ici, on a une députée de terrain qui, si la tendance se maintient, battrait LE ministre québécois conservateur le plus puissant, le plus visible et le plus influent. Plus encore, Fortier est le leveur de fonds numéro un du PC au Québec!

Que quelqu'un de sa stature risque maintenant de mordre la poussière est un signal inquiétant pour Harper au Québec. Disons que de l'avoir envoyé faire cette campagne disgracieuse sur les «coûts» du Bloc n'a pas dû aider Fortier non plus... Mais même sans celle-ci, Faille avait déjà une longueur d'avance.

Néanmoins, mon petit doigt me dit que Michael Fortier serait plutôt heureux de perdre. Après avoir passé deux ans et demi sans chercher à se faire élire, on ne peut pas dire que l'homme avait très hâte de siéger au parlement...

Qui plus est, il donne de plus en plus l'impression qu'il ne serait pas malheureux de pouvoir retourner tranquille dans le secteur privé et de lever des fonds pour le PC tout en reprenant sa vie d'avant...

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Le «cas» Justin Trudeau est tout aussi fascinant. Selon le même sondage, il aurait de bonnes chances de gagner le comté de Papineau - un des rares gains possibles pour le PLC au Québec.

Le voilà même, tout à coup, parlant de la «nation» québécoise, alors qu'il était opposé à la motion de Harper sur le même sujet.... Bravo pour le réveil, même tardif.

Mais un Trudeau, fils de l'autre, parlant de «nation» québécoise? Faut croire qu'il y a un début à tout...

 

 


29 septembre 2008, 2:47
Jour 23: le virage se fait

Lundi - Hier, sur mon blogue, je vous parlais du «virage tactique» que préparait Stephen Harper en vue du dernier droit de la campagne électorale - tel que conseillé par son mentor Tom Flanagan.

Au Québec, ce virage serait de dire carrément aux électeurs ce que tout le monde sait déjà, c'est-à-dire que les Conservateurs vont gagner. D'où, la nouvelle tactique de dire aux Québécois de voter PC pour être au pouvoir, et non à l'extérieur de celui-ci avec le Bloc.

Aussitôt dit, aussitôt fait! À sa une, le Globe and Mail de ce matin confirme qu'en fait, ce virage tactique s'appliquera au Canada tout entier!

Pour calmer les Canadiens inquiets d'une majorité conservatrice, vous vous souvenez que Harper avait débuté cette campagne en jurant, dur comme fer, qu'il se contenterait d'un autre gouvernement minoritaire.

Mais les sondages se solidifiant quand même pour le PC à l'extérieur du Québec, ça ne fait plus très sérieux de prendre les électeurs pour des valises. Du moins, pas à ce point là.

Voilà donc que Harper sollicite maintenant «un mandat fort» pour faire face à l'instabilité économique qui pourrait être causée ici par la crise financière américaine.

Nouveau message: oubliez notre agenda de droite sur les questions sociales, et fiez-vous plutôt à papa-gâteau-protecteur Harper pour vous protéger de la crise made in the USA... 

Évidemment, le danger de ce nouveau message est qu'il pourrait «fédérer» encore plus et encore mieux tout ce qui s'inscrit au Canada dans ce mouvement informel de «Anybody-but-Harper» (ABH). Mais c'est un risque que Harper est prêt à prendre.

Quant au Québec, le dernier Léger Marketing vient confirmer que le Bloc a repris des plumes en partie grâce à ce sentiment «ABH». Basé sur un méga échantillon de 3 624 personnes, le Bloc est maintenant à 33% (il était à 42% à l'élection de 2006); le PC est à 26%, le PLC à 23% et le NPD à 12% (il était à 7,5% en 2006). À Montréal, le PLC donne même de nouveaux signes de vie alors que les femmes québécoises tournent de plus en plus le dos au conservatisme social de Harper.

Donc, veut, veut pas, les débats des chefs ce mercredi et jeudi seront importants.

Le directeur des communications de Harper dit que son patron se pointera au débat en pull de laine -son nouvel uniforme - et restera «calme».

Parions qu'il sortira aussi probablement un ou deux lapins de son chapeau (peut-être un pour le Québec?) et qu'il tentera TOUT pour faire passer le PC comme un bon parti de centre, mainstream et pas idéologique du tout...

N'empêche que le débat anglais de jeudi aura lieu le même soir que celui entre Sarah Palin et Joe Biden.... Problème potentiel... Mais de toute façon, le débat français la veille marquera le ton et fera les unes partout le jeudi matin. L'attention que porteront les Canadiens au débat anglais dépendra donc beaucoup, cette fois-ci, de ce qui se sera dit la veille en français.

 


28 septembre 2008, 2:19
Jour 22: virage tactique

Très intéressant.

Ce matin, je participais à un panel d'analystes sur le réseau CBC avec Tom Flanagan, mentor et conseiller de Stephen Harper.

Constatant que les coupures dans la culture et l'annonce du premier ministre sur les jeunes contrevenants n'avaient pas aidé le Parti conservateur au Québec, il proposait un «virage tactique» pour Monsieur Harper en vue des deux dernières semaines de la campagne.

Ma traduction de ce que Tom Flanagan disait. «Je lui dirais d'aller au Québec et de dire: regardez, on va gagner, et on veut que vous soyez au pouvoir. Ne vous isolez pas, ne restez pas à l'extérieur du pouvoir.»

Et comme à peu près personne au Canada, sauf peut-être Stéphane Dion, croit encore à une victoire possible, même minoritaire, des Libéraux, l'argument conservateur du «on va gagner» est appelé à gagner en crédibilité. À moins, bien sûr, d'un revirement vraiment spectaculaire...

Restera donc à voir si l'argument du pouvoir finira par gruger des appuis au Bloc.

Mais, dans les faits, c'est là un argument qui, depuis la première élection générale du Bloc en 1993, n'a jamais fonctionné.

On saura bien le 14 octobre, s'il prendra cette fois-ci. 


27 septembre 2008, 6:20
Jour 21:scénario majoritaire

Samedi - Stategic Counsel et Ipsos Reid confirment la chute des appuis aux Libéraux en Colombie-Britannique et en Ontario, à l'extérieur de Toronto.

Bref, comme je l'écrivais hier, dans The Gazette, le message plutôt efficace de Gilles Duceppe à l'effet que le Bloc soit le seul parti capable de «bloquer» une majorité conservatrice commence à paraître quelque peu optimiste.

Je m'explique: étant donné cet écrasement du vote libéral, même si le Bloc réussit à aller chercher 40-45 députés, ou même plus, une majorité conservatrice est néamoins maintenant possible. Bien entendu, si la tendance se maintient...

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Le chef du NPD, Jack Layton, n'en démord pas. Il se croit capable de devenir premier ministre! «Moi, je veux remplacer Stephen Harper», s'est-il exclamé aujourd'hui...

Tant qu'à dire n'importe quoi, pourquoi pas viser carrément la Maison blanche?...

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Vu hier soir : le premier débat Obama-McCain. Sans odeur, sans saveur, sans passion. Si ces deux-là ont été incapables de livrer un débat enlevant au contenu musclé au niveau des idées, imaginez ce que seront les deux débats des chefs fédéraux cette semaine.... 

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Entendu cette perle aux infos: s'inscrivant dans la nouvelle stratégie «nationaliste» de Jean Charest, un délégué au conseil général du PLQ s'exclame: «on doit occuper notre langue»!

Avant de l'occuper /sic/, il faudrait peut-être commencer par la maîtriser minimalement...

   


26 septembre 2008, 3:00
Jour 20:La bulle de Stéphane

Ça ne va vraiment pas dans l'entourage de Stéphane Dion. Du moins, c'est qui semble être le cas.

On apprend tout juste que Michael Ignatieff prononcera un discours au très prestigieux Economic Club de Toronto, le 29 septembre.

Pourtant, en pleine campagne électorale, c'est normalement l'endroit, très couvert et très prisé, où le CHEF d'un parti prononce un discours - pas son «lieutenant»..

D'ailleurs, le 3 octobre, ce sera au tour de Gilles Duceppe d'y prononcer un discours - pas à un de ses députés!

Ignatieff se prendrait-il déjà pour le successeur? Où est-ce que les conseillers de M. Dion dorment au gaz?

Déjà qu'ils lui font perdre un temps infiniment précieux à faire campagne dans des comtés éloignés PERDUS d'avance pour le PLC.

Vraiment, il serait grand temps que Stéphane Dion sorte de sa BULLE.

 


26 septembre 2008, 1:51
Jour 20:pause américaine

Vendredi - les choses bougent dans la campagne électorale fédérale. Du moins, un peu. Comme je l'écrivais dans The Gazette ce matin, il monte comme un mouvement informel «Anybody but Harper» (ABH), ici, au Québec, mais aussi, un peu, au Canada anglais.

Ça discute aussi de plus en plus du «vote stratégique» ou comment voter dans son comté pour le candidat qui a la meilleure chance de défaire un conservateur, ou de l'empêcher d'être élu.

Est-ce que ces deux mouvements iront ou non en augmentant? Et pénétreront-ils, même minimalement,  les régions plus rurales? C'est ce qu'on saura le 14 octobre.

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Élection ici ou pas, il est IMPOSSIBLE de ne pas jeter un coup d'oeil sérieux, et inquiet, sur ce qui se passe aux États-Unis. Mise en scène crassement partisane d'un John McCain qui, prêt à tout tenter pour remonter dans les sondages, joue avec la pire crise financière à frapper les E-U depuis des lunes.

Et Sarah Palin???? Que dire? On ne sait plus. Seulement: «maman, j'ai peur!».

Si McCain devient président et qu'il lui arrive quelque chose, cette inculte, cette ignare, cette mangeuse de balustres évangéliste-bénie-par-des-sorciers serait présidente de la plus grande puissance du monde? .............

Une pitié aussi que de la voir faire des «photo-ops» silencieux avec des Henry Kissinger pour se faire passer pour quelqu'un qui connaîtrait la politique internationale...

Suggestion: tant qu'à rire du monde, que la dame se rende donc au musée de Madame Tussaud - vous savez, les statues de cire de personnalités connues, mortes ou vivantes?

Elle pourrait alors faire la une du Times à côté de Gandhi, Einstein, John F. Kennedy, ou les trois en même temps!

Dites-moi que c'est un cauchemar et qu'on se réveillera bientôt...

 


25 septembre 2008, 11:08
Jour 19: L'«espoir» Trudeau

 

À la Saint-Jean-Baptiste de 1968, Pierre Elliott Trudeau se faisait lancer des pierres en avant du Parc Lafontaine. Une émeute avait suivi et de nombreux manifestants indépendantistes, dont Pierre Bourgault, se faisaient tabasser et ramasser dans les «paniers à salade» de la police.

En refusant de se sauver, Trudeau avait montré au Canada anglais qu'il était capable de tenir tête aux méchants «séparatisses» et devenait premier ministre du Canada dans les jours suivants.

Aujourd'hui, 40 ans plus tard, autres temps, autres moeurs.

Son fils adoré, Justin, vit en des temps nettement plus doux... Hier, lors du lancement officiel de sa campagne comme candidat libéral dans le comté de Papineau, le jeune Trudeau se retrouvait, lui aussi, devant des manifestants indépendantistes. Cette fois-ci, la manif était conviviale, faite d'humour et de dérision - les manifestants s'opposant à ses déclarations farfelues sur le bilinguisme, mais disant aussi souhaiter son élection parce que sa présence favoriserait supposément la montée de l'option souverainiste...

Mais au-delà du «destin» de Justin, une autre différence majeure entre la montée politique de son papa et sa propre arrivée aujourd'hui, est que le PLC est dans le trouble. Dans le gros trouble.

Au Québec, le PLC est quasiment disparu du radar en régions. En Ontario, le PC gruge ses appuis à l'extérieur de Toronto. Et, vlan, même en Colombie-Britannique, le NPD et les Verts sont en train de supplanter les libéraux! Et ce matin, à la une du Globe & Mail: un reportage dévastateur sur des libéraux se préparant maintenant à vivre leur défaite et se demandant comment sauver les meubles principaux dans leurs châteaux forts...

En fait, ça va tellement mal au PLC que Jean Lapierre poussait le sadisme hier soir jusqu'à qualifier Justin Trudeau du «seul grand espoir» pour l'avenir du PLC, au Québec ET au Canada anglais...

Pauvre PLC....




24 septembre 2008, 1:07
À la vitesse de l'éclair
Ça s'est passé à la vitesse de l'éclair. Tellement rapidement, en fait, qu'on ne l'a même pas vu passer. Je parle ici d'un exercice de manipulation de l'opinion publique formidablement bien réussi.

Réussi au point d'avoir provoqué un réalignement des perceptions face aux forces politiques canadiennes actuelles. Et un changement qui, pour le moment, avantage le gouvernement Harper.

Je vous parle de l'extrême facilité avec laquelle, dès le début de la campagne, Stephen Harper, tel un grand metteur en scène, a redistribué les "rôles" entre les différents partis sans même que ce pauvre Stéphane Dion ne s'en rende compte! Le Parti conservateur s'est autobaptisé "centriste et pragmatique" en même temps qu'il présentait ses quatre adversaires, le Bloc, le NPD, les Verts et le Parti libéral, comme des partis "de gauche" - une "gauche" décrite depuis comme étant évidemment "divisée". Nous voilà donc en plein théâtre de l'absurde: le PLC passant maintenant pour un "parti de gauche"! Jean Chrétien doit se frapper la tête sur le mur en se levant chaque matin alors que Harper doit se pincer de plaisir.

Et la formule prend! Comme tant d'autres l'ont fait, un collègue de La Presse écrivait, cette semaine, qu'il y a "congestion" à la gauche entre libéraux, néo-démocrates, verts et bloquistes! Qu'on qualifie ces quatre partis de "non-conservateurs", soit. Mais qu'on place le PLC à gauche? Soyons sérieux. Pourtant, c'est chose faite. Dans le Canada central, comme on l'appelle, l'effet de la répétition constante de la formule se fait sentir hors des grands centres urbains. En Ontario, le PLC y goûte à l'extérieur de Toronto. Au Québec, le Bloc, l'autre parti dit de gauche, se fait talonner par le PC en région.

Bref, tout se passe comme si les mots n'avaient plus de sens. Harper a expulsé le PLC de sa niche traditionnelle - le centre - pour s'y loger confortablement lui-même. Et ce, même si le conservatisme de Harper est tel qu'il ferait passer Brian Mulroney pour Che Guevara et Lucien Bouchard pour Fidel Castro!

TOUT LE MONDE A GAUCHE!

Comme bonus, cette usurpation du centre par Harper offre un triple avantage en période d'insécurité économique: 1) De nombreux électeurs se cherchent un leader aux allures fortes, semblant néanmoins raisonnable et parlant la langue du "vrai monde" - un papa protecteur capable de les rassurer en des temps incertains. Harper et ses candidats répètent cette ligne de plus en plus souvent, mais sous forme de question rhétorique: "qui va diriger le gouvernement durant cette période d'incertitude économique mondiale, et qui est le plus en mesure d'amener des résultats concrets pour vos familles et vos régions?". 2) Un discours centriste, même factice, est également plus à même de séduire une partie des 25 % actuels d'indécis - une tranche de l'électorat qui fuit comme la peste ce qu'elle voit, à tort ou à raison, comme des partis plus à l'extrême et qui n'a rien à cirer d'une terminologie trop complexe. 3) Comme les mots "droite", "gauche" et "centre" sont vidés de leur sens, les promesses de gouvernance à la petite semaine évacuent du débat public l'enjeu le plus fondamental de la campagne: dans quel type de société voulez-vous vivre? Plus individualiste? Axée sur un meilleur partage de la richesse? Ou préférant le statu quo?

Résultat: quiconque ose trop qualifier le PC de "droite" - ce qu'il est pourtant objectivement -, se fait accuser de sortir les "épouvantails" et de mener une "campagne de peur". Même les artistes s'exprimant contre les compressions en culture, pourtant imposées pour des raisons idéologiques et non rationnelles, se font traités de corporatistes et de bébés gâtés. Si ça continue, Harper passera bientôt pour la pauvre victime de chialeux professionnels incapables de se responsabiliser eux-mêmes...

Vos paupières sont lourdes...

Cette semaine, dans le Globe & Mail, voilà même Lysiane Gagnon donnant le ton pour la suite: "Do not fear a Tory majority". Vos paupières sont lourdes: n'ayez pas peur bonnes gens, dit-elle, car un gouvernement Harper majoritaire serait plus "centriste" encore, plus inoffensif donc, que lorsqu'il était minoritaire! Comment ça, vous vous demandez? C'est que pour conserver le pouvoir, écrit-elle, Harper finirait bien par gouverner au centre, comme les autres l'ont fait avant lui. Vraiment?

Pas sûre de ça. Primo: le nouveau PC n'est PAS un parti fédéral comme les autres. Alors que le PLC est un parti de pouvoir relativement pragmatique, le PC de Harper, né de la fusion du parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne, est le premier parti véritablement idéologique à former un gouvernement à Ottawa depuis plus de 50 ans. Comme pour le PLC, son objectif est de prendre et de conserver le pouvoir. Mais le PC veut le faire - reprenant ici les mots de Tom Flanagan, le principal stratège de Harper - afin que le conservatisme remplace le libéralisme au Canada comme "philosophie politique dominante". Bref, à moins que Harper ne renie jusqu'à ses propres convictions les plus profondes, il est peu probable qu'il gouverne au centre, même s'il devient majoritaire.

Deux autres preuves récentes à ce dossier: sa promesse d'étendre les sentences de prison à vie à des adolescents de 14 ans (16 ans au Québec) trouvés coupables de crimes violents. Quant au projet de loi C-484, que plusieurs ont dénoncé comme ouvrant la porte à une recriminalisation de l'avortement, le PC promet de le présenter à nouveau sous une autre forme, mais sans dire laquelle.

Si c'est ça gouverner "au centre", on se demande bien de quoi gouverner "à droite" pourrait avoir l'air...


23 septembre 2008, 10:17
Jour 17: TVA=1, SRC=O

Personne n'est parfait. Mais en pleine campagne électorale, Radio-Canada a manqué son coup ce soir au Téléjournal de 22h00.

Le reportage d'ouverture ne portait pas sur le rassemblement de protestation au Club Soda contre les compressions du gouvernement fédéral en culture. Rien avant un bon gros dix minutes sur un enjeu qui touche le Québec.

Pendant ce temps, TVA a ouvert son bulletin avec deux reporters sur place et le journaliste Yves Malo, qui analysait le tout.

Même le National de CBC avait terminé son propre reportage sur le spectacle du Club Soda avant que Radio-Canada n'y arrive. (Fait intéressant: la mobilisation au Québec semble commencer à réveiller quelques artistes notoires au Canada anglais. Mais on verra pour la suite.)

Aujourd'hui, le premier ministre Harper, servi à la sauce populiste, s'est fait cinglant contre ces artistes «gâtés» qui gémissent dans un «riche gala» «subventionné» par des Canadiens «ordinaires». Mais il ne l'a dit qu'en anglais, refusant de le répéter en français.

Questions naïves: le premier ministre croit-il que s'il dit quelque chose en anglais, mais pas en français, que ça ne se rendra pas jusqu'ici? Croit-il que les Québécois ne comprennent pas l'anglais?...

 

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Nerveux? À tort ou à raison, on sent quand même Stephen Harper «nerveux», quelque peu inquiet quant à ses remarques particulièrement dures faites aujourd'hui en anglais sur les artistes-bébés-gâtés...

C'est qu'au Québec, la culture, c'est non seulement une «industrie», c'est aussi une part majeure de l'identité collective.... Ne touche pas, qui veut. En tout cas, ne touche pas de manière trop méprisante...

Mais, bon. Les prochains jours diront si les commentateurs qui disent que les «artistes en mettent trop» ont raison... Ou si quelque chose vient de bouger.

 

 

 

 

 


23 septembre 2008, 7:07
Jour 17: débloquer le Bloc

On dirait que les sondages ouvrant la voie à une majorité conservatrice et le camion du PC s'en prenant au Bloc pour avoir «coûté» 350$ millions pour ses 18 ans d'existence servent de réveil pour certains alliés plus ou moins naturels du Bloc, qui dormaient encore au gaz..

La fédération des femmes du Québec vient d'appeler à ne PAS voter pour le PC. D'autres regroupements pourraient suivre dans les prochains jours.

De fait, même Stéphane Dion doit faire des neuvaines pour Gilles Duceppe! Oui, oui. Je vous le jure!

Que voulez-vous? La réalité est que dans le contexte actuel où le PLC est disparu de la carte à l'extérieur de Montréal, pour Dion, chaque comté que le Bloc réussira à garder, ça fera autant de comtés qui n'iront pas au PC!

Stéphane Dion et Gilles Duceppe: deux alliés objectifs? Eh oui.

Comme disent les Anglais: politics makes strange bedfellows...

 


22 septembre 2008, 2:17
Jour 16: La «facture» du Bloc

 

Visant directement la «clientèle» des régions, le Parti conservateur frappe de plus en plus fort sur le clou de la présumée non pertinence du Bloc. Sa dernière trouvaille: un camion parcourera la «belle province» avec le message suivant:

«Avec le Bloc on ne reçoit que la facture!»; «Zéro résultat» en échange des «350$ millions» qu'auraient coûté les 18 années d'existence du Bloc.

Faisant de l'exercice de la démocratie une stricte question d'argent, Michael Fortier, ex-sénateur et ministre conservateur non-élu, tente donc de convaincre les électeurs que le «rendement» du Bloc ne vaudrait tout simplement pas l'«investissement». Ce sont ses mots...

Parfait. Mais si telle est la «logique» du PC, faisons le calcul comme il faut:

350$ millions divisés par 18 ans d'existence = 19,44$ millions par année.

Voyons maintenant pour le «coût» d'une élection fédérale, une fois exclus les montants collectés par les partis eux-mêmes. En 2006, la campagne fédérale a coûté 270$ millions aux contribuables. Celle de 2004: 277$ millions. Celle-ci nous coûtera près de 300$ millions.

Total approximatif pour trois élections fédérales en 4 ans: 847$ millions. Soit presqu'un milliard...

Bref, pour ce qui est de l'élection actuelle, Stephen Harper, pour l'unique raison que les sondages internes étaient favorables au PC, n'a donc aucunement hésité à engager 300$ millions d'argent des contribuables pour devancer son élection «à date fixe» prévue pour octobre 2009.

Donc, récapitulons:

Bloc: 350$ millions pour 18 ans de représentation démocratique de ses électeurs.

PC: 300$ millions pour 36 jours de campagne dont l'UNIQUE but est de remporter une majorité de sièges.


À vous d'en juger...

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Sur son blogue, même l'ancien stratège libéral, Warren Kinsella, reconnaît que l'argument bloquiste du «blocage» d'une majorité conservatrice est fondé:

Because Duceppe is telling the truth: if you look at the seats in play, and do a bit of math, you will conclude - as I have - that the only thing that stands between Stephen Harper and a Parliamentary majority is the Bloc. So, if you're a traditional Liberal federalist in Québec, what do you do? That's what the French call a dilemme, n'est-ce pas?



20 septembre 2008, 1:14
Jour 14: les gants de boxe

Les Libéraux de Stéphane Dion ont sorti leurs gants de boxe à leur tour.

Exit les publicités «positives» sur le Tournant vert. Et bonjour à leur première pub officiellement «négative» sur les remarques désobligeantes du ministre Ritz sur les victimes de la listériose.

Le PLC n'a évidemment plus rien à perdre. Ils tentent le tout pour le tout AVANT le premier débat des chefs, le 1er octobre prochain.

Force est de constater que le ton «mesquin», les attaques personnelles et les caricatures répétées qu'ont fait les Conservateurs contre Dion ont marqué le ton.

Malheureusement, en suivant, les Libéraux viennent d'accélérer l'américanisation de cette campagne-ci.

Après le «remodelage» des images respectives de Dion et de Harper puisant dans leurs histoires personnelles et leur vie privée, ce duel de pubs négatives complètent la métamorphose.

Les électeurs canadiens et québécois suivront-ils? C'est ce qu'on saura dans les prochains jours...

Victimes: le contenu, les idées, les programmes. Les électeurs, quoi.


19 septembre 2008, 2:19
Jour 13: le plafond de verre

Comme je le disais à l'émission de Christiane Charette ce matin, à Radio-Canada, les Conservateurs, partis en lions en début de campagne, plafonnent tout à coup. Selon Nanos et Harris-Decima, ils auraient même perdu au moins 3 points.

Pour le moment, le PC semble avoir frappé son «plafond de verre». Les prochains sondages nous diront la suite des choses, à savoir si le PC le fracassera ou y restera collé.

C'est comme si l'accumulation de «gaffes» dans le camp conservateur, combinée au tir groupé contre Harper venant du PLC, du Bloc, du NPD et des Verts, faisaient en effet réfléchir un certain nombre d'électeurs quand au coeur même de leur message: empêcher une majorité conservatrice.

Au Québec, la lutte est de plus en plus serrée et féroce en régions entre le Bloc et le PC. En Ontario, dans le «905», les banlieues de Toronto, le PLC et le PC luttent également.

Bref, rien ne semble encore joué. Du moins, en date d'aujourd'hui. On verra pour demain.

Petit signe d'agacement chez Stephen Harper: alors que Stéphane Dion met l'emphase sur son équipe, Harper, jusqu'ici seul conservateur visible et audible, à part Michael Fortier, présente maintenant son ÉQUIPE de la grande région de Montréal....

Hier soir, à CBC, le commentateur Rex Murphy résumait ainsi la lutte PLC-PC: «le PC, c'est un capitaine fort avec une équipe faible. Le PLC, c'est un capitaine faible avec une équipe forte.»..

Au Québec, le dossier «culture» ne lâche pas. Cette vidéo qui fait jaser en fait foi: http://fr.youtube.com/watch?v=UrATQeLLKX0

Mais il ne faudrait surtout pas commencer à croire que la culture, aussi importante soit-elle, est le SEUL enjeu de cette campagne au Québec.

Bien au contraire!

   


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